Poisson d'avril par Paul V.

Poisson d'avril par Paul V.
Le poisson d'avril est une plaisanterie, voire un canular, que l'on fait le 1er avril de chaque année. Il consiste à accrocher un poisson de papier dans le dos de personnes dont on veut se gausser. Poisson d'avril ! est aussi l'exclamation que l'on pousse une fois qu'une des plaisanteries est découverte.

Une explication avance que cette tradition trouve son origine en France, en 1564. Jusqu'alors, l'année aurait commencé au 1er avril, mais le roi de France Charles IX décida, par l'édit de Roussillon, que l'année débuterait désormais le 1er janvier, marque du rallongement des journées, au lieu de fin mars, arrivée du printemps. Mais en fait, l'année civile n'a jamais débuté un 1er avril.

Si l'origine exacte de l'utilisation des poissons reste obscure (peut-être l'ictus chrétien), la légende veut que plusieurs de ses sujets se rebiffèrent à l'idée qu'on leur chamboulât le calendrier. Ils continuèrent à célébrer les environs du 1er avril. Pour se payer gentiment leur tête, des congénères profitèrent de l'occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours pendables.

Ainsi naquit le poisson, le poisson d'avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n'acceptent pas la réalité ou la voient autrement. Cette coutume de faire des plaisanteries s'est répandue dans de nombreux pays, bien que le poisson ne soit pas toujours exporté en même temps : D'autre part, la nouvelle année débutait le 25 mars, avec l'arrivée du printemps. Les gens se souhaitaient leurs v½ux (bonheur, santé, prospérité)et s'offraient des étrennes (cadeaux spécifiques du jour de l'an).

Ensuite le 1er avril 1565 cette tradition de farces ou de mauvais tour se répandit à de multiples corps de métier, on demandait aux apprentis et aux compagnons d'accomplir des défis impossibles : rapporter de l'huile de coude, une passoire sans trous, trouver un bâton qui n'ait qu'un bout mais les faux cadeaux toujours remportaient un vif succès.

Rapidement une croyance populaire voulut que jouer un tour avant 12h, le 1er avril, portait bonheur. La coutume eut la vie longue, farces, fausses nouvelles, blagues sont encore à l'ordre du jour, le temps du premier avril. Et lorsqu'on est en manque d'idées, on peut toujours avoir recours à la bonne vieille recette qui a fait ses preuves : accrocher un poisson de papier colorié et décoré avec du scotch au dos de sa victime, à son insu en prétextant de l'épousseter, d'avoir vu une tâche.

Cependant, les conjectures sur les origines demeurent : ou bien on voulait marquer la sortie du signe zodiacal des Poissons, ou bien on voulait prolonger l'épreuve du carême, où il n'était permis de manger que du poisson, ou bien on voulait confondre le benêt en lui offrant un poisson à une époque de l'année, celle du frai, où la pêche était interdite.

• les Anglais ont conservé leur (April Fool's Day),
• les Écossais parlent de Gowk ou de Cuckoo,
• les Allemands ont leur Aprilscherz,
• la coutume existe aussi en Belgique, en Italie, aux États-Unis, en Suisse ou même au Japon.

Mais voici d'autres origines : Poisson d'avril, dit-on, dérive par corruption de Passion d'avril. Le vendredi saint tombe souvent dans ce mois et la manière dérisoire dont le Christ fut renvoyé d'Anne à Caïphe, de Caïphe à Pilate, de Pilate à Hérode, d'Hérode à Pilate, semble une mystification pareille à celle que nous appelons poisson d'avril.

Rappelons enfin que le mois républicain de germinal, qui commence le 21 mars, se termine au 20 avril et qu'à cette date nous entrons dans le mois de floréal, c'est-à-dire dans le mois des fleurs. En avril, l'agriculteur souhaite la pluie pendant la première partie du mois, une chaleur trop hâtive étant considérée comme nuisible. Cependant si la pluie cesse vers la fin d'avril, et surtout s'il n'y a pas de gelées, l'année promet une bonne récolte.

Les Romains donnaient au mois qui succède à Mars le nom d'aprilis, du mot latin aperire, qui veut dire ouvrir, soit « parce que, dans ce mois, les bourgeons commencent à s'ouvrir », soit « parce que la terre semble ouvrir son sein en se couvrant d'une végétation nouvelle ». Du mot latin aprilis nous avons fait avril.

Le mois d'avril était consacré à la déesse Cybèle, la mère des dieux, comme l'appelaient les Grecs. C'était à Pessinonte, en Phrygie, que se trouvait le principal temple consacré à Cybèle ; on l'y adorait sous la forme d'une pierre noire, qui était, disait-on, tombée du ciel. Pendant la seconde des guerres que les Romains firent aux Carthaginois, un évènement qui parut extraordinaire, une pluie de pierres, terrifia les esprits. La pierre noire qui représentait Cybèle fut apportée en grande pompe à Rome, et des jeux annuels, les jeux Mégalésiens, furent institués en l'honneur de la déesse pour perpétuer le souvenir de son entrée dans la capitale de l'Italie.

Chaque année, le 1er avril, les Grecs se rassemblaient autour du temple de Thésée pour exécuter des danses nationales. Thésée, dont les exploits sont restés légendaires, tua, comme l'on sait, le Minotaure, ce monstre à tête de taureau qui dévorait chaque année six jeunes garçons et six jeunes filles d'Athènes : c'était le tribut imposé par le roi de Crète, Minos, à la suite de l'assassinat de son fils Androgée par les Athéniens. Ariane, fille de Minos, sur les conseils de Dédale, donna à Thésée un fil qui devait le conduire dans la demeure, presque introuvable (le labyrinthe), habitée par le monstre.
Thésée fut ingrat envers Ariane, qu'il abandonna dans l'île de Naxos.

Donc, le 1er avril, des jeux et des chants célébraient la victoire de Thésée.
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# Posté le dimanche 02 avril 2006 05:07
Modifié le dimanche 20 août 2006 10:58

Un discours et une exhortation aux frères de l'African Lodge par Jacques F.

 Un discours et une exhortation aux frères de l'African Lodge  par Jacques F.
Rennaissance Traditionnelle n°43/44 p212.



Dans la poursuite de notre approche de la maçonnerie de prince Hall, il était prévu aujourd'hui de proposer un récapitulatif des documents que Renaissance Traditionnelle et la loge William Preston nous offrent à ce sujet. Mais il m'est paru plus important dans un premier temps de m'arrêter sur ce document en particulier qui me semble incontournable.

Pour ne pas altérer la dimension et la portée de ce texte il me semble plus opportun de vous citer mot à mot les passages les plus évocateurs.

Il s'agit d'un discours prononcé par Prince Hall lui-même, daté du 25 juin 1792 adressé dans sa première intention aux frères de la loge, mais que chaque maçon peut volontiers prendre à son compte.



I. En avant-propos, René Desaguliers nous dit que c'est « un remarquable témoignage de l'état d'esprit du premier maçon noir » et de ses « solides connaissances bibliques ».

Plus précisément il nous fait remarquer « l'extraordinaire élévation spirituelle de ce texte et la pureté de son esprit chrétien ». « Aucun souffle de révolte » dit-il « devant l'injustice...mais Amour et Pardon et cela au nom du Christ et de la maçonnerie ».

Toujours selon R.D., ce discours « est imprégné du plus pur esprit maçonnique » et il fait la relation avec « ces loges de prisonniers de guerre français en Angleterre ...qui recevaient » (malgré l'état de guerre) « des patentes anglaises et la visite de maçons anglais éminents ». « C'était » pour lui « le temps d'une vraie fraternité ».

« Ces lignes ne sont pas seulement un document pittoresque...mais une mise en question de notre propre état d'esprit, de notre façon de vivre, de notre conception de voir la maçonnerie ».

« Pour Prince Hall, de toute évidence, la maçonnerie c'était l'espoir. Lequel a raison et que faisons-nous dans tout cela, aujourd'hui repliés sur nous-mêmes, lassés et blasés, encore maçons, mais si peu ? ».


II. Vient ensuite le discours en question ou Prince Hall énumère les principaux devoirs d'un maçon car dit-il « il est nécessaire...que nous définissions la raison fondamentale de ce que nous faisons ».

- « la première des choses est qu'il croie en un être Suprême qui est le Grand Architecte de ce monde visible ».

- « Ensuite nous devons être de fidèles sujets des lois du pays dans lequel nous demeurons ».

- « Le point suivant est l'amour et la bienfaisance envers toute la famille humaine en tant qu'½uvre et création de Dieu, c'est pourquoi nous devrions l'aimer en totalité... En Effet, si j'aime un homme parce qu'il est l'image de Dieu, je dois tous les aimer ».
« C'est pourquoi nous assisterons tous nos semblables en détresse de quelque couleur ou pays qu'ils soient...même s'ils sont nos ennemis déclarés ».

- « un autre devoir d'un maçon est de porter une grande attention aux tenues régulières de la loge ».
« Celui qui croit que parce qu'il a été reçu et peut se dire maçon et qui en même temps néglige carrément d'assister aux tenues de sa loge, celui là peut être certain qu'il ne fera jamais un bon maçon... car si son exemple était suivi, ou en serait la loge ».
« Et aussi certains viennent en loge d'une façon telle que parfois leur absence vaudrait mieux que leur présence ».

- « Un autre devoir d'un maçon est de tendre une main secourable à un frère, ce que nous pouvons faire de bien des manières...Sauver la maison d'un frère quand elle brûle est sûrement mieux que de lui en donner une ».

Reprenant des citations d'Augustin Prince Hall dit encore : « Rien ...n'abaisse plus l'orgueil et ne combat mieux le péché que la méditation fréquente sur la mort ».

« L'âme raisonnable faite à l'image de Dieu ne peut trouver ici bas beaucoup de distractions mais pas une satisfaction entière ; ne pas être sans afflictions mais les surmonter par la bénédiction divine ».

« Seigneur, donne moi d'abord ce que tu demandes et ensuite demandes moi ce que tu veux ».

Prince Hall termine son discours par : « Ainsi vous voyez maintenant à quel Ordre noble vous appartenez...Voici l'exhortation que je vous donne : que vous vous efforciez de vivre selon ses principes qui sont tous bons, comme vous le savez ».
Ils leur recommandent d'être des modèles et d'avoir toujours présents à l'esprit leurs devoirs envers Dieu et leurs semblables.

« Si par la Grâce de Dieu nous mettons notre vie en accord avec notre foi, nous suivrons joyeusement les tracés du compas de notre vie. Car nous aurons vécu selon le fil à plomb de la droiture, l'Equerre de la justice, le niveau de la vérité et de la sincérité ».
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# Posté le lundi 03 avril 2006 01:23

Le Manuscrit des Archives d'Edimbourg.1696 par Dominique S.

 Le Manuscrit des Archives d'Edimbourg.1696  par Dominique S.
The Edimburgh Register House



Dans le cadre de l'étude des sources du Rite Français Traditionnel, René Guilly avait établi une liste des textes historiques, avec pour partie, des ½uvres de langue anglaise et d'autres de langues française. Le plus ancien de ces écrits est daté, au dos, de 1696, il est écossais, c'est : "The Edimburgh Register House Manuscript" ou encore, "Le Manuscrit dit des Archives d'Edimbourg". En effet, la Register House d'Edimbourg n'est autre que la maison des enregistrements c'est-à-dire les archives locales, ou l'état civil, et c'est là qu'en 1930, Charles Mc Innes y découvrit ce manuscrit, montrant des traces nombreuses d'utilisation. En ce qui concerne les publications, il nous faut noter celle dès justement 1930, dans la revue de la loge de recherche Anglaise Ars Quatuor Coronatorum (1) , puis dans les différentes éditions du "Early Masonic Catechisms" (2) et dont il n'existe à ma connaissance, aucune traduction française...

D'autre part, nous, maçons de la Loge Nationale Française, sommes formés à l'école de la revue "Renaissance Traditionnelle", ainsi, comment pourrions nous ne pas nous intéresser à ce manuscrit, quand le premier article de René Desaguliers, dans le numéro 1 de la revue presque quadragénaire (3) , commence par ces mots : « Le plus ancien texte rituel maçonnique connu est "Le manuscrit des Archives d'Edimbourg" daté de 1696 » (4) ? Fidèle à l'esprit des fondateurs de la LNF, il nous faut approcher au plus près les sources, afin de connaître les origines de la maçonnerie.

Ainsi, ce manuscrit constitue avec deux autres que sont : le "Chetwode Crawley" (5) , et le "Kevan" (6) , trois écrits essentiels qui semblent issus d'une racine commune, constituant une illustration sérieuse de la rituélie écossaise du début du XVIIIème siècle et de ce que l'on nomme la connaissance du "Mot de maçon", ils sont en quelque sorte les vestiges de la première instruction maçonnique Ecossaise, et qui forment à eux trois "La série de Kilwinning (7) ". Penchons nous donc sur le texte, dont voici une traduction (8) ...

Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui ont le mot, avant de les reconnaître. 1696

Question 1 : Etes-vous maçon ?
Réponse : Oui.

Q. 2 : Comment le connaîtrai-je ?
R. : Vous le connaîtrez en temps et lieu convenables.

Remarques : la dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devriez répondre : par signes, conventions et autres points de mon entrée (9) .

Q. 3 : Quel est le premier point ?
R. : Dites-moi le premier point, je vous dirai le second. Le premier est de celer et cacher ; le second : «sous une peine qui ne saurait être moindre», qui consiste alors à vous c....r la g...e, car vous devez faire ce signe quand vous dites cela.

Q. 4 : Ou avez-vous été entré ?
R. : A l'honorable Loge.

Q. 5 : Qu'est-ce qui fait une Loge véritable et parfaite ?
R. : Sept maîtres, cinq apprentis entrés, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter.

Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une Loge véritable et parfaite ?
R. : Oui, cinq maçons et trois apprentis entrés.

Q. 7 : Et à moins [encore] ?
R. : Plus on est, plus on rit, moins on est, meilleure est la chère.

Q. 8 : Quel est le nom de votre Loge ?
R. : Kilwinning.

Q. 9 : Comment se tient votre Loge ?
R. : Est et Ouest, comme le temple de Jérusalem.

Q. 10 : Où se tint la première Loge ?
R. : Dans le porche du temple de Salomon.

Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre Loge ?
R. : Oui, trois : le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est. La première désigne le maître maçon, la seconde le surveillant, la troisième le compagnon poseur.

Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?
R. : Oui, trois : [un] parpaing, un pavé d'équerre et un large ovale

Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre Loge ?
R. : A trois pieds et demi de la porte de la Loge, sous un parpaing et une motte verte. Mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon c½ur.

Q. 14 : Qu'est la clé de votre Loge ?
R. : Une langue bien pendue.

Q. 15 : Où se trouve la clé ?
R. : Dans la boîte d'os.

Après que les maçons vous ont examinés par toutes ces questions ou par quelques-unes d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait les signes, ils vous reconnaîtront, non pas cependant pour un maître maçon ou compagnon du métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils vous diront : je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous avez été dans la salle.

R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine

Q. 1 : Etes-vous compagnon du métier ?
R. : Oui

Q. 2 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?
R. : Cinq, à savoir : pied à pied, genou à genou, c½ur à c½ur, main à main et oreille à oreille.

Faites alors le signe du compagnonnage, et serrez la main [de votre interrogateur], et vous serez reconnu pour un véritable maçon. Les mots sont dans le premier livre des Rois, ch. 7, v. 2l et dans le deuxième livre des Chroniques, ch. 3, dernier verset.

La manière de donner le mot du maçon.

Tout d'abord vous devez faire agenouiller la personne qui va recevoir le mot, et après force cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien les maçons ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit :

Par Dieu lui-même et vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit ; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun autre instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu vous soit en aide.

Après qu'il a prêté le serment, on l'emmène hors de la compagnie, avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules. il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre, ce qui est le signe, et les postures et paroles de son entrée, qui sont comme suit :

Quand il rentre dans la compagnie, il doit d'abord faire un salut ridicule, puis le signe, et dire : Dieu bénisse l'honorable compagnie. Puis, retirant son chapeau d'une manière très extravagante qui ne doit être exécutée que dans ces circonstances (comme le reste des signes), il dit les paroles de son entrée, qui sont comme suit :

Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean, par l'équerre, le compas et la jauge commune, d'être au service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura [qu'est ma tombe].

Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.

Ensuite, tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître maçon, qui donne le mot à l'apprenti entré.

Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour être un maître maçon ou compagnon du métier il y a plus à faire, et c'est ce qui suit.

Tout d'abord, tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres. Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite, il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maçon pour apprendre les postures et signes du compagnonnage, puis, en rentrant, il fait le signe des maîtres et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le nouveau maçon doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure au plus ancien maçon : les dignes maîtres et l'honorable compagnie vous saluent bien, vous saluent bien, vous saluent bien (10 .

Alors le maître lui donne le mot et lui serre la main à la manière des maçons, et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon.




Que peut on donc noter d'intéressant dans ce texte primordial. Tout d'abord reprenons la deuxième question, l'auteur ici traduit « token », que l'on retrouve d'ailleurs dans le "Chetwode Crawley" et le "Kevan" par : convention, et nous maçons du XXIème siècle comprenons attouchements, la traduction moderne colle également bien à la définition en parlant de marque, de témoignage (11).

Ensuite le saint Jean dont il est question dans ce texte, est Jean le Baptiste, par analogie entre les circonstances de sa mort et le signe de pénalité consistant à avoir la gorge tranchée...

Plus avant, remarquons cette curieuse formule question et réponse n°5, que l'on retrouve partiellement dans notre Rite Français Traditionnel. Q. 5 : Qu'est-ce qui fait une Loge véritable et parfaite ? R. : Sept maîtres, cinq apprentis entrés, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter. C'est dans les Old Charges et plus particulièrement dans les statuts de la Loge d'Aberdeen de 1670 que l'on va en retrouver la source, car ils prescrivent que les tenues aient lieu « au milieu des champs » et que les réceptions d'apprentis se fassent « dans l'ancienne loge des champs », mais il semble toutefois que ce ne soit pas l'air de la campagne qui attire les maçons de l'époque, mais surtout l'intérêt d'échapper à l'autorité de quelque guilde ou corporation de la ville, ou tout simplement encore, pour respecter et reproduire le calme et le silence qui prévalut à la construction du Temple de Salomon.

Pour ce qui est des lumières, Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre Loge ? R. : Oui, trois : le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est. La première désigne le maître maçon, la seconde le surveillant, la troisième le compagnon poseur. Les Lumières qui sont donc les trois chandeliers, on les retrouve donc bien placés comme ici, autour de notre tapis de Loge pour Nord-est et Sud-ouest, mais alors, quid de cette expression passage de l'Est, traduction de « eastern passage » ? Littéralement elle pourrait signifier plein est...mais pourtant les reproductions picturales de loges spéculatives de l'époque montrent bien elles, une disposition semblable à celle que nous avons ici... On peut aussi analyser ceci autrement, c'est-à-dire que dans ce cas de loge du XVIIème siècle, la loge symbolisant le parvis du Temple de Salomon, la colonne Yakin est au nord-est, Boaz au sud-est, et donc le passage de l'est est tout naturellement entre les deux et plein est, la porte du Temple...On en déduira aisément et simplement que la disposition des trois grands chandeliers variait dans les Loges de l'époque et nous avons gardé et fixé, une variante, contraire de la maçonnerie Anglaise qui elle, place donc une lumière à l'est, au milieu.
.
Cette même question, nous amène également à un peu de définitions et surtout à quelques notions de traduction... En effet, ce maître maçon est l'équivalent du maître de la Loge de notre Rite Français Traditionnel, c'est donc le Très Vénérable de l'époque. Ensuite il nous faut noter ici une spécificité du manuscrit d'Edimbourg, en effet on distingue à cette époque au sein de la maçonnerie opérative, les tailleurs de pierre (« hewers ») et ceux dont on nous parle ici : les « compagnons poseurs de pierre » (« setter craft ») alors que le Chetwode et le Kevan vont fixer pour l'avenir le terme de « compagnon du métier » (« fellow craft »)... C'est "Prichard's Masonry Dissected" (12) qui le premier, fixera à son tour les trois lumières mineures (13) en Soleil, Lune et Maître maçon ou Maître de la Loge, comme nous en avons repris l'usage.

Enfin, développons la notion de bijoux qui induit trois traductions particulières. Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ? R. : Oui, trois : [un] parpaing, un pavé d'équerre et un large ovale. Et tout d'abord le parpaing (« perpend ashlar »), la pierre parpaigne chère à René Désaguliers (14), elle est différente de la simple pierre brute, elle est déjà dégrossie, et surtout chez les maçons Ecossais du XVIIème siècle elle symbolise le Christ lui-même. Le pavé d'équerre lui est la pierre polie, cubique, sur laquelle on peut poser une équerre symbole "[du] but et [de] la perfection de l'ordre" (15) ... Et enfin et plus surprenant savez vous ce qu'est le large ovale : traduction de « broad ovall » ? Eh bien ce large ovale, serait la hache que nous avons sur notre tapis et autour, encore appelée la Laie ou marteau bretté... Mais alors d'où vient la corruption ? Première solution, marteau bretté, en vieil anglais ou vieil écossais, c'est « broked mall » comme dans le Chetwode Crawley d'où la confusion possible. L'autre option, serait la corruption avec la pierre cubique à pointe « broached urnall »...

Mais revenons plus particulièrement sur le manuscrit. Il semble qu'à ce jour hélas, on ne sache pas dans quelles circonstances il fut écrit, il tient sans doute d'une copie de manuscrits primitifs dont nous n'avons pas de trace à ce jour. Souvenons nous toutefois de son titre : Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui ont le mot, avant de les reconnaître et de l'époque 1696, qui correspond à la transition entre les maçons écossais opératifs vers la franc-maçonnerie spéculative (16). Il n'a pas le caractère d'ancienneté que l'on doit, de toute évidence reconnaître, aux deux statuts Shaw par exemple, de 1598 et 1599 ou bien encore des registres des loges écossaises d'Aicheson Haven (1598), Edimbourg (1599) ou Kilwinning (1642). D'ailleurs le fait que Kilwinning soit citée dans notre manuscrit, argumente ainsi la supposition d'une copie d'un manuscrit antérieur, comme l'avons dit en préambule. Pourtant, malgré tout, son originalité tient dans le fait qu'il dévoile, pour la première fois des éléments du rituel, en faisant ainsi un
document de premier choix, certains auteurs ont émis l'hypothèse que cette divulgation était le fruit de profanes, car des maçon de l'époque n'auraient pas ni pris le risque de la publication, ni utilisé la même forme, pour nôtre part, nous pensons que malgré tout une telle connaissance ne pouvait être l'apanage que d'initiés...

Nous l'avons vu le texte est composé de deux parties, d'abord des quinze questions-réponses, un tuilage en quelque sorte, permettant une reconnaissance du maçon et qui ont valu ce nom de catéchisme (17) ou de nos jours, instruction par demandes et réponses. La deuxième partie peut être assimilée à un mini rituel de réception ou d'initiation, comprenant essentiellement nous l'avons vu un serment, et la communication ou encore, la façon, de donner le mot de maçon. Ce mot et la manière de le communiquer, semblent à eux seuls, pouvoir symboliser le secret maçonnique. Notons ici que la cérémonie est décrite en anglais comme une entrée en maçonnerie (« entrie »). On soulignera aussi, que le système est constitué de deux grades et en tout premier lieu celui d'apprenti-entré « entered apprentice ». Il nous faut à ce stade revenir sur les Statuts Shaw (18) qui 100 ans plus tôt montraient déjà l'existence de deux catégories d'apprentis : les apprentis-reçus ou apprentis-enregistrés et d'autre part les apprentis-entrés que nous venons de voir. La réception n'induisait qu'un enregistrement sur le livre de la Loge et en aucun cas une cérémonie rituélique. Le "reçu" commençait à se former, l'"entré" lui, tout en gardant son statut primitif d'apprenti, était alors doté d'une petite notion d'autonomie professionnelle. En ce qui concerne le second grade, il est celui de compagnon du métier, le « fellow craft ». Je vous rappelle ici que l'on parle souvent de « craft » pour désigner la maçonnerie en anglais, et que ce grade de compagnon du métier est encore appelé maître maçon, maître ou maçon (19)..

En guise, non pas de conclusion, mais surtout d'ouverture de discussion, je dirais que pour la première partie, dans le
tuilage, le cherchant pourra aller trouver les mots là où il est indiqué qu'ils sont (20)...
Pour la seconde partie, nous allons pouvoir si vous le désirez, revenir sur les neufs éléménts que sont:

- La posture du récipiendaire prêt à prêter serment
- Le Serment
- L'instruction du récipiendaire
- Sa rentrée
- La salutation
- La circulation du mot de maçon
- La prestation de serment du futur Compagnon du métier
- Son instruction et sa rentrée
- Ou bien encore la circulation du mot de maître.

Je crois que nous avons là de quoi longuement discuter....

1. Volume 43 par J.Mason Allan. Publié sous forme photographique
2. Knoop, Jones et Hamer. (Manchester.1943 et 1963 & Londres 1975) (KJH1)
3. Renaissance Traditionnelle n°1-Janvier 1970
4. Notes sur le Serment Maçonnique du premier Grade par René Desaguliers
5. The Chetwode Crawley MS (circa 1700), acheté pour collection vers 1900 et offert en 1904 à la Grande loge d'Irlande (KJH2)
6. The Kevan MS (circa 1714 à 1720), découvert en 1954 et offert à la Grande loge d'Ecosse (KJH3)
7. Ville écossaise, à laquelle on prête l'existence de la première Loge du pays, encore aujourd'hui Loge n°0 de la Grand Loge D'Ecosse , et dont le plus ancien document est constitué pas les statuts Shaw de 1598
8. Par Edmond Mazet
9. Entrie est parfois traduit entré comme ici, mais aussi enregistrement ou encore inscription
10. Formule fréquente sans doute à l'époque et que l'on retrouvera plus tard aussi bien qu'ailleurs dans le rituel dans « A Mason's Confession" 1727 et "Masonry Dissected » de Prichards 1730
11. Dictionnaire Robert & Collins
12. Samuel Prichard. La Maçonnerie Disséquée. 1730 (KJH 17)
13. « lesser lights » par rapport aux trois grandes lumières : le volume de la Loi sacrée, l'équerre et le compas.
14. René Desaguliers. Les Pierres de la Franc-maçonnerie. Collection Renaissance Traditionnelle
15. Rituel de Réception de compagnon pour le régime Ecossais rectifié. Instruction par demandes et réponses.
16. Voir : Roger Dachez. Des Maçons opératifs aux Francs-Maçons spéculatifs. Edimaf
17. Voir note n°2
18. Voir Travaux de Gilbert Cédot. Les Statuts Shaw. Loge William Preston. Loge Nationale Française
19. Là aussi voir les Statuts Shaw qui évoquent des « master or fellow of craft »
20. Dans le premier livre des Rois, ch. 7, v. 21 et dans le deuxième livre des Chroniques, ch. 3, dernier verset

Edinburgh Register House MS

Knoop.D, Jones. G.P, Hamer. D.
The Early Masonic Catechisms
Manchester University Press (1963) Second Edition, pp 31-34


SOME QUESTIONES THAT MASONS USE TO PUT THOSE WHO HAVE YE WORD BEFORE THEY WILL ACKNOWLEDGE THEM

Quest. 1 Are you a mason.
Answer yes

Q: 2 How shall I know it?
Ans: you shall know it in time and place convenient.

Remark the forsaid answer is only to be made when there is company present who are
not masons But if there be no such company by, you should answer by signes tokens
and other points of entrie

Q: 3 What is your first point?
Ans: Tell me the first point ile tell you the second, the first is to heill and conceall, second, under no less pain, which is then cutting of your throat, For you most make that sign, when you say that

Q: 4 Where wes you entered?
Ans: At the honourable lodge.

Q:5 What makes a true and perfect lodge?
Ans: Seven masters, five entered apprentices, A dayes journey from a burroughs town without bark of dog or crow of cock

Q: 6 Does no less make a true and perfect lodge,
Ans: yes five masons and three entered apprentices.

Q: 7 Does no less.
Ans: The more the merrier the fewer the better chear

Q: 8 What is the name of your lodge
Ans: Kilwinning

Q: 9 How stands your lodge
Ans: east and west as the temple of jerusalem

Q: 10 Where wes the first lodge.
Ans: In the porch of Solomons Temple

Q: 11 Are there any lights in your lodge
Ans: yes three the north east. s w, and eastern passage The one denotes the master mason, the other the warden The third the setter croft.

Q: 12 Are there any jewells in your lodge
Ans: Yes three, Perpend Esler a Square pavement and a broad oval

Q: 13 where shall I find the key of your lodge, yes
[? = Ans] Three foot and an half from the lodge door under a perpend esler, and a green divot. But under the lap of my liver where all my secrets of my heart lie

Q: 14 Which is the key of your lodge
Ans: a weel hung tongue

Q: 15 where lies the key
Ans: In the bone box

After the masons have examined you by all or some of these Questions and that you have answered them exactly and mad the signes, they will acknowledge you, but not a master mason or fellow croft but only as [? = an] apprentice, soe they will say I see you have been in the Kitchine but I know not if you have been in the hall, Ans I have been in the hall as weel as in the kitchine

Question 1 Are you a fellow craft
Answer: yes

Q: 2 How many points of the fellowship are ther
Ans: fyve viz foot to foot Knee to Kn[ee] Heart to Heart, Hand to Hand and ear to ear. Then make the sign of fellowship and shake hand and you will be acknowledged a true mason. The words are in the I of the Kings Ch 7, 21, and in 2 chr: ch 3 verse last.

THE FORME OF GIVEING THE MASON WORD

Imprimis you are to take the person to take the word upon his knees and after a great many ceremonies to frighten him you make him take up the bible and laying his right hand on it you are to conjure him, to sec[r]ecie, By threatning that if [he] shall break his oath the sun in the firmament will be a witness agst him and all the company then present, which will be an occasion of his damnation and that likewise the masons will be sure to murder him, Then after he has promised secrecie They give him the oath a(s) follows

By god himself and you shall answer to god when you shall stand nakd before him, at the great day, you shall not reveal any pairt of what you shall hear or see at this time whither by word nor write nor put it in wryte at any time nor draw it with the point of a sword, or any other instrument upon the snow or sand, nor shall you speak of it but with an entered mason, so help you god. After he hes taken the oath he is removed out of the company, with the youngest mason, where after he is sufficiently frighted with 1000 ridicolous postures and grimmaces, He is to learn from the sd mason the manner of makeing his due guard whis [? = which] is the signe and the postures and words of his entrie which are as
follows

first when he enters again into the company he must make a ridiculous bow, then the signe and say God bless the honourable company. Then putting off his hat after a very foolish manner only to be demonstrated then (as the rest of the signes are likewise) he sayes the words of his entrie which are as follows

Here come I the youngest and last entered apprentice As I am sworn by God and St John by the Square and compass, and common judge to attend my masters service at the honourable lodge, from munday in the morning till saturday at night and to keep the Keyes thereof, under no less pain then haveing my tongue cut out under my chin and of being buried, within the flood mark where no man shall know, then he makes the sign again and with drawing his hand under his chin alongst his throat which denotes
that it be cut out in caise he break his word. Then all the mason present whisper amongst themselves the word beginning at the youngest till it comes to the master mason who gives the word to the entered
apprentice.

Now it is to be remarked that all the signes and words as yet spoken of are only what belong to the entered apprentice, But to be a master mason or fellow craft there is more to be done which after follows.
first all the prentices are to be removed out of the company and none suffered to stay but matters.
Then he who is to be admitted a member of fellowship is putt again to his knees, and gets the oat[h] administrated to him of new afterwards he must go out of the company with the youngest mason to learn the postures and signes of fellowship, then comeing in again, He makes the masters sign, and sayes the same words of entrie as the app[rent]ice did only leaving out the com[m]on Judge then the masons whisper the word among themselves beginning at the youngest as formerly afterwards the youngest
mason must advance and put himself into the posture he is to receive the word and
sayes to the eldest mason in whispering: The worthy masters and honourable company greet you weel, greet you weel, greet youweel.
Then the master gives him the word and gripes his hand after the masons way, which is all that is to be done to make him a perfect mason

[Endorsement]
Some Questiones Anent the mason word 1696

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# Posté le vendredi 05 mai 2006 23:58
Modifié le mercredi 02 avril 2008 07:52

Règlements et Privilèges de l'Imprimerie: Présentation par Dominique S.

 Règlements  et Privilèges de l'Imprimerie: Présentation par Dominique S.
Nous allons vous présenter dans les différents articles suivant, l'énorme travail réalisé par nôtre ami Paul V. des Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle. Cette somme colossale de travail traite des Règlements et Privilèges de l'Imprimerie dès le début du XVème siècle.


Ce travail est fait à partir de textes de formation en typographie qui étaient des exercices pédagogiques sur l'histoire de l'imprimerie, et qui servaient à composer et à corriger en dictée typo pour les apprentis.


Leur variété et l'ancienneté des codes typo montrent qu'ils ont été en activité sur une longue période, (au moins un siècle).


Paul V. a essayé de conserver l'esprit des mots dans leur temps, pour conserver le style de l'époque, par exemple pour l'usage du « s » remplacé par l'accent circonflexe, comme dans Nismes et Nîmes.


Quand la phonétique ne changeait pas, il lui est arrivé de conserver l'orthographe ancienne. Les lettrés, les savants ont voulu codifier la langue mais ce sont les

imprimeurs avec l'aide des auteurs qui ont inventé la transcription de l'usage populaire, les linguistes ne reprenant et vulgarisant la plupart des codes phonétiques, notamment les différences entre l'usage populaire et l'élite.


Il faut savoir que des imprimeurs-graveur comme Geoffroy TORY philosophe et cabaliste, (1480 – 1533), nommé imprimeur du Roy en 1530, dans son « Champ Fleury », titré : Art et science de la vraie proportion des lettres, codifie le forme et l'esthétique autour du nombre d'or (de 1/1,618 ) et crée la philosophie de la communication imprimée avec Garamond et les Estienne et l'usage des lettres qui permettent une phonétique élaborée différente entre la pratique des « s, f, v, b, les accents et les cédilles et l'apostrophe etc... » qui ont permis d'harmoniser les deux langues d'Oïl, langue de l'état Royal, et d'Oc de l'autre moitié du royaume. Le français étant moins structuré que la latin, le grec et l'hébreu.

Ceci expliquera d'ailleurs ensuite, le choix de la prépondérance du français sur le latin comme langue officielle dans tous les actes officiels et de justice après l'Edit de Villers-Cotterêts de François Ier en 1539

Paul. V. tout au long de ce magnifique travail, écrit pour la première fois l'histoire de ces confréries, d'imprimeurs, qui n'est pas sans rappeller, l'histoire plus connue de certaines confréries ayant engendré des sociétés initiatiques, elles bien plus connues malgré leur discrétion...

Merci à notre ami, Paul pour ce travail qui restera à jamais.... gravé en caractères.... d'imprimerie....bien sur
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# Posté le samedi 27 mai 2006 00:22
Modifié le vendredi 07 décembre 2007 07:36

Règlements et Privilèges de l'Imprimerie - 1ère Partie: Les Apprentis par Paul V.

 Règlements  et Privilèges de l'Imprimerie - 1ère Partie: Les Apprentis  par Paul V.
Un monde nouveau naissait avec l'avènement de l'Imprimerie. Il fallait prévoir les excès possibles du début et envisager les moyens de les empêcher. On doit se reporter à l'époque moyenâgeuse où le fait capital se produisit au moment où une orthodoxie rigoureuse était de règle, pour comprendre les soucis de l'autorité en présence de la révolution morale qui se préparait.
De cette situation nouvelle ressortit tout un arsenal de lois, d'ordonnances, de décrets, de règlements constamment renouvelés et aggravés pendant près de quatre siècles. Cette contrainte était indispensable à la royauté ; et, malgré toutes les sévérités édictées on verra, par le jugement, que les imprimeurs bravaient souvent le pouvoir quoiqu'il pût leur en coûter.


Les précautions les plus méticuleuses étaient prises, et si les imprimeurs jouissaient de certaines franchises, se n'étaient qu'en se soumettant à toutes les rigueurs des règlements ; ceux qui avaient l'imprudence de n'en pas tenir compte suffisamment savaient ce qu'il en leurs coûtait : le fouet, le piroli, la roue ou le gibet étaient des punitions prescrites et souvent appliquées lorsque le bûcher ne faisait des cendres de l'imprimeur et de ces livres.


Saint Jean l'évangéliste à la porte Latine


Notre législation moderne est plutôt un ensemble de prescriptions secondaires qu'une réelle contrainte apportée à l'exercice de l'imprimerie. Cet art industriel est complètement libre depuis cinquante ans et les détenteurs de brevets, ont presque tous disparus, ont, eux-mêmes abandonnés leurs revendications.

L'imprimerie n'est d'ailleurs plus, de nos jours, l'arme redoutable dont le pouvoir s'efforçait jadis d'émousser la pointe. Les pamphlets, les libelles, feraient maintenant, éclore le sourire et l'orthodoxie n'a plus les rigueurs d'autant. L'instruction donnée à tous, le sens du raisonnement développé, la science atténuent, suppriment même, le danger que pouvaient présenter les livres.
Peut-être est-ce à la libre diffusion de la pensée, à l'absence d'entrave qu'est due la suppression de ce danger ? Quoi qu'il en soit, l'imprimerie est devenue une profession comme les autres, quiconque peut l'exercer, même sans aucune préparation professionnelle, ce qui ne va pas, parfois, sans quelques inconvénients d'ordre artistique et professionnel.

Ce fut Charlemagne qui, associant la librairie à l'université, lui adjugea les mêmes prérogatives ; il faut ajouter qu'une part de ces prérogatives étaient accordées à tous ceux qui participaient à la confection du livre : scribes, copistes, rubricateurs, enlumineurs, correcteurs, relieurs, jouissaient, dès ce moment, de certains privilèges qui n'étaient pas concéder à d'autres corps de métiers.

La librairie jouissaient de droits et privilèges qui la rendaient franche, quitte et exempte de toutes contributions, impôts, taxes levés, subsides et impositions mises et à mettre, imposées et à imposer sur arts et métiers.

Philippe VI, Charles V et Charles VII se firent un plaisir de suivre l'exemple de leurs prédécesseurs.

L'université d'ailleurs, était étroitement unies au corps des libraires qui se trouvaient sous sa dépendance et ne pouvaient s'établir hors des limites qu'elles lui imposaient. Les rapports constants des libraires étaient facilités par cet intime voisinage et la surveillance des livres, surveillance instance et de tous les instants étaient ainsi plus aisée.

Lorsque l'imprimerie fut introduite en France, les maîtres du nouvel art furent assimilés aux libraires avec lesquels ils partagèrent les privilèges et franchises qu'ils jouissaient ; cependant les rois qui se succédèrent jusqu'à la révolution, s'ils édictèrent de nombreux règlements restrictifs, abolirent par contre, certaines des exemptions concédées par les régimes précédents.

Les artisans du livre éprouvèrent bientôt le désir de se grouper en une confrérie, ainsi qu'en témoigne la supplique adressé par plusieurs d'entre eux au Roy Charles VI en 1401.

Cette supplique reçut un accueil favorable puisque le Roy rendit le 1er juin de cette même année l'édit que voici :

« Charles, par la grâce de dieu, Roy de France, au Prévôt de Paris ou à son Lieutenant, salut. »

« Reçue avons la supplication de Nicolas de Bose, Jehan Pastié, Henri Marisent, écrivains ; Jacques Richier, enlumineur ; Johan Chappon, libraire ; Deschamps. Simonnet, Milan, relieurs de livres, et de plusieurs autres desdits métiers de notre bonne ville de Paris ayant singulière affection de faire, par grande dévotion, dire et célébrer chaque semaine en l'église paroissiale de Saint-Audry-des-Arcs, à Paris, certaines Messes et services de pourvoir à la fondation et décoration de ceux en l'honneur et révérence de Monsieur Saint Jean l'Evangéliste et aussi de faire dire et célébrer en cette église chaque année, la veille et le jour de la fête, messes et vêpres solennelles, de dîner ensemble le jours par manière de confrérie ; lesquelles choses, lesdits suppliants et autres ayant affection et dévotion de se faire n'oseront et ne voudront entreprendre sans ce avoir notre licence si comme ils disent en nous humblement requérant ce qui considérions que la dicte église, qui est des Arcs, pauvre et petites fondations par le moyen de la dicte confrérie pourra être grandement augmentée, et aussi le curé et fabrique de cette église ont été et sont d'accord que les suppliants fassent en cette église ce qui est dit, et afin que le divin service puisse être augmenter en elle, il nous plaise sur ce lui octroyer y celui.

« Nous, ces choses considérées avons donné et octroyé et par ces présentes donnons et octroyons de grâces spéciales, congé et licence aux dits suppliants et autres qui auront affection et volonté d'entrer dans la dite confrérie, de se rassembler pour faire et accomplir les choses dessus dites toutes fois que besoin sera et cette confrérie fera publier ces lieux et en la manière que l'on a coutume de faire en ce cas dans notre ville de Paris. Et nous demandons expressément à joindre de notre pleine grâce en vous, faite, souffrez et laisser les suppliants jouir et user pleinement et paisiblement et d'autres qui auront la volonté de nous aider à fonder la confrérie sans pour ce les travailler, molester et empêcher en aucune manière. Car ainsi, nous plait-il et nous voulons être faits de grâce spéciale pour ces présentes.

Donné à Paris, le premier jour de juin. L'année de grâce 1401 de notre règne le 21. »

On voit que cet édit représentait la charte constitutive de la corporation du livre, tous les métiers participant à la fabrication étaient ainsi placés sous la tutelle protectrice de Monsieur Saint-Jean l'Evangéliste. Ce patron devint celui des imprimeurs par la suite. On ne sait de manière formelle les raisons qui déterminèrent ce choix.

Les règlements reproduits plus loin, sont ceux des imprimeurs de la généralité de Paris ; mais peu à peu ils furent appliqués, avec seulement quelques modifications de détail, aux autres imprimeurs du royaume, jusqu'au moment où ils devinrent obligatoires pour toute la France (17 mars 1744). Saugrain, cette même année, les réunit en un recueil ayant pour titre : Code de l'Imprimerie Française.

Les diverses parties de ces règlements seront ici examinées dans l'ordre suivant : les apprentis, les compagnons, les alloués, les maîtres, l'administration syndicale. L'organisation des imprimeries. Les franchises et exceptions, les libelles et les livres défendus. Les décès, les ventes d'imprimeries, les fondateurs en caractères. Le commerce des livres.

Les règlements de 1723 prescrivent en ce qui concerne les apprentis : « aucun ne pourra être admis à faire apprentissage pour parvenir à la maîtrise de librairie ou d'imprimerie s'il n'est congru en langue latine et s'il ne sait lire le grec ; il sera tenu de rapporter le certificat du Recteur de l'Université à qui l'aspirant sera présenté par le syndic ou l'un de ces adjoints. »

Les règlements de 1649 édictaient précédemment :
« En joignons à l' avenir aux imprimeurs et librairie de prendre seulement un apprenti jeune, de bonne vie et m½urs, catholique, d'origine française, capable de servir le public...dont il aura certificat du Recteur de l'Université ; à peine de 300 livres et de nulleté du brevet. »

La pénurie des apprentis semble avoir était grande au XVI° siècle si l'on en juge par deux arrêts de Paris et de Lyon en 1539 et 1545.

Les maîtres en somme, ne pourront soustraire, ni malicieusement retirer à eux les apprentis l'un de l'autre, à peine des intérêts et dommages de celui qui aura fait la fraude. »

Le règlement de 1618 limites un seul apprenti le nombre des élèves afin de ne pas encombrer la profession :

« Les libraires et imprimeurs n'auront qu'un apprenti à la fois ; ils n'en pourront prendre un nouveau si le temps du premier n'est pas expiré, ou, du moins avant la dernière année de l'apprentissage commencé. »

En 1724, les nombres des imprimeurs et marchants libraires s'étant fort augmenté, la Communauté des imprimeurs libraires s'interdits la faculté de faire les apprentis pendant six ans ; un arrêt du Conseil du Roy daté du 10 septembre 1730 fait défense à tous maîtres de faire des apprentis pendant un temps de six années.

Ces mesures restrictives ne semblaient pas encore suffisantes puisque un arrêt du 6 juin 1741 accroît encore la dureté de cette trêve.

Cet arrêt mérite d'être reproduit dans son intégrité ; ces considérants précis et circonstanciés contiennent des renseignements d'un réel intérêt sur la situation de l'imprimerie à cette époque.

« Arrêt du Conseil du 6 juin 1741 qui renouvelle les mêmes défenses pour un temps de six ans. Sur la requête présentée au Roy en son Conseil, les Syndics de la Communauté des libraires et Imprimeurs de la ville de Paris, contenant qu'une longue expérience leur avait appris que les libraires et imprimeurs ne sauraient se soutenir dans leurs professions et faire avec honneur qu'autant que le nombre n'en soit trop multiplié... C'est sur ce motif que par les différentes délibérations, et en particulier par celles du 17 juillet 1730, qu'il plût à Sa Majesté d'homologuer, cette communauté c'était interdit pendant six ans de ne faire ni recevoir de nouveaux apprentis pour pouvoir parvenir à la maîtrise, ce qui était le seul moyen d'empêcher que le nombre des Imprimeurs ne s'augmenta davantage. »

« Mais comme le temps affaiblit souvent les règlements les plus sages et pour les maintenir dans leur vigueur, il est nécessaire de les renouveler de temps en temps ; la Communauté des Imprimeurs vient d'arrêter pour le bien du commerce, de renouveler la disposition de la précédente déclaration de 1730, et de ne faire ni recevoir de nouveaux apprentis pour une période de six ans »

Une interdiction est ainsi édictée : « Défends Sa Majesté aux dits Imprimeurs de prendre et garder aucun apprenti qui soit marié sous peine d'annulation de brevet. » Voici un privilège qui concède un privilège aux fils des patrons.

Les fils d'imprimeurs et libraires ne seront tenus de faire aucun apprentissage ; mais ils ne pourront être reçus maître s'ils n'ont les qualités requises, ni se qui doivent être admis à la Maîtrise. »

Les règlements de 1723 précise en ces termes la durée de l'apprentissage : « le temps de l'apprentissage sera au moins de quatre années consécutives et le contrat en sera passé par devant notaire en la Chambre de la Communauté, en présence et du consentement des syndics et adjoint. »

« Sera tenu le dit apprenti de remettre en main du Syndic, pour les affaires de la Communauté, la somme de trente livres, lois de passation du brevet qui sera transcrit sur le livre de la Communauté, à la diligence du maître auquel l'apprenti sera obligé, à peine d'annulation de brevet et des dommages et intérêts de l'apprenti contre le maître. »

Cette durée de l'apprentissage fixée à quatre ans semblait être un minimum d'après l'article suivant : « Il ne sera permis aux imprimeurs de faire, pour quelle cause que se soit, aucune remise ni composition de temps de quatre ans, porté par le brevet d'apprentissage, à peine de mille livres d'amende contre le maître, et contre l'apprenti de service le double du temps qu'il lui aura été remis. »

Le Prévôt de Paris, le 4 Août 1609, rendait une sentence contre François Grégoire et Nicolas Flamant, son apprenti, à qui il avait remis une année de son temps : « Ordonnons que le dit soit tenu, et le condamnons par corps à parachever l'année restante de son brevet ; et faisons défense au dit Grégoire de donner aucune quittance à son apprenti, sous peine de cent livres d'amende. »

Le règlement de 1618 semble laisser croire que les imprimeurs transigeaient sur le temps d'apprentissage moyennant finance quand il prescrit : « Que les imprimeurs ne doivent prendre aucun argent pour rédimer ledit temps par absence dudit apprenti, à peine de mille livres d'amende pour la première fois, et de plus grandes si il échoie. »

Claudin, dans son études sur les relieurs, libraires et imprimeurs de Toulouse au XVIe siècle, donne l'analyse d'un ancien contrat d'apprentissage passé en 1512, devant Jacques de Lavda, notaire à Toulouse : « par ce contrat, rédigé en latin, un nommé Platens, de sa volonté propre et spontané, se loue à Jean Faure, imprimeur de livre à Toulouse, comme apprentis pour le terme de trois années.

Ledit Faure promet audit Platens, pendant ces trois ans de l'instruire de son mieux dans le mécanisme de son métier d'imprimeurs et dans tout autres affaires et choses honnêtes et licites de sa profession. Faure promet à Platens, pour la première année, trois moutons (monnaie de Toulouse), calculés à raison de quinze sous par mouton, et pour la troisième six moutons afin de pouvoir s'acheter des vêtements suivants sa condition.

« En retour, Platens sera tenu de bien et dûment servir Faure et de parfaire le temps au terme convenu. Et, au cas où il quitterait sans congés ledit Faure, celui-ci pourra le contraindre et ne sera tenu en ce cas de rien lui payer... Pour donner plus de force et de valeurs à tout ce qui a été convenu si dessus, les parties contractantes ont chacune jurée sur quatre évangiles sacrés et en se touchant corporellement de la main droite. »

Le 28 mars 1521, Jean Guyard, imprimeur à Bordeaux, passa avec François Morpain un traité par lequel, moyennant huit boisseaux de froment, il s'engage à lui apprendre l'imprimerie, à le nourrir, chausser et coucher, après ce temps une paire de chausses de la valeur d'un écu d'or.

Le 3 juin 1597, Jean Melser, natif d'Amsterdam se met pour serviteur avec le sieur Denis Haultin, imprimeur à Montauban, pour apprendre ledit métier d'imprimeur et le servir en toutes choses licites et honnêtes pour une année pendant laquelle ledit Haultin sera tenu de lui servir la dépense de bouche et de couché, sans aucun salaire. Melser devra payer les choses perdues, avec caution de gens bien, et ne pourra aller ailleurs qu'après l'an expiré.

Un arrêt du parlement du 26 mai 1615, interdit aux maîtres de prendre des apprentis mariés et de les conserver comme tels après leur mariage. La raison de cette défense résider dans ce fait que les statuts corporatifs n'autorisaient alors, la réception à la maîtrise que d'un imprimeur, d'un libraire et un relieur chaque année. Et puis « comment souffrir que les hommes pourtant barbe et engager dans les liens du mariage, entrent ou demeurent en apprentissage qui ne se peut bien faire que part des jeunes enfants ? » Ainsi s'exprime la Communauté des Imprimeurs, Libraires de Paris pour ce plaindre de cet abus.

L'âge des apprentis et excessivement variables. Quelques-uns n'ont que onze ans, mais la plupart sont âgées de dix-huit ans, vingt ans et même vingt-trois ans, comme Nicolas Jully , placée chez Pierre Michelin en 1708, Claude Bourge, engagé pour trois ans, en 1567, chez Jean Blanchard était lui-même « majeur d'age » on sait que la majorité n'était autrefois acquise qu'à 25 ans révolus.

A Dijon, en 1773, un apprenti imprimeur verse cent livres pour quatre ans ; il n'est pas logé ni nourri par son maître et s'engage à être discret « comme son état l'exige » ; s'il quitte durant la première année, il perdra les cent livres versées ; il en versera cent autres si son départ a lieu pendant les trois autres années ; par contre le maître versera la même somme de cent livres s'il renvoie l'enfant sans motif plausible.

Un apprenti de Dijon, en 1774, verse cent livres, mais on lui donnera trois livres par semaine pour sa nourriture et son entretien.

Un apprenti de Pierre-Philippe Dejussieu, imprimeur à Autun, paie six cents livres, plus quinze livres de droit, en 1780 ; un apprenti de même, en 1785, ne paie que trois cents livres mais il est nourri par son père.

Cet extrait d'une adresse au Roy et à nos Seigneurs de son Conseil, écrite en 1666 donnent de curieux détails sur les conditions d'existences des apprentis de l'Imprimerie à cette époque.

« Aussi n'y a-t-il pas d'apparence qu'une personne de lettre qui était estre née de famille, pour avoir pu subvenir à la dépense de ces études, veulent ce réduire à un apprentissage de cinq ans et autres suggestions nécessaires pour parvenir à la Maîtrise de l'imprimerie et qui sont d'estre levé à quatre heures du matin pour monter les balles qui servent à imprimer, après avoir carder la laine et par cela devant la venue des ouvriers, qui est d'ordinaire à cinq heures ; aller quérir le vin et les vivres pendant la journée ; comme aussi la lessive dont on ne peut se passer pour laver et nettoyer les caractères qui sont employés au long du jour aux impressions ; outre cela, travailler continuellement la presse qui est le travail le plus pénible qu'on puisse s'imaginer et sans comparaison plus rude et plus fort que n'est celui d'un forçat qui rame les galères. Après tout cela, la sortie des ouvriers qui est à huit heures ou neuf heures du soir, aller aux puits et aux fontaines puiser l'eau dont on a besoin pour tremper le papier qu'on veut imprimer les jours suivants. »

Un ouvrage imprimé en 1710 : la misère des apprentis imprimeurs, appliquer par le détail à chaque option de ce pénible état, forme un tableau satirique de la situation des apprentis.
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# Posté le samedi 27 mai 2006 00:27
Modifié le samedi 27 mai 2006 00:40