Renaissance Traditionnelle N°6.p 87
Sur le moment, l'étude de ce document, ne m'a pas inspiré outre mesure ; ceci tenant sans doute au vocable quelque peu emphatique usité à l'époque où fut rédigé cette missive, et qui de nos jours, rebute de prime abord l'homme moderne que je crois être.
En effet, dans notre civilisation occidentale dite évoluée, la tendance est plutôt au nivellement par le bas, et à la simplification à outrance dans tous les domaines, y compris ceux du langage et de l'expression écrite ; où cette course effrénée à la facilité nous pousse à galvauder l'emploi et le sens justes et vrais des mots !
Puis, paradoxalement, à force de relecture du document, la forme de ce dernier qui me freinait à l'origine, dans l'étude et la compréhension de celui-ci, a fini par me séduire, en me permettant de retrouver l'utilisation et le sens correct et vrai des mots. Me permettant non seulement, une meilleure assimilation de l'esprit et du sens du texte qu'ils composent (les mots) ; mais aussi, d'effectuer la coupure avec notre époque socialement et spirituellement troublée.
J'ai donc pu mieux appréhender le sens général de cette composition écrite, en plongeant ma réflexion, dans l'esprit d'une période, où l'essence des vraies valeurs de vies sociales et spirituelles, étaient encore connues de tous, acceptées et respectées ! Et là, j'ai pu entrapercevoir le sens symbolique que le rédacteur à voulu faire passer, à notre candidat, pour le préparer au long cheminement qui l'attend, dans tous les domaines de sa vie maçonnique, s'il persiste dans sa volonté et son désir à être admis dans une loge rectifiée.
Cette lettre, me semble être à la fois une mise en garde, et un encouragement, dans la persistance à être reçu franc maçon au R E R. ; un avertissement, dans le sens, ou elle prévient le candidat, de l'immense effort de volonté et de travail personnel, sur lui et pour les autres, qu'il lui faudra consentir, dans la pratique des vertus humaines et sociales, ainsi que dans celle des devoirs religieux, et qu'une telle démarche ne doit pas se faire dans la précipitation, mais doit être le fruit d'une volonté et d'un désir affirmés après mure réflexion ! Faute de quoi, il n'en retirerait que déception et aigreur !
Un encouragement, en lui laissant entrevoir l'homme nouveau qu'il peut devenir, plein d'amour et de bienfaisance pour ses frères maçons et toute l'humanité souffrante, à laquelle il pourra, par la pratique des vertus et de la bienfaisance utile, apporter un soulagement de ses maux, et lui-même sortir humainement et spirituellement grandi, protégé et guidé dans son cheminement par la présence et l'amour fraternel des membres de l'institution !
Sans pour autant négliger sa famille et ses proches, qui devront surtout pour son épouse, être partie prenante de la décision à être reçu maçon, après avoir eu connaissance des disponibilités de temps et de l'état d'esprit qui président à cet engagement.
Ces deux démarches, se faisant simultanément dans une dynamique et une rythmique à trois niveaux. Le niveau humain, le niveau institutionnel, le niveau divin ! Nous retrouvons là, le triptyque étalon, qui depuis sa réception au grade d'apprenti, rythmera toute la vie du maçon, le chiffre trois étant le premier chiffre divin, révélé aux frères apprentis lors de leur réception en loge, leur attribuant l'âge maçonnique de trois ans ; je ne ferais pas ici la liste exhaustive de toute la symbolique ternaire, le temps et la place nous manqueraient !
Sur le plan de la société humaine, en lui indiquant la nécessité d'une volonté sans faille et d'un désir pur, pour être reçu maçon, et en lui indiquant la rigueur à appliquer dans le respect des règles de vie sociale, des lois, de l'état, et de la bienfaisance utile, qu'il devra pratiquer envers tous les hommes, frères et profanes, afin de faire rayonner à l'extérieur, la lumière et l'amour qu'il aura en lui, acquis à l'intérieur, dans la quiétude, l'instruction et le secret de la loge.
Sur le plan institutionnel, en lui indiquant qu'elle devra être son attitude envers ses frères maçons, de quels exemples il faudra se réclamer, de quels autres, se détourner, sans pour autant juger, ou blâmer mais en accordant le pardon charitable, et en essayant de ramener dans le bon chemin les frères égarés dans de fausses ou futiles recherches, en les faisant profiter des lumières de l'instruction reçue, afin de pouvoir eux aussi se reconstruire et atteindre au toit de l'édifice de leur vie, en se rapprochant au plus prés du divin.
Ceci nous emmène donc tout naturellement sur le plan du divin, où là, le rédacteur, enseigne déjà à l'aspirant, que rien de tout cela n'as de sens, si l'on n'agit pas dans le respect total et rigoureux de la parole divine, contenue dans la sainte bible et les évangiles, et l'application stricte des commandements de Dieu le père tout puissant, sans la volonté et l'amour duquel rien ne peut être dans ce monde ou ailleurs.
Seul dieu qui, par amour pour le peuple, à scellé avec lui une alliance, peut apporter aux hommes le réconfort et le salut, à ceux qui ont foi en lui!
Il lui indique, et nous indique donc, que l'homme n'est pas un, mais tri parties, chair, esprit et âme, qu'il doit se construire et tendre à s'améliorer sur les trois plans humains, spirituels et divins, et que seule la réunion de ces trois états parfaitement purs de tous péchés, peut lui ouvrir les portes du salut, et du royaume des cieux, pour trouver le réconfort auprès du Grand Architecte De L'Univers .