Suite à un travail précédent sur le texte : « la supposée clandestinité de la maçonnerie de prince Hall » (p. 284 du n° 8 de Renaissance Traditionnelle) où sont abordées les difficultés d'une maçonnerie « noire » naissante aux E.U., on a cru bon de rester dans le même thème et sauter quelques numéros de la revue pour arriver au 34ème.
Nous allons donc dans un premier temps faire un récapitulatif du travail précédent en essayant de répondre aux quelques questions qui se sont manifestées, pour ensuite passer au texte du jour et voir si de nouvelles pierres sont apportées à l'édifice.
I) Le travail précédent évoque le combat de la maçonnerie « noire » dite aussi maçonnerie de Prince Hall, dans son combat pour sa reconnaissance auprès de la maçonnerie américaine « blanche ». Tout cela au travers de la toute première loge américaine noire l'Africain Lodge au départ loge militaire irlandaise ayant reçue patente de l'Angleterre, et dont le premier vénérable est prince Hall. Toutes les raisons ou presque, même les plus surprenantes comme celle de la juridiction exclusive, sont mises en avant pour refuser leur légitimité. Il est formulé en réaction une critique acerbe de la maçonnerie américaine.
Questions pouvant se poser :
- Dans quel contexte nous trouvons nous qui puisse expliquer ce refus bien marqué de reconnaissance ?
Tout d'abord l'histoire particulière des E.U. pays de conquête ou le premier arrivé plante son drapeau.
Par ailleurs, naissance de la maçonnerie noire pendant la guerre d'indépendance qui oppose l'Angleterre aux colons américains. D'où la réticence pour tout ce qui a un lien avec les anglais, et notamment l'Africain Lodge qui fonctionne sous patente anglaise. Cette loge apparaît donc entre deux feux car d'une part elle essuie, comme on l'a dit l'antipathie qu'ont les colons pour les anglais. Et ce d'autant plus que le point de départ des hostilités se fait à Boston, ou siége justement l'Africain lodge.
En même temps que la patente accordée aux maçons noirs n'est peut être rien d'autre qu'un cadeau empoisonné (comme le précise le document précédent), une manière de mettre à mal la population américaine qui n'entend pas mettre la population noire à un même niveau d'égalité car fortement tributaire d'une économie esclavagiste dont ils veulent conserver le bénéfice et ce malgré une déclaration d'indépendance qui prône l'égalité.
On peut y voir aussi le communautarisme de la société américaine, formée d'une population d'origines très diverse ou chacune reste bien distincte des autres et ou il parait presque inconcevable de ne pas s'identifier à l'une d'elles
- Ou en est on aujourd'hui de cette reconnaissance de la maçonnerie noire ?
Aujourd'hui reconnu par différentes grandes loges, à l'exception de la plupart des grandes loges blanches du sud, région ou l'on tenait plus fortement à l'esclavagisme. Mais c'est aussi de la spécificité des Etats-Unis ou la reconnaissance est à faire valoir dans chaque Etat et non pas une fois pour toutes vis-à-vis de tous comme dans n'importe quel autre pays.
Rapports très superficiels se limitant à quelques manifestations officielles et faites pour le public.
Il semblerait aussi que les loges de prince Hall initient exclusivement des hommes de couleur, comme c'est le cas dans les loges blanches à de rares exceptions prés.
- Quel est le paysage maçonnique américain d'aujourd'hui ?
C'est autour de 1730 qu'apparaissent les loges maçonniques dans les colonies britanniques d'Amérique. On suppose que la révolution américaine a permis à la maçonnerie américaine de prendre son essor grâce notamment aux différentes loges militaires.
La plupart sont issue des Grandes loges d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande.
Chaque Etat est doté dune grande Loge souveraine qui édicte chacune ses règles notamment en matière de reconnaissance. Il y aurait donc 50 grandes Loges (y compris celles du district de Washington). Elles exercent leur autorité sur les 15000 loges blanches.
36 Grandes Loges de Prince Hall régissent 5000 ateliers.
Maçonnerie de tradition orale, essentiellement rituelique dont le plus courant semble le rite d'York.
Les catéchismes sont appris par c½ur : leur récitation permet de passer en quelques semaines ou quelques mois au grade de maître
Malgré séparation de l'église et de l'Etat dés la Constitution de 1791 aux E.U., le caractère religieux et déiste semble plus accentué pour atténuer la peur de certains de voir la maçonnerie comme une concurrence au christianisme. Sans grand résultat d'ailleurs.
Maçonnerie blanche et noire ont la même organisation : une loge unique par Etat avec des tenues presque entièrement administratives.
C'est une maçonnerie qui semblerait beaucoup plus pragmatique que spéculative, avec une réalisation financière très importante qui alimente des maisons de retraite, cliniques, établissements pour handicapés ainsi que de différentes autres manières notamment par l'attribution de bourses aux étudiants.
II) le document d'aujourd'hui en comporte 3
a) La Phylaxis society et la profession de foi maçonnique de Prince Hall.
Ce texte met en avant le désir des maçons noirs d'une recherche maçonnique de qualité et ce au travers d'une part la présentation d'une association qui publie depuis 1974 des études intéressantes sur la maçonnerie noire aux E.U. C'est la Phylaxis society. Un passage nous est transmis ou il est stipulé que les maçons noirs passent outre cette ségrégation, que ce sont de toute évidence des maçons réguliers qui n'ont donc nullement besoin d'être reconnus a fortiori par des maçons qui n'en ont eux-mêmes pas le mérite. Ils croient en une maçonnerie universelle et de ce fait ne désirent aucun geste de pitié mais une simple acceptation de la réalité.
Leur Credo les définit comme une maçonnerie qui croit en Dieu, en l'homme, en la maçonnerie universelle, en la maçonnerie de Prince Hall « fermées aux « indignes » mais « grande ouverte aux hommes de bon renom ». Ainsi qu'aux serments maçonniques qu'ils considèrent comme « vérité d'hommes engagés dans leur foi par ce qu'il y a de meilleur en eux ».
b) La laïcité et la maçonnerie américaine.
A partir d'une déclaration D'un haut dignitaire de la maçonnerie américaine qui récuse haut et fort toute participation publique à l'école catholique et par la même à l'église, ce document nous propose de réfléchir sur la laïcité. Il nous propose de faire un comparatif avec le G.O.D.F. qui malgré la décision de1877 qualifiée « d'erreur » dans le document semble en retrait de la pensée américaine sur la pensée du dignitaire pris en référence.
Il nous propose de nous interroger sur la signification réelle de la notion de laïcité en disant : « qu'une attitude positive envers la tradition religieuse en général.... Serait plus favorable à la défense de la laïcité ».
c) La troisième partie : L'Ordre des Chevaliers Templiers et l'Eglise sera repris à une prochaine rencontre.