Les Etats-Unis, là-bas... par Philippe L. et Jacques F.

Les Etats-Unis, là-bas... par Philippe L. et Jacques F.
Renaissance Traditionnelle N°34. p158

Suite à un travail précédent sur le texte : « la supposée clandestinité de la maçonnerie de prince Hall » (p. 284 du n° 8 de Renaissance Traditionnelle) où sont abordées les difficultés d'une maçonnerie « noire » naissante aux E.U., on a cru bon de rester dans le même thème et sauter quelques numéros de la revue pour arriver au 34ème.

Nous allons donc dans un premier temps faire un récapitulatif du travail précédent en essayant de répondre aux quelques questions qui se sont manifestées, pour ensuite passer au texte du jour et voir si de nouvelles pierres sont apportées à l'édifice.

I) Le travail précédent évoque le combat de la maçonnerie « noire » dite aussi maçonnerie de Prince Hall, dans son combat pour sa reconnaissance auprès de la maçonnerie américaine « blanche ». Tout cela au travers de la toute première loge américaine noire l'Africain Lodge au départ loge militaire irlandaise ayant reçue patente de l'Angleterre, et dont le premier vénérable est prince Hall. Toutes les raisons ou presque, même les plus surprenantes comme celle de la juridiction exclusive, sont mises en avant pour refuser leur légitimité. Il est formulé en réaction une critique acerbe de la maçonnerie américaine.

Questions pouvant se poser :

- Dans quel contexte nous trouvons nous qui puisse expliquer ce refus bien marqué de reconnaissance ?

Tout d'abord l'histoire particulière des E.U. pays de conquête ou le premier arrivé plante son drapeau.

Par ailleurs, naissance de la maçonnerie noire pendant la guerre d'indépendance qui oppose l'Angleterre aux colons américains. D'où la réticence pour tout ce qui a un lien avec les anglais, et notamment l'Africain Lodge qui fonctionne sous patente anglaise. Cette loge apparaît donc entre deux feux car d'une part elle essuie, comme on l'a dit l'antipathie qu'ont les colons pour les anglais. Et ce d'autant plus que le point de départ des hostilités se fait à Boston, ou siége justement l'Africain lodge.
En même temps que la patente accordée aux maçons noirs n'est peut être rien d'autre qu'un cadeau empoisonné (comme le précise le document précédent), une manière de mettre à mal la population américaine qui n'entend pas mettre la population noire à un même niveau d'égalité car fortement tributaire d'une économie esclavagiste dont ils veulent conserver le bénéfice et ce malgré une déclaration d'indépendance qui prône l'égalité.

On peut y voir aussi le communautarisme de la société américaine, formée d'une population d'origines très diverse ou chacune reste bien distincte des autres et ou il parait presque inconcevable de ne pas s'identifier à l'une d'elles

- Ou en est on aujourd'hui de cette reconnaissance de la maçonnerie noire ?

Aujourd'hui reconnu par différentes grandes loges, à l'exception de la plupart des grandes loges blanches du sud, région ou l'on tenait plus fortement à l'esclavagisme. Mais c'est aussi de la spécificité des Etats-Unis ou la reconnaissance est à faire valoir dans chaque Etat et non pas une fois pour toutes vis-à-vis de tous comme dans n'importe quel autre pays.

Rapports très superficiels se limitant à quelques manifestations officielles et faites pour le public.

Il semblerait aussi que les loges de prince Hall initient exclusivement des hommes de couleur, comme c'est le cas dans les loges blanches à de rares exceptions prés.

- Quel est le paysage maçonnique américain d'aujourd'hui ?

C'est autour de 1730 qu'apparaissent les loges maçonniques dans les colonies britanniques d'Amérique. On suppose que la révolution américaine a permis à la maçonnerie américaine de prendre son essor grâce notamment aux différentes loges militaires.

La plupart sont issue des Grandes loges d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande.
Chaque Etat est doté dune grande Loge souveraine qui édicte chacune ses règles notamment en matière de reconnaissance. Il y aurait donc 50 grandes Loges (y compris celles du district de Washington). Elles exercent leur autorité sur les 15000 loges blanches.

36 Grandes Loges de Prince Hall régissent 5000 ateliers.

Maçonnerie de tradition orale, essentiellement rituelique dont le plus courant semble le rite d'York.
Les catéchismes sont appris par c½ur : leur récitation permet de passer en quelques semaines ou quelques mois au grade de maître

Malgré séparation de l'église et de l'Etat dés la Constitution de 1791 aux E.U., le caractère religieux et déiste semble plus accentué pour atténuer la peur de certains de voir la maçonnerie comme une concurrence au christianisme. Sans grand résultat d'ailleurs.

Maçonnerie blanche et noire ont la même organisation : une loge unique par Etat avec des tenues presque entièrement administratives.

C'est une maçonnerie qui semblerait beaucoup plus pragmatique que spéculative, avec une réalisation financière très importante qui alimente des maisons de retraite, cliniques, établissements pour handicapés ainsi que de différentes autres manières notamment par l'attribution de bourses aux étudiants.

II) le document d'aujourd'hui en comporte 3

a) La Phylaxis society et la profession de foi maçonnique de Prince Hall.

Ce texte met en avant le désir des maçons noirs d'une recherche maçonnique de qualité et ce au travers d'une part la présentation d'une association qui publie depuis 1974 des études intéressantes sur la maçonnerie noire aux E.U. C'est la Phylaxis society. Un passage nous est transmis ou il est stipulé que les maçons noirs passent outre cette ségrégation, que ce sont de toute évidence des maçons réguliers qui n'ont donc nullement besoin d'être reconnus a fortiori par des maçons qui n'en ont eux-mêmes pas le mérite. Ils croient en une maçonnerie universelle et de ce fait ne désirent aucun geste de pitié mais une simple acceptation de la réalité.
Leur Credo les définit comme une maçonnerie qui croit en Dieu, en l'homme, en la maçonnerie universelle, en la maçonnerie de Prince Hall « fermées aux « indignes » mais « grande ouverte aux hommes de bon renom ». Ainsi qu'aux serments maçonniques qu'ils considèrent comme « vérité d'hommes engagés dans leur foi par ce qu'il y a de meilleur en eux ».

b) La laïcité et la maçonnerie américaine.

A partir d'une déclaration D'un haut dignitaire de la maçonnerie américaine qui récuse haut et fort toute participation publique à l'école catholique et par la même à l'église, ce document nous propose de réfléchir sur la laïcité. Il nous propose de faire un comparatif avec le G.O.D.F. qui malgré la décision de1877 qualifiée « d'erreur » dans le document semble en retrait de la pensée américaine sur la pensée du dignitaire pris en référence.
Il nous propose de nous interroger sur la signification réelle de la notion de laïcité en disant : « qu'une attitude positive envers la tradition religieuse en général.... Serait plus favorable à la défense de la laïcité ».

c) La troisième partie : L'Ordre des Chevaliers Templiers et l'Eglise sera repris à une prochaine rencontre.
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# Posté le samedi 18 février 2006 10:26
Modifié le mardi 03 juillet 2007 03:58

La parabole du moulin à prières (de Arnold H. Schwengeler) par Paul V.

La parabole du moulin à prières (de Arnold H. Schwengeler)  par Paul V.
Renaissance Traditionnelle N°10. p 96

En Chine, Le Maître du Monastère le Moule de la Tradition « le Vénérabilissime », un vieux sage buriné comme une momie, porteur de la longue tresse traditionnelle recevait toujours le futur Empereur « Je Pense » qu'il instruisait des bonnes m½urs et des coutumes héritées du passé.
La tradition sécurisait le peuple.

Celui de notre histoire portait le numéro 5971. Il n'y avait pas de rapport avec l'ancienneté de la fonction mais plutôt avec le degré élevé de sa raideur mentale.
Par un matin brumeux Je Pense s'y rendit. L'ancien le reçut dans la pièce la plus retirée, s'adonnant à son plaisir favori, faire tourner son moulin à prières. Quant-il eût fini, il dit 5971.
avec satisfaction. Il consentit à s'intéresser à Je Pense.

Imbu de sa propre sagesse, il ne croyait que dans sa propre vérité : seul le passé comptait, tout événement appartenait au passé pour définir l'avenir.
pour tout le reste il répondait « Cas bis ». Le monastère en était la preuve immuable.

Je Pense s'imaginait que seul les fondements comptaient car l'édifice est toujours bâti sur eux. Le Vénérabilissime réitéra « Cas bis » que seul la façade importait.

Un morceau du plafond se détacha et la pièce sembla toute s'écrouler.
Le futur Empereur évita les plâtres qui tombaient, quand la poussière retomba dans la pièce, il vit Le Vénérabilissime couvert de gravas, la tresse très longue et très ancienne était une perruque. Celui-ci ahuri, faisait tourner son moulin à prières comme seul secours avec une tête vide et poussiéreuse.

Je Pense prit congé et sortit, l'air était pur et le soleil brillait.
« Souvent les perruques sont trompeuses et font oublier qu'un crâne se cache dessous.
Les façades sont trompeuses, elles font oublier que les maisons sont en ruines.
Il en est de même quand la tradition remplace l'esprit vivant par des moulins de prières.
Les prières ne préparent pas l'avenir.
Dieux n'exhausse que les prières que nous adressons nous-mêmes ».

Un moulin à prières n'est qu'une machine, aujourd'hui je pourrai mettre un magnéto numérique pour dire des prières à ma place sans le c½ur ni l'esprit.

Ce qui est voyant est loin de la réalité intérieure.
Les fondements sont invisibles.
L'ombre ou la lumière, dans la parabole le matin brumeux ou l'air pur et le soleil.
Dans cette histoire, la visite dans la pièce obscure du passé et le retour à la lumière du soleil ne laisse aucun doute sur l'opinion de l'auteur, le présent se construit sur le passé maie il n'est qu'un repère pour le futur. La coutume est issue des hommes, la tradition sécurise, le futur se construit dans la lumière des actions. Etre, penser, agir, tout est dit dans cette parabole.
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# Posté le samedi 18 février 2006 10:39
Modifié le mardi 03 juillet 2007 03:57

Stanilas De Guaïta et ses amis (par Françoise des Ligneris) de Maria Isabel L.

Stanilas De Guaïta et ses amis (par Françoise des Ligneris) de Maria Isabel L.
Renaissance Traditionnelle N°10. p 99

Stanislas de Guaïta est né le 6 avril 1861 dans le château familial d'Alteville, près de Tarquimpol , dans une famille noble d'origine italienne et établie en Lorraine depuis 1800.
De l'union de François (1825-1880) et de Marie-Amélie fille du baron de Grandjean d'Alteville naquit deux fils, Antoine et Stanislas ;

Stanislas après un passage chez les jésuites à Dijon fait ses études au lycée de Nancy (1878) où il se lie d'amitié avec Maurice Barrès qui partage avec lui son goût pour la poésie. Puis, il poursuit ses études à Paris pour obtenir une licence en droit. Il fréquente alors les poètes du quartier latin, Victor Emile Michelet, Jean Moréas, Laurent Thailhade, Emile Goudeau. Il écrira son premier recueil de vers dès 1881 avec "Les oiseaux de passage" puis la « Muse noire » (1883) qui révèle son goût pour les ½uvres ténébreuses.

La même année, il fait une rencontre déterminante. Catulle Mendès lui fait découvrir le Dogme et rituel de haute magie d'Eliphas Lévi qui sera pour lui une véritable révélation. Fabre d'Olivet et le marquis Saint-Yves d'Alveydre leur ouvriront l'accès à un certain type de connaissances. Il fréquente dès lors Péladan, Eliphas Levi, Papus et les initiés de la Maçonnerie, du Martinisme et de la Rose Croix. Ses lectures concerneront la science des mages, la magie, l'alchimie et les ouvrages anciens. Il abandonnera la poésie pour s'initier au mysticisme chrétien et à l'occultisme. Rosa Mystica publiée en 1885 sont les derniers vers qu'il écrira pour se consacrer à l'occultisme.

Ainsi souvent mordu d'une impossible envie
Tournant le dos aux abîmes noirs de la vie
Que j'ai vainement explorés,
Vers l'Idéal qui fait sur moi frémir son aile,
Et ta gloire d'or, Béatrix éternelle,
Je tends deux bras désespérés !
("Les bras tendus" Rosa Mystica)

Son premier ouvrage ésotérique " Au seuil du mystère" publié en 1886 est consacré aux théories sur la lumière, les lois kabbalistiques et à la Tradition. Il constitue le premier volume des Essais des sciences maudites, ouvrage qui sera réédité deux fois en 1890 et 1894. Dans l'avant propos du premier ouvrage, il conteste les moqueries qui sont faites à l'encontre de la Haute Magie et souligne qu'elle n'est point divagation plus ou moins spirite mais s'inscrit dans la Kabbale juive. Dans la troisième édition (1894), il introduit les deux pentacles extraits de l'Amphitheatrum Sapienti½ ½tern½ solius ver½ de Henry Kunrath et des informations concernant le Martinisme et la Rose-Croix.

A cette époque, l'occultisme se développe et favorise l'apparition de charlatans, de prétendus mages. C'est d'ailleurs à la suite de certaines pratiques de l'abbé Boullan (escroqueries, mysticisme sexuel..) que Stanislas de Guaïta réunit un tribunal d'honneur pour condamner ce soi-disant mage. Il fonde ainsi en 1888 l'Ordre Kabbalistique de la Rose +Croix et devient le président du Conseil des Douze parmi lesquels on retrouve, Pélandan, Papus, Sédir, Wirth, Barlet et Michelet. Cet Ordre avait pour mission de combattre des pratiques obscures et les faux mages. Convoqué par son Evêque de Perpignan, l'abbé Boullan perdra son titre de chanoine en 1889 parce qu'il refusait de renoncer à son christianisme ésotérique.

Stanislas de Guaïta retracera l'affaire Boullan dans Le temple de Satan paru en 1891 premier volume du serpent de la Genèse dans lequel il traite de la magie noire et de l'utilisation des forces occultes.

L'amitié entre Stanislas et Péladan se dégrade à partir de 1890 pour devenir la guerre des deux Roses.
Stanislas apprend tout d'abord par ses amis l'existence du Tiers-Ordre intellectuel de la Rose Croix Catholique créé par Pélandan ; puis que ce dernier lance des mandements épiscopaux au nom de la Rose +Croix catholique aux artistes, à l'Archevêque de Paris sur les courses de taureaux et l'excommunication de l'épouse de Rothschild et enfin, qu'il signe les documents du nom de Sâr Mérodak Péladan, Légat catholique romain. En outre, ce dernier se fait nommer Grand Maître et Hiérarchique Suprême du Tiers-Ordre de la Rose +Croix du Temple et du Graal. Le Sâr Péladan n'a de cesse de faire rallier à ses thèses, qui n'ont plus rien de commun avec la Rose +Croix, les artistes. Ces provocations font réagir Stanislas et Papus qui, craignant un amalgame avec l'ordre kabbalistique de la Rose +Croix dans l'esprit du public, lui demande d'éclaircir publiquement sa position. Péladan refuse mais, cependant, un an plus tard il enverra un courrier à Papus qui paraîtra dans la revue « initiation » dans lequel il indique qu'il se consacre désormais à sa Rose +Croix catholique ».
Les déclarations entre les deux ordres se font au travers de la revue « Initiation » jusqu'au jour où le Suprême Conseil de la Rose +Croix (1893) condamne Péladan comme usurpateur

Stanislas termine la trilogie sur les sciences occultes. Après le temple de Satan, il écrit La Clé de la magie noire qui est une parodie des sorciers à travers les âges et Le problème du mal (1897) qui livre des connaissances sur la force astrale et les occultistes mais qu'il ne terminera pas puisqu'il décède à l'âge de 36 ans. C'est son secrétaire Oswald Wirth qui achèvera cet ½uvre.
# Posté le lundi 20 février 2006 13:08
Modifié le lundi 09 juillet 2007 16:33

Du Palmier à l'Acacia (de Roland Renais) par Dany T.

Du Palmier à l'Acacia (de Roland Renais)  par Dany T.
Renaissance Traditionnelle N°3. p 2003

La constitution du GODF de 1822 à 1849 souligne l'étude de la morale universelle dans la définition de la FM. Cette notion rattache plus la FM aux mystères antiques qu'aux constructeurs de cathédrales.

Ainsi dans la 1ère moitié du XIXème, la 3ème édition du manuel du FM (Bazot 1817) est accompagnée de la gravure allégorique représentant la déesse de la FM :

Au premier plan :

Pierre cubique (piédestal)
Triangle lumineux (divinité)
Glaive sur les tables de la loi (ancien et nouveau testament+)
Compas (droiture)
Miroir (vérité et prudence)
Diadème (puissance)
Couronne de 7 étoiles (immortalité)
Sur le piédestal :
Nom du GADLDU : YEHOVOHE
J-B-M.B
Ecrases par piédestal : les monstres : ignorance,fourberie discorde etc…
Sur la droite l'acacia (M. moderne)
Sur la gauche : le palmier (M. antique)

Au 2ème plan :

A droite : Chêne et 1 caverne (M. druidique)
A gauche : Saule et tour de Babel (M. chaldéenne)
Au 3ème plan :
A droite : myrte et temple grec (M grecque)
A gauche : lotus et la pyramide (M égyptienne)

3 indications importantes se dégagent :

-l'évidence de l'antiquité source de la FM. (Tradition héritée du siècle précédent, romantisme
raison politique :chute du 1er empire .plus de GM).
-l'affirmation d'une croyance en Dieu (perfection morale s'identifie à la divinité).
-Rôle moral de la FM (lutte contre ce qui entrave l'idéal de perfection).

En conclusion : La FM est le résumé de la sagesse divine et humaine. Elle est la morale Universelle, une et immuable. (Abrégé de Ragon).

Malgré la nouvelle constitution du GODFde 1849, ce courant persiste.
En 1887 le GODF discute de ce point de vue (plaquette de 56 pages).

Conclusion de cette discussion :

« Nous nous appartenons à nous mêmes, nous pouvons avoir de glorieux ancêtres, mais
nous tenons surtout nos traditions des efforts de ceux qui ont été les précurseurs de la révolution française. »

BIBLIOGRAPHIE :

*Louis Amiable : une loge maçonnique d'avant 1789 : les 9 soeurs
*TSCHOUDY : l'étoile flamboyante
*Abbé Robin : recherches sur les initiations anciennes et modernes
*KOPPEN : Crata Repoa
*Jurgis Baltusaitis : Essai sur la légende d'un mythe, la quête d'Isis
*REBOLD : Histoire de la FM depuis sa fondation en 715av.J.C. jusqu'en 1850
*ANDERSON : les constitutions.

PISTES DE RECHERCHE :

Lutte des FM contre l'ignorance : enseignement mutuel.
Définition de la bienfaisance
Organisation démocratique
Idéal maçonnique de ce temps.
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# Posté le mardi 21 février 2006 01:55
Modifié le mardi 03 juillet 2007 03:58

Le Symbolisme du Temple de Salomon I (de René Désaguliers) par Dominique S.

Le Symbolisme du Temple de Salomon I (de René Désaguliers) par Dominique S.
Renaissance Traditionnelle N°9- Janvier 1972. p 1 – Tome III

Dès l'entrée en maçonnerie, et les grades suivant semblent le démontrer, le symbolisme du Temple de Salomon est mis en exergue. Aux premiers et second grades, c'est par la présence des 2 colonnes, lieux où s'assemblent les ouvriers pour recevoir leur salaire, que le Temple se manifeste. On le retrouve aussi, par l'intermédiaire de l'escalier à sept marches, qui présente une forme en demi-cercle et qui se termine devant une porte fermée du Temple, et située à l'Occident... Ces marches sont montées et redescendues par l'apprenti et le compagnon, par 3 ou 5, âge du maçon, lors des rituels de passage de grade. En effet, la porte reste fermée, mais sur quoi donne-t-elle ?

On le sait, la partie supérieure, carrée et orientale du tapis de loge, correspond au Temple intérieur. On y trouve l'étoile à 5 branches marquée en son sein de la lettre G, le soleil et la lune, le tout surmonté et entouré du cordon à houppes dentelées, redescendant jusqu'au bas. Concrètement il n'y a donc que deux parties dans ce tableau, le porche, et le Temple intérieur. Sur le tapis du troisième grade, le carré supérieur représente cette fois la Chambre du Milieu, à laquelle on accède par l'escalier. D'un point de vue purement géométrique les tapis des 1er et deuxième grades, parfaitement superposables avec celui de Maître. On peut donc en déduire que le Temple intérieur comme la Chambre du Milieu, sont deux images représentant un lieu commun. Il en est de même avec l'étoile flamboyante au G central, et la lame triangulaire et ses lettres J et A. la porte est alors ouverte au grade de Maître permettant ainsi l'accès au Temple.

Toutefois il nous faut remarquer l'aspect purement symbolique de tout ceci. En effet, la description historique traditionnelle qui scinde le Temple de Salomon en trois parties, le porche, le Temple, et le Saint des Saints, diffère de cette division binaire (2 tapis, 2 parties), et où donc, Saint des saints et Temple intérieur sont confondus... En fait, apprentis et compagnons, n'ont pas encore la lumière de l'Esprit, leurs efforts seront donc vains, les éléments de l'initiation du RER, sont communiqués au troisième grade et expliqué au quatrième...

Antoine Faivre a publié une illustration de la découverte liée au passage de la porte, après la 7ème marche, c'est à dire de la mort physique suivie de la résurrection, ou encore de la mort de la matière suivie de la renaissance de l'Esprit. Voyons cette illustration... Le Nombre 3, exprime 3 principes fondamentaux à l'origine du corps humain, ces 3principes se manifestent par 3 substances et leurs correspondances :

* soufre/feu/sang
* sel/eau/parties molles
* mercure/terre/parties solides

On peut dire que ces 3 principes forment la Loge de l'homme. Mais il manque alors les muscles et les nerfs à ce corps, on peut ainsi écrire que 5 la composent. Enfin il manque alors la vie, le mouvement, à cette créature, illustrant ainsi par le sénaire, les 6 jours de la création. L'esprit de la Divinité étant liée au 7ème jour, jour du sabbat, permettant ainsi de dire que 7 la rendent juste et parfaite...

Le Régime Ecossais Rectifié, distingue 4 Temples. D'abord le premier Temple, qui est l'homme lui-même, initialement corps incorruptible il est devenu matériel, c'est la vrai loge du maçon, son Temple particulier. Souvenons nous de la réception : " Les trois coups sur le c½ur vous désignent l'union presque inconcevable qui est en vous de l'esprit, de l'âme et du corps, qui est le grand mystère de l'homme et du maçon, figuré par le Temple de Salomon". Et souvenons nous aussi de la parole du Christ : "Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai", où bien évidement il est question de son corps... Par les montées de marches d'escalier, le maçon fait la propre ascension initiatique des trois étages de son Temple. En effet, l'homme est aujourd'hui tripartite, on y retrouve l'esprit émané au sein de la Divinité, mais aussi l'âme, émanée elle, d'agents secondaires, et enfin le corps matériel, formé lui, des trois principes élémentaires. Le corps et l'âme passive seuls, sont les attributs de l'animal, l'ensemble construit est à l'image du Saint des Saints, c'est-à-dire fait pour recevoir l'esprit, l'intelligence, permettant à la tête d'être le sanctuaire de ce Temple particulier.

Le second Temple est celui du Roi Salomon, le plus célèbre et le plus historique. Brièvement, c'est d'abord Dieu qui donne à Moïse les plans du Tabernacle afin d'être sa demeure au sein des 12 tribus d'Israël errantes. Ensuite, il communiquera à David, sur le même modèle du Tabernacle, les plans du nouveau Temple, du peuple d'Israël sédentarisé. Un Dieu, un Temple. Mais on parle alors dans l'instruction faite au Grands Profès, de Temple unique et général, par opposition au Temple personnel et particulier de l'homme... Notons que le Temple de Salomon comporte trois parties, le Porche, le Temple et le Sanctuaire, comme l'homme, lui-même de division ternaire : corps, âme, esprit...

La troisième symbolique liée au Temple, est l'Univers créé, encore appelé Temple universel, il a commencé avec le temps, et la Loge en est la représentation. Notons, que l'erreur classique est de confondre la loge et le Temple de Salomon. En fait le Temple universel possède pour seule décoration les 3 colonnes de l'univers (force, sagesse et beauté), et au centre de la loge, donc du Temple universel, est placé comme un point dans l'immensité, le Temple de Salomon, à côté duquel on trouve une poussière encore plus infime, le temple personnel de l'homme. A l'instar des deux premiers Temples, le Temple universel est lui-même divisé en trois parties, trois immensités terrestre, céleste et surcéleste.

Ces trois Temples tripartites, emboîtés les uns dans les autres, viennent renforcer la théorie selon laquelle le microcosme est à l'image du macrocosme, ainsi que la présence d'un cosme intermédiaire. Dans tous les cas, l'Esprit, l'essence Divine sont présent, et l'on peut faire correspondre le Sanctuaire du Temple de Jérusalem avec l'immensité surcéleste et la tête de l'homme. De même le porche correspond au ventre, et le Temple intérieur à la poitrine, ainsi il n'y pas de séparation de ces trois parties sans mort corporelle.

Enfin, le quatrième Temple est celui que les maçons doivent reconstruire, en s'inspirant des trois premiers. Reconstruction mystique bien sur, comme le rappelle l'invocation de la prière du premier grade : "... afin que le Temple que nous avons entrepris d'élever pour ta gloire...", en travaillant la Pierre brute, afin de l'insérer parfaitement dans la construction du Temple. Ce Temple est élevé à la vertu, nous le savons, mais au sens latin du mot encore en vigueur au XVIIIème siècle, c'est-à-dire virilité, force, courage, indispensables au cherchant et signe que ce quatrième Temple est de nature humaine...

Ce n'est qu'une fois le Temple réédifié que l'instruction symbolique du maçon sera achevée...
# Posté le mardi 21 février 2006 02:04
Modifié le vendredi 07 décembre 2007 07:36