Le mot « cowan » revisité - Partie 2 bis : Libertus et Libertinus par Francine B. (APRT Québec-Canada)

 Le mot « cowan »  revisité - Partie 2 bis : Libertus et Libertinus par  Francine B. (APRT Québec-Canada)
Le premier franc maçon

David Stevenson nous confirme qu'à l'époque des Statuts de William Schaw, il était interdit au cowan écossais d'utiliser du mortier à chaux (lime mortar) (41). Cela ne signifie pas pour autant qu'il ne connaissait pas cette ancienne technique puisque les maçons écossais l'ont souvent employée depuis son introduction par les Romains, particulièrement dans la construction de murs et de structures monastiques, comme l'Abbaye d'Arbroath (XIIe siècle) et la tour d'Abernethy (XIe siècle). En outre, durant le Ve siècle, saint Patrick avait enseigné aux Celtes d'Irlande la technique du mortier à chaux (42) que l'on fabriquait en chauffant la castine dans des fours à très haute température. Alors, pourquoi fut-il soudainement interdit aux cowans d'utiliser une ancienne technique alors que Vitruvius (premier siècle av. JC) avait déjà révélé tous les secrets de la calce (chaux) dans son ouvrage De Architectura, devenu le livre de référence durant la Renaissance ? Une telle politique d'exclusion ne peut s'expliquer que dans un contexte de réorganisation du travail et de spécialisation du savoir, qui reflétait non seulement les préoccupations d'une nouvelle bourgeoisie protestante, mais aussi l'intolérance grandissante à l'égard de tout ce qui était considéré comme archaïque ou un vestige de Catholicisme. Ce fut, pour ainsi dire, le siècle de redéfinition de l'identité écossaise selon deux pôles opposés : au Nord, la tradition orale et bardique, ou l'art de la mémoire, versus la Lettre, devenue gage de progrès, de pouvoir et de pensée moderne dans le Sud.

Dans l'ancienne tradition irlandaise, conformément à la Fenechas (« Loi des hommes libres »), l'artisan le plus apte à diriger une équipe multidisciplinaire sur un chantier était un ollave, l'équivalent d'un architecte aujourd'hui. Celui-ci était considéré comme un « sage » (saor), un habile polytechnicien qui connaissait, ou perçait, les secrets de tous les métiers. Or, le polytechnicien par excellence était souvent un goban saor (saer et saoir en gallois, sair en cornish, de seàrr, faucille, scie, couper, en vieil irlandais).

« La profession de constructeur comprenait deux branches principales : le métier de la pierre et celui du bois. Un constructeur ollave [maître, professeur] était sensé maîtriser les deux et, en plus de cela, il devait connaître les nombreux autres métiers secondaires de manière à pouvoir les surveiller tous, conformément à la Loi ; en d'autres mots, il devait être un artisan complet pour être en mesure de juger si le travail effectué par les divers artisans était adéquat, pour l'approuver ou le refuser, selon la qualité du travail ; cela ressemble bien à ce que l'on attend de l'architecte et des bâtisseurs de notre ère. L'ollave le plus éminent d'un district était choisi pour servir directement le roi qui le payait fort bien [...] Il lui était aussi permis de travailler pour les gens ordinaires et comme son nom était bien connu, il gagnait généralement beaucoup d'argent. De loin, le plus célèbre des anciens architectes d'Irlande était le gobban saer durant le VIIe siècle. » (43)

Selon Henry O'Brien et Marcus Keane (44), le titre de saor (prononcé seer) en vint à signifier à la fois franc (libre), maçon et fils de Dieu, soit « sage franc maçon ». Pour O'Brien, saor, qu'il dit synonyme de lug (lumière), fut le tout premier nom donné à un corps de francs maçons :

« Le premier nom donné à ce corps de métier était saer [saor], lequel a trois significations : premièrement, franc [libre] ; deuxièmement, maçon ; et troisièmement, fils de Dieu. Aucune langue n'a jamais réuni ces trois emprunts [en un mot], sauf la langue originale, c'est-à-dire l'irlandais. Les Hébreux n'expriment qu'une seule idée par le mot aliben [fils de Dieu] alors que les Anglais ont combiné les deux autres. » (45)

Durant le premier millénaire de l'ère chrétienne, le titre de goban saor, tout comme celui de mac n t' saor (« fils de l'artificier ») était porté généralement par des abbés irlandais qui, tels des ollaves, maîtrisaient plusieurs métiers, en particulier le travail des métaux. Selon le Livre de Leinster (compilé vers 1160), les « trois Maîtres Artificiers d'Irlande » furent des moines métallurgistes : saint Conleth (d. 519), orfèvre et premier évêque de Kildare ; saint Tassach d'Elphin (d. 490), forgeron et disciple de saint Patrick ; et saint Daigh ou Dega d'Inniskeen (d. 586), scribe, enlumineur et bronzier de saint Ciarán (d. 548), le fondateur du collège monastique de Clonmacnoise. Et cela, sans compter la dizaine de saints et moines irlandais surnommés « Goban Saer » (ou Saor).

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Clonmacnoise était reconnu au XIIe siècle comme le plus grand collège d'architecture, de scuplture, de maçonnerie de la pierre et de métallurgie d'Irlande, attirant des disciples des quatre coins de l'Europe, incluant Alcuin de York (46). Ce grand collège avait été fondé par un moine dont le nom Ciarán (noir) faisait probablement référence à la tradition polytechnicienne du saor puisqu'il portait le titre distinctif de mac n't saoir. Les Latins ont d'abord traduit ce titre par « fils de l'artificier » (filii artificis), puis par « fils de charpentier », sans doute parce que charron (saor) se disait carpentarius. À lui seul, l'épithète saor était la marque du sage érudit, issu d'une noble et religieuse famille, ce qu'étaient Cirián et son père Beoit.

Le titre et la profession de saor étaient héréditaires, transmis de père en fils, en vertu de la Fenechas et ce, tant pour le forgeron que le maçon-charpentier. Dans le cas de Ciarán, les chroniques irlandaises précisent que son père était un « artificier qui fabriquait des chars » (artifex curruum erat) (47), ce qui signifie qu'il savait travailler le bois et les métaux. Dans la Vita de saint Colum Cille (Columba d'Iona), il est écrit que Ciarán utilisait la hache, l'herminette et la tarière, trois outils du maçon-charpentier, pour le travail de la pierre et du bois. Nous pourrions donc traduire le titre de mac n t'saoir soit par « fils du charron » (sens premier de carpentarius) ou « fils du polytechnicien », et non simplement « fils du charpentier ». Or, dans la tradition de Clonmacnoise, les grandes tours d'Irlande et d'Écosse de même que les monastères et les nombreuses structures de pierre, incluant l'oratoire de Gallarus dans le comté de Kerry (Ciarraí, « tribu noire ») ont été construites par un habile polytechnicien portant le titre de goban saor, qui maîtrisait jusqu'à 16 métiers différents :

« Le goban passait pour connaître tous les métiers (tradition de Clonmacnoise) [sic]. Il était faber ærarius et dans Cork jadis, il fabriqua un cheval d'airain qui était la plus merveilleuse chose du monde . . . Le sens de l'épithète ioldánach [« Maître des sciences »] est exprimé par O'Reilly : 'a Jack of all trades', c'est-à-dire un 'maître Jacques' bon à tout faire. Telles sont les principales traditions existantes relatives au goban saor. » (48)

Cent ans plus tôt, Edward Lhuyd avait employé exactement la même expression pour décrire l'ancien tinker d'Irlande : un « Jack of all trades » (49). Or, cette description du goban polytechnicien n'est pas sans évoquer le mythe biblique de Tubalcain, le « forgeur de tous les outils d'airain et de fer » (Génèse 4 : 22) , ou celui d'Hiram Abif, personnage clé en Franc-maçonnerie moderne, que la Bible décrit dans les termes suivants (2 Livre des Chroniques, 2, 12-13) : « Il sait travailler l'or, l'argent, le bronze, le fer, la pierre, le bois et apprêter les étoffes teintes en rouge, en violet ou en cramoisi ; il connaît aussi l'art de la gravure. ». Cependant, le titre de goban saor que s'étaient approprié les abbés irlandais trahissait une origine païenne, sans aucun lien biblique et difficilement traduisible en latin. Il fut donc remplacé graduellement par le titre de « fils du charpentier », en référence à Jésus.

Dans son article The Round Tower of Abernethy with drawings, l'architecte Richard Rolt Brash, membre de la Society of Antiquaries of Scotland, souligne l'existence d'une tradition orale conservée, dans le moindre détail, tant chez les paysans écossais que chez leurs cousins irlandais, ce qui, dit-il, ne peut que postuler un fondement historique : il est dit que toutes les grandes tours d'Irlande, de même que celles d'Abernethy et de Brechin en Écosse, furent construites « en une nuit par de bonnes gens », mais plus précisément par un goban saor. Brash semble douter de l'existence même de ce « personnage bizarre » :

« Selon la tradition, plusieurs de nos tours ont été érigées par un personnage bizarre appelé Gobhan-saor ou Gobhan l'artificier [sic]. Tous les paysans irlandais disent qu'il a aussi construit des abbayes, des châteaux, etc. Le professeur [George] Petrie a tenté de démontrer son existence et d'identifier la période où il aurait vécu. Mais les éléments de preuve qu'il a apportés sont hypothétiques et insatisfaisants ; et le fait que plusieurs personnages historiques ont porté le nom Gobhan n'aide pas à savoir qui était cet artificier légendaire ni à quelle époque il a vécu. » (50)

Brash et Petrie n'ont trouvé aucune preuve confirmant la présence d'un seul goban saor en Irlande, mais peut-être auraient-ils pensé autrement s'ils avaient pu voir, en Écosse, la pierre symbolique d'Abernethy (début VIIe siècle) et celle de Dufallandy (VIIIe s.), appelée Clach an t-Sagart (« pierre du prêtre »), découvertes respectivement en 1901 et 1856 : en plus de plusieurs symboles chrétiens, on y reconnaît les outils du goban, soit le marteau, l'enclume et des pinces (Dunfallandy) ou une fourchette, gobhal ou gobhlan (Abernethy). Ces deux pierres auraient honoré la mémoire d'un saint homme de la région, probalement un goban saor culdéen. Cela serait parfaitement logique puisque la tradition du « goban qui passait pour connaître tous les métiers » provenait du même collège de Clonmacnoise que les Culdéens qui fondèrent les monastères d'Abernethy et de Brechin.

Le « bon franc maçon »

En Irlande, jusqu'en 1940 environ, le « bon franc maçon » était un artisan itinérant et clandestin, surnommé goban saer (prononcé gowan seer) qui travaillait autant la pierre que le bois, et même les métaux. Il prétendait être le gardien d'une ancienne tradition opérative qui aurait été transmise oralement de père en fils, depuis le IIIe siècle. Ce sont ses ancêtres qui auraient construit les grandes tours rondes d'Écosse et d'Irlande ainsi que de nombreux châteaux et monastères dans plusieurs pays du continent européen.

Véritable libertus, autonome et sans attaches, n'obéissant qu'à la loi naturelle, le « bon franc maçon goban saer » était respecté par les paysans irlandais qui ne lui refusaient jamais l'hospitalité. Avec ses collègues itinérants, le barde et le tinker, issus de la même tradition, il partageait un langage secret dont l'éminent philologue Kuno Meyer a pu établir l'extraordinaire antiquité : le barlagair na saor (aussi béarla lagair na saer), ce qui signifie « verlan du franc maçon » (51). Encore parlé entre maçons irlandais durant la première moitié du XXe siècle dans les provinces de Munster et d'Ulster, cet étrange jargon était composé de mots de shelta, le cryptolecte des tinkers d'Irlande et des Highlands, et de certains mots gaéliques inversés, mais surtout de nombreux mots irlandais très anciens, devenus obsolètes depuis des siècles(52). Selon la tradition orale, largement répandue chez les paysans irlandais, ce langage secret fut inventé par un goban saor « barde-maçon » qui était devenu plus célèbre que son propre père, un illustre architecte-maçon qui savait aussi fondre et travailler l'or.

En Écosse, un langage très similaire, le beurla reagaird est encore parlé de nos jours par les derniers ceardannan des Highlands. Confrontés à l'industrialisation, ces tinkers noirs furent forcés, dans les années 1950, d'abandonner graduellement le nomadisme et leur métier de ferblantier itinérant. Selon Ross Noble, curateur (1976-2003) du Musée du folklore des Highlands à Kingussie, entre Perth et Inverness, « à l'origine, leur fonction consistait à voyager d'un clan de guerriers à un autre et à fabriquer et réparer les armes ; ils étaient les armuriers des princes guerriers. »(53) Il serait donc logique de penser que les anciens ceardannan dont parle Noble furent aussi les fabricants de ces chars à faux de bronze, appelés « cowain ».

Le béarla lagair permettait aux maçons irlandais d'échanger les secrets du métier entre eux et de les transmettre aux apprentis, toujours de père en fils, selon l'ancienne tradition du mac n t' soir. L'un de ces secrets, aujourd'hui perdu, résidait dans la fabrication d'un mortier particulier qu'avaient utilisé leurs ancêtres : ils faisaient un premier mélange qu'ils laissaient reposer dans une fosse d'argile durant une année entière, puis, juste avant de l'utiliser, ils y ajoutaient du sang animal frais. Cet ingrédient conférait au mortier à chaux une résistance exceptionnelle et une grande plasticité (54). Mythe ou réalité ? La remarquable solidité de ce curieux mélange est évoquée dans plusieurs contes arthuriens (55), mais il n'a rien d'une légende : cette technique traditionnelle fut longtemps employée par les artisans irlandais non seulement dans la maçonnerie de murs et de maisons, mais aussi dans la construction de plusieurs grandes structures, comme le château John's Court (Shan-a-Court) dans la province de Leinster et aussi, croit-on, la tour ronde d'Abernethy. Les tinkers d'Écosse avaient, eux aussi, conservé certains vieux secrets de métier, comme l'utilisation d'une mystérieuse poudre sablonneuse pour affûter des lames, que leurs ancêtres, armuriers et métallurgistes, auraient développée et utilisée dans la finition des épées de bronze. Cela aurait-il été le secret des faux de bronze du cowain ? Cela est bien possible, sachant que les Celtes insulaires avaient développé la science des métaux mieux que quiconque, incluant les Romains :

« Durant la préhistoire et les premiers siècles de l'ère chrétienne, les métallurgistes d'Irlande étaient d'un ordre supérieur et d'un niveau plus avancé que probablement n'importe qui en Europe à la même période. Les objets exposés au Musée des arts et des sciences de Dublin – en or, en argent et en bronze – le démontrent bien. » (56)

Bien qu'ils n'aient jamais eu aucun lien avec la Franc-maçonnerie moderne, ces « bons francs maçons » irlandais, issus d'une tradition bien plus ancienne, avaient pourtant trois degrés d'instruction, chacun donnant droit à une augmentation de salaire : le nouvel apprenti devait d'abord obtenir d'un maître maçon un « premier papier », puis un deuxième, et finalement un troisième, appelé « indenture », c'est-à-dire un contrat ou covin qui liait le jeune maçon à « l'ordre » et l'obligeait à compléter sa formation auprès d'un maître durant un certain temps. Aucun apprenti n'avait droit à son « troisième papier » tant et aussi longtemps qu'il ne maîtrisait pas parfaitement le béarla lagair na saor et il lui était formellement interdit de l'enseigner à toute personne qui n'était pas membre de l'ordre.

Le franc maçon goban saor n'était pas le seul en Irlande à parler un cryptolecte formé d'anciens mots irlandais. Le tailleur itinérant parlait le béarlagair na dTáilliúirí ; le barde et poète, le béarla na bhfilí ; et le tinker, le shelta thari, la « langue du ceard » (forgeron) (57), qui reprend de nombreux mots du béarla lagair des maçons, ce qui suggère une étroite parenté et même, selon le philologue Charles Godfrey Leland, une commune origine, antérieure au Christianisme. Selon ce dernier, le tinker était le descendant d'une très ancienne guilde de forgerons, et leur langue secrète, celle des anciens bardes et prêtres d'Irlande.
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# Posté le dimanche 11 mai 2008 11:11
Modifié le vendredi 16 mai 2008 12:23

Le mot « cowan » revisité - Partie 2 Ter : Libertus et Libertinus par Francine B. (APRT Québec-Canada)

 Le mot « cowan »  revisité - Partie 2 Ter : Libertus et Libertinus par  Francine B. (APRT Québec-Canada)
La « vraie religion »

À partir du moment où, en 1560, le Protestantisme devint la « vraie religion » en Écosse, le pays entier vécut une grande période de troubles, marquée par la suspicion et l'intolérance. Tout ce qui était considéré hérétique, non-conformiste, idôlatrique, papiste ou contraire au progrès et à l'anglicisation de l'Écosse fut dénoncé, réduit au silence ou brûlé. La sorcellerie devint un crime civil en 1563 (ce qui n'empêcha pas Jacques VI de publier son livre Demonologie en 1597), et bien que la dernière exécution eut lieu à Edimbourg en 1727, les lois contre la sorcellerie ne furent abolies qu'en 1735. La déportation et la peine de mort furent aussi le sort réservé aux nombreux « Gypsies » (Roms) qui refusèrent de quitter le pays en 1603. Les bardes, les tinkers et tous les artisans itinérants, quand ils n'étaient pas confondus avec les Gypsies, furent souvent soupçonnés d'être les messagers de la résistance anti-anglaise et pour cette raison, des centaines d'entre eux furent emprisonnés ou exécutés. Dans les Highlands, les clans firent l'objet d'une rigoureuse politique d'assimilation : en 1609, en vertu des Statuts d'Iona, les mendiants, les bardes et les tinkers devinrent des hors-la-loi, et les familles furent obligées d'envoyer leur fils aîné dans des écoles protestantes des Lowlands pour y apprendre l'anglais. Certains clans se sont éventuellement convertis au Protestantisme, mais d'autres, comme les MacDonald de Glencoe, ont toujours refusé de reconcer au Catholicisme. En 1616, le Conseil privé du roi d'Écosse imposa l'instruction en anglais partout dans les Highlands afin « d'évangéliser et de civiliser les récalcitrants » et surtout de « détruire la langue irlandaise, considérée comme importée d'Irlande et, par conséquent, doublement traître », le gàidhlig étant alors perçu non pas comme une langue distincte, mais comme l'héritage des rebelles catholiques d'Irlande. (58)

En 1581, craignant le retour du Catholicisme avec le jeune Jacques VI, les Protestants forcèrent tous les membres de la Cour, incluant William Schaw, à signer la Confessio Negativa qui niait toute autorité papale. Deux ans plus tard, Schaw fut nommé Maître des travaux du Roi, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'il avait renoncé au Catholicisme, mais il devait certainement se faire très discret, particulièrement en 1584, lorsqu'il accompagna son ami Alexander Seton en France dans l'espoir de renouveller les traités entre la France et l'Écosse et de rétablir la « vieille religion » (catholique) en Écosse. Il n'est donc pas étonnant, comme le souligne David Stevenson, que Schaw fut soupçonné à deux reprises par les Presbytériens, en 1588 et 1593, d'être l'un des « papistes et apostats qui se cachaient à la Cour » et « un Jésuite », hostile aux intérêts anglais (59). C'est dans ce contexte de « chasse aux sorcières », de suspicion et d'intolérance que l'interdiction d'embaucher des cowans apparaît en 1598, dans les premiers Statuts de Schaw. Quel sens donnait-on alors à ce terme ? Il était sans doute synonyme de unfreeman, un paysan ou serf, considéré socialement inférieur, qui n'avait pas les 'qualifications' requises pour travailler dans le bourg, et cela ne faisait pas nécessairement référence à ses compétences professionnelles.

À Dundee, le 17 novembre 1576, une nouvelle loi fut passée pour interdire aux membres de la guilde locale de « trafiquer » (transiger) avec un unfreeman qui se ferait passer pour un freeman, en d'autres mots un commerçant ou un artisan qui ne résidait pas en permanence dans le bourg et qui n'avait pas été admis comme membre légitime de la corporation locale :

« Noe Brother Gild be factor for An Unfreeman in selling their goods under
Colour of their own &c – Also that no Gild Brother trafficet with Unfreeman Under colour of freemen &c. »

Cinq ans plus tard, en janvier 1581, le conseil de Dundee ordonna spécifiquement l'expulsion de tous les tinkers qui ne possédaient pas un « Ticket for Freedom », c'est-à-dire un certificat de bourgeois admis et enregistré en bonne et due forme, lui permettant de travailler librement, ou qui refusaient de prêter le Burgess Oath (serment du bourgeois). En février 1598, le même bourg adopta un règlement interdisant à quiconque de tenir des propos blasphématoires, contraires à la « vraie religion » et ce, sous peine de bannissement (60). Un autre exemple, encore plus éloquent, est un article de la charte originale de la Corporation des cordonniers d'Edimbourg, datée de 1586 et confirmée par Jacques VI en 1598, l'année des premiers Statuts de Schaw, qui interdisait spécifiquement tout partenariat et covention – ou covine - avec des unfreemen. Les membres de la Corporation devaient s'y engager par serment :

« No freeman of the said craft, being burgess, pack or peel, can be partner with unfreemen, nor make conventions with them, under the pain often pounds, or tinsel of his freedom [. . .] Each member at his admission makes oath " that he shall be leal and true in his craft and vocation in serving the lieges, and shall obey the deacon and masters for the time; shall defend the liberty of the craft, conform to equity and the uttermost of his power, and shall keep all the general statutes and ordinances made, or to be made, for utility and welfare of the craft, without revocation therefrom, and shall not colour nor fortify any unfreeman, nor pack and peel with them, &c. under the pain of perjury and defamation. » (61)

Ces lois et règlements se comparent aisément aux Statuts de Schaw qui, en 1598 et 1599, interdisaient formellement l'embauche de cowans (nous reproduisons les versions anglaises) :

[1598] « No master or fellow of craft shall accept any cowan to work in his society or company, nor send any of his servants to work with cowans, under the penalty of twenty pounds as often as any person offends in this matter. »

[1599] « The warden and deacon of the second lodge of Scotland, to wit Kilwinning, shall obligate by oath all masters and fellows of craft within the district not to associate with cowans nor work with them, neither to permit this to be done by their servants or 'prentices.»

William Schaw fut certainement contraint, étant le Maître des travaux du roi, d'appliquer la même restriction concernant les unfreemen, aux corporations de maçons - en d'autres termes, le « cowan » était un unfreeman. Alors pourquoi avoir employé le mot particulier « cowan » au lieu de « unfreeman » ? La raison nous paraît évidente : « cowan » était un terme plus spécifique, employé uniquement en maçonnerie pour désigner le goban ou tinker itinérant des Highlands, cet « insulaire illibéral » catholique, de langue et de tradition irlandaise, qui refusait obstinément de se convertir et qui, par le même fait, n'avait pas été « instruit correctement » selon les normes anglaises du Sud.

Pour obtenir le droit et la liberté d'exercer son métier dans le bourg, tout unfreeman devait d'abord y résider pendant au moins un an – ce que ne pouvait faire un artisan itinérant - puis prêter le Burgess Oath (serment du bourgeois), après quoi il pouvait être admis dans la corporation locale. Cependant, dans la plupart des grandes villes, incluant Edimbourg, Paisley, Perth et Glasgow, le Burgess Oath comprenait, comme première obligation, la dénonciation du « papisme » jumelée à la profession de la « vraie religion ». En outre, le serment se prêtait sur une Bible anglaise. Encore imposé en 1747, ce serment commençait ainsi :

« Here I protest before God, that I confess and allow with my heart the true religion presently professed within this realm, and authorised by the laws thereof : I shall abide thereat, and defend the same to my life, and renouncing the Roman religion called Papistry. [...] »

En 1642, le Parlement écossais rendit obligatoire le Protestation Oath (déclaration solennelle de foi protestante) à tout homme de 18 ans ou plus qui, dès lors, s'engageait ainsi à défendre la « vraie religion ». À Aberdeen, en 1678, une nouvelle clause fut ajoutée au Burgess Oath pour exclure du bourg tout non-protestant. Mais, encore une fois, le pays demeurait divisé, et dans certains bourgs – autrefois des fiefs catholiques – le Burgess Oath dont dépendait le droit de travailler dans le bourg ne faisait aucune référence à « la vraie religion ». Par exemple, à Stirling, porte d'entrée des Highlands à 60 km de Luss au Loch Lomond, le serment, tel qu'on le prêtait jusqu'à la fin des années 1740, n'invoquait que le « Word of God » (Parole de Dieu), sans plus de précision, pour se limiter aux affaires « purement civiles » :

« I swear to be a faithful burgess to the burgh of Stirling, to obey the magistrates thereof, and town officers having their lawful commands, in matters purely civil, so far as agreeable to the Word of God. »

Il n'est donc pas étonnant de trouver, dès la première moitié du XVIIe siècle, l'expression « The Mason Word » pour parler indirectement de la « Parole » de Dieu, c'est-à-dire la Bible, alors que le serment se prêtait en anglais dans la plupart des bourgs. Cela nous permet aussi de penser que « cette religion dont tous les hommes conviennent », telle que décrite en 1723 comme première obligation du maçon anglais dans les Constitutions de James Anderson, un pasteur presbytérien écossais, était la « vraie religion » qui unissait l'Écosse et l'Angleterre, sous-entendant que le « stupide athée » et le « libertin irreligieux » étaient catholiques.

Revenons à l'époque des Statuts de Schaw et l'interdiction d'employer des « cowans ». En 1592, William St. Clair, catholique convaincu, fut forcé, après plusieurs refus obstinés, de désacraliser la chapelle familiale de Roslin, qualifiée d'idôlatrique, en brisant tous les autels. Or, à cette époque précise, les St. Clair de Roslin accueillaient depuis des décennies de nombreux tinkers sur leur domaine privé de Roslin. Selon la version officielle, cette coutume a débuté en 1559, lorsque Sir William St. Clair, 15e baron de Roslin et Lord Chief of Justice des Lothians, délivra un tinker condamné à la potence dans le Burghmuir, au sud d'Edimbourg. Mais selon Niven Sinclair, historien de la famille, les relations quasi familiales entre les St. Clair et les tinkers remontent à Henry St. Clair (1375-1422) qui ramena à Roslin des tinkers des Orcades. (62) Ces derniers réapparaissent à Roslin en 1470, lorsque William Sinclair, petit-fils de Henry, cède le comté des Orcades à la couronne écossaise et se concentre sur la construction de la chapelle de Roslin. La même année, Marion et Margaret Sinclair (St. Clair), les deux filles de John Sinclair of Hermandston, la branche aînée du clan, furent kidnappées par un oncle sans scrupules qui désirait s'approprier leur domaine de Polwarth, à 20 km de la frontière anglaise. Elles furent délivrées avec l'aide d'un chef tinker qui joua le rôle de messager. Dans tous les cas, il ne s'agissait pas de « gypsies » (Roms), mais de ceardannan (« tinkers noirs »), ces « marcheurs d'été », probablement catholiques, originaires des Orcades, des Hébrides et des Highlands.

Ainsi, depuis au moins 1559, alors qu'ils étaient visées par une série d'ordonnances de toutes sortes, les tinkers venaient passer tous les mois de mai et juin à Roslin, comme s'ils étaient chez eux. Ils se réunissaient dans les ravins (« stanks »), au pied de la colline, et logeaient dans deux tours du château de Roslin qu'ils surnommèrent « Robin Hood » (Robin des Bois) et « Little John" » (Petit Jean). Pour divertir leurs hôtes de Roslin, ils jouaient des pièces de théâtre, comme « The Green Man », personnage qui remplaçait alors l'ancien Roi de Mai et le « Green George », pour illustrer l'équilibre entre le chaos et l'harmonie dans la vie quotidienne. Mais leur pièce préférée demeurait « Robin des Bois et Petit Jean » qu'ils présentaient non pas comme un justicier, mais comme un simple nomade qui vivait, comme eux, dans les bois. Les St. Clair devaient certainement les protéger puisque cette pièce de théâtre avait été spécifiquement interdite par un décret du Parlement écossais, daté du 20 juin 1555 : « No one should act as Robin Hood, Little John, Abbot of Unreason or Queen of May » (« Personne ne peut jouer le rôle de Robin des Bois, Petit Jean, l'abbé de la Déraison, ou la Reine de Mai »). Un groupe de tinkers s'était même installé en permanence sur le domaine de Roslin – peut-être les tinkers qui furent expulsés de Dunde en 1581. Cela dura jusqu'en 1628, lorsque le Conseil Privé d'Écosse constata que des tinkers « avaient [à Roslin] une demeure paisible, comme s'ils étaient des sujets légitimes ». Or, William St. Clair était alors le shérif de Roslin et il n'eut pas d'autre choix que d'obéir au Conseil Privé et d'appliquer les lois en vigueur contre le vagabondage et d'expulser les tinkers de son domaine privé. (63)

Par une étonnante coïncidence, le 1er mai 1628 - date inscrite sur le procès verbal déposé dans les archives de la Loge d'Edimbourg - les « Deacones Masteris friemen of the Maissones and Hammermen » (diacres maîtres et hommes libres des maçons et marteleurs/forgerons) signèrent une charte par laquelle ils reconnaissaient le même William St. Clair de Roslin comme leur patron et protecteur héréditaire. Les signataires étaient membres des loges d'Edimbourg, Glasgow, Dunfermline, St. Andrews, Stirling et Dundee, de même que des maçons et charpentiers de la Corporation des Squaremen of Ayr. Le fait que des métallurgistes se soient unis à des maçons, comme ce fut le cas à Selkirk, n'était pas extraordinaire car ils étaient considérés comme des maçons, maîtrisant l'art de la géométrie ; d'ailleurs, leur devise exprimait leur importance par rapport aux autres métiers - à Glasgow, By Hammer in the Hand, All Arts do Stand (« Par le marteau dans la main, tous les arts se tiennent ») ; à Edimbourg et à Dundee, Sigillum commune artis tudiatorum ou malliatorum (« Le marteau [est] le signe commun de tous les arts »). Mais on peut se demander si ces métallurgistes qui n'apparaissent pas dans la première charte St. Clair de 1601 n'étaient pas en réalité des tinkers que William St. Clair avait tenté de protéger (64). Il aurait eu de bonnes raisons de le faire. La plupart des St. Clair et Sinclair d'Argyll, incluant ceux établis sur la péninsule de Cowal (de l'irlandais comhghall, « pacte conjoint »), étaient des cousins éloignés des St. Clair de Roslin et les descendants des artisans « mécaniques » (opératifs) issus du clan Mac an Cearda, ces ceardannan qui durent angliciser leur nom en Sinkler et Sinclair pour se dinstinguer des Roms. En d'autres mots, le nom Sinclair n'est que la forme anglaise récente du nom gaélique Mac an Cearda, « fils du forgeron ». (65)

Conclusion

Au 1er siècle, le mot cowain - peut-être l'abréviation d'un mot plus difficile à retenir pour les Romains - était déjà associé aux guerriers redoutables qui occupaient tout le Dumbartonshire jusqu'au Lac Lomond. Quatorze siècle plus tard, on retrouve les ancêtres du clan Cowan établis à Luss, toujours au Loch Lomond, ainsi que dans la Vallée de la rivière Nith, dans le Dumfries & Galloway, sous la protection du roi Robert de Bruce. Originaires des Highlands, ces hommes que Bruce nomma en latin culqhanorum étaient en fait des m'gowan, ou plus exactement mac ghobhainn, « fils de forgeron » en gaélique, devenu cowan avec l'anglicisation. Il est probable qu'ils étaient des forgerons-armuriers itinérants, sachant manier autant le marteau que l'épée, et qu'ils furent engagés par le roi, comme bien d'autres paysans, pour combattre les Anglais à la bataille de Bannockburn (1314).

Durant toute la période allant des Statuts de Schaw (1598) jusqu'aux deuxièmes Constitutions du presbytérien écossais James Anderson (1738), les Highlanders catholiques étaient certainement considérés comme des « insulaires illibéraux », des paysans barbares, traîtres et ignorants qui refusaient le progrès, la Loi de la Cité et surtout la « vraie religion ». On peut donc comprendre que les métallurgistes itinérants du Nord qui se sont fait connaître sous les noms anglicisés de cowan et tinker dans le Sud, et qui parlaient non seulement le gàidhlig mais aussi le beurla reagaird, ont pu être soupçonnés de tous les vices et défauts. Or, pour le Highlander, sa liberté, tout comme l'oralité de sa tradition, était un droit acquis depuis des temps immémoriaux, dans l'esprit de l'ancienne « Loi des Freemen ».

À bien y penser, il aurait été facile pour tout Maçon du XVIIe-XVIIIe siècle de comparer les gowans aux Éphraïmites, les deux ayant été considérés comme des rebelles et des espions, libertins, impurs, idolâtres, irréligieux, farouchement opposés à toute réforme religieuse, et reconnaissables à leur façon impropre de parler.


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# Posté le dimanche 11 mai 2008 11:38
Modifié le vendredi 16 mai 2008 12:22

Le mot « cowan » revisité - Partie 2 : Libertus et Libertinus: Notes et Bibliographie par Francine B. (APRT Québec-Canada)

Notes:

1 The Symbolism of Freemasonry by Albert Mackey, 1882
Chapter XXVIII, The sprig of acacia : « Words are corrupted, not by lengthening, but by abbreviating them. The uneducated and the careless are always prone to cut off a syllable, not to add a new one. »
2 Cassell's Dictionary of Slang, Jonathon Green, Stirling Publishing, 1998-2006, p 342 ;
The Slang Dictionary Or, The Vulgar Words, Street Phrases, and fast expressions of high and low society, John Camden Hotten,1872; The Routledge Dictionary of Historical Slang, London, 1973, p 217, et A Dictionary of Slang and Unconventional English, par Eric Partridge & Paul Keagan, 1860, 1937
3 Historical Landmarks and Other Evidences of Freemasonry Explained, George Oliver, London Spencer 1846, p. 253, et Dictionary of Symbolic Masonry, George Oliver, London, Spencer 1853, p. 90 - Note : Oliver faisait référence au cercyon, titre du prêtre du Temple de Cercyon, de Cer Cuon (Ker Kuon), signifiant (chien de) garde de la lumière croissante (soleil), c'est-àdire Jove ou Jupiter, l'équivalent de Thor et Odin dont les attributs étaient la foudre, le sceptre, l'aigle et le chêne. Les prêtres de Cercyon étaient réputés pour leur force physique et les combats qu'ils engageaient avec des étrangers. On les disait lâches, sans loi (« lawless ») parce qu'ils tuaient leurs adversaires, incluant ceux qui refusaient de se battre. Or, cuon et cohen étant phonétiquement similaires, les Grecs et Romains ont confondu les deux termes. À ce sujet, voir aussi Of the Term Cahen : the Cohen [KHN] of the Hebrews, dans A New System, or, an Analysis of Antient Mythology, Volume II, de Jacob Bryant, London 1807, Projet Gutenberg : http://www.mobilebooks.org/ etext=PG019584
4 Note : Ce pamphlet avait pour but, entre autres choses, d'expliquer l'histoire de la Francmaçonnerie et l'origine des 32 grades du Rite Écossais Ancien et Accepté.
5 Note : On ne saurait dire exactement quand les premiers Juifs sont arrivés dans les îles britanniques, mais bon nombre de vestiges datant du premier siècle de l'ère chrétienne, particulièrement dans le Cornwall, démontrent que des esclaves juifs travaillant pour les Romains y exploitaient les mines d'étain à titre de tinceards. Selon d'autres historiens, les premiers émigrants d'origine sémitique auraient été les Phéniciens, débarqués mille ans plus tôt, toujours à Cornwall, à la recherche d'étain et de plomb, d'où le nom Brittania – du phénicien Baratanac, « pays de l'étain », selon le philologue et théologien français Samuel Bochart (1599-1667). Il semble que des Juifs vivaient en Écosse au XIIe siècle : en 1180, l'année même où de nombreux Juifs furent massacrés à York, Jocelin de Furness, évêque de Glasgow, publia une ordonnance (dont nous n'avons pas trouvé copie) pour interdire aux membres du clergé de « bloquer leurs profits en empruntant de l'argent aux Juifs » (Kurt Fleischmann, The Gorbals and the Jews of Glasgow, 2007, http://www.sefarad.org/publication/lm/022/glasgow.html ). D'autres ont probabement trouvé refuge en Écosse en 1290, lorsqu'ils furent formellement expulsés d'Angleterre par Edouard I.
6 The Book of Dumbartonshire, Joseph Irving, 1879, Edimbourg & London, Chapitre I : Roman Occupation A.D. 81 to 446, p. 5
7 Tacitus, dans Agricola (chapitre 35) et Opera Omnia (Agricola, ch. 35 Notæ) : « Primitivnm remanet apnd Britannos, quibus Kowain vehículo vehere. » ; Pomponius Mela, dans De Situ Orbis, (Livre 3, chapitre 6) : « Dimicant, non equitatu modo aut pedite, verum et bigis et curribus, Gallice armati: covinos vocant, quorum falcatis axibus utuntur. » ; Sillus Italicus, dans Punica (Livre 17) : « circumuenit arta couinno » ; Marcus Lucanus dans Bellum civilesive Pharsalia (Livre 1) : « docilis rector monstrati Belga covinni ».
8 Camden's Britannia, ch. 1, 35 : « Aliud vehiculi genus utrique genti in usu fuit, quod uno
vocabulo covinum, eiusque aurigam covinarium dixerunt. Licet vero hoc nomen cum ipso
vehiculo evanuerit, eius tamen primitium, ut ita loquar, apud Britannos remanet, quibus
kowain in vehiculo vehere significat. »
9 The Kymry, Their Origin, History, and International Relations, Robert Owen, Spurrell & Son,
1891; A Dictionary of Greek and Roman Antiquities, William Smith, D.C.L., LL.D., ed. John
Murray, London, 1875, p. p367 ; An Illustrated Dictionary of Words Used in Art and
Archaeology, John William Mollett, Boston, Houghton Miffin and Co., 1883, p. 93; The History
of France, Parke Godwin, Vol I, Harper New York, 1860, ch. 2, p. 38; Ethnogénie gauloise ou
Mémoires critiques, Roget Bon de Belloguet, Remquet et Cie, Paris, 1858, p. 75; 1872, p. 94
10 Études grammaticales sur les langues celtiques - Origines des voyelles et des consonnes du
breton moderne de France, par Henri d'Arbois de Jubainville, Paris, 1895, 1896, 1976
11 An analytical dictionary of the English language, de David Booth, London 1835, p. 191
12 Prospectus of a Dictionary of the Language of the Aire Coti, or Ancient Irish, de Charles Valency, Graisberry & Campbell, Dublin 1802, préface (page lxxviii)
13 Thoughts on the Origin and Descent of the Gael With an Account of the Picts, Caledonians and Scots, de James Grantp, Archibald Constable & Co., Edinbourg 1814, p. 250-2
14 Note : Les mineurs et charbonniers du Sud de l'Écosse donnaient au mot saothair le sens de donner la vie ; J. P. Robson (The Song of Solomon in Lowland Scotch Versified From the English Translation of James of England into the Dialect of the Colliers of Northumberland but Principally Those Dwelling on the Banks of the Tyne, 1860, p. 58-9) a traduit le Cantique des cantiques de Salomon en plusieurs dialectes celtiques ; en scot gaélique, le verset 8:5 se lit comme suit : « Fuidh'n chraoibh-ubhall thog mi suas thu : an sin bha do mhàthair ri saothair ort; an sin bha i ri saothair, rug i thu »; même verset en français : « Je t'ai réveillée sous le pommier, là où ta mère t'a enfantée, là où t'a enfantée celle qui t'a donné le jour. »
15 National Archives of Scotland, Privy Council records GD 112-2-117/3
16 Shelta, the Caird's Language (1901), David Macritchie, publié dans Transactions of the Gaelic Society, Inverness, 1899-1901, p. 12
17 Ancient and Modern Britons - A Retrospect, David Macritchie, 1884; The Highlands and Western Isles of Scotland, de Sir Walter Scott et John Macculloch, London, Longman, Hurst & al, 1824, Chapitre Origins and races p. 254
18 The Elizabethan Underworld - A collection of Tudor and Early Stuart Tracts and Ballads, (1535-1727), Alexander Smith, Arthur et Lawrence Hayward, éditeur A. V. Judges, Routledge, 1930-1965 (p. 149 et 175)
19 À ce sujet, lire Social History of the Highlands - Second-sight, Electric Scotland, Grangemouth, Écosse - http://www.electricscotland.com/history/social/sh6.html
20 Les Origines de la Franc-maçonnerie – Le siècle écossais 1570–1710, David Stevenson (éd. originale anglaise 1988), Éditions Télètes, Paris 1993, p. 177-185
21 Note : Parmi les autres variantes anglicisées du même nom, notons McCowan McGowan, MacOwan, MacIlchoen, Gowan, Calhoun, Colhoun, Coan, Cahoun, Covan, Cowin, Koen, Coyn, Cohen, Kowen, Killichoan et bien d'autres.
22 Irish Pedigrees or The Origin and Stem of the Irish Nation, John O'Hart, Part IIII, i: Families descended from Heber, Genealogical Publishing Co, Dublin 1876-1999, p. 178
23 Évolution de l'irlandais : irlandais ancien, v. 500-1000 ; irlandais moyen, v. 900-1500 ; irlandais moderne, dès 1500.
24 Jacques Leclerc, Aménagement linguistique dans le monde, Université Laval, 2007, http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/ecosse.htm
25 The Scottish Nation, William Anderson, Vol. I, Fullarton & Co, Edimbourg 1877, p. 666
26 Surnames of the United Kingdom - A Concise Etymological Dictionary, de Henry Harrison, London, 1912, 1996 p. 88
27 Note : Selon d'autres historiens l'Île de Colquhoun » (Inchconnachan, en gaélique) doit son nom à saint Kessog ou Kessoc. Ce fils d'un roi de Cashel (province de Munster), devenu moine, se fit connaître en Écosse durant le VIe siècle comme le « saint guerrier » durant le VIe siècle et aurait été l'ancêtre desColquhoun et des Cowan. Cela correspond au sens de « guerrier » que certains attribuent à la variante Calhoun du patronyme. Kessog s'était établi sur l'île voisine, Inch-Tavanach (« île de la maison du moine », séparée de l'île de Colquhoun par un très étroit canal appelé The Narrows (« la passe étroite »). On le représentait souvent en tenue de soldat, tenant un arc courbé avec une flèche. Ce moine-soldat fut le premier saint patron des Scots, invoqué avant les batailles et ce, bien avant saint André, et son culte était particulièrement populaire au XIVe siècle. La légende raconte qu'il fut assassiné par des mercenaires vers 520 à Bandry, un site druidique situé à environ 2 km au sud d'un hameau appelé alors Clachan Dubh (« pierre noire »). La couleur noire semble significative car selon la tradition locale, le nom du village fut changé pour Lus (plante ou herbe, ou encore lys ou lumière, de luce) lorsqu'on vit une nouvelle plante pousser sans arrêt sur la tombe de Kessog, marquée par un cairn. L'histoire de Kessog nous rappelle la légende d'Hiram Abif, non seulement en Franc-maçonnerie, mais aussi dans la tradition des Compagnons du Devoir. Dans le premier cas, Hiram fut assassiné par des artisans qui avaient exigé en vain un salaire auquel ils n'avaient pas droit, et son corps fut retrouvé par de fidèles Compagnons grâce à l'acacia qui poussait sur sa tombe.
Dans le second, le corps d'Hiram fut retrouvé par un « chien », symbole du fidèle compagnon mais aussi surnom compagnonnique des Enfants de Maître Jacques, plus particulièrement les serruriers et menuisiers (Le livre du compagnonnage, Agricol Perdiguier, Paris 1841).
28 Notes on the similarity of some of the Cornish rock-names and miners' terms, to Irish words G. Henry Kinahan, Royal Institute of Cornwall, Truro 1871, publié sur le site http://www.mininginstitute.org.uk/papers/Names.html
29 A Galic and English dictionary Containing all the words in the Scotch and Irish Dialects, de William Schaw, Londres 1780, sous le mot Cul ; A Note on Old Irish Cirmaire, Fergus Kelly, School of Celtic Studies, Dublin Institute for Advanced Studies, dans revue Celtica, no 21, 1990, p. 232; Focalóir gaoidhilge-sax-bhéarla, or An Irish-English Dictionary, Edward Lhuyd, Paris 1768, p. 150 ; et Prospectus of a Dictionary of the Language of the Aire Coti, Charles Vallancey, Graisberry & Campbell 1802, pages lxxviii et 21-22. Les linguistes Edward O'Reilly et John O'Donovan (An English-Irish Dictionary, Oxford 1864) de même qu'Edward Lhuyd et John O 'Brienont (Focalóir gaoidhilge-sax-bhéarla, or An Irish-English Dictionary, Paris, 1768) n'ont retenu que le sens de bakehouse, « maison de cuisson » (boulangerie).
30 Texte latin original : « Item in construccione cujusdam domus ad opus Culquhanorum Domini Regis ibidem », extrait de Compotum Constabularii de Cardross, vol I., daté du 30 juillet 1329, Accounts of the Great Chamberlains of Scotland, reproduit dans History of Scotland, de Patrick Fraser Tytler, Edimbourg 1828, Notes and Illustrations, p. 449-451 ; et dans The Scottish Nation, William Anderson, Vol. I, Fullarton & Co, Edimbourg, 1877, p. 663-4
31 The Acts of Robert de Bruce 1306-1329, Regesta Regum Scottorum, Vol 5, ed. Archie Duncan, Edimburg Press 1988, no 55, p. 340, cf no, 83, p. 355-6
32 The Chiefs of Colquhoun and Their Country, William Fraser, Vol. II., Edinburgh, 1869 p. 58.
33 Les tinkers d'Irlande élevaient des lévriers et des lurchers (« chiens de voleurs »). Il s'agissait de la même espèce de chiens, mais le nom variait selon l'emploi du maître : le chien de chasse du noble vassal anglo-normand était appelé un lévrier (deerhound, woolfhound), mais le même chien dont le serf ou le braconnier se servait était un « chien de voleur » - http://www.lurchers.org.uk/history.htm
34 Records of the Parliaments of Scotland to 1707, University de St. Andrews, http://www.rps.ac.uk/search.php?action=fetch_chunk_frame&fn=jamesii_trans&id=id1291&q uery=&type=trans&variants=&fragment=t1450_1_6_d6_trans
35 Kirkcudbright dans Ordnance Gazetteer of Scotland: A Survey of Scottish Topography, Statistical, Biographical and Historical, edited by Francis H. Groome, Thomas C. Jack, Grange Publishing Works, Edinburgh, 1882-1885.
36 A Corner of Old Strathclyde, Hugh Lorimer, F.S.A., Andrew Spence ed., 1952, p. 101.
37 The Surnames of Scotland: Their Origin, Meaning and History, George F. Black, New York 1946, 1962, p. 505.
38 Personal Names and Surnames of the Town of Inverness, Alexander MacBain 1895, p. 35
39 Surnames of the United Kingdom - A Concise Etymological Dictionary, Henry Harrison, Council of the Philological Society of London, Clearfield, Genealogical Publishing, 1912.
40 A Smaller Social History of Ancient Ireland - Treating of the Government, Military System, and Law; Religion, Learning and Art; Trades, Industries, and Commerce; Manners, Customs, and Domestic Life, of the Ancient Irish People, Patrick Weston Joyce, 1906, Partie III, Chapitre XX : Workers in Wood, metal, and Stone – texte original : « The word goba [gow] is applied to a worker in iron - a smith: cerd or cerdd [caird], to a worker in brass, gold, and silver - a brazier, goldsmith, or silversmith: saer to a carpenter, builder, or mason - a worker in timber or stone. These are the usual applications; but as the arts and trades sometimes overlap, so the words are often applied in somewhat more extended senses. »
41 David Stevenson (édition anglaise 1998 p. 42), édition française 1993, p. 67
42 Joyce (1906), Partie III, Chapitre XX : Workers in Wood, metal, and Stone.
43 Ibid
44 The Towers and Temples of Ancient Ireland, Marcus Keane, Adamant Corp., Dublin 1867, p. 231-3 et 288-93
45 The Round Towers of Ireland, Or the Mysteries of Free Masonry, Henry O'Brien, London 1834; Kessinger Publishing 2003, pages 20 - note, p. 368-95 et 493
46 Abbey and School of Clonmacnoise, John Healy, traduction de Kieran O'Shea, The Catholic Encyclopedia, Volume IV, New York: Robert Appleton Company, 1908 ; voir aussi Clonmacnoise : The Center of Devotion, Heather A. King, in Extractive Industry Ireland 2005
47 Extrait de la Vita S. Ciarani Cluanensis : « Beatus et venerablilis abbas Queranus, nobili ac religiosa Scotorum stirpe editus, patre Beoid, id est Boeus, nomine, qui artifex curruum erat, matre vero Darerca, ex quibus multi sancti nati sunt. »
48 Revue des traditions populaires, Société des traditions populaires, Vol 3, 1888, p. 602-5
49 Focalóir gaoidhilge-sax-bhéarla, or An Irish-English Dictionary. E. Lhuyd, Paris, 1768, p. 90, sous « Ceard »
50 Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland, Edimbourg 1862, p. 303-319
51 Outlines of Introductory Sociology - A Textbook of Readings in Social Science, Clarence Marsh Case, Harcourt, Brace & Company, New York 1924, p. 261-3
52 Journal of the Gypsy Lore Society, Janvier 1891, vol. 2 no 5 ; The Secret Language of Masons and Tinkers, par A. T. Sinclair, article publié dans The Journal of American Folklore, Vol. XXII, octobre-décembre 1909, no 86, p. 353-364
53 The Language of the Traveller Storytellers, article de Sheila Douglas, présenté à la 4e Conférence imternationale sur les langues d'Écosse et d'Ulster, à Skye (août 1999) et publié sur le site du département de littérature anglaise et écossaise de l'Université de Glasgow, http://www2.arts.gla.ac.uk/SESLL/STELLA/STARN/crit/langtrav.htm
54 Conservation Guidelines : Mortars, pointing and renders, Department of the Environment, Dublin, Ireland, 1996 www.environ.ie/en/Publications/Heritage/ArchitecturalHeritage/FileDownLoad,2227,en.pdf
55 Dans son Historia Brittonium (IXe s.), Nennius relate l'histoire de Vortigern, roi de Bretagne (Ve siècle) qui voulut utiliser le sang d'un orphelin, Ambrosius Aurelianus, pour solidifier la tour de son château ; dans son Historia Regum Britanniae, compilé vers 1136, Geoffrey de Monmouth relate la même histoire en donnant à l'orphelin le nom de Merlin.
56 Prehistoric Art, Dr Thomas Wilson, Annual Report of the Smithsonian Institution, 1896, pages 505 et 541
57 Transactions of the Gaelic Society, Inverness, 1899-1901, David Macritchie
58 Des langues collatérales, problèmes linguistiques, sociolinguistiques et glottopolitiques de la proximité linguistique, Jean-Michel Eloy, Centre d'études picardes Laboratoire d'études sociolinguistiques, Paris, L'Harmattan, 2004, p. 147-8
59 Note : L'année des premièrs Statuts de Schaw, le clergé séculier écossais fut placé sous la jurisdiction de l'archevêque anglais George Blackwell, forçant de nombreux Jésuites, comme les pères Edmund Hay et Robert Abercromby, à célébrer les rites catholiques en secret et ce, au péril de leur vie.
60 Dundee Burgh Laws 1551–1694, compilation faite par Innes Duffus, Dundee Central Library, aussi publiés dans Burgh Laws of Dundee, Alex J. Warden, London, 1872 ; sous Curia Capitallis nono Die mensis January 1581: Anent the Discharg of Tinkers ; et Dicesimo Primo february 1568: Anent Disputers agt ye true Religion.
61 Decisions of the Lords of Council and Session From 1766 to 1791, Scotland Court of Session, éd. David Dalrymple et Mungo Ponton Brown, Publ. William Tait, Edinbourg 1826, p. 71
62 Note : Dans un poème épique intitulé The Lay of the Last Minstrel, Sir Walter Scott (1771- 1832) fait clairement référence au « dernier barde d'Orkney », un jeune homme dénommé Rose Harold qui vint, avec d'autres tinkers, s'établir à Roslin. Les Sinclair reconnaissent aujourd'hui le contenu de ce récit comme étant basé sur des faits réels. En voici quelques extraits :

« Both Scots, and Southern chiefs, prolong
Applauses of Fitztraver's song;
These hated Henry's name as death,
And those still held the ancient faith.
Then from his seat, with lofty air,
Rose Harold, bard of brave St. Clair;
St. Clair, who, feasting high at Home,
Had with that lord to battle come.
Harold was born where restless seas
Howl round the storm-swept Orcades
Where erst St. Clairs held princely sway
[...] To Roslin's bowers young Harold came,
Where, by sweet glen and greenwood tree,
He learn'd a milder minstrelsy;
Yet something of the Northern spell
Mix'd with the softer numbers well. »
63 The Geneaologie of the Saint Clairs of Roslin, Father Richard A. Hay, 1690 ; publié en 1835 par James Maidment, à Edimbourg, puis par la Grande Loge d'Écosse en 1996, éd. par Robert L. D. Cooper ; voir aussi A historical perspective, drawn from the Ordnance Gazetteer of Scotland: A Survey of Scottish Topography, Statistical, Biographical and Historical, éd. par Francis H. Groome, publié originalement par Thomas C. Jack, Grange Publishing, Edinburgh, 1882-85 ; The Gazetteer for Scotland, 2002-08, http://www.geo.ed.ac.uk/scotgaz/towns/townhistory257.html (Roslin) ; et Guide to Edinburgh and its neighbourhood, Oliver & Boyd, Tweeddale Court, Edimbourg, 1860 p. 70. Notes : 1. Le père Hay (1661-1736), chanoine de Sainte-Genevière à Paris, était le chapelain catholique privé de la famille St. Clair de Roslin; 2. Plus puissant que le roi, le Conseil Privé d'Écosse, établi à Edimbourg, était responsable, entre autres choses, de veiller à la sécurité des frontières anglo-écosses et dans les Highlands ainsi que du contrôle des mendiants, 'gypsies' (tinkers), sorciers et jacobins.
64 Signataires de la deuxième charte St. Clair (1628) : « The Ludge of Edinburg, William Wallace decon John Watt Thomas Patersone ; The Ludge of Glasgow, John Boyd deakin, Robert Boyd ane of the mestres; Hew Douok deikon of the Measounes and Vrichtis off Ayre and George Lid(ell) deacan of quarimen and nov quartermaster. The Ludge of Stirlinge, John Thompsone James Rind The Ludge of Dunfermlinge, Robert Alisone one of the masters of Dunfermling ; The Ludge of Dundee. - Robert Strachoune master Robert Johnstone Mr David Mesone Mr Thomas Fleming wardane in Edinburgh and Hugh Forrest ; Robert Caldwell in Glasgow ; John Serveite Mr of ye Craftis in Stirling ; John Burne ane of the mris. of Dumfermling; David Robertson ane of ye mesteris Andrew Welsone master and Thomas (W)elsone varden of the sed Ludg of Sant Androis Andrew Wast and David Quhyit maisteris in Dundee. »
65 G. F. Black (1946, 1962, p. 123) explique que le nom Sinclair évolua de Cearda à Kerd (1275), Makenkerd (1297), puis McNoKaird, Tinkler et enfin Sinkler, et Sinclair au XVIIIe siècle ; voir aussi On the Comparative Anthropology of Scotland, Hector MacLean, dans The Anthropological Review, no XIV, juillet 1866, Anthropological Society of London, p. 224
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Références et bibliographie

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- Belloguet, Roget Bon de, Ethnogénie gauloise ou Mémoires critiques, Remquet et Cie, Paris, 1858
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- Booth, David, An analytical dictionary of the English language, London 1835
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- Camden Hitten, John, The Slang Dictionary Or, The Vulgar Words, Street Phrases, and fast expressions of high and low society, 1872
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- Cassell's Dictionary of Slang, Jonathon Green, Stirling Publishing, 1998-2006
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- Douglas, Sheila, The Language of the Traveller Storytellers, 4e Conférence internationale sur les langues d'Écosse et d'Ulster, Skye (août 1999)
- Duffus, Innes éd., Dundee Burgh Laws 1551–1694, Dundee Central Library
- Duncan, Archie ed., The Acts of Robert de Bruce 1306-1329, Regesta Regum Scottorum, Vol 5, Edimburg Press, 1988
- Eloy, Jean-Michel, Des langues collatérales, problèmes linguistiques,sociolinguistiques et glottopolitiques de la proximité linguistique, Centre d'études picardes Laboratoire d'études sociolinguistiques, Paris, L'Harmattan, 2004
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# Posté le lundi 12 mai 2008 11:06
Modifié le samedi 31 mai 2008 02:31

Le numéro 150 de Renaissance Traditionnelle est paru !

Le numéro 150 de Renaissance Traditionnelle est paru !
Au sommaire de ce n°150: les articles de:

Pierre Mollier: Avant-propos

Jérôme Rousse-Lacordaire : Dieu au travail. 1. L'Architecte

Laurent Bastard : Les sources méconnues du compagnonnage français au XIXe siècle. 3. La "maçonnisation" des réceptions

Robert et Catherine Amadou : Correspondance de E.R. Saltzmann avec J.-B. Willermoz 1779-1819

Serge Caillet : Acta Martinista


Bonne Lecture à tous !
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# Posté le jeudi 29 mai 2008 13:16
Modifié le vendredi 30 mai 2008 14:50

Portraits de Chanoinesses (de Françoise Haudidier) résumé par Dominique S.

 Portraits de Chanoinesses  (de Françoise Haudidier)  résumé  par  Dominique S.
Renaissance Traditionnelle N°48
Tome XII octobre 1981. p258


Alors commençons par quelques mots sur l'auteur de l'article tout d'abord. Françoise Haudidier est Conservateur Honoraire des Musées de la ville de Remiremont, auteur de nombreux ouvrages sur ces musées et notamment sur une superbe collection de peintures hollandaises du XVII° dont elle demeure la spécialiste. En ce qui concerne Remiremont, c'est une petite ville de 8000 habitants près d'Epinal, qui présente la caractéristique de pouvoir suivre sans interruption son histoire pendant quatorze siècles, depuis le monastère fondé au début du 7ème siècle dans cette montagne vosgienne, en passant par le plus prestigieux chapitre féminin noble d'Europe du XVIIIème siècle jusqu'à la ville actuelle. Abbesses et chanoinesses, " les Nobles Dames de Remiremont " ont laissé partout dans la ville leur empreinte prestigieuse... Cet article est tiré des Actes des journées d'études Vosgiennes des 17 et 20 avril 1980.

Cet article de Renaissance Traditionnelle donc, rappelle tout d'abord les deux éléments principaux connus traitant du sujet de l'Agent Inconnu, qui sont d'une part l'ouvrage "Un Mystique Lyonnais et les Secrets de la Franc-Maçonnerie" paru en 1938 et écrit par Alice Joly (1) ; et d'autre part le chapitre intitulé "Jean-Baptiste Willermoz et l'Agent Inconnu des Initiés de Lyon" première partie de l'ouvrage de Robert Amadou et Alice Joly intitulé "De l'Agent Inconnu au Philosophe Inconnu" (2).

Brièvement, rappelons les faits, le soir du mardi 5 avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz reçoit un messager qu'Alice Joly identifie comme étant Alexandre de Monspey, je cite « gentilhomme beaujolais, commandeur dans l'Ordre de Malte, l'un des frères les plus distingués de la Loge La Bienfaisance ». Il est porteur de 11 lettres qui relatent les échanges surnaturels que connaît depuis plusieurs mois sa s½ur la Chanoinesse Marie-Louise de Monspey, dite Madame de Vallière. Ces échanges surnaturels se manifestant par une sorte d'écriture automatique dont la somme des textes apparut vite comme destinée à Jean-Baptiste Willermoz... Notons au passage comme Alice Joly, que malgré les notions de secret maçonnique scrupuleusement observé, les fameux écrits présentaient une parfaite connaissance de la doctrine et des mystères de l'Ordre.

Lorsqu'en 1958, Alice Joly toujours, avait voulu prendre un avis médical et historique, auprès donc de la "Société lyonnaise d'Histoire de la Médecine", les textes furent décrits comme ceux d'un aliéné, entre autres : "caractéristiques d'une quinquagénaire en phase ménopausique présentant une préoccupation particulière dans le domaine de la sexualité"... Intéressons nous à l'instar de Françoise Haudidier à d'autres aspects de Madame de Vallière et aux autres chanoinesses de l'abbaye Saint-Pierre de Remiremont. .

En ce qui concerne l'histoire de Remiremont et de son Chapitre, je vous renvoie bien sur, pour ceux que ça intéressera à l'article de Renaissance Traditionnelle qui reprend le travail de Françoise Haudidier et vous pourrez trouver en notes, une histoire abrégée (3) de ce même chapitre. Que nous dit cet article, en fait le Chapitre était "une maison d'éducation pour filles qui n'avaient pas forcément la vocation religieuse, qui constituait un refuge pour des veuves, des amoureuses déçues, des princesses sans fortune, mais à qui l'abbaye dispensait à toutes, les honneurs dus à leur rang. » Mais revenons à cette étude lorsqu'elle traite des chanoinesses de Monspey.

Elles sont filles du comte Joseph-Henry de Monspey originaire de Vallière en Beaujolais. Vous allez voir dans la présentation des cinq s½urs les difficultés de recherche, car les prénoms des s½urs sont très proches les uns des autres... On apprend de plus, que la seconde, va fonder une sorte nous dit l'auteur, de république pastorale inspirée de l'Astrée (4) ce roman fleuve du XVIIème donnant pour rajouter à la confusion des surnoms de bergers ou de héros ! Confusion renforcée par le fait qu'outre les prénoms ressemblant le père leur donnera aussi un nom correspondant à l'une de ses terres. On retrouve donc :

Marie-Louise de Monspey dite "Eglé de Vallière" ou encore Madame de Vallière. C'est, je dirai, celle qui nous intéressera par ailleurs, elle est l'ainée des cinq s½urs qui toutes entreront au Chapitre et feront preuve à l'image des fameux cahiers d'une foi catholique puissante. Elle nait en 1731, mais n'entrera que la dernière au Chapitre en 1776.

Marie-Louise-Catherine de Monspey dite "Bergère Annette" ou "Annette de Charentey", née en 1734 et qui entre au chapitre en 1765

Marie-Reine-Aimée de Monspey ou "Laure de Vury", née en 1736 et entre au chapitre en 1766.

Pauline de Mospey ou "Pauline d'Arma" devenue chanoinesse en 1772, et

Catherine-Elise de Monspey ou "Sylvie d'Arigny" entrée elle en 1775 où elle succombera 7 ans plus tard de brûlures...

Les cinq s½urs passent pour avoir été des poétesses, la Maison de Monspey étant dite "chérie des muses" par Alice Joly.

Outre l'histoire des tableaux représentant les Chanoinesses, Françoise Haudidier, décrit l'intérêt des cinq s½urs pour la culture et la lecture de l'époque. Ce sont à la fois des bienfaitrices, qualifiées de "Bonnes fées" des pauvres, mais aussi de on epeut le dire avec une connotation qui nous est chère, de véritables "cherchantes", curieuses de tout en ce temps des Lumières. Elles lisent Buffon, "grattent" du côté des expériences de Lavoisier ou de celui des expériences de physique de l'abbé Nollet. Elles portent aussi et surtout pour nous un grand intérêt aux sociétés Mystiques Lyonnaises, au sein desquelles : les courants s'intéressant au magnétisme et aux guérisseurs, courants dans lesquels Mesmer et Cagliostro occupent une part prépondérante.

Nous l'avons dit Marie-Louise de Monspey entre au chapitre en 1776, elle est âgée de 45 ans, on sait qu'elle ne fait que de courts séjours à Remiremont. A partir de 1785 et pendant 14 ans qu'elle va, sous l'impulsion d'une force Divine, rédiger ses fameux cahiers qu'elle va signer pendant trois ans, de "L'Agent Inconnu", et dont elle avouera ne pas comprendre le sens de ce qu'elle écrit. A son initiative Jean-Baptiste Willermoz créera la société des "Initiés" mais nous traiterons ceci plus en détail par ailleurs, car cela constitue un pan de l'histoire du Régime Ecossais Rectifié tant au niveau de l'influence sur la vie de Willermoz, que sur les rituels de ce même Régime...

Le 7 Décembre 1790 l'Eglise abbatiale, « cette dépendance religieuse de l'aristocratie » est fermée et mise sous scellés...


Notes:

1. Macon, chez Protat Frères Imprimeurs-Editeurs. Réédité en 1986 Paris-Editions Demeter (Avant-propos et Index d'Antoine Faivre)

2. Collection La Tour Saint Jacques. Edition Denoël. Paris 1962. p 11 à 152

3. La communauté religieuse féminine, était, au départ vouée à la prière et à la méditation, elle s'est ensuite transformée en chapitre noble. La Lorraine a connu quatre établissements de ce type, mais l'illustre Chapitre Saint-Pierre de Remiremont fut de loin le plus renommé par son ancienneté, sa richesse et la qualité de son recrutement. L'histoire commença en 620 avec la création par Romaric (noble de la cour d'Austrasie), et Amé, (moine prédicateur disciple de Saint-Colomban) sur le Saint-Mont, sommet montagneux qui domine la vallée de la Moselle, du premier monastère féminin de Lorraine.
Après avoir obéi à la règle colombanienne, les moniales adoptèrent, deux siècles plus tard, celle plus souple de Saint-Benoît, en même temps qu'elles s'installèrent dans la vallée. La richesse foncière de l'abbaye de Remiremont est l'un des éléments de sa puissance et de son prestige. Au Moyen-âge, ses domaines restent les plus importants parmi ceux de la région. Ils constituent une véritable enclave à l'intérieur des territoires du Duc de Lorraine. L'abbaye dépendait directement du Saint-Siège pour le pouvoir spirituel et de l'Empereur pour le temporel, mais tous deux éloignés, le véritable chef de l'abbaye, restait l'Abbesse qui portait le titre de "Princesse d'Empire". L'abandon de la règle bénédictine et l'évolution vers un mode de vie plus souple et plus agréable, acquis par la sécularisation, témoigne en fait de l'origine sociale de ses membres, issus de la meilleure noblesse (toute postulante devait faire preuve de seize quartiers de noblesse, sans mésalliance).
Le chapitre était une sorte de maison d'éducation au XVIIIème siècle pour les jeunes filles de haute noblesse issues de Lorraine, de France, de Franche Comté, d'Alsace et du Saint Empire. La sécularisation (affirmée au XIVème siècle) permettant de ne faire ni v½u, ni profession religieuse, les dames bénéficiaient d'une grande liberté d'action. Sorties des offices et obligations religieuses, elles vivaient en femmes du monde dans l'aisance et le confort de leurs maisons particulières.
En 1789, la Révolution est en marche, rien ne peut l'arrêter : abolition des privilèges et des droits seigneuriaux décidés par l'Assemblée cette année-là, puis décret du 13 Février 1790 décidant la suppression des monastères. Le Chapitre perd alors son existence légale et les Chanoinesses
sont obligées de partir. Le 7 Décembre 1790, les scellés sont apposés sur l'église abbatiale.
http://www.ot-remiremont.fr/pages/visiteville/visitevillehistoire.html

Voici à quoi ressemblait l'organisation politico-religieuse du Chapitre par rapport à la ville :
La Dame Abbesse est le Chef spirituel et temporel du chapitre. Elue à scrutin secret parmi les chanoinesses, son élection devait ensuite recevoir la confirmation du souverain pontife.
La Dame Doyenne proposait les nouvelles chanoinesses, faisait une enquête sur les candidates, recueillait les voix et prononçait les ordonnances.
Le Dame Secrète avait la direction de la sacristie et la responsabilité de la décoration de l'église.
Le Maire : Désigné par l'abbesse sur une liste proposée par les notables de la ville.
Le Grand Eschevin : Second officier municipal. Choisi par le Maire sur une liste de 3 candidats présentés par les bourgeois de Remiremont avec avis de l'Abbesse. Il était receveur de l'octroi de la ville et président de la justice ordinaire (tribunal civil et criminel).
Le Doyen : nommé par le Maire, c'était un huissier-exécuteur des décisions du conseil municipal.
http://shw68.free.fr/patrimoi/colonge/colonge.htm

4. L'Astrée est un roman pastoral publiée de 1607 à 1627, par Honoré d'Urfé.
¼uvre littéraire majeure du XVIIe siècle, l'Astrée est parfois appelé « le Roman des romans », d'abord par sa taille, qui fait qu'on le considère comme le premier roman-fleuve de la littérature française (5 parties, 40 histoires, 60 livres, 5 399 pages), mais aussi par le succès considérable qu'il a eu dans l'Europe tout entière (traduit en un grand nombre de langues et lu par toutes les cours européennes). Les trois premières parties sont publiées en 1607, 1610, et 1619 et lorsque d'Urfé meurt en 1625, son secrétaire Balthazar Baro aurait achevé la quatrième partie et lui aurait donné une suite (1632-1633). Mais selon Larousse (1863), les cinquième et sixième parties auraient été composées par Pierre Boitel, sieur de Gaubertin, et éditées en 1626.
Il serait difficile, voire impossible d'établir une sorte de résumé de L'Astrée, car ce livre n'est pas qualifié sans raison de roman-fleuve ou d'½uvre à tiroirs. Notons tout de même qu'il est constitué de 5 parties, de 40 histoires, de 60 livres et de 5399 pages. Mais le fil rouge de ce livre reste l'histoire d'amour parfaite entre l'héroïne (qui a donné son nom au livre) Astrée et Céladon (personnage qui a donné son nom à un type de céramique, propre à la Chine et à l'Extrême-Orient). Il s'agit de deux bergers foreziens. Les perfidies de certains personnages, les ambitions politiques d'autres, les mésaventures amoureuses des deux héros constituent la grande partie de ce roman extrêmement dense et complexe, qui contient diverses autres péripéties vécues par des personnages n'ayant aucun lien avec l'histoire centrale, mais qui illustrent par leurs vies, celles vécues par les protagonistes principaux.

# Posté le mercredi 18 juin 2008 13:55