Janvier 1972. p 49 – Tome III
I. LES GRANDS SYSTEMES MACONNIQUES
Dans cette étude des rites, il nous faut à présent envisager les systèmes maçonniques. La première des options consiste à inventorier ce qui différencie les rites, mais la seconde elle, consiste à montrer ce qui les unifie. On peut tout d'abord affirmer qu'au sein de ces Rites existent des rites communs. En second lieu, intervient la graduation basique en 3 degrés : Apprenti, Compagnon, Maître et parfois un « quatrième degré » appelé Arche, ou, maçonnerie de Marque, voire de Maitre écossais de Saint André au Régime Ecossais Rectifié. Ces quatre degrés reposent sur les Landmarks et pour la plupart d'entre eux sont basés sur les figures légendaires des Temples de Salomon et de Zorobabel. Le premier est élevé de manière quadrangulaire et par l'équerre et correspond aux trois premiers grades, le second représente un dôme circulaire mesuré par le compas et ce, pour l'Arche, la maçonnerie de Marque et le début du grade de MESA. On peut dire que ce dôme achève l'édifice à la clé de voûte, c'est cette Pierre angulaire qui est le lien entre le terrestre et le céleste, par lequel tombe le fil à plomb. L'application de l'image corporelle en est le sommet du crâne, qui justifie certains rites ancestraux de Trépanation et que la symbolique Chrétienne représente par un Christ de double nature et une crucifixion au sommet du crâne qu'est le Golgotha.
C'est cela qui justifie, qu'après tous ces degrés que nous venons de voir, il n'y ait plus à proprement parler de grades opératifs, mais "quelque chose" qui intervient dans les Ecritures après le second Temple, lié au Christianisme, une sorte de Temple apocalyptique. Les trois vertus peuvent s'épanouir : ce sont la Foi, l'Espérance et la Charité... Ce système est appliqué ainsi, et ce malgré toutes les différences de vue thématiques, pour l'Ordre Intérieur du Régime Ecossais Rectifié, les Chapitres Rose-Croix du Rite Ecossais Ancien et Accepté, les side degrees de la Mark Masonry, et les Knight's Templars du Rite Anglais.
Alors à quoi tiennent les différences entre ces Rites ? Sans doute aux critères humains des différentes époques, aux spécificités de personne à la base de chacun des rites, aux périodes et aux lieux de naissance de ces dits rites, etc... Tout ceci découlant sur un classement des systèmes maçonniques en trois branches :
* Une liée au concept opératif, très attaché à l'application invariable des rituels. Excluant beaucoup les conférences, et qui est axée sur la recherche historique, rituelique et opérative. Elle est géographiquement d'origine Anglo-Saxonne.
* Une branche, imprégnée des mythes Templiers et Chrétiens, bien sur liée à l'Ecossisme, et qui s'est développé d'Allemagne vers les courants réformateurs Lyonnais.
* Enfin une branche, axée sur le développement initiatique et une pyramide des grades, comme notamment le REAA, fixé à Charleston aux Etats-Unis, et très pratiquée chez nous, travaillant sur la recherche philosophique et l'ésotérisme.
Ajoutons à cela, le rôle des Obédiences Nationales, le brassage humain du XXème siècle et la possibilité de pratiquer plusieurs rites, chacun étant majoré par les divers hauts grades, pour mieux comprendre la complexité d'analyser ce monde des rites... A titre d'exemple voyons de plus près et pour finir le Rite Anglais.
VII. UN YOGA MACONNIQUE ?
En ayant en mémoire, et comme nous l'avions dit dans la partie 1, l'auteur Jean Tourniac, fut formé à l'école Guénonienne, c'est donc tout naturellement, qu'il nous demande dans ce qui va suivre d'avoir à l'esprit les formes d'hindouisme comme les Mantras, Yantras et Mudras.
La Maçonnerie utilise des symboles figurés : tableaux des grades, décorations, bijoux ; des symboles sonores : mots sacrés, mots de passe, frappements et batteries, puis des symboles agis : gestes et signes. Ce système évolue dans un espace défini (orient, occident, nord, sud, zénith, nadir), et un temps (cycle solaire) créant ainsi une sorte de nouvelle cosmogonie sacrée et par l'utilisation des outils, du rythme et des gestes, répète une cosmogénèse symbole de la création d'un Temple idéal.
Il est important de noter que si l'on se réfère au rite Anglais, tous les signes des 3 premiers grades bleus, l'attouchement, les pas, la parole, sont en rapport avec les Chakras de l'hindouisme et du yoga, mais aussi avec des signes zodiacaux précis. L'auteur prône aussi d'épurer de manière uniquement expérimentale certains cérémoniaux de leur légendes, pour n'en garder que l'aspect corporel, la mise en action de certains centres anatomiques, et de n'en garder qu'un "yoga maçonnique", qui de manière surprenante s'apparenterait au yoga tibétain.
Le rite n'est qu'un retour au "Pays Natal", retour à l'origine, à la nature profonde de l'être. Il image les correspondances entre l'homme, le Temple, l'Univers, le Grand Architecte
