Règlements et Privilèges de l'Imprimerie - 7ème Partie: L'obligation de l'inscription du privilège par Paul V.

 Règlements  et Privilèges de l'Imprimerie - 7ème Partie: L'obligation de l'inscription du privilège  par Paul V.
L'obligation de l'inscription du privilège est ainsi prescrite :

« Aucuns livres ou livrets ne pourront être imprimés on réimprimés sans y insérer au commencement des copies entières tant de privilèges ou permissions que de l'approbation de ceux qui les auront lus ou examinés avant 1er obtention desdits privilèges ou permissions. »

L'arrêt du Conseil d'Etat, daté du 22 mars 1682, dont le texte va suivre, est la preuve des précautions légales qui devaient être prises pour combattre l'extrême ingéniosité des imprimeurs dont les ruses multiples tentaient sans cesse à éluder les règlements, ou à les tourner lorsqu'il s'agissait des privilèges dont l'obligation était une gêne pour beaucoup

Cet arrêt est ainsi conçu : « Défenses sont faites à tous imprimeurs et libraires de mettre et changer dans les livres qu'ils impriment aucuns avertissements, préfaces ou épitres dédicatoires, s'il y a eu approbation particulière de celui qui aura approuvé la copie des livres, à peine de punitions « Le Roy ayant été informé que les libraires par un abus dont l'expérience fait tous les jours connaître le préjudice , s'ingèrent de faire imprimer les nouveaux ouvrages en les intitulant, le second, troisième ou quatrième tome, ou la suite des ouvrages pour l'impression desquels les auteurs ont obtenu le privilège, lesdits imprimeurs, prétendant qu'il n'est plus nécessaire d'obtenir d'autres privilèges pour lesdits ouvrages nouveaux, mais encore de les faire approuver ; et comme il est arrivé souvent qu'on y a glissé des maximes ou des matières suspectes qui auraient empêché l'impression des dits ouvrages... Sa Majesté formellement et défend très expressément, à peine de punitions »

Oudo, imprimeur à Troyes, fut, le 25 février 1703, déchu, de son privilège, attendu l'abus qu'il en a fait en mettant dans plusieurs exemplaires d'almanachs des choses différentes et non comprises dans l'exemplaire sur lequel son privilège fut accordé,

Le privilège concédé au Véritable Calendrier fut ainsi supprimé en 1733, en raison des additions et augmentations qui y furent faites d'année en année.

A quel mobile obéissait le pouvoir en proscrivant l'impression à l'étranger des livres vendus en France ? Faut-il croire que les rois voulaient protéger l'imprimerie française contre la concurrence étrangère ? Il est permis de supposer plutôt que c'est à une préoccupation de sûreté politique qu'obéirent les législateurs.

Le règlement de 1723 - Les premières prescriptions étaient de Charles IX - s'exprime ainsi : « Pourront les livres pour lesquels auront été obtenus lettres de privilèges être imprimés dans l'étendue du royaume. Défend Sa Majesté d'en faire imprimer aucun hors d'iceluy, à peine de confiscation des exemplaires et de quinze livres applicable au profit de l'Hôtel-Dieu. »

D'un arrêt dû Conseil, d'Etat du 18 novembre 1625, il suit :

Sébastien Cramoisy prétendait avoir le droit d'imprimer en Lorraine en vertu du brevet accordé pour servir le Duc de Lorraine en qualité d'imprimeur. L'arrêt porte défense d'imprimer aucun livre hors du royaume de France, tant qu'il sera imprimeur de l'Université de Paris ; à peine de confiscation et d'amende arbitraire.

Les exemplaires de dépôt légal exigés aujourd'hui sont seulement de deux ; autrefois cette obligation était bien plus lourde pour les imprimeurs qui étaient frappés de l'annulation de leurs privilèges s'ils ne déposaient au moins huit exemplaires de tout ce qu'ils imprimaient ou même réimprimaient.

On apprend la répartition de ces exemplaires par l'article 108 du Règlement de 1723 qui est en grande partie la réédition de l'édit d'août 1617. Il apparaît que si Louis XIII n'eut pas le premier l'idée de cette mesure qui conserva, fort heureusement dans les bibliothèques, des livres qui seraient sans doute dispersés ou détruits, il eut au moins le mérite de consolider l'½uvre de François 1er.

Art. l08 : Tous les libraires, graveurs et autres personnes qui obtiendront des privilèges l'impression, la réimpression ou gravure des livres, feuilles, estampes, seront tenus de remettre sans frais entre les mains des syndics et adjoints, cinq exemplaires brochés de chacun des livres, feuilles, ou estampes qu'ils auront imprimés ou fait imprimer desquels cinq exemplaires. Lesdits syndics et adjoints seront tenus de se charger sur un registre particulier, pour être par eux remis, savoir ; deux autres au garde de la Bibliothèque Publique de sa Majesté, un au garde du Cabinet du Château du Louvre. Un en la bibliothèque de M. le Garde des Sceaux de France, et un à celui qui aura été choisi pour l'examen des dits livres, feuilles ou estampes... Comme aussi lesdits imprimeurs remettront sans frais entre les mains des syndics et adjoints des libraires et imprimeurs de Paris, trois exemplaires brochés de toutes les impressions et réimpressions des livres, feuilles et estampes, desquels exemplaires ils se chargeront pour être employés aux affaires et besoins de ladite Communauté.

Enjoint aux dits syndics et adjoints d'y tenir la Main, et de saisir tous exemplaires des livres, feuilles et estampes qui seront mis en vente et affichés, avant qu'il ait été satisfait à ce qui est ordonné par le présent article, ce qui sera pareillement observé pour les feuilles et autres écrits imprimés avec permission des juges de police.».

Sentence du 13 Mai 1617, par laquelle Frédéric Pommeray, maître-imprimeur à Paris, fut condamné à livrer à la Communauté un exemplaire de blanc de tous les livres par lui imprimés ou fait imprimer depuis le 1er avril 1614; à ce faire, contraint, tant par la saisie de ces biens, qu'autres payes justes et raisonnable...

Sentence du 10 Mai 1676, rendue contre Pierre Bienfait, Charles Chevrault, André Cramoisy et la veuve Dauplet, qui les condamna à fournir à la Communauté, dans trois jours, un exemplaire des impressions par eux faites, et à cette fin, donneront un catalogue des impressions qu'ils auront faites, le tout à peine d'en fournir le double.
Par l'ordonnance du 27 décembre 1537, François Ier, « pour la restauration des belles lettres » créait le dépôt-légal.

La suite du chapitre du Règlement, de 1723, relatif aux « Privilèges », est consacrée aux contrefaçons qui, on l'a vu, furent nombreuses dès le début ne l'imprimerie ; il s'agit de sévir contre tous les imprimeurs peu scrupuleux pour qui la propriété du voisin était leur.

Défend Sa Majesté, à tous imprimeurs et libraires du royaume de contrefaire les livres pour lesquels il aurait accordé des privilèges de vendre et débites ceux qui seront contrefaits, sous les peines portées par lesdits privilèges ; encas de récidive les contrevenants seront punis corporellement et déchus de la maîtrise, sans qu'ils puissent s'entremettre du fait de l'Imprimerie et du commerce des livres. »

Sentence du 25 Mai 1561, qui condamna. Pierre Targa à l'amende de douze cents livres pour avoir contrefait, les Bulles Instructions et Prières dont Savreux avait le privilège.

Arrêt du Parlement du 23 septembre 1658 contre Antoine Sommaville pour avoir contrefait les prières de Corneille. Sommaville avait déjà été condamné en 1653 comme contrefacteur de Cyrano de Bergerac.

Sébastien Mabre-Cramoisy était condamné pour le même fait de contrefaçon au sujet du Recueil des Duels.

Arrêt du Conseil, du 19 juillet 1706 contre Jean Borde, imprimeur à Orléans, pour avoir en partie contrefait le Livre des Comptes faits de Barème et le Tarif des Monnayes, qui furent confisqués ; condamné aux dépens et à trois mois de fermeture de boutique

Le nombre des Jugements frappant les imprimeurs pour délit de contrefaçon est considérable, Il convient pour terminer ces quelques exemples, de citer l'arrêt sévère rendu par le Conseil, 5 Mars 1708, contre Sibert, imprimeur à Lyon, qui avait contrefait le Parfait Maréchal, il est condamné à cinq cents livres d'amende, et déchu de l'imprimerie. Presses et ustensiles vendus.

Il est intéressant de transcrire à présent un certain nombre de faits et, aussi, de jugements rendus à diverses époques contre les imprimeurs poursuivis par l'autorité et condamnés à des peines cruelles. Il fallait peu de choses pour être appréhendés ; les victimes échappaient rarement au bras séculier qui se montrait impitoyable. Certains imprimeurs, on va le voir, furent de vrais martyrs.

Le 13 octobre 1488, Antoine Caillault; imprimeur à Paris; rue Saint-Jacques « A l'Homme sauvage », et Jean Favereau, libraire à Paris, sont écroués au Châtelet, sur la plainte d'Arthur Richard, tondeur, qu'ils avaient battu violemment, jusqu'à effusion de sang, ils furent remis en liberté le surlendemain.

Guillaume Février maître-imprimeur, rue Champ-Jaillard, à Paris, est écroué au Châtelet, le 15 octobre 1488, sur la plainte d'une nommée Robinne, veuve de Pierre Cyrier, sous l'accusation d'avoir battu et frappé « ladite veuve de plusieurs coups de pié... et trainée par les cheveux en la bou ». Il est remis en liberté le jour même.

Une ordonnance de l'Archevêque de Paris, portant défense et suppression de livres hérétiques, enregistrée au Parlement de Paris est rendu le 21 octohre1488, en même temps qu'un édit du Roy portant « défenses de faire aucun exercice de la religion prétendue réformée dans son royaume. » A la Suite de cela, plusieurs imprimeurs de Paris se réfugient en Suisse.

Le 26 septembre, Jacques Sousan, François Pradin et jean de Cambray, maître-imprimeurs de Lyon, se rendent au Consulat de la ville pour obtenir justice et punition contre certains malandrins et vagabonds qui courent sus aux ouvriers compagnons de leur métier, et en ont blessé quatre ou cinq jusqu'à la mort. Les coupables sont bannis de la ville après avoir été fustigés dans les carrefours.

Antoine Augereau, libraire et imprimeur à Paris, est le 19 décembre 1534, condamné à être pendu et brûlé, Pour avoir imprimé le psaume VI. Il venait de publier « le Miroir de l'Ame Pécheresse » de Marguerite de Navarre.
Même si celle-ci goûtait les idées nouvelles, elle ne put le sauver du bûcher, il fut exécuté sur la place Maubert.

Par ses lettres patentes du 13 Janvier 1534, François Ier faisait défense généralement à tous les imprimeurs d'imprimer « aucune chose sous peine de mort», et ordonnant en même la fermeture de toutes les boutiques sous la même peine. C'en était fini de l'imprimerie en France si sur les remontrances du Parlement, le Roy n'eût sursis à l'exécution de ces lettres.

Etienne Dolet, simplement homme de lettres et correcteur d'imprimerie à Toulouse depuis quatre ans, est arrêté le 15 mars 1535, mis en prison, puis relâché. Un arrêt du Parlement de Toulouse le chasse de cette ville. Né à Orléans, Dolet avait été terminé son éducation à Paris et delà c'était rendu à Padoue, Venise et enfin Toulouse.

Une ordonnance royale du 17 mars 1537, porte défense de « vendre et imprimer aucun livre en langue latine, grecque, arabique, hébraïque, chaldéenne, italienne, espagnole, française, allemande », soient d'auteurs anciens ou modernes sans les avoir communiqués à Mellin de Saint-Gelais, abbé de Reclus, garde de la librairie et aumônier du Roy, sous peine de confiscation des livres et amendes.

Un jugement du 17 Juin 1538, condamna Jean Morin, libraire rue Saint-Jacques à Paris, qui « a vendu, baillé et délivré aucuns livres contenant erreurs et scandales et a fait imprimer en sa maison, un livre intitulé « Cymbalum Mundi » Il sera conduit dit le jugement, dans un tombereau devant Notre-Dame, tourné au pilori et banni à perpétuité.

A la suite de divers conflits entre Maître-imprimeurs et leurs Compagnons, ceux-ci s'étant bandez (mis en grève), un édit du Roy, 28 décembre 1541, vient règlementer l'imprimerie à Lyon et fait défense de n'imprimer aucun livre sans la permission du grand Sceau. Le conflit ne fut que momentanément apaisé, il reprit de plus belle en 1570.

Etienne Dolet, alors imprimeur à Lyon, célébrait, en 1542, la naissance de son fils par la composition d'un poème, lorsque accusé et jugé coupable de divers méfaits par le tribunal ecclésiastique de cette ville, il est abandonné comme hérétique au bras séculier, c'est-à-dire voué à la mort. Le Roy ordonna sa mise en liberté.

Le 8 juillet 1544, Henri Pottier, Compagnon-imprimeur, rue Saint-Nicolas-du Chardonnet, natif de Paris, et Andry Madoula dit « le Flamant », natif de Bruxelles, compositeur d'imprimerie, rue Saint-Jacques, prés les Mathurins, sont élargis de la Conciergerie, où ils étaient détenus pour propos et admonestés.

Le 2 janvier 1545, le Parlement de Paris fait rechercher comme détenteur de livres protestants Olivier Mallard, imprimeur dans cette ville, rue de la Juiverie à l'enseigne « Pot cassé » ; mais Mallard, qui se savait sans doute dans un mauvais cas, resta introuvable. Il avait, parait-i1, quitté Paris et s'était réfugié à Rouen.

Le 1er juin 1545, Engilbert de Mamfe, imprimeur et libraire à Poitiers, est admonesté au sujet de propositions et de conclusions qu'il a imprimé et qui ont été soutenues en l'auditoire public de l'Université de cette ville, par Barthélémy Pierrleulx, écolier-étudiant en ladite Université.

Le 3 août 1546, en exécution d'un arrêt rendu la veille par le parlement de Paris, Etienne Dolet est pendu, puis brûlé avec ses livres sur la place Maubert, à Paris. Après avoir fui de Lyon, le 7 janvier 1544 et s'être réfugié en Piémont, l'infortuné typographe était revenu clandestinement à Lyon dans le courant d'octobre 1545, il y fut arrêté et amené à Paris.

Le 20 août 1546, Michel Vincent, dit le Grand Michel, originaire du pays de Caux, et imprimeur à Paris, est condamné à mort et exécuté sur la place Maubert, au milieu d'un grand concours de population pour fait de Protestantisme.

Robert Estienne, célèbre par ses connaissances dans les langues hébraïque, grecque et latine, meure à Genève, le 7 septembre 1559. Imprimeur à Paris depuis 1525, il avait dû quitter la ville en 1546, pour se soustraire aux tracasseries que pouvaient lui susciter ses principes religieux, et peut-être même pour protéger son existence.

Martin Lhomme, imprimeur à Paris, est, le 15 juillet 1560, pendu sur la place Maubert pour avoir imprimé un pamphlet intitulé, « Le Tigre », et dirigé contre le Cardinal de Lorraine. Un négociant de Rouen, qui assistait à cette exécution, a prononcé quelques paroles de compassion pour le condamné, il est arrêté séance tenante et subit quelques jours après le même sort que Lhomme.

Un Edit de Saint-Germain-en-Laye, daté du 15 janvier 1561, porte entre autres, cette décision : « Voulons en outre que tous les imprimeurs, semeurs et vendeurs de libelles diffamatoires soient punis pour la première fois du fouet et pour la seconde de la vie. »

Quelques citoyens Lyonnais, en 1567, sans doute exaspérés du danger d'être pris par les Calvinistes, qui venaient de courir leur ville, saccagèrent le logis de quelques coreligionnaires, ils s'attaquèrent à celui de l'imprimeur Jean de Tournes et brûlèrent ses livres et ses papiers. L'imprimeur, échappa à la mort, venant d'être enfermé au couvent des Célestins.

Le 24 août 1572, Claude Goudinal né à Besançon célèbre musicien, à qui Vétis a consacré un long article, et pendant quelque temps imprimeur à Paris, où il était associé avec Nicolas Chemin, il est massacré à Lyon comme Calviniste. Il était du nombre des 1300 coreligionnaires qui furent précipités et noyés dans le Rhône.

André Wechef meurt à Francfort le 1er novembre 168l, il avait était maître-imprimeur à Paris et s'était retiré dans cette ville lors de la Saint-Barthélemy, il n'avait échappé aux Massacres de Paris que grâce à l'intervention de Hubert Langnet ministre de Saxe qui était son locataire à Paris.

A la suite d'un édit rendu en 1585 par le Roi Henri III contre les protestants Jean II de Tournes, un des plus célèbres et habiles imprimeurs de Lyon, quitte avec un profond désespoir cette ville ou déjà son père avait exercé avant, tant d'illustrations, il se rend à Genève, où les meubles de son imprimerie l'avaient précédé. Il meurt en 1615.

Gilles de Carroy, imprimeur, et son correcteur avaient été faits prisonniers à la suite de la saisie d'un livre qui avait pour auteur Pierre Le Breton , inculpés de crime de lèse-majesté, on les condamna à être fustigés « au cul de la charrette », puis, bannis du royaume pour une durée de neuf ans. Quant à l'auteur, il est pendu le 22 novembre 1586, et ses livres sont brûlés au pied de la potence.

On saisit le 4 décembre 1610, chez l'imprimeur Carroy à Paris, «l'Anti-Cotton », et «Le Tocsin » et autres libelles, plus une lettre des Pays-Bas, qui n'était pas achevé d'imprimer, et autres « fadèges » (fadaises). Cet imprimeur avait échappé à la potence à grand peine, en l586 ; il ne dut cette fois son salut qu'aux manifestations de 1'opinion publique, qui s'était fortement prononcés contre les Jésuites.

En 1606, le Nonce du Pape obtient du Chancelier une commission scellée par le Commandant du roi, au moyen de laquelle il fait saisir chez l'imprimeur à Paris tous les exemplaires du traité latin de Gerson sur « L'autorité des Conciles ». Cependant l'imprimeur, après un meilleur examen du livre, ne tarde pas à obtenir main levée de cette saisie.

Le 13 juillet 1610, Gilles Robert, libraire à Paris est jeté eu prison pour avoir fait imprimer « Les Triomphes du Roy » de l'abbé de Frénade. Par une bizarre coïncidence, il tenait boutique non seulement dans une rue, de la Draperie à l'enseigne du « Pot d'Etain », mais aussi au Palais «en la Galerie des Prisonniers ».

Une sentence rendue, le 6 octobre 1614, par le Châtelet de Paris, fait défense au P. Loriot, aux prêtres et écoliers de Clermont, de tenir aucunes presses, caractères et ustensiles d'imprimerie, librairie et reliure, ni d'entreprendre à l'avenir sur l'art et fonction des dits imprimeurs, libraires et relieurs de livres, à peine de confiscation et de cinq cents livres d'amende.

Par ordonnance du 27 avril 1618, rendue par le Bailli du Palais J. Bouillerot et, Melchior Mounelière, imprimeurs à Paris, sont condamnés l'un à douze livres parisis, l'autre à trente-deux livres parisis d'amende envers le Roy, pour avoir imprimé un libelle jugé offensant.

Au terme de l'art. 53 des lettres patentes du 9 juillet 1618, il est enjoint aux syndics et gardes de l'Université « de ne plus recevoir par chaque an, qu'un libraire, un, imprimeur, et un relieur, lesquels seront tenus de se présenter un an auparavant leur réception, afin d'être immatriculés sur le registre de la Communauté, afin d'observer aux abus provenant du nombre effréné de libraires, imprimeur et relieurs. »

Le Parlementent de Paris; le 16 août 1623, condamne au fer le « Le parnasse des auteurs satiriques », et son auteur Théophile : il ne fut brûlé qu'en effigie, arrêté quelque temps après au Châtelet, Théophile est ramené à Paris où l'on recommence son procès. Il est alors, condamné au bannissement.

Sentence du Châtelet de Paris (24 mars 1661), contre Pierre Targa, imprimeur dans cette ville ; il est condamné à une amende de douze cent livres pour avoir contrefait « Belles Instructions et Prières» pour le Jubilé, dont son confrère Charles Savreux avait le privilège.

Un arrêt du Conseil d'Etat du Roi, rendu le 8 Novembre 1668, fait très expresses inhibitions et défenses à Jeanne Desbarats et à Guillaume Dugné, son associé, d'exercer la profession d'imprimeur en la ville de Pau ni ailleurs, à peine de trois mille francs d'amende et de plus grande punition s'il y échoit. Les presses furent saisies, et définitivement retenues au greffe du Château.

Le 29 Novembre 1694, vers les six heures du soir, en vertu d'une sentence de M. de la Regnée, Lieutenant, le nommé Rambault de Lyon, compagnon-imprimeur chez la veuve Chaunot rue de la Vieille-boucherie à Paris, est pendu sur la place de Grêve, pour avoir imprimé un libelle contre le Roy intitulé « Scarron apparu à Madame de Maintenon . »

Un arrêt du Conseil d'Etat, du 20 juillet 1700, condamne François-César Caton, imprimeur à Laon, à cinq cent livres d'amende pour avoir imprimé, sans la permission d'usage, un libelle intitulé : « Lettre de Messieurs les Ministres de France à Monsieur le Conseillé pensionnaire Heinsiuss, escrites du Gertruydemberg ».

Le 25 février 1703, un arrêt déclare Oudot, libraire et imprimeur à Paris « affranchi de son privilège du 30 juillet 1702, attendu l'abus qu'il en a fait en mettant plusieurs de ses almanachs des choses différentes et non comprises dans l'exemplaire sur lequel le privilège a été accordé par M. le Chancelier.

Un arrêt du Conseil d'Etat du Roi, rendu le 22 juin 1723, renouvelle les défenses d'imprimer aucun livret ou écrit n'excédant pas deux feuillets d'impression, sans la permission du juge de police des lieux. Un privilège du roi étant nécessaire pour les publications importantes.

Règlement du 19 juin 1781, portant que les libraires et imprimeurs qui voudront être eux-mêmes les correcteurs de leurs éditions le pourront, à condition qu'ils répondent des fautes trop considérables qui se rencontreront dans leurs livres, et ceux-ci seront ou réformés à leur dépens par des cartons, ou déchirés s'ils sont trop défectueux.

Pour avoir imprimé « Les Lettres Philosophiques » de Voltaire, Claude-François José imprimeur à Rouen, est avisé, que par arrêt du Conseil du Roy, rendu le 8 septembre 1734, il a été destitué de sa Maîtrise.

Le 3 mars 1744, un arrêt du Conseil d'Etat nomme Feydeau de Therville pour s'assurer de la bonne exécution des règlements de police sur l'imprimerie. Il est investit du pouvoir exceptionnel en dernier ressort, même dans les cas les plus graves ; on réserve cependant, à ces justiciables un recourt au Conseil d'Etat.

Une déclaration du Roy, du 16 avril 1757, porte dans son article premier, que tous ceux qui seront convaincus d'avoir composé, fait composer et imprimer des écrits tendant à attaquer la religion, à émouvoir les esprits, à donner atteinte à l'autorité du Roy et à troubler l'ordre et la sécurité de l'Etat, seront punis de mort.

A la suite d'une dénonciation l'accusant d'avoir imprimé une brochure anonyme : « Le Parlement outragé », Pamphlet violent contre les États de Bourgogne, Louis Hucherot est enlevé, le 29 Janvier 1762, par ordre de la Cour, on saisie tous ses papiers et caractères on le jette dans une voiture à six chevaux de poste et on l'enferme à la Bastille ; il ressort le 12 mars suivant, le véritable coupable s'étant fait connaître.

Mise en arrestation, le 24 juillet 1766, de Jean-Baptiste, et de Claude Durand, imprimeurs à Annecy, pour avoir imprimé sans nom de lieu ni de typographe, un pamphlet contre la République de Genève, intitulé : « Le Dictionnaire des négatifs », Burdet et Durand restèrent enfermés pendait quatre mois et remis en liberté contre paiement d'une amende de cent écus d'or.

L'imprimeur Henri de Boubers de Saint-Omer, et son fils Charles sont arrêtés le 30 octobre 1767, jetés en prison et leur atelier séquestré sous 1e prétexte qu'au moment des élections municipales ils ont tenu des propos offensants contre les Echevins Quoiqu'on les ait rendu à la liberté au bout quelques jours, l'autorité continua à les molester pendant plus d'un an.

Le 16 juillet 1784, un arrêt du parlement de Flandre ordonne la lacération et la destruction par le feu du numéro 70 de la « Feuille de Flandres », comme contenant une lettre « où sont développés des principes impies ». Cette feuille était imprimée à Lille par Lemmens, à qui injonction fut faite par le même arrêt de se refuser désormais à de pareilles impressions. Louis XVI fut exécuté le 21 janvier 1793. De même qu'il exerçait la serrurerie avec succès, le roi tenait sa place dans la grande famille typographique. Louis XVI avait appris cet art alors qu'il était encore dauphin. Louis XVI avait imprimé lui-même à Versailles en1766, les « Maximes morales et politiques, tirées de Télémaque ».

Il faut reproduire l'article concernant les travaux de Ville, dont l'annoncé est un peu différent de ce qu'il serait aujourd'hui. Cet article semble en contradiction avec un autre précédemment cité ; mais cette contradiction n'est qu'apparente, en raison des distinctions un peu subtiles établies entre les diverses catégories d'imprimés

Ne pourront lesdits libraires et imprimeurs ni autres, demander aucun privilège pour l'impression des factures, mémoires, requêtes plants, pardons, indulgences monitoires; et seront lesdits ouvrages, indifféremment imprimés par les imprimeurs dont les particuliers voudront se servir. »

Le jugement de 16l8 donnait déjà la liberté d'imprimer des bilboquets ; mais la police veillait malgré tout, et cette liberté était régentée par un contrôle permanent.

On trouve, au 16 juin 1670, un document ayant trait au monopole des lettres de décès, qui fit couler tant d'encre dans un temps assez rapproché.

C'est une opposition de la Communauté des marchands, libraires à 1'enregistrement des lettres de privilèges obtenues par Guillaume Adam et le nommé Tainturier, pour pouvoir imprimer les billets des Convois et Enterrements. Ces lettres durent être rapportées à la Communauté pour n'avoir eu aucun effet et n'avoir pu être enregistrées par l'avis de Messieurs les Gens du Roi.

L'obligation du permis d'imprimer s'étendait jusqu'aux cartes, géographiques :
« Défend Sa Majesté à tous les graveurs, imagiers ou dominotiers d'imprimer ou de faire imprimer, vendre et débiter aucunes cartes de géographie et autres planches, ni explications étant au bas d'iceIles, sans privilège du grand Sceau ou la permission du Lieutenant-général de Police. »

Une sentence du 12 octobre 1650, fait défense à Jacques Avernault maître-graveur en taille-douce, et à tous autres imagiers, de plus faire imprimer aucunes gravures ou images où il y ait plus de six lignes d'impression dessous, et sans que la dite impression puisse passer au revers de la dite figure, quatre Cents livres d'amende et confiscation.

Par un arrêt du 21 décembre 1607, il est fait défense à tous graveurs, imprimeurs, etc. d'imprimer, graver de plans des Maisons Royales, tableaux, figures antiques, etc., s'ils ne sont nommés et choisis par le Sieur Colbert, Surintendant des Bâtiments du Roy Arts et Manufacture de France.

L'art. 87 du Règlement de 1723, qui a trait à la visite des estampes et images, trouve sa place en cet endroit. On verra que les artisans de la gravure, qui étaient pourtant de réels artistes étaient placés dans la catégorie des métiers ; ils n'eurent jamais l'honneur d'être considérés comme suppôts de l'Université, malgré certaines tentatives faites pour y parvenir.

Les Syndics et adjoints visitèrent les tapissiers dominotiers, et imagiers, à ce qu'ils n'ayent à imprimer ni vendre aucuns placards ni peintures et images dissolues, et ne puissent avoir dans leur maison que des presses uniquement propre à imprimer des planches gravées en bois ou en cuivre. Défense d'avoir aucunes presses ni aucuns caractères de fonte propres à imprimer des livres...

Veut que quand ils voudront mettre en dessous de leurs estampes et figures quelque explication imprimée et non gravée, ils ayent recours aux imprimeurs et que ladite explication ne puisse excéder le nombre de six lignes, ni passer au revers des dites estampes et figures.

« Seront tenus lesdits tapissiers, dominotiers et imagiers faire apporter en la Chambre de la Communauté des libraires et imprimeurs, marchandises de leur art qu'ils feront venir des pays étrangers et des provinces du royaume pour y être visités par les syndics et adjoints, le tout à peine de confiscation et au profit de ladite Communauté et d'amende arbitraire. Et enfin de ceux qui font profession de dominoterie et imagerie soient connus, veut que tous soient tenus de se faire inscrire sans délais, sur le registre de la Communauté leurs noms, à peine de cent livres d'amendes. »
Les lettres patentes de Henry III (1586) donnent le détail de la composition du matériel toléré aux dominotiers et tapissiers :

« Les dominotiers ne pourront tenir presses en leur maison ni ailleurs, sinon grandes presses accommodées de grands tympans propres à imprimer histoires; et ne pourront, tenir lettres grandes ni petites... Ainsi s'ils ont à faire des lettres (composer un texte) se pourront retirer par devers les maîtres qui ont les lettres, en convenant de prix avec eux pour ce qu'ils ont à faire. Les tapissiers ne pourront tenir en leur maison, ni autrement, châssis, tympans, frisquettes, cornières ni couplets à fleurs. Leurs presses et leurs platines seront d'un pied et demi de long et six pouces de large, et seront de bois et ils n'en pourront avoir de fer,

Cette seule prescription est formulée pour le cas de décès des imprimeurs :
« Avenant le décès d'un imprimeur sans veuve et sans enfants qui ayent qualité pour exercer l'imprimerie ; les vis de presses de son imprimerie seront portées à la diligence des syndics et adjoints en la chambre de la Communauté pour y être déposées jusqu'à la vente de ladite imprimerie. »

Les formalités exigées pour l'accession à des imprimeries sont contenues sommairement dans l'article 122 du Règlement de 1723.

« La vente d'imprimeries, ou des parties d'icelles, ne pourra être faîte sans la permission du Lieutenant-général de Police, et qu'en la présence des syndics et adjoints qui tiendront un registre de ladite vente... »

« Les imprimeurs auxquels seuls les caractères et presses pourront être vendus et adjugés, s'en chargeront à peine de confiscation et d'amende contre les contrevenants. Les imprimeurs qui vendent des presses ou partie de leurs imprimeries à d'autres imprimeurs seront tenus d'en faire la déclaration Sur le même registre.

« ...Les inventaires et prises de fonds et librairies et d'imprimerie seront faits en la manière accoutumée, par deux libraires ou imprimeurs, et ledit inventaire sera annexé par les notaires à l'inventaire des autres meubles, tel qu'il est dit à l'art, l13».

Cet article l13 contient des formalités juridiques qui n'offrent aucun intérêt particulier.

Le règlement de 1723, renferme aussi de nombreux articles sur les fondeurs en caractères, sur le commerce des livres, les porte-balles, les libraires forains qui démontrent de quelle précautions s'entourait l'autorité ; et combien tout ce qui touchait l'imprimerie préoccupait l'opinion publique. Ces prescriptions complètent l'arsenal des lois concernant tout ce qui s'imprimait et se propageait.

L'édit de1785 avait supprimé déjà l'ancienne organisation corporative. Les Jurades, les maîtrises disparaissaient ; mais, jusqu'à là Révolution, les règlements régissant l'exercice de l'imprimerie demeurèrent en vigueur. Il faut pourtant noter que durant les dernières années de la royauté, un certain relâchement se manifestait quant à la rigueur de l'application.

La Déclaration des Droits de l'Homme, le 3 septembre 1791; proclama la liberté d'imprimer :
« Art. II - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Durant la période révolutionnaire, l'article II de la déclaration subit de nombreuses entorses, et les imprimeurs furent souvent durement frappés.

On ne peut mieux terminer cette petite étude rétrospective qu'en reproduisant quelques jugements des Tribunaux Révolutionnaires durant le temps de la rude tourmente.

On arrête, dans la nuit. du 10 Août 1791, M. Brune, imprimeur à Paris, en vertu d'un décret de prise de corps, comme membre de Club des Cordeliers, Quelque temps auparavant, ses presses avaient été saccagées, au cours d'une émeute populaire, par une bande de forcenés auxquels s'étaient joints des Gardes Nationaux du bataillon même de Brune, bande de citoyens auxquels s'étaient mêlés un grand nombre de Dragons de la Liberté, se présentent le 11 mars 1793, vers 8 heures du soir, à l'imprimerie Gorsias et y brisent toutes les presses ; une heure plus tard, ils envahissaient les ateliers de Piévée, imprimeur de « La Chronique » et y commettaient les mêmes excès, sans être aucunement dérangés par la police.

A.F. Momoro, imprimeur à Paris, dont la femme représente la Déesse Raison sur l'autel de Notre-Dame, est condamné à mort et décapité le 24 mars 1793, en même temps qu'Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne » et d'autres révolutionnaires
dont il partageait les opinions. Momoro avait publié un « Traité élémentaire de l'imprimerie ».

Le général Précy, alors à Lyon, faisait imprimer, le 20 octobre 1793, une proclamation conçue en ces termes :
J'invite tous les bons citoyens à dénoncer les Jean-foutres qui se cachent dans la ville... » Huit jours après l'imprimeur de cette pièce, Aimé de la Roche, disparaissait et se cachait lui-même pour mettre sa tête en sûreté.

A la suite d'une dénonciation émanant de l'un de ses employés Ch.-F. Millanois, imprimeur à Lyon, est, le 18 novembre 1793, condamné à mort par le Comité Révolutionnaire, et fusillé Ce jour, parce qu'il avait commandé les Lyonnais comme
Lieutenant-colonel d'Artillerie pendant le siège de Lyon. Son imprimerie fut à titre de récompense, donnée à son dénonciateur.

P.-M. Bruyset, imprimeur à Lyon, est arrêté, ainsi que son frère après le siège de la ville, le 25 décembre 1793, mais, ce dernier étant malade on l'oublie à 1'infirmerie. Pierre comparait seul devant le Tribunal Révolutionnaire, s'y laisse accuser sous le nom de son frère, et s'entend condamner à mort. Il monte courageusement à l'échafaud sans dévoiler le secret de son sublime dévouement.

Jean-Baptiste Delamolière, imprimeur à Lyon, ayant été dénoncé comme fédéraliste par un Sieur Merier, Lieutenant de Gendarmerie, est mis en état d'arrestation et condamné à mort, le 5 janvier 1794 ; le 6, on fusille le malheureux typographe en compagnie d'autres Lyonnais, Il laissait après lui une veuve et trois enfants en bas âge.

Joseph Girouard, imprimeur à Paris, éditeur du la « Gazette de Paris » est Condamné à mort, le 8 janvier 1794, pour avoir fait graver des signes contre-révolutionnaires, concouru avec Durosoy, rédacteur de cette feuille, à troubler la tranquillité de la Sureté de la République, et à faciliter l'entrée en France des troupes des tyrans coalisés..., etc.

Le 3 mars 1794, J.-B. Froullè, âgé de soixante ans, libraire et imprimeur à Paris, est condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire, comme étant convaincu d'avoir composé et imprimé, en 1793, un ouvrage intitulé: « liste des cinq appels nominaux», dans lequel se trouve la relation des 24 heures d'angoisses qui ont précédé la mort de Louis XVI.

Le 22 Mars 1794, un imprimeur de Douai, François Descamps, déclaré par le Tribunal Révolutionnaire coupable :
« D'une conspiration contre la souveraineté et la sûreté du peuple français, en imprimant, vendant et colportant des écrits tendant à méconnaître l'autorité des représentants du Peuple, à provoquer l'avilissement et la dissolution de la représentation nationale », est condamné à mort et exécuté ce même jour à Paris.

Jean-Baptiste Collignon, âgé de soixante-et-un ans, imprimeur à Metz, est, le 2 mars 1794, condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire, comme étant convaincu d'avoir imprimé et distribué des ouvrages « tendant à ébranler la fidélité des citoyens envers la Nation, et à soulever contre la France, les pays étrangers ». Il est exécuté le lendemain.

F. Bonin, âgé de quarante-sept ans, imprimeur à Paris, est, le 14 avril 1794, condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire pour avoir, en public, qualifié Robespierre de conspirateur, prétendant qu'il ne tarderait pas à être puni ; pour avoir aussi insulté la Convention Nationale et provoqué les citoyens contre elle, il est exécuté le même jour.

F.-C. Gattey, âgé de trente-huit ans, imprimeur-libraire à Paris, est, le 14 avril 1794, condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, comme complice d'une prétendue conspiration tendant à troubler l'Etat et les Colonies par une guerre civile, en imprimant, vendant et expédiant pour les colonies des écrits contre-révolutionnaires.

Le 25 avril 1794, Annisson-Duperron, directeur de l'Imprimerie Royale, est condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire est exécuté le soir même en compagnie de trois autres victimes. Il avait, naguère, publié un « Mémoire sur l'impression, en lettres », suivi de la description d'une nouvelle presse.

Le 3 Juin 1794, J. Hermuy, âgé de quarante-six ans, imprimeur-libraire à Sedan, ex-notable de cette ville; est condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire comme complice de complots et conspirations formés de conserve avec le tyran, ses agents, et notamment avec le « traître La Fayette, pour corrompre les armées. »

P. Baucé, imprimeur Lyon, et, F. Baucé, son fils aussi imprimeur, sont tous deux condamnés à mort, le 13 Juin 1794, par, le Tribunal Révolutionnaire, comme ayant conspiré à détruire la liberté en prenant part aux révoltes de « Communes affranchies » (Lyon), en secondant les projets, des ennemis de la France, en empêchant les approvisionnements de Paris, etc., etc.

Le 15 Juin 1794; F, Baudevin, âgé de trente-quatre ans imprimeur ,à Paris, est exécuté en vertu d'un jugement du Tribunal Révolutionnaire, rendu la veille, pour avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, en cherchant à ébranler la fidélité des citoyens envers la République, en recueillant , le portrait du tyran, etc.

L.C. Richet, âgé de 27 ans, tanneur et imprimeur à Paris, est, le l6 Juin 1794, condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire, comme étant convaincu d'être un ennemi du peuple, de s'être associé à un complot dont le but était de s'emparer des citoyens composant la force armée de Bicêtre et de forcer les portes de cette prison où il était détenu pour aller égorger les représentants du peuple.

Le 27 Juillet 1794, J. B. Cavazza, originaire de Gênes et imprimeur à Bordeaux, depuis 1792, est condamné à mort par la commission militaire, séant en cette ville et exécuté le jour même. Son imprimerie et tous ses biens sont confisqués mais sa Veuve qui en avait été nommée séquestre, en obtint, deux années plus tard la restitution, son défunt mari ayant été réhabilité.

A. Mercier, libraire et directeur des assignats de Paris, ex-membre du Conseil général de la Commune, mis hors la loi par le, décret de la Convention des 9 et 10 thermidor (27 et 28 juillet 1794), est livré à 1'exécution des jugements criminels pour être mis à mort sur la place de la Révolution.

Le 31 Juillet 1794, L. Nicolas, imprimeur à Paris et celui de la Commune mis hors la loi par le décret de la Convention des 9 et 10 thermidor, qui ordonnait de le livrer à l'exécuteur des criminels, à la tête tranchée sur la place de la Révolution.

Loi du 28 germinal an IV (17 avril 1796) sur les délits de presse : elle oblige les auteurs de tous écrits, périodiques, à les signer, et rend les imprimeurs responsables de ceux qui ne porteraient pas de signatures. Les peines sont de deux années de fer pour la première fois, et, en cas de récidive, c'est la déportation.

Le 11 septembre 1796, le juge de paix de Sens appose les scellés sur les presses et caractères du citoyen Tarbé, imprimeur à Sens et directeur-rédacteur du « journal politique et littéraire du département de l'Yonne », dont les tendances, contre-révolutionnaires déplaisaient à la municipalité. La levée des Scellés ne fut opérée qu'au bout d'un an : 6 thermidor an VI.

Le Conseil des « Cinq-Cents » vote, le 13 septembre 1797 la résolution suivante : les propriétaires, entrepreneurs, directeurs, auteurs, rédacteurs des journaux ci-après seront sans retard déportés dans un lieu à déterminer, leurs biens seront séquestrés et, mainlevée ne leur en sera accordée que sur la preuve authentique de leur arrivée au lieu de déportation.

Il faut ici arrêter ces exemples de coercition. Par la suite, les gouvernements qui se succédèrent depuis le Premier Empire, édictèrent de très nombreuses lois où les mesures les plus sévères étaient prévues contre les imprimeurs de journaux. Toutefois, si des peines afflictives étaient prononcées, elles n'allaient pas jusqu'à la privation de la vie.
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# Posté le samedi 27 mai 2006 01:27

Le Calendrier par Paul V.

Le Calendrier  par Paul V.
Introduction

Le calendrier c'est la mesure de l'espace-temps d'une civilisation, d'une culture d'un peuple. Le calendrier se repère sur nos connaissances « astronomico-culturel » et nous créons un ressenti sur des bases astrologiques.
On voit tout de suite que parler du temps qui passe, de la mesure de la vie quotidienne s'appuie sur une notion suggestive, une perception intuitive, d'où une grande difficulté pour les enfants qui ne sont pas élevés avec un rythme naturel et familial. Ils savent lire l'heure, mais n'ont pas de repère en dehors de la montre ou du calendrier.

Je ne traiterai pas les calendriers de façon exhaustive ou personnalisé car un seul travail n'y suffit pas et ce type d'informations objectives est très accessible en web ou en livre. Ce qui m'importe c'est le rythme de la vie des hommes et la place de celui-ci dans le temps compté sur la vie.

Définition : Le calendrier mesure du temps lunaire ou solaire. Système de calcul du temps en jours, semaines, mois et années.

Bases astronomiques :
Le jour solaire est l'intervalle de temps séparant par exemple deux levers, deux couchers ou deux passages consécutifs du Soleil au méridien. Le jour solaire variant au cours de l'année de 23 h 59 min 39 s à 24 h 0 min 30 s, on définit un jour solaire moyen de 24 heures exactement.

La lunaison, ou mois synodique, est l'intervalle de temps séparant deux nouvelles Lunes consécutives. Mais, en raison de la complexité du mouvement de la Lune autour de la Terre, la lunaison peut varier entre 29 j 6 h et 29 j 20 h. L'observation d'un très grand nombre de lunaisons a permis de définir une lunaison moyenne égale à 29,530 589 jours (soit 29 j 12 h 44 min 3 s).

La durée de l'année dépend essentiellement du repère que l'on choisit dans le ciel. Ainsi le Soleil revient en face de la même étoile en une année sidérale égale à 365 j 6 h 9 min 9,5 s. Les saisons, quant à elles, sont liées au retour du Soleil au point vernal, intersection de l'équateur céleste et de l'écliptique.

Le Soleil passe en ce point (mobile par rapport aux étoiles) à l'équinoxe de printemps (le 20 mars en moyenne). L'intervalle moyen entre deux passages du Soleil au point vernal (ou point gamma) s'appelle l'année tropique ; celle-ci est également égale à 365,242 19 jours (soit 365 j 5 h 48 min 45 s).

Astronomie les origines de l'astrologie
Il est certain aussi que la définition du calendrier conduisit l'homme à observer les étoiles. Les levers et couchers héliaques des constellations (époques où elles deviennent visibles le matin, avant que le Soleil ne se lève, et époque où, le soir, elles deviennent invisibles car elles se couchent avant le Soleil) sont de bons repères pour marquer les périodes de l'année. On a retrouvé la liste de trente-six constellations déjà définies par les Babyloniens, et il est très probable qu'il faille voir là la première ébauche du zodiaque. Indépendamment, une astronomie semblable s'est développée en Amérique précolombienne, mais bien plus tard.
Chez les peuples anciens, le ciel est bien autre chose qu'un objet de curiosité. L'homme est d'abord frappé par la régularité des phénomènes célestes, du retour sans cesse identique du Soleil, de l'alternance régulière des saisons ou des phases de la Lune. Il ne conçoit pas encore l'existence de lois physiques naturelles auxquelles obéirait le mouvement des astres. C'est un esprit essentiellement mystique, comme l'homme des civilisations primitives contemporaines, qui attribue cette régularité à l'action d'êtres supérieurs, de dieux tout-puissants. Cela donne naissance à un culte de ces divinités, culte qui provient d'abord d'un sentiment de crainte et est destiné à s'attirer les faveurs du ciel.
La divinité s'identifie souvent d'ailleurs aux objets eux-mêmes : le Soleil qui donne sa chaleur et sa lumière, dieu favorable, la Lune, astre de la nuit, souvent considérée comme un dieu malfaisant, Vénus, etc. Les principaux événements astronomiques, nouvelle lune, début des saisons, etc., sont alors marqués par des cérémonies, dont il reste encore de nos jours de nombreuses traces. En outre, les événements inattendus, éclipses, comètes, bolides, novae et supernovae, etc., sont attribués à la colère divine.
Ce culte des objets célestes conduit rapidement à attribuer à ces astres une influence sur la destinée humaine et donne naissance à l'astrologie qui, sauf peut-être chez les Grecs, a dominé, dans le monde entier, l'astronomie jusqu'à la Renaissance.
Les plus anciennes civilisations sur lesquelles nous possédons des informations occupent, entre 5000 et 4000 ans avant J.-C., les plaines fertiles de Chine, des Indes, de Mésopotamie et d'Égypte, mais c'est probablement en Mésopotamie, sur les bords du Tigre et de l'Euphrate, que l'observation des astres tint le plus de place.
Vers 3000 avant J.-C., les villes sumériennes, comme Uruk, Nippur, au sud de la Mésopotamie, ont déjà une culture très développée, qui fut par la suite transmise aux Babyloniens situés plus au nord. Les Sumériens furent les inventeurs de l'écriture cunéiforme. Les tablettes les plus anciennes qui nous soient parvenues datent seulement de 2800 avant notre ère, mais elles montrent que l'astronomie était à l'honneur depuis longtemps déjà. Il nous est possible de reconstituer le calendrier utilisé à cette époque, et de suivre les efforts faits pour l'améliorer.

De même, les besoins de l'astrologie conduisirent aux premiers essais de prédiction des éclipses – cela nécessitait une étude approfondie des observations anciennes. On a ainsi retrouvé dans la bibliothèque d'Assurbanipal à Ninive (650 av. J.-C.) un grand nombre de tablettes astronomiques, dont les plus anciennes doivent remonter au XXe siècle avant J.-C. On y traite de la marche en zigzag des planètes, des constellations et de leur lever héliaque ; on y trouve une description précise du zodiaque, tel que nous l'utilisons encore de nos jours ; on y trouve aussi des tables donnant la liste des éclipses passées, et tentant de prédire celles à venir. Il devait revenir aux Grecs de dépouiller l'astronomie de cette gangue, et de la transformer en une véritable science.

Histoire.
Chez les peuples usant d'un calendrier solaire, le début de l'année a toujours été fixé par pure convention. Ainsi, l'année romaine commençait avec le mois de mars (les noms de nos quatre derniers mois de l'année, tout comme leurs abréviations anciennes, rappellent clairement qu'ils occupaient, dans ce premier calendrier romain, les positions sept [septem, 7bre], huit [octo, 8bre], neuf [novem, 9bre] et dix [decem, 10bre]). Jules César, sur les conseils de Sosigène d'Alexandrie, avança de trois mois cette date : l'an 709 de Rome (— 45 des chronologistes, — 44 en notation algébrique des astronomes) commença le 1er janvier, et c'est la date initiale de la réforme julienne, que Rome – et avec elle les nations soumises à sa domination – appliqua pendant 345 ans...

Il y a très longtemps, lorsque les calendriers ont été inventés, il a fallu donner un nom. Tous les noms des jours ou des mois que nous connaissons viennent du latin. Il faut savoir également qu'à l'époque, l'année ne commençait pas en Janvier mais en Mars.
Juillet et dédié à Jules César car c'est un des créateur du calendrier actuel et c'est également son mois de naissance.

Origine du nom des mois de l'année :
Le nom des mois de l'année ont pratiquement tous comme origine le nom des Dieux Romains.
Janvier : vient de januaris mensis qui signifie "mois de Janus", dieu romain du commencement
Février : vient de februarus mensis qui signifie "mois des purification".
Mars : vient de martius mensis qui signifie "mois de Mars", dieu romain de la guerre.
Avril : vient de aprilis mensis qui signifie "mois d'Aphrodite", déesse de l'Amour.
Mai : vient de maius mensis qui signifie "mois de Maia", fille d'Atlas et Pléioné, mère d'Hermès.
Juin : vient de junius mensis qui viendrait de Junon, déesse italique ou alors de Junius Brustus, premier consul romain.
Juillet : vient de Julius mensis, mois en l'honneur de Jules César. Précédemment appelé Quintilis du nom de "quintus", Cinq, Parce que c'était le 5tème mois de l'ancien calendrier Romain
Août : vient de Augustus mensis, mois en l'honneur de l'empereur romain Auguste. Précédemment appelé Sextilis du nom de "sextus", six, Parce que c'était le 6ème mois de l'ancien calendrier Romain.
Septembre : vient de september mensis qui signifie "septième mois" de l'année du calendrier Romain.
Octobre : vient de october mensis qui signifie "huitième mois" de l'année du calendrier Romain.
Novembre : vient de november mensis qui signifie "neuvième mois" de l'année du calendrier Romain.
Décembre : vient de december mensis qui signifie "dixième mois" de l'année du calendrier Romain.

Origine du nom des jours de la semaine :
Les noms des jour de la semaine ont pour origine, également, le nom de Dieux Romains. c'est d'ailleurs également la même racine utilisé pour donné le nom aux planètes de notre système solaire (Vénus, Jupiter, Saturne, Mars, etc).
Lundi : vient de Lunae dies qui signifie "jour de la Lune".
Mardi : vient de Martis dies qui signifie "jour de Mars".
Mercredi : vient de Mercoris dies qui signifie "jour de Mercure".
Jeudi : vient de Jovis dies qui signifie "jour de Jupiter".
Vendredi : vient de Veneris dies qui signifie "jour de Vénus".
Samedi : vient de Sambati dies qui signifie "jour du sabbat".
Dimanche : vient de Dies dominicus qui signifie "jour du Seigneur".

Mais, au fil des siècles, l'année n'a pas commencé partout au 1er janvier, et son début a varié au gré des Églises, des époques et des pays. Pour ne citer d'abord que la France, l'année commençait le 1er mars dans nombre de provinces aux VIe-VIIe siècles ; à Noël au temps de Charlemagne (et en certains lieux, tel Soissons, jusqu'au XIIe s.) ; le jour de Pâques sous les Capétiens, ce qui donnait des années de longueur très variable (usage quasi général aux XIIe-XIIIe s., jusqu'au XVIe s. dans certaines provinces) ; toutefois, en quelques régions, l'année commençait à date fixe, le 25 mars, jour de l'Annonciation.

C'est ainsi qu'on peut lire, dans la Généalogie des rois de France (1506) de Bouchet : « Charles VIII alla à trépas au chasteau d'Amboise le [samedi] 7 avril 1497 avant Pasques [le 15 avril cette année-là], à compter l'année à la feste de Pasques ainsi qu'on le fait à Paris, et en 1498 à commencer à l'Annonciation de Nostre-Dame ainsi qu'on le fait en Aquitaine. » Ce n'est qu'en 1564 que, par édit de Charles IX, le début de l'année fut obligatoirement fixé en France au 1er janvier ; et les fausses étrennes et « poissons d'avril » sont un lointain souvenir des dates révolues.
La République ayant été proclamée le 22 septembre 1792, date qui se trouvait être le jour équinoxial d'automne, le calendrier républicain fixa le début de l'année « au jour civil où tombe l'équinoxe d'automne au méridien de Paris ».
En Russie, l'an commençait le 1er septembre ; à compter du règne de Pierre le Grand, il commença le 1er janvier. Quant à l'Angleterre, où l'an débutait le 25 mars, elle n'accepta le 1er janvier qu'avec la réforme grégorienne : l'année anglaise 1751 ne comporta que neuf mois et une semaine !

Le début de l'année civile
Il nous semble tout naturel, aujourd'hui, de commencer l'année au 1 janvier. Quoique si on regarde un agenda scolaire, on peut se demander si l'année ne commence pas au 1 septembre. Il suffirait qu'au 31 août nous passions de 2006 à 2007 par exemple pour nous imaginer ce qui s'est passé à une certaine époque.
Et cette époque, c'est encore le Moyen Âge. Sauf que, bien entendu, ce n'était pas la rentrée scolaire qui dictait le changement d'année ! Mais de nombreuses dates, qu'on appelle styles furent utilisées. Pour la plupart, elles correspondaient à des événements religieux.
Nous allons rester en France et faire le tour des principaux styles utilisés, les uns étant à date fixe, un autre à date variable.
- Le style du premier mars fut utilisé aux VI ème et VII ème siècles.
- Le style de la Nativité (25 décembre) était en vigueur chez les Carolingiens. Par exemple, Charlemagne est couronné le 25 décembre 800, premier jour de l'année.
- Le style de l'Annonciation (25 mars) est en fait double et comporte le style florentin (utilisé dans le Midi et le Dauphiné) qui retarde de trois mois sur le nôtre et le style pisan qui a un an d'avance sur le précédent, et donc 9 mois sur le nôtre.
- Le style de la Résurrection ou style pascal fut adopté à partir du XII ème siècle et se généralisa aux XII ème et XIII ème siècle. Malheureusement pour les historiens, qui doivent chercher les dates de Pâques pour savoir quand change l'année. Étonnant aussi, ce style, par le fait qu'il faisait varier la longueur de l'année qui pouvait durer de 330 à 400 jours.

Et le style du premier janvier alors ?

Le problème, c'est que janvier était consacré à Janus, divinité païenne s'il en est et que personne n'était très chaud pour faire débuter l'année au 1 er janvier. Jusqu'à un certain 9 août 1564.
Pour affermir le pouvoir de son fils Charles IX, Catherine de Médicis entreprend avec lui un long voyage à travers le royaume (1564-1566). Le nouveau roi n'a alors que 13 ans. Suite à une épidémie de peste, toute la famille et consorts se réfugient à Roussillon pas loin de Lyon. C'est là que Charles IX et ses ministres (à moins que ce ne soit l'inverse) Michel de l'Hospital et Sébastien de l'Aubespine révisent une loi relative à la justice. Ils y ajoutent, on ne sait pourquoi, un article 39 qui stipule que l'année commencera désormais le 1 er janvier. C'est l'Édit de Roussillon dont voici une partie du texte :
"Voulons et ordonnons qu'en tous actes, registres, instruments, contracts, ordonnances, édicts, tant patentes que missives, et toute escripture privé, l'année commence doresénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier.
Donné à Roussillon, le neufiesme lour d'aoust, l'an de grace mil cinq cens soixante-quatre. Et de notre règne de quatriesme. Ainsi signé le Roy en son Conseil" Sébastien de l'Aubespine.

Effet retard aidant, il faudra attendre 1567 pour que l'Édit soit appliqué à Paris et encore plus tard pour le reste du royaume. Et, peu de temps plus tard, en 1582, ce fut la grande réforme grégorienne.
La chronologie telle que nous la connaissons était née.


La naissance du Christ
Nous sommes en 525. Jean 1er, par l'intermédiaire des chefs de la chancellerie Boniface et Bonus, demande à un certain Dionysius Exiguus de se pencher sur le comput pascal et de fixer les dates de Pâques pour les années à venir.
Certains vont dire que ce n'est pas en 525 que cela s'est passé, mais en 523. Bon, si on commence à pinailler de 2 ans sur ce qui s'est passé il y a près de 2 000 ans, on n'est pas encore rendus ! Disons que Dionysius Exiguus a rendu sa copie en 525 et n'en parlons plus.
Mais, avant d'aller plus loin, il nous faut bien passer quelques minutes à essayer de savoir ce qu'est ce fameux comput pascal et qui était cet illustre Dionysius Exiguus.

Le comput pascalAux deuxième et troisième siècles, les chrétiens célèbrent dans un premier temps Pâques (résurrection du Christ) en même temps que la pâque juive c'est-à-dire le 14 nissan. Puis, le toute jeune Église chrétienne décide de se démarquer des juifs et de ne plus leur laisser le soin de déterminer la date de sa propre fête. N'oublions pas, en effet, que le calendrier juif est un calendrier lunaire fondé sur l'observation de la nouvelle Lune.
Et tout ce beau monde se démarqua tellement que les communautés, au sein même de la Chrétienté, se démarquèrent également entre elles et que chacune fêtait Pâques à sa manière. Sans compter les quartodécimans (du latin quartodecimus : quatorzième) qui restèrent fidèles à la date de la Pâque juive.

Est-ce en 325 que les 318 Pères de l'Église chrétienne, réunis au premier concile ½cuménique de Nicée (aujourd'hui Iznik en Turquie) à l'initiative de l'empereur romain Constantin, fixèrent les règles de la détermination de la date de Pâques ? Les avis divergent à ce sujet mais, quoi qu'il en soit, s'ils fixèrent cette règle, ils n'en établirent pas les modalités d'application de façon précise.
Nicée ou pas Nicée, la règle exista. Il y a plusieurs façons de la formuler et nous allons la décomposer pour bien marquer ses composantes :
a) L'équinoxe de printemps se situe au 12 des Calendes d'avril soit au 21 mars du calendrier julien. Il faut dire, en effet, que certains le fixaient au 8 des Calendes d'avril, soit le 25 mars.
b) Pâques est fêtée le dimanche situé entre le 14ème jour et le 21ème jour de la nouvelle lune du 21 mars.
Bien entendu, au Concile de Nicée, et cette fois c'est une chose certaine, tout le monde jure ses grands dieux que les chrétiens d'Orient qui célébraient Pâques en même temps que les juifs renonceront à cette pratique et célébreront le jour déterminé par les Églises de Rome et d'Alexandrie réunies. Ils le notent dans une lettre synodale aux chrétiens d'Alexandrie

"Nous vous annonçons la bonne nouvelle de l'accord réalisé sur la sainte Pâque, parce que grâce à vos prières cette question aussi a été réglée: tous les frères de l'Orient, qui auparavant célébraient avec les Juifs, seront fidèles à célébrer désormais la Pâque en accord avec les Romains, avec vous et avec nous tous qui le faisions depuis le début avec vous".

Constantin, de son côté, envoie une lettre circulaire à tous les évêques chrétiens. Et, la question étant réglée, on passe à autre chose.
Parce qu'il faut bien dire que le Concile de Nicée a des choses plus importantes à traiter que la fixation de la date de Pâques. Cette autre chose, c'est l'arianisme, c'est à dire la négation par certains (Arius d'Alexandrie et "consorts") d'un Dieu unique et triple à la fois. Le Concile définit le Fils comme homoousios (en latin consubstantialis) au Père, c'est-à-dire de même substance que le Père. Restons-en là mais il fallait le noter pour la suite.
Réglé, le problème de la date de Pâques ? Que nenni !!

Notons une chose importante qui va expliquer toute la suite : la date de Pâques est déterminée par des calculs, non pas sur la Lune astronomique vraie, mais sur une lune fictive, dite lune ecclésiastique ou calendaire.

A) En Orient, on va respecter les prescriptions du Concile de Nicée et considérer que l'équinoxe de printemps est au 21 mars. D'autre part, on va calculer la néoménie à partir du cycle de Méton qui veut que la nouvelle Lune revient à la même date tous les 19 ans.
Théophile d'Alexandrie (370-444) dresse des tables, dites Tables alexandrines, des dates de Pâques d'après les éléments que nous venons de voir. Puis, Cyrille d'Alexandrie va continuer ces tables jusqu'en 531 de notre ère (247 de l'ère de Dioclétien). Quand on sait qu'intervenaient des variables comme le nombre d'or, les indictions, les lettres dominicales et autre cycle solaire (voir calendrier liturgique), on conviendra que ces tables étaient du seul ressort de mathématiciens de haut vol.

B) En revanche, en Occident, on tient compte du 25 mars comme date de l'équinoxe de printemps et, qui plus est, on fait appel à un ancien cycle de 84 ans au lieu de cycle de Méton.
Léon 1er qui fut pape de 440 à 460 tente, après le Concile de Chalcédoine en 451, de remettre en cause le comput alexandrin de Théophile et Cyrille. C'est Victor d'Aquitaine qui, en 457, à la demande d'Hilaire va se pencher sur la question.
Bref, c'est la pagaille et on en est là quand Dionysius Exiguus va tenter de réconcilier tout le monde.
Dionysius Exiguus
On ne sait pas grand chose de Dionysius Exiguus ou Denys le Petit sinon qu'il vécut au VIème siècle (mort à Rome vers 540) et que son surnom de "Petit" ne lui venait pas de sa taille mais de son humilité.
Il était d'origine scythe ( la Scythie, au nord de la mer Noire entre les Carpates et le Don, pays aujourd'hui partagé entre la Moldavie, l'Ukraine et la Russie orientale), mais vécut à Rome où il devint moine (ou abbé).
Les tables feraient désormais référence à une numérotation des années qu'il baptisa Anni Domini nostri Jesu Christi.

L'ère chrétienne
Denys le Petit invente, sans le savoir et sans trop le vouloir, notre ère actuelle, connue sous les différents noms d'ère chrétienne, ère dyonisienne, ère de l'incarnation ou ère vulgaire. La chronologie historique allait y gagner en simplicité.
Quel était le point de départ de cette nouvelle ère et, question subsidiaire, pourquoi ce point plutôt qu'un autre ?
D'abord, notons que ce point de départ, faute de connaître le zéro à l'époque sera l'an 1 et non pas l'an 0.
correspondra au premier janvier de l'an 754
Pourquoi 753 ? Parce que, selon Denys le Petit, cette année correspondrait à celle de l'incarnation de Jésus-Christ.
Certains ouvrages essayent de nous expliquer comment Denys le Petit est arrivé à trouver cette date. La vérité est qu'on en sait strictement rien.
Une autre vérité est qu'on ne sait pas quand est né Jésus. Tout ce que l'on sait, c'est que ce n'est pas en 753. Les chronologistes s'accordent pour dire que, d'après les textes ou autres événements ( éclipses, étoile des rois mages...), le Christ serait né plusieurs années (de 4 à 6) avant celle que Denys le Petit avait déterminée. Sans entrer dans le détail de toutes les hypothèses qui nous ferait passer la semaine sur cette étude, relevons que l'une d'entre elles s'appuie sur le fait que, selon Saint Mathieu, Jésus serait né sous le règne d'Hérode et que celui-çi est mort en 4 avant notre ère.

D'ailleurs, nous parlons de naissance et, là aussi, il y a un petit problème. C'est que, Denys le Petit, lui, parle d'incarnation. Pour lui, l'incarnation c'est la conception ou la naissance ? Et comme il nous explique que Jésus a été conçu un 25 mars (quelle précision !! comme s'il y était) et est né le 25 décembre qui a suivi (pile 9 mois après), il n'est pas étonnant de lire quelquefois que son ère a commencé le 25 mars 753 et, d'autres fois, qu'elle a commencé le 25 décembre 753. Question d'interprétation. Encore faudrait-il le dire.

Si nous devions résumer toutes les lignes qui précèdent, nous pourrions dire que le début de notre ère ne correspond strictement à rien.

Numérotation des années
Puisque nous parlons d'avant ou d'après Jésus-Christ, notons qu'il existe une seule numérotation pour les années après Jésus-Christ : 1, 2, 3,...2 000, 2 001...
En revanche, pour les années avant Jésus-Christ, il existe une double numérotation :
- Celle des historiens qui continuent à ignorer le zéro et notent donc les années 1 av. J.-C. 2 av. J.-C... 150 av. J.-C...
- Celle des astronomes qui considèrent, depuis 1740, que l'an 1 av. J.-C est l'an zéro. On doit cette introduction du zéro et la numérotation négative des années avant Jésus-Christ à l'astronome français Jacques Cassini.

Calendrier liturgique
l'évangile est bâti sur la description d'une Semaine inaugurale (1,19 --- 2,12)
et de six fêtes religieuses juives :
première Pâque à Jérusalem (2,13 --- 4,54)
deuxième fête à Jérusalem (5,1-47)
Pâque du pain de vie (6,1-71)
fête des Tentes à Jérusalem (7,1 --- 10,21)
fête de la Dédicace à Jérusalem (10,22 --- 11,54)
dernière Pâque à Jérusalem (11,55 --- 20,31)
Chacune de ces parties semble avoir un objectif doctrinal déterminé et est illustrée par un miracle.

Depuis Vatican II
La difficulté du calendrier liturgique tient notamment à ce qu'il se constitue de deux cycles superposés, le cycle temporal et le cycle sanctoral. Le cycle temporal détermine la succession des temps liturgiques, en particulier les limites de l'année liturgique qui commence le 1er dimanche de l'Avent et se termine le samedi de la 34e semaine du Temps ordinaire. Le cycle temporal est essentiellement mobile, dans la mesure où il prend appui sur les dimanches. À l'intérieur du cycle, la fête de Pâques et tous les évènements liturgiques liés à cette fête, qu'ils interviennent avant ou après, sont soumis à une mobilité plus importante.
Le cycle temporal se découpe en différentes périodes :
du premier dimanche de l'Avent à la veille de Noël : temps de l'Avent
de Noël au Baptême du Seigneur : temps de Noël
du mercredi des Cendres à la veille de Pâques : temps du Carême
de Pâques à la Pentecôte : temps de Pâques
entre le Baptême du Seigneur et le Carême, puis entre la Pentecôte et l'Avent : temps ordinaire.
Les années suivent un cycle de trois ans, ce qui permet de parcourir les trois Évangiles dits synoptiques :
Années A : Évangile selon Matthieu
Années B : Évangile selon Marc
Années C : Évangile selon Luc
L'Évangile selon Jean est lu principalement pendant certaines fêtes, tous les ans.

Lire pendant une année liturgique un des Évangiles permet de suivre en un an, ce que Jésus a vécu durant sa vie terrestre. La chronologie n'est pas suivie scrupuleusement puisque Jésus naît à Noël et meurt le Vendredi Saint, ce qui laisserait une grande partie de l'année vide.
La mobilité de la fête de Pâques et, plus largement, celle du Carême et du Temps pascal, fait que le cycle des semaines du Temps ordinaire est interrompu à des périodes différentes d'une année sur l'autre. C'est ainsi que certains des dimanches du temps ordinaire peuvent être soit fêtés soit avant le Carême, soit fêtés après le Saint Sacrement, soit supprimés.
Le cycle sanctoral comprend les dates auxquelles on fête les saints ou les grands évènements de la vie du Christ et de la Vierge Marie.
Au sein du calendrier liturgique, l'Église distingue les fêtes universelles (qui doivent être célébrées par l'ensemble du monde catholique) et les fêtes particulières, qui ne sont fêtées que par une ville, un diocèse, un pays, une région du monde ou une communauté religieuse.

Calendrier maçonnique
Traditionnellement, les Maçons utilisent, dans leurs actes et leur correspondance, l'ère maçonnique qui démarre le 1er mars. Celle-ci varie selon les rites et les Obédiences.

D'une façon générale, les loges anglo-saxonnes, françaises et allemande utilisent l'année de la Vraie Lumière (A:.V:.L:.) ou l'anno, Lucis (A:.L:.) pour faire remonter symboliquement l'origine de la Maçonnerie à la création du monde selon la tradition biblique.
Il est généralement admis que cette chronologie a été empruntée par les Maçons anglais à l'½uvre d'un savant prélat anglican, James Usher, né à Dublin en 1580 et qui écrivit des Annales verteris et movi Testamenti (1650-1654) qui contenait une chronologie biblique remontant à 4004 avant J.-C. .

La chronologie utilisée par Anderson dans la partie historique de ses Constitutions coïncide sensiblement avec cette chronologie, généralement acceptée par les différentes Eglises anglaises au début du XVIIIème siècle et qui, d'ailleurs, coïncide sensiblement avec les données bibliques.
Il convient donc, pour obtenir la date maçonnique, d'ajouter 4000 ans à la date calendaire ou « Ere Vulgaire » (E:.V:.).
Traditionnellement, en France, on utilise le calendrier julien faisant commencer l'année en mars.
L'emploi des mois hébraïques est aujourd'hui sorti d'usage (sauf parfois au Rite Ecossais), mais on n'emploie pas les noms des mois courants, mais seulement leurs quantièmes. Exemples le 03 février 2002 est le « troisième jour du douzième mois de l'année 6001 A:.L:., et le 1er mars de la même année est le premier jour du premier mois de l'année 6002 de la Vraie Lumière».

Ce style n'est pas accepté partout : les Maçons écossais emploient parallèlement, surtout aux Hauts Grades, en même temps que les mois hébraïques, un calendrier utilisant la « chronologie juive », l'anno hebraico (A:.H:.) ou l'anno mundi (A:.M:.).
Ce calendrier commence mi-septembre et il faut ajouter 3 760 ans (jusqu'en septembre) ou 3 761 ans au calendrier grégorien.

Au grade de Royal Arch, la date du point de départ du calendrier est celle du début de la reconstruction du Second Temple par Zorobabel, date fixée à 530 avant J.-C. et anno inventionis (A:.I:.).

Au grade de a Royal and Select Master », le point de départ est la date de la dédicace du Temple de Salomon, soit 1 000 ans avant J.-C. C'est l'anno depositionis (A:.D:.).

Aux grades Templiers, on compte depuis la date de création de l'Ordre du Temple (1118 après J.-C.). C'est l'anno ordinis (A:.O:.).

En résumé, l'année 2001 est :
l'année 2001 de l'Ere Vulgaire ( E:.V:.);
l'année 6002 de la Vraie Lumière ( V:.L:.)
l'année 5761 de l'Année Hébraïque ou du Monde (A:.M:.);
l'année 2531 de la reconstruction du Second Temple (A:.I:.);
l'année 3001 de l'achèvement du Premier Temple (A:.D:.);
l'année 883 de la fondation de l'Ordre des Templiers (A:.O:.).

Le jour
« - Combien y a-t-il de temps ou intervalles dans le jour maçonnique ?
- Il y en a quatre, qui sont : depuis six heures du matin où commence la journée jusqu'à midi ; depuis midi jusqu'à six heures du soir ; depuis six heures du soir jusqu'à minuit ; et depuis minuit jusqu'à six heures du matin. »


Le temps divin
Comme le remarque Mircea Eliade, « la prière la plus populaire du monde s'adresse à notre Père qui est aux Cieux ». C'est dire l'importance primordiale du symbolisme céleste. Certains, tel P. W. Schmidt, ont même voulu voir dans ce dernier la matrice archétypique de tout le symbolisme religieux.
De nombreuses cultures confondent d'ailleurs l'appellation du Dieu suprême avec la dénomination du Ciel, tels les Iroquois (Oki, Celui qui est en haut), les Sioux (Wakan, l'En-Haut, le Dessus), les Maoris (Iho, Élevé, En haut), les anciens Indo-Européens (Dyaus, Zeus : Ciel, Jour) et les Grecs (Ouran´ov, le Ciel). C'est que la simple vue du ciel constitue les orients symboliques d'un « sur-monde » où se retrouvent, comme transposés et sublimés, et par là doués d'une valorisation principielle, tous les orients du symbolisme terrestre. Le ciel, ou plutôt « les cieux », c'est un sur-monde emboîtant et régissant le monde d'ici-bas (Platon). Chez les Chinois, l'empereur, qui est l'ordonnateur du monde, ne peut organiser l'espace et le temps cosmique que parce qu'il est le « Fils du Ciel ». Monde exemplaire, le Ciel rassemble en lui, et dans l'expérience existentielle directe que les hommes en ont, des directives structurelles différentes et qu'il s'agit de classer d'abord si l'on veut bien comprendre toute l'importance de cet archétype majeur.
On pourrait dire que le Ciel est le symbole de la Toute-Puissance, parce qu'il allie l'altitude de la transcendance, la coexistence harmonieuse de contraires et de pluralités, et la régularité exemplaire de ses phases. Transcendance, solution harmonieuse des tensions contradictoires, régularité géométrique des mouvements, tels sont bien les trois idéaux majeurs auxquels tous les hommes, structuralement et fonctionnellement, aspirent.
La Toute-Puissance céleste (pluie, orages, foudre, chaleur ou brûlure solaire, vents, gel, etc.) n'est qu'une résultante physique de ces prémisses en quelque sorte moraux.

Verticalité et transcendance du temps (des coudées, sans nombre)
C'est d'abord le symbolisme de la verticalité que suggèrent « la voûte étoilée au-dessus de nos têtes » et le simple zénith du ciel azuré diurne. Cette verticalité ascendante est liée à l'une des données les plus caractéristiques de l'anthropologie, mais en même temps elle dépasse en dignité et en puissance cette donnée existentielle. Le Ciel, et son symbolisme, est comme l'asymptote imaginaire de ce redressement humain. Du mythe d'Icare aux réalisations des modernes cosmonautes, en passant par les techniques chamanistes (M. Eliade) et les prouesses des pionniers de l'aviation, la « conquête » du Ciel possède une dignité de signification qui dépasse de bien loin la conquête prométhéenne du feu.

Certes, si les conquêtes de l'astronautique peuvent être un jour rentables, pour l'instant elles n'ont été que le témoignage de la lutte « titanesque » de deux superpuissances mondiales pour s'assurer un prestige, un renom, une publicité qu'aucun autre exploit n'est capable d'égaler. Dans nos sociétés laïques, le culte du cosmonaute et la rêverie scientifique qui l'accompagne sont un répondant des innombrables rituels d'ascension des liturgies religieuses.

Car l'ascension céleste est l'un des thèmes majeurs de tous les rituels et mythologies religieux. L'ascension peut se faire rituellement par un procédé mécanique quelconque (échelle à neuf, sept ou douze échelons des chamans ouralo-altaïques, climax des prêtres de Mithra, ascension de la montagne sacrée ou de son succédané, le ziqqurat, chez les Sémites) ou mythiquement par la méditation et la rêverie « ailée » (ascension de Mohammed sur la jument ailée Boraq, ascension au moyen d'une corde, d'un fil d'araignée, d'un « chemin de flèches », chez des Océaniens, les Indiens d'Amérique, les Africains ; cf. Pettazoni, Werner, Thompson).

La hauteur inaccessible du Ciel coïncide donc avec l'au-delà de l'expérience quotidienne, elle est sur la lancée de notre désir, de notre fondamentale verticalisation. C'est pour cela que le Haut, et à plus forte raison le Très-Haut, exprime l'ordre de toute valeur positive, bienfaisante. L'antithèse de l'ascension bienheureuse pour Icare, Lucifer ou Adam, c'est la chute.
S'ajoute à cette valorisation de la verticalité céleste celle de la lumière et de la vision. L'on pourrait même dire que cette survalorisation lumineuse et visionnaire du célestiel est à double entrée. Une entrée se fait parce que toute ascension mythique et mystique est visionnaire, qu'elle s'accompagne de « photes » lumineux et colorés. Aux degrés de l'échelle chamaniste correspondent des « couleurs » divines qui symbolisent le degré de la vision initiatique.

L'arc-en-ciel aux sept couleurs, et dont la couleur médiane est le vert, symbole de toutes les autres, est à la fois la manifestation du Très-Haut et le signe de l'alliance de la Terre et du Ciel.

Une autre entrée peut être faite en ce symbolisme de la lumière céleste et de la vision par la simple constatation naturelle qu'à une élévation matérielle correspond une vue plus étendue. À toute élévation correspond ce que Bachelard appelait une « vision monarchique ». Au cortège symbolique du Ciel constitué par les échelles, les arbres chamaniques, les monts sacrés et leurs succédanés artificiels, ziqqurats et pyramides, il faut ajouter dès lors les animaux qui volent et, en même temps, voient, qui volent haut pour voir, les oiseaux et, en particulier, les oiseaux de proie : épervier, aigle, vautour, corbeau... Ces oiseaux prêteront leur aile aux messagers célestes : anges, génies et dévas. Les divinités célestielles ont généralement pour attribut essentiel la clairvoyance ; à cette vision monarchique symbolisant la Toute-Puissance sont reliés étroitement, dans les attributs des dieux célestes, la foudre et l'orage. Zeus tonnant rejoint, dans ce symbolisme météorologique, Yahwé qui « tonne avec sa voix d'une façon merveilleuse » (Job, XXXVI, 32-33 ; XXXVII, 1-4).

Ainsi le symbolisme du Ciel en tant que suprême rassemble les symboles de l'ascension, échelles, escaliers, arbre, aile, montagne naturelle ou mont artificiel formé par les proéminences du temple, vision monarchique, et finalement clarté. L'on peut dire que tout un secteur du symbolisme célestiel est au régime diurne de l'image (cf. G. Durand, Les Structures anthropologiques de l'imaginaire).

L'harmonie des contraires
Toutefois un autre symbolisme vient se greffer sur l'archétype diurne du Ciel. Car le Ciel peut aussi être nocturne. Bien mieux, il est la scène dramatique par excellence où se succèdent les contraires, où s'affrontent les phases, où se jouent les ascensions astrales comme les déclins. Sans insister ici sur le symbolisme spécifique de la Lune, il nous faut indiquer cependant que c'est bien elle qui donne le ton à toute dramatisation céleste. La Lune, ainsi que ses phases, qui signalent sa révolution mensuelle céleste, donne le ton à toute mythologie terrestre, où se succèdent en contrastant des épisodes épiques, agricoles, biologiques.

Ce découpage du temps céleste en phases s'accompagne de la projection de ce temps astral sur l'espace céleste : les points cardinaux sont d'abord des points célestes, ceux des solstices et équinoxes solaires, ceux des planètes ou étoiles majeures (Sirius pour les Égyptiens et, en général, pour la plupart des Africains, Capella pour les Chaldéens, Vénus pour les Mexicains, etc.).
Le ciel contrasté, en nuit et jour, en lune ascendante et descendante, et enfin en quadrature équinoxiale et solsticielle, devient le modèle de l'ordre de l'univers (cosmos) où se rangent les contraires. L'on pourrait dire que la voûte céleste « quadraturée » par des points cardinaux ou astraux est le premier mandala (figure idéale où s'épousent le cercle et le carré), modèle universel des pérégrinations astrales, des stations et des orients de toutes choses. Au sein du contraste ou de l'espace orienté du Ciel s'esquisse donc le symbole de la coincidentia oppositorum (K. G. Jung). Le ciel, ainsi quadraturé et ordonné, devient en quelque sorte le modèle parfait ou puissant de toute destinée terrestre.

Aussi à la science du calendrier céleste et à l'étude du ciel (astronomie) a été liée de tout temps à l'astrologie. La combinatoire gigantesque et merveilleusement ordonnée que constitue la voûte céleste, le mouvement de ses astres et la géométrie de ses orients « signent » la destinée de chacun, mesurent le temps des événements, des empires et de l'histoire. Mais ce qu'il faut remarquer, spécialement avec l'illustre astronome et astrologue Johannes Kepler (Harmonices mundi), c'est que l'astrologie met en évidence surtout les « aspects » – c'est-à-dire les concordances et les dissonances astrales selon que les astres sont en « conjonction », en « opposition », « quadrature », « trigone », etc. – qui dans le « ciel » d'un événement ou d'une destinée tissent l'être des choses, les contraires, d'oppositions plus ou moins renforcées. Le ciel déjà scientifiquement élaboré des astrologues est donc bien le symbole mis en pratique de la coincidentia oppositorum.

La régularité des rythmes
La réflexion astrologique fait alors place à la méditation astronomique. Elle n'en est pas moins fortement symbolique : de Platon à Ptolémée, de Ptolémée à Copernic, puis à Kepler, l'idée symbolique qui domine la méditation astronomique est celle de régularité. Pour Platon (Phèdre, Timée) la procession des planètes et des luminaires est le modèle archétypique et « régulier », donc divin, dont les destinées humaines ne sont que les imparfaites copies processionnaires.

Pour Kepler, les « aspects », même les plus violemment opposés, constituent une « harmonie », et son système, tel qu'il l'expose à Tycho Brahé, conjoint cinq plans d'harmonie : la géométrie, l'arithmétique, la musique, l'astrologie et l'astronomie, cette dernière étant, grâce à l'expérimentation, que Kepler mena en commun avec Tycho Brahé (1600), la « preuve » évidente et merveilleusement empirique de l'harmonie générale.

Ainsi la symbolique générale de la « pausophie » de Paracelse se trouve confirmée par l'astronomie képlérienne : le ciel est le modèle visible, le symbole sensible et mesurable, du principe de toute harmonie, de Dieu créateur. Dès lors, ce symbole de perfection se concrétisera dans la « coupole » qui surmonte aussi bien le Ming tang chinois que la mosquée musulmane, le temple du Ciel de Rome (Panthéon) ou la basilique byzantine et romane (L. Hautec½ur ; G. de Champeaux et dom Sébastien Sterckx) : la coupole repose sur la base quadrangulaire de l'édifice et l'ordonne ; cette base symbolise la terre et ses tensions contradictoires. Cercle, coupole, sphère – que l'on songe à la sphère parménidienne – symbolisent la perfection dans le mouvement, le principe d'harmonie de tout mouvement permettant d'organiser, de classer, de ranger les angles des orients terrestres.

Le Ciel constitue donc bien l'archétype des archétypes, le symbole majeur où se rassemblent, s'accomplissent et s'expliquent tous les êtres et les choses de l'univers d'ici-bas. Il est le modèle gigantesque du nombre et de l'ordre, comme l'avaient bien vu, avant Kepler, les pythagoriciens. C'est le lieu métaphysique par excellence, le réservoir de la Toute-Puissance par son élévation exemplaire, le modèle de tout intelligible par son ordre exemplaire, le lieu de la maîtrise divine sur les destinées et les événements. Aussi, soutenues par ce symbolisme, les philosophies du Ciel sont-elles toujours des philosophies gnomiques, ascétiques, métaphysiques, opposant la pureté de la grâce à l'épaisseur terrestre de la pesanteur et de la chute.

Sources : web http://www. universalis , wikipédia, louisg.net etc.
Biblio : Mircea Eliade est né à Bucarest en 1907. Dans son Traité d'histoire des religions (1949), il s'est attaché à définir les signes manifestant le fait religieux, les notions de sacré, de mythe et de symbole.
Histoire des croyances et des idées religieuses (Payot, 1976 à 1983).
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# Posté le vendredi 02 juin 2006 12:28

La Maçonnerie des Femmes, Londres 1774 résumé par Dany T.

La Maçonnerie des Femmes, Londres 1774  résumé par Dany T.
Renaissance Traditionnelle N°12 - Octobre 1972.
p 286. Tome III




BIBLIOGRAPHIE :

Document sans côte ni bibliographie.
On peut toutefois faire référence à :

1/-Maçonnerie féminine et Loges académiques
René Le Forestier (Arché Milano 1979).


Qui cite lui même en sources :

-Les 4 grades complets de l'ordre de l'adoption.
-La Maçonnerie des Dames (1772)
-La Vraie Maçonnerie d'adoption : Guillemin de St Victor 1779
-Histoire Philosophique de la Franc-Maçonnerie : Kauffman et Cherpin .Lyon 1850

2/ Renaissance Traditionnelle N°127/128 Juillet /Octobre 2001 p.250


"L'azille enchanté ou la Réunion des deux sexes". Réflexions sur le rite d'adoption de la F :.M :. de l'ancien régime (Olivia Harman).


LES ORIGINES :

L'origine de la F :..M :. d'adoption est française d'après Clavel(cité par Le Forestier).Elle remonterait aux années 1730 mais ses formes n'ont été fixées définitivement qu'après 1760. Elle s'adresse à un groupe social bien déterminé: la Noblesse.


LE TEXTE :

Rituel de réception d'Apprentie, Compagnonne et Maîtresse.

On y dénombre certaines erreurs, coquilles et incompréhensions.

L'analyse pour chaque grade met en évidence certaines particularités :


CRITERES DE RECEPTION :

Etre saine, sans grossesse, un Frère doit répondre de la candidate.


RECEPTION D'APPRENTIE :

Pas de précision du nombre des lumières (si ce n'est les 2 flambeaux de l'occident).

Tapis de Loge où figurent :
-Arche de Noé
-Tour de Babel
-Echelle de Jacob.

La réception se fait à partir de symboles issus de l'Ancien Testament : Pommier
chargé de fruits au pied duquel est entortillé un serpent, Adam et Eve de part et d'autre du pommier. Le tout à coté d'un squelette.

Il y a trois voyages, un seul élément :Le feu par lequel la profane semble être éprouvée deux fois.

Lors de son Obligation, la candidate s'engage à passer la nuit sur place.

La batterie se fait par 5 coups.

Le Vénérable porte la truelle au bout de son cordon et tous les F :.et S :. portent la truelle en décor.

L'Apprentie reçoit la Jarretière de l'Ordre en peau blanche portant les mots : Vertu Silence, le tablier et les gants.

Les Mots : Feix Feax (signifiant d'après ce rituel :Ecole de vertu).

Le signe reçoit un autre signe en réponse.

Les pas pour s'avancer vers l'Orient sont de cinq (peut être 6 coquille ?).

D'après ce rituel il n'y a qu'une Surveillante et un F :. Inspecteur(qui accompagne la profane lors de sa réception).

Devoir des Maçons et Maçonnes : Ecouter,obéir, travailler et se taire. Et au dehors faire son devoir.


RECEPTION AU GRADE DE COMPAGNONNE :

L'apprentie porte le bandeau.

La loge représente le Jardin d'Eden ; elle est illuminée par 5 lumières : 3 au midi 2 au nord. La batterie est de 5 coups.

On enlève à l'apprentie 1 boucle d'oreilles(symbolisant la vanité du monde).

Après les cérémonies d'usage, elle fait 5 fois le tour d'un pommier sur lequel, ayant eu les deux mains enchaînées, elle les appuie pour prêter son obligation.

Le Vénérable lui présente une pomme dans laquelle elle doit croquer sans toucher aux pépins, germes et sources du péché. On lui applique sur la bouche le sceau de la Maçonne.

Les signes et mot de Compagnonne lui sont communiqués. Le mot est Belba (Babel).


RECEPTION AU GRADE DE MAITRESSE :

La compagnonne porte le bandeau.Elle a un mouchoir sur la gorge en signe de modestie.

13 Lumières illuminent la Loge : 7 au midi 6 au nord.

Après les cérémonies d'usage la compagnonne à l'aide d'un ciseau et d'un maillet frappe 5 coups sur une boite, l'ouvre et découvre 1 c½ur sur lequel est écrit : « Vertu Silence ».

Le mot de Maîtresse est Aire qui signifie : « l'éclatante lumière m'a dessillé les yeux ».

Sur le Tableau de loge figurent :

- Arc en ciel
- Sacrifice de Noé
- Sacrifice d'Abraham
- Arche de Noé sur le mont Ararat
- Tour de Babel
- Embrasement de Sodome
- Sommeil de Jacob
- La femme de Loth changée en statue de sel
- Le soleil, la lune, les 11 étoiles et les 4 parties du monde.

La Maitresse monte l'échelle de Jacob.5 échelons : Sagesse, Prudence, Candeur, Charité, Vertu.

La truelle sert à fouiller son âme et à en ôter les penchants déréglés.
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# Posté le samedi 03 juin 2006 07:38
Modifié le lundi 09 juillet 2007 16:33

Le numéro double 143-144 de Renaissance Traditionnelle: "Esotérisme et Franc Maçonnerie au XIXe siècle" est paru !

Le numéro double 143-144 de Renaissance Traditionnelle: "Esotérisme et Franc Maçonnerie au XIXe siècle" est paru !
Actes du colloque du cercle Renaissance Traditionnelle

Au sommaire de ce n°143-144:

Pierre Mollier: Avant-propos
Claude Rétat: Jean-Marie Ragon ou qu'est qu'un Maçon Instruit
Jean-Pierre Brach et Pierre Mollier: Franc-Maçonnerie et kabbale : les planches théosophico-maçonniques du Frère David Rosenberg (circa 1830)
Robert A. Gilbert: Des liaisons curieuses : occultisme et « fringe masory » anglaise au XIXe siècle
Roger Dachez: Martinisme, occultisme et franc-maçonnerie dans le Paris de « la Belle Epoque »
Bernard Dat: « Le côté occulte de la franc-maçonnerie » ou l'étrange maçonnerie des Théosophes
Thierry Zarcone:Rudolf von Sebottendorf et le mythe de « l'ancienne franc-maçonnerie turque » : un exemple de croisement entre l'ésotérisme occidental et la mystique musulmane
Jean-Pierre Laurant:Oswald Wirth (1860-1943) et la « science des symboles »
Table Ronde
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# Posté le vendredi 28 juillet 2006 02:12

Le blog d'A.P.R.T honoré par Freemasonry.fm !

Le blog d'A.P.R.T honoré par Freemasonry.fm !
C'est par un heureux e-mail reçu le 31 Juillet 2006 que nous avons appris que le site internet anglophone de référence :

www.freemasonry.fm

avait retenu notre modeste blog pour figurer dans la sélection des "1001 meilleurs sites Maçonniques", que vous pourrez retrouver en cliquant ICI


De plus le blog des " Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle" a été sélectionné comme "Lien du mois" !

Et enfin, cerise sur les agapes, il a été distingué par 1 étoile, je cite: «notant ainsi sa qualité indéniable». Le tout agrémenté par le webmaster Robert Moray qui rajoutait : «Félicitations pour ce superbe travail maçonnique». N'en jetez plus la coupe est pleine !

Il est à noter que freemasonry.fm est l'un des plus importants portails de liens Maçonniques de l'internet. Il a été conçu pour être le point de départ pour de toutes les recherches Maçonniques à travers 1001 liens Maçonniques choisis, organisés et mis à jour régulièrement. Sa devise est : "Tous les liens dont un Franc-Maçon a besoin" Freemasonry.fm est un site Maçonnique indépendant de toute obédience et regroupe des Frères de tous horizons à travers le Monde.

Merci au Webmaster de freemasonry.fm, et aux membres qui donnent vie à ce site.
Bravo à tous les « Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle » pour leur passion, leur dévotion leur respect et leur amour de la revue Renaissance Traditionnelle, de ses créateurs et de ceux qui en sont l'âme aujourd'hui.
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# Posté le lundi 31 juillet 2006 13:50
Modifié le mardi 03 juillet 2007 03:57