La chute de l'Ange (de Pierre Prevost) résumé par Cendrine B.

La chute de l'Ange (de Pierre Prevost) résumé par Cendrine B.
Renaissance Traditionnelle N°28
Tome VII Octobre 1976. p 290


Pour traiter le sujet, l'auteur de cet article fait appel à l'ange Lucifer qui chute de la cour Divine.

A travers cette légende, notre auteur souhaite faire la démonstration du déséquilibre lié à une descente ou, encore à la séparation d'un lieu, donnant naissance en regard de celle-ci à la possibilité de quelque chose de nouveau afin de permettre un changement d'état, nous amenant à pouvoir être réhabilité dans une harmonie universelle.

Par ailleurs, dans de nombreuses croyances le royaume de Dieu est un monde enchevêtré composé d'une hiérarchie d'anges, d'esprits, de démons et d'hommes. D'autre part, la manifestation Divine et les degrés de l'existence s'affichent sous la forme d'un système hiérarchique compliqué.

Pour Denys L'Aéropagyte, le monde angélique est une organisation complexe. Celle ci se constitue en fonction des attributs divins et du pouvoir qui a été accordé, de telle sorte que le témoignage qui en découle va s'établir sur des plans différents.

En conséquence, il nous faut alors considérer l'ange comme un être et non comme quelque chose d'existant s'inscrivant dans un système de hiérarchisation des degrés de l'existence. De cette manière, l'ange s'intègre dans une chaine universelle d'où sont issus et émanés tous les hommes.

C'est pourquoi, il devient le médiateur du lien invisible entre Dieu et les hommes. De plus, à travers cette démonstration, il est intéressant de voir une analogie avec la Franc-maçonnerie, et notamment par le symbolisme de l'équerre et du compas, le maître se situant alors, entre ces 2 outils lui permettant d'être également un médiateur.

A partir de ces deux symboles se dégage la notion de verticalité accompagnée de toute une hiérarchie infinie des différentes formes de l'être. De plus, il apparaît aussi le concept de l'horizontalité qui permet à chaque degré d'exister et de se développer.

A travers, ces 2 principes se dégagent d'une force supérieure, toutes les manifestations visibles et invisibles.

La finalité de cet acte est d'être à l'image de celui qui nous a crée et dont nous sommes émanés, afin de permettre au moment voulu par lui notre réintégration à son royaume.

D'autre part, il est important de savoir que les anges sont présents dans de nombreuses civilisations. En revanche, il n'est pas nécessaire d'entretenir les débats sur ce que cela peut impliquer.

De cette façon, il est plus judicieux de se concentrer sur le sens de la manifestation et de permettre à chaque catégorie d'êtres, de trouver le chemin de l'union les reliant au créateur. Ainsi, chacune de ces créations seront à même de retrouver leur état originel permettant cette réhabilitation.

Qui plus est, dans la hiérarchie des degrés de l'existence, l'ange demeure éternel et il est l'intelligence pure. Toutefois, c'est au cours d'une mission que cette entité va passer d'un état immatériel à une forme faite de matière. C'est pourquoi, dans la Bible l'ange représente le messager de l'esprit Divin. Il devient lui aussi, le fil conducteur permettant la communication entre les hommes et le créateur. En revanche, la chute de l'ange Lucifer, dénommé aussi ange de la lumière est décrite de façon succincte et peu claire. Et c'est d'ailleurs dans d'autres textes sacrés Judéo-chrétien, ou dans le Coran que l'on peut trouver les raisons et l'explication de cette descente.

Ainsi, Lucifer est donc l'ange de la lumière. C'est un pur esprit qui se situe au pôle de la première place dans la cour divine.

Par orgueil, il tient à garder ce privilège et va s'opposer à l'idée de la manifestation du monde terrestre et au principe de création. De ce fait, il va se confronter à l'Eternel en aspirant à un véritable pouvoir indépendant, par ce positionnement il va entrainer sa prévarication et perdre sa place au royaume de Dieu.

Paradoxalement, cet achèvement lui permet de devenir une toute puissance en devenant le prince de ce monde. Ce statut va lui permettre d'être le principal vecteur de la chute d'Adam car il va lui enseigner la connaissance du bien et du mal, et à travers cet apprentissage lui donner accès à l'orgueil. Toutefois, Lucifer n'est pas totalement mauvais et il reste en lui une partielle de lumière car il transmet à son élève le seul principe dont découle les autres êtres.

Ainsi, à travers cette descente, on ressent que cette prévarication est orchestrée sur un même plan au niveau le plus haut par une force supérieure et non par une banale dualité.

C'est nécessairement le message de la volonté de pensée et, de manière plus précise l'unique volonté de la manifestation de la pensée du créateur. Et ainsi, on peut supposer que sans cette orchestration rien ne serait être et rien n'existerait. D'autant plus qu'il s'agit là du principe de la manifestation dont témoignent les Saintes Ecritures.

Enfin, René Guenon, à partir de la Kabbale juive apporte un éclaircissement intéressant sur l'existence d'un double symbolisme et du sens contraire qu'il peut revêtir, entrainant une confusion entre le bien et le mal pouvant expliquer le satanisme. D'ailleurs, en prenant comme exemple le nombre 666, il nous rappelle que ce chiffre est celui de la bête mais, aussi celui de la lumière. D'autre part, en analysant la peinture Romane et celle du VIIIéme siècle, à travers de nombreuses œuvres, on retrouve l'amalgame entre l'esprit de lumière et l'esprit ténébreux.

Ainsi, la question du mal se pose. Ce qui amène à dire que certaines doctrines théorisent sur l'idée qu'au principe du bien correspond celui du mal. En revanche, l'ensemble des grandes traditions orthodoxes combattent le principe de cette dualité.

En effet, Dieu ne peut pas créer quelque chose de mauvais car il conçoit pour témoigner de son amour.

De plus, si il y a faute, celle ci est née de la propre pensée de toutes conceptions et de leurs propres volontés entrainant leurs prévarications de la sagesse céleste. Ceci signifie en quelque sorte le mauvais usage qu'ils ont fait de leur liberté en refusant de reconnaître le principe de la création et en s'opposant en toute conscience au créateur afin de séparer de l'objet d'amour.

Ainsi, pour reprendre la chute de Lucifer, celui-ci s'oppose librement et en toute conscience à l'apparition de son semblable qu'il aurait dû aimer comme Dieu lui avait transmis. De ce fait, il tombe n'obtenant pas son indépendance et, restant soumis à la volonté de l'eternel lui demandant de dominer notre monde. Toutefois, il n'est pas la seule cause de toutes les forces du mal.

De ce fait, cette chute de l'ange, est la manifestation de l'homme qui prend forme et par conséquent la création d'Adam. A travers ce nouveau degré d'existence, celui-ci implique alors la possibilité de nouvelles chutes mais, aussi l'émergence de pouvoir regagner en élévation.

Pour Fabre d'Olivet et Stanislas de Guaïta, si il n'existait pas ce principe d'émanation, tout le cosmos et/ou l'univers serait fixé et immuable ne permettant pas à ce cycle d'avoir lieu, induisant la non possibilité de pouvoir être réhabilité et de pouvoir fonctionner.

Fabre d'Olivet précise dans son ouvrage « La langue Hébraïque reconstituée » que ce principe permet aux créations et, notamment à Adam d'être distinct de Dieu, une entité bien dissociée de son créateur. Ainsi, cet état l'autorise à être un homme libre et indépendant et par conséquent d'avoir un libre arbitre mais, aussi de connaître les frontières de son pouvoir afin de ne pas aliéner sa liberté.

Cette capacité créatrice est appelée Aisha, c'est elle qui concède à Adam d'avoir ce pouvoir de penser, cette volonté d'action.

Néanmoins, c'est ce savoir intellectuel qui va le pousser à la faute par orgueil afin de s'efforcer de s'emparer du principe de son existence pour être l'égal de Dieu. Tout comme Lucifer, il a échoué et chute, il devient alors une forme matérielle dans un monde temporel, Aïcha étant en vérité Eve la mère de tous les vivants, qui tout comme chacun sait réussi à pousser Adam au pêché originel.

D'autre part, Stanislas de Guaïta amène une analyse sur «La cosmologie de Moïse » de Fabre d'Olivet, pour notre critique à chaque changement d'un état de la manifestation. C'est un esprit qui chute car il a commis le péché originel.

Toutefois, il est important de différencier la faute morale du péché originel. Pour ce dernier, c'est le passage d'un état à un autre qui éloigne du principe et de ce fait de passer d'un esprit atemporel et infini à une forme matérielle et temporelle. Ainsi, la conséquence de cette chute permet de comprendre le lien direct qui existe entre l'homme et Dieu.

A travers, cet exposé, il est aisé de comprendre que les degrés de l'existence sont infinis

Toutefois, ce mouvement se fait sous la forme d'une spirale dont le symbole est souvent représenté par un serpent levé la tête haute autours de l'arbre de vie.

Chaque spirale est chaque manifestation sont les degrés d'existence d'un être, mais aussi le témoignage de l'être suprême puisque chacune de ces existences émanent de lui. Ainsi, Chacune d'entre elles gravitent autours d'un axe qui émane de l'être suprême dont la base centrale est représentée par le rayon céleste d'un arbre rappelant que même dans l'obscurité il reste une étincelle de lumière.

Le cheminement du déroulement d'une vie n'est pas vertical, mais cyclique comme l'explique l'ensemble des traditions s'opposant de cette manière aux hypothèses d'une éventuelle évolution linéaire. On peut y voir ici une analogie Maçonnique dont le cheminement l'est lui même.

Toutefois, la chute n'est pas indéfinie sauf pour celui qui a vendu délibérément son âme aux forces des ténèbres. Si cela était le cas, cela signifie que celle-ci restera jusqu'à la fin des temps à tout jamais dans l'obscurité et retournera à la poussière.

Ainsi, comme l'écrit Origène « A partir d'un unique commencement, il y a de multiples possibilités d'existence qui à nouveau par l'amour de Dieu sont ramenées à une fin unique qui est toujours semblable au commencement »

Dés lors, chaque existence possède à l'origine un point d'équilibre qui permet de pouvoir s'élever spirituellement, ou de descendre dans le domaine matériel. Ces mouvements sont de même nature mais progressent en sens inverse. Pour l'homme ce point de départ est son aspect physique, sa forme matérielle.

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# Posté le mercredi 30 janvier 2008 12:49
Modifié le samedi 22 mars 2008 02:15

Le Charnel et le Spirituel (de Mgr Germain de St Denis) résumé par Nicole C.

 Le Charnel et le Spirituel  (de Mgr Germain de St Denis)  résumé  par  Nicole C.
Renaissance Traditionnelle
N°23-24
Tome VI
Juillet-Octobre 1975
p257

Question pratique :

Cet exposé s'appuiera à apprendre à passer du Charnel au Spirituel, du monde psychique à la vie selon l'esprit.
Pourquoi nous arrive-t-il fréquemment tandis que nous sommes par le baptême les enfants de la liberté, saisi par la grâce, bousculé par la révélation, tandis que nous célébrons régulièrement les Sts Mystères liturgiques, pourquoi nous arrivent-ils que nous nous mordons les uns les autres portant le risque de nous détruire ?
Dans la plus part des cas, cela tient à ce que nous n'avons pas établi, ou pas encore perçu concrètement, la nécessaire distinction entre l'âme et l'esprit, entre le charnel et le spirituel, entre le psychisme et le pneumatique.
L'apôtre Paul dit que le physique est une chose et que le spirituel ou pneumatique est autre chose, que le premier Adam était psychique (âme vivante) et que le deuxième Adam est spirituel (esprit vivifiant). Il établit la distinction soit entre le corps l'âme et l'esprit les nommant tous les trois soit en englobant dans le vocable « chair » ou (charnel) le corps et l'âme.

Est-ce que le charnel est mauvais en soi ? la violence :

S'agissant de l'esprit et de l'âme, ou du spirituel et du charnel, il peut paraître, à la Lumière de l'enseignement de l'apôtre Paul, que cette psyché et cette chair soient tenues en suspicion, comme le sceau irrémédiable du péché ou comme s'ils étaient en eux-mêmes suspects de souillures ou d'être en secondes zones par apport à l'esprit.
Disons nettement qu'il n'en n'est rien :
L'âme et le corps ont leur place et bien plus, le verbe est devenu chair, le christ s'est incarné pour élever le corps, la matière, au-dessus de tous les cieux, réalisant ainsi l'égalité entre le matériel et le spirituel. Ainsi St Paul paraîtra-t'il quelquefois dualiste ou manichéen, alors que son but est non pas de condamner le charnel mais, en le distinguant du spirituel, de le rétablir à son rang, de le retourner.
Dans la vie concrète, quotidienne, ce retournement ne peut être obtenu sans violence. Pour cela même, le Christ dit que le royaume des Cieux est gagné par la violence de l'effort.
L'approche réside dans la découverte de la conscience de notre esprit humain et dans la possibilité que nous lui donnons ou lui refusons de devenir le dirigeant dans notre être et notre vie.
Celui qui mènera à bien l'effort de conquête pour retrouver son propre esprit, avec sa lumière et sa puissance, celui-là reviendra ensuite vers son âme et vers son corps pour les enlever, comme une fiancée, amoureusement.

Comment accéder à la paix de l'esprit :

Comment retrouver cet esprit en nous et lui faire réellement épouser la chair ? il ne suffit pas d'être appelé, de recevoir le choc de révélation, de se prêter aux sacrements, d'être illuminé par la grâce Divine : tout cela est nécessaire, certes, mais peut demeurer inefficace en profondeur si l'on ne cherche pas, simultanément, à vivre par l'esprit et à le suivre.
N'ayons pas de vaines gloire entre nous, pas de provocation entre nous pas de jalousie.
Pour retrouver notre esprit et pour lui rendre sa puissance illuminatrice, son rôle de guide, attachons-nous à contempler tout d'abord les fruits de cet esprit tels que St Paul les présente dans un ordre strict et harmonieux, tandis qu'il énumère sans ordre, pêle-mêle, chaotiquement, les œuvres de la chair. « Les trois premiers fruits de l'esprit sont : la charité, la joie et la paix », laissons les six autres et réservons ces trois fruits essentiels. Celui qui possède la paix, la joie et la charité perpétuelles et qui est dirigé par elles a retrouvé son esprit.
Procéder patiemment mais avec effort violent dans la lutte pour trouver l'esprit qui est la seule source de paix, de la joie et de la charité. Commencer par la recherche de la paix sans prétendre prématurément à la joie et à la charité.

La lutte :

La lutte se base sur la certitude qu'au-delà de l'inquiétude, du trouble, derrière les soucis de ce monde, en nous résident la paix, la joie et la charité.
A quel moment privilégié peut-on essayer de faire cette entrée dans notre esprit ? Est-ce dans un temps de tranquillité ou de bien-être psychique ? Est-ce dans un temps où l'âme est exaltée par l'amitié, par le bienfait de la prière personnelle ou collective, par des sentiments de bienveillance... ?
Celui qui trouve ce lieu, même très lointain, même infime, de cette paix, voit infailliblement qu'il ne se trouve pas situé dans la tête mais dans le cœur, physiquement. Ayant distingué ce faible repère, vue de loin la chambre intérieure de notre être est celui où l'homme voit l'agitation de son âme, constate son trouble, son angoisse même. C'est à ce moment que l'opposition entre la psyché, agitée pour la paix, contre la paix ou sans elle, et le spirituel toujours pacifique peut apparaître avec plus de certitude. Cette lutte pour la paix est extrêmement violente mais elle permet de trouver ce lieu intérieur, ce point de la paix, malgré notre trouble et au-delà des soucis qui nous possèdent et dont nous sommes victimes.
La paix et le bonheur de l'âme existent mais ils peuvent avoir deux origines : soit être le reflet, l'imitation, la conséquence de la paix et de la joie de l'esprit en ce cas cette tranquillité et cette chaleur sont bonnes soit procéder des sentiments même de l'âme mais en ce cas, elles sont instables et l'on passera très facilement d'elles au trouble, au souci, à la mélancolie.
Ceci arrive à beaucoup de personnes qui ne comprennent pas comment elles ont pu tomber dans l'épreuve et l'angoisse alors que tout de suite auparavant elles semblaient être dans la paix et la tranquillité.
La paix et la joie spirituelles sont permanentes ; elles peuvent s'estomper mais elles ne changent pas, si la force de notre œuvre s'y exerce, elles grandissent.

La succession des états d'âme et la succession des fruits de l'esprit :

A la joie s'opposent la tristesse, la neurasthénie et la mélancolie. La bataille contre ces éléments fait retrouver la joie sans mélange ce qui caractérise l'esprit.
Les états d'âme déséquilibrés et négatifs s'opposent à la paix et la joie spirituelles que l'âme se mettra alors à refléter (car l'esprit est plus puissant que la psyché), comment parvenir à la charité spirituelle, au couronnement de l'esprit.
L'âme inquiète, troublée, est opposée à la paix de l'esprit, sont successifs.
Lorsqu'elle se trouve dans cet état, le moment est favorable à la recherche de l'esprit et de la paix. Mais celui qui a trouvé la paix veut inéluctablement recevoir la joie : alors l'âme va secréter la tristesse et le sentiment de l'absurde, en plus du trouble et de l'angoisse.
Si l'on ne vient, hors de tout conditionnement et de toute nécessité. Dés que cette étape est conquise et à condition que l'on ne s'installe pas surgit la charité spirituelle qui est le fruit essentiel de l'esprit : alors comme ultime épreuve, l'âme peut, et cela lui arrive souvent, entrer dans la colère, l'indignation, l'irritation.
L'âme devient lucide, critique, acerbe et décrit avec beaucoup d'acuité son état ou celui du monde ou de l'église ; elle est empreinte d'un grand dynamisme et d'une grande flamme dont elle peut se satisfaire et se nourrir. Dés que paraîtra cette irritation, cette critique, cette malveillance il faut entrer en soi immédiatement, encore plus profondément, et rechercher coûte que coûte, cette charité spirituelle sans cause et rayonnante.
La charité spirituelle n'est ni pour, ni contre quelqu'un ou quelque chose, elle aime et cet amour est totalement gratuit. Tout comme la Lumière divine brille sur les bons comme sur les méchants, ainsi l'esprit rayonne la paix, la joie et la charité, sans cause, que l'on soit bon ou mauvais.

Une technique ascétique :

La technique ascétique à employer dans cette conquête consiste à ne pas utiliser,
vis-à-vis de soi le terme « je », mais à dire, comme le Christ, « mon âme », mon « esprit », tout en plaçant l'âme à la périphérie de l'esprit, comme un élément en nous mais pas comme le centre ou le dirigeant.
Nous devons, coûte que coûte, trouver notre esprit humain : l'esprit pacifique quand l'âme est troublée, joyeux quand l'âme est triste, plein de charité lorsqu'elle est irritée et agacée.
Pourquoi ? Parce que l'esprit de l'homme est le lieu de la rencontre unique entre L'Esprit-Saint et nous, l'autel et le Temple du Très Haut.


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# Posté le vendredi 01 février 2008 12:17

Les moines artisans de Tiron - ch.1. Le premier grand Bernard par Francine B.

 Les moines artisans de Tiron - ch.1. Le premier grand Bernard   par  Francine B.
Introduction

S'il est une question que bien des historiens et des Franc-maçons n'ont jamais pu trancher, c'est bien celle des origines de l'art spéculatif de la « Géométrie », c'est-à-dire la Franc-maçonnerie. Bien des chercheurs croient que tout a débuté à Kilwinning, Écosse, au XIIe siècle, mais c'est à peu près le seul point sur lequel tous sont d'accord. Les premiers maçons de Kilwinning étaient-ils d'origine française ou italienne ? Leur tradition fut-elle l'héritage des collèges romains de l'Antiquité, ou celui des guildes d'artisans médiévales ? Les premiers maçons « francs » étaient-ils sous la direction spirituelle de moines ? Comment et où ont-ils appris les secrets du métier ? Ont-ils été transmis de père en fils, ou de maître en novice ?

Nos recherches de même que notre travail sur le terrain nous permettent aujourd'hui de proposer une nouvelle thèse qui répond de manière plausible à plusieurs de ces questions. Tel que le démontre notre étude, les maçons qui ont construit l'Abbaye de Kilwinning et d'autres grands monastères en Écosse, France, Irlande, Angleterre et au pays de Galles étaient des moines d'un genre très particulier : ils étaient des Bénédictins réformistes qui, tout en défendant « l'Église libre » de Bretagne, avaient adopté le rite celtique.

Ces moines étaient des maîtres artisans de tous les métiers : architectes, constructeurs de ponts, peintres, tailleurs de pierre, charpentiers, sculpteurs (bois et pierre), orfèvres, forgerons, etc. Toutefois, ces moines artisans n'ont laissé aucune trace ni signature pouvant les identifier car ils travaillaient dans le silence, l'anonymat et l'humilité absolue - et uniquement pour la glorification de Dieu. C'est ainsi que de nombreuses réalisations architecturales dont ils furent les concepteurs et maîtres d'œuvre furent attribuées par erreur ou par ignorance à d'autres artisans plus expressifs ou plus 'visibles'.

Le premier grand Bernard

Vous n'avez probablement jamais entendu son nom. Il naquit en 1046 dans un petit village près d'Abbeville, dans le comté de Ponthieu (Somme), en France. Pour cette raison, on l'a souvent surnommé Bernard de Ponthieu ou Bernard d'Abbeville. Mais il se fit connaître davantage en tant que Bernard de Tiron, du nom de la forêt, non loin de Chartres, où il fonda son Abbatia Sanctae Trinitatis de Tirone (Abbaye de la Sainte Trinité de Tiron) en 1109.

Bernard est décédé le 25 avril 1118, selon Mabillon, après avoir créé un ordre monastique très particulier en 1105. Bernard de Tiron et Bernard de Clairvaux, né 44 ans plus tard, avaient bien des choses en commun : hommes d'exception, les deux moines, très pieux, étaient engagés dans la réforme de l'Ordre de Saint-Benoît. Mais là s'arrête toute ressemblance. Le premier Bernard, plus discret, avait une vision de l'Église complètement différente de celle du fameux moine de Clairvaux.

Bernard avait environ 20 ans lorsqu'il fut admis dans l'ordre bénédictin à l'abbaye de Saint-Cyprien-lès-Poitiers. Il quitta l'ordre définitivement en 1101, lorsque l'abbé de Cluny, avec l'appui de Pascal II, rejeta sa nomination au poste d'abbé de Saint-Cyprien. C'était l'époque des premiers moines réformistes qui ont quitté l'Ordre de Cluny en dénonçant son laxisme et sa corruption. Saint Pierre Damian, contemporain de Bernard de Tiron, docteur de l'Église et Cardinal d'Ostia, avait déclaré que la Règle de saint Benoît fut écrite pour les débutants, et que les aînés et les maîtres devaient se retirer du monde et s'isoler, à l'exemple des Pères du désert, pour poursuivre leur quête de perfection.

Bernard suivit l'exemple des Pères du désert dès son départ de Saint-Cyprien. Sous le pseudonyme de Guillaume, il vécut en solitaire durant plusieurs années dans la forêt bretonne de Craon (Fougères, Mayenne), où il rejoignit la petite communauté de chanoines et d'ermites de La Roë (La Roue), fondée vers 1095. C'est là qu'il fit la rencontre du Ropartz (Robert) d'Arbrissel, Raoul de la Futaie, et Vitalis de Mortain, et qu'un autre ermite du nom de Pierre lui aurait appris l'art de tourner sur bois. Ils vécurent dans des cellules séparées, faisant pénitence, retirés du monde et dans la plus grande pauvreté.Leur refuge qui attira un nombre considérable de nouveaux disciples, fut vite comparé à une « nouvelle Égypte ». (1) Trois ans plus tard, Bernard quitta La Roë pour vivre dans la solitude la plus complète dans les îles Chausey, non loin de Saint-Malo. Il y resta deux ou trois ans avant de regagner la forêt de Craon. Puis, en 1100, Renaud, abbé de Saint-Cyprien, le choisissait pour lui succéder, une expérience difficile et de courte durée qui prit fin lorsque Bernard renonça à sa nomination et se retira de nouveau en Mayenne.En 1105, Bernard, suivi de ses disciples, prit la route du Perche pour y établir un nouveau monastère, comme le firent ses confrères Arbrissel à Fontevraud (1101) et Mortain à Savigny (1112).

À première vue, les moines de Tiron, aussi appelés Tironiens (parfois Tyronisiens), ressemblaient aux Cisterciens, les « moines blancs » de Cîteaux. Leurs fondateurs respectifs avaient vivement dénoncé le relâchement spirituel et temporel des moines de Cluny et les deux croyaient nécessaire de se conformer à la rigueur ascétique et à l'humilité des premiers Bénédictins. Mais c'est à peu près le seul point de convergence entre les deux ordres monastiques. On constate d'importantes différences « culturelles », politiques et spirituelles qui peuvent expliquer pourquoi un ordre devint si puissant et réputé alors que l'autre est à peine mentionné dans les livres d'histoire.

Notes:

(1). A History of the Cistercian Order, by Louis J. Lekai, S.O. cist., , Ph.D., Chapter 3: The White Monks, page 13, Cistercian Abbey of Our Lady of Spring Bank, Sparte, Wisconsin, 1953, sur http://www.monksonline.org/chapter1fromwhitemonks.html


© 2005 The Steps of Zion/Life Exploration Institute, AZ (USA) - Version française de The Great Architects of Tiron par F. Bernier, 10 avril 2005, rév. novembre 2007
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# Posté le vendredi 01 février 2008 22:19
Modifié le samedi 02 février 2008 11:02

Les moines artisans de Tiron - ch.2. Le moine rebelle par Francine B.

 Les moines artisans de Tiron - ch.2. Le moine rebelle   par  Francine B.
Dès le début, l'histoire de Tiron est marquée par un douloureux conflit qui a poussé Bernard à se séparer du « corps mystique du Christ », l'organisation sociale de l'Église catholique romaine. En effet, en quittant Saint-Cyprien en 1101, Bernard marquait sa révolte face à Cluny et à la suprématie du clergé romain, ce qui explique que son ordre monastique a pu survivre et même prospérer en Écosse, pays de culture celtique, jusqu'à la Réforme du XVIe siècle. En comparaison, les moines cisterciens, particulièrement sous Bernard de Clairvaux, sont rapidement devenus la plus puissante armée spirituelle de l'Église catholique romaine, surtout en France et en Angleterre.

Il est important de souligner que du IXe au XIe siècle, et toujours à l'époque de Bernard de Tiron, il y eut une longue lutte visant à rétablir en Bretagne les anciens diocèses bretons – principalement ceux de Dol, Rennes et Saint-Malo – et à libérer l'Église de Bretagne de la tutelle de l'Archidiocèse romain de Tours. C'est dans ce contexte précis, en 1100, que Bernard fut nommé, abbé de Saint-Cyprien : à cette époque, Saint-Cyprien était « libre », indépendante de l'autorité de Cluny, en parallèle de « l'Église libre » de Bretagne ; et Renaud, abbé de Saint-Cyprien, et son successeur Bernard voulaient maintenir cette autonomie. Cela ne dura pas : quatre ans plus tard, les Clunisiens reçurent l'appui de Pascal II et placèrent Saint-Cyprien sous l'autorité de Cluny. Bernard se rendit à Rome et plaida sa cause auprès du pape qui demeura sourd et insensible.C'est alors que Bernard invoqua la justice de Dieu, plus haute et souveraine que celle du pape, citant même Pascal II devant le Tout-Puissant - Papad ad divinum judicium provocavit. D'abord furieux, le pape finit par se laisser convaincre. L'abbaye conserverait son autonomie au sein de l'église libre de Bretagne, mais cela ne dura que quelques années. Peu après la démission de Bernard en 1105, les moines de Saint-Cyprien furent forcés d'intégrer l'ordre de Cluny. (2)

Il est bien probable que Bernard fusse considéré hérétique, non seulement parce qu'il avait tenu tête au pape, mais aussi parce qu'il défendait la souveraineté de la primitive église chrétienne. L'historien A. J. Wylie (1886) résume bien la situation :

« Le XIIe siècle, particulièrement en Écosse et en Bretagne, fut un temps où deux églises chrétiennes d'origines différentes, l'Église romaine et l'ancien Rite celtique, se disputaient le territoire. Ce fut une époque où se côtoyaient culdéisme et romanisme. Les deux se souvent même mélangés dans le même monastère, et les croyances religieuses du pays devinrent un amalgame de doctrines et de superstitions orales, avec quelques vérités bibliques. » (3)

Tout cela indique que Bernard de Tiron ne reconnaissait pas l'autorité de Cluny sur l'Église de Bretagne, ni sur les préoccupations du clergé local. Plus significatif est le fait que Bernard, fidèle à l'esprit celtique et gallican, ne craignait pas de confronter le pape et de défendre ses droits à l'autonomie, non seulement à Saint-Cyprien, mais aussi plus tard à Tiron. Ni son ordre ni son abbaye n'allait jamais se soumettrait à Cluny.

Ayant renoncé à son titre d'abbé en 1105, Bernard quitta Saint-Cyprien pour fonder l'un des premiers ordres monastiques de stricte observance, l'Ordre de Tiron, avec la ferme intention de revenir à l'ascétisme rigoureux des premiers Bénédictins, conformément à la Règle de vie de Saint Benoît. En 1107, Rotrou II le Grand (env. 1078-1144), Comte de Perche, qui avait participé à la Reconquista, la première Croisade en Palestine, donna à Bernard les terres dont il avait besoin pour fonder son premier monastère, dans la forêt de Tiron. Forcé de s'éloigner des Clunisiens de Nogent-le-Roi en 1114, Bernard et ses moines s'installèrent finalement dans la paroisse voisine de Gardais, sur des terres données par Yves, évêque de Chartres. (4)

Quelques années après leur établissement à Tiron, Bernard et ses moines furent invités par David Ier à s'installer en Écosse et, en 1113, prirent possession de leur premier monastère à Selkirk (Selecherche) (5) , dans la forêt d'Ettrick, non loin de la frontière anglaise.

« Alors qu'il était encore Comte de Cumbria et du Lothian, [David] fit venir des moines bénédictins de France à Selkirk ainsi que des chanoines augustins à Jedburgh, tout en rétablissant l'ancien évêché de Glasgow qui avait été fondé par saint Kentigern. » (6)

En 1115, les moines tironiens avaient déjà gagné le respect de l'ensemble de la noblesse française, écossaise et anglaise et possédaient douze abbayes et 28 prieurés dans 22 paroisses. À la fin du XIIe siècle, ils possédaient 117 établissements en France et dans les Îles Britanniques.

Après Selkirk, les moines de Tiron érigèrent quelques-unes des plus puissantes abbayes d'Écosse, certaines royales, incluant Notre-Dame de Roxburgh à Kelso (1128-1143) ; Kilwinning (1140-1162), berceau légendaire de la Franc-maçonnerie ; Arbroath (1178 à 1197) ; et Lindores (1190). Les dépendances tironiennes comprenaient le Prieuré de Fyvie, sous Arbroath, le Prieuré de Fogo, dans le Berwickshire, et celui de Lesmahagow (pour saint Machutus, ou saint Malo), dans le Sud du Lanarkshire. Ces deux derniers monastères relevaient de l'Abbaye de Kelso.

Réputés pour leurs compétences en architecture et leur caractère celtique, les moines de Tiron sont rapidement devenus l'un des ordres monastiques préférés du roi David, probablement parce qu'ils constituaient à eux seuls une solution acceptable permettant la transition, voire la juxtaposition, des rites celtique et romain, ou du moins une romanisation en douceur de l'ancienne Église culdéenne d'Écosse. En outre, les Irlandais, Écossais, Bretons et Gallois (ou Gaéliques), étant des cousins de langue et de culture, avaient en commun de nombreux éléments touchant leur organisation sociale et religieuse d'un point de vue juridique, historique et politique, ainsi qu'une même préoccupation pour les arts et les métiers.

C'est la Reine Margaret, mère de David Ier, éventuellement béatifiée, qui fut à l'origine de la romanisation de l'Écosse visant à supprimer toute trace de « l'hérésie culdéenne » en Écosse. L'intention était de transformer le système de l'Église celtique conformément au modèle diocésain romain et de soumettre les Culdéens (de Céli Dé, « compagnons » or « serviteurs de Dieu ») aux canons de l'Église catholique de Rome. Mais tout ne se passa pas exactement comme prévu.

Les Scots ont toujours cru que les Culdéens avaient préservé le Christianisme des origines contre toute corruption romaine. Ne désirant pas employer la force envers les aînés de l'Église celtique d'Écosse ni détruire ce que l'on considérait l'héritage distinctif des Écossais, David préféra la voie diplomatique. Il fit appel à plusieurs ordres religieux réformés qui pouvaient faciliter la mise en place d'une nouvelle Église écossaise. L'un des premiers groupes que David considéra fut l'Ordre de Tiron. En tant que Bretons, et donc cousins des Gaëls et des Scots, les moines de Tiron pouvaient facilement s'intégrer aux communautés et apprécier l'histoire et les coutumes de l'ancien système culdéen. Parallèlement, ceux parmi les Culdéens qui allaient choisir d'intégrer la communauté tironienne perdraient leurs droits et leur souveraineté, mais ils allaient ainsi pouvoir conserver leur héritage culturel et spirituel. C'est cette fusion de deux traditions chrétiennes qui distinguait les Tironiens de tous les autres ordres réformés, du moins en Écosse.

Alors que l'ancienne Église de Bretagne perdait son autonomie au profit du puissant clergé romain, les abbayes tironiennes d'Écosse, indépendantes et suffisamment éloignées du Saint Siège, acquéraient rapidement pouvoirs, prestige et fortune, tout en devenant des sanctuaires pour les « hérétiques » de l'Église culdéenne.

Comme le mentionne John Yarker, dans The Arcane Schools (1909), « Il est important de noter que le système culdéen exista en Écosse durant plusieurs siècles après la Conquête des Normands, et qu'il ne semble pas avoir disparu non plus en Irlande. » Citant Sir James Dalrymple, Yarker poursuit : « Les Culdéens sont demeurés unis jusqu'au début du XIVe siècle en Écosse. » (7) Or, de toute évidence, bon nombre de leurs usages et coutumes ont été sauvegardés jusqu'à la Réforme (1560) au sein de plusieurs grandes abbayes, et celle de Kilwinning fut probablement l'un de ces conservatoires.

« Kilwinning : Situé dans le Ayrshire, en Écosse, dans la ville du même nom, où une église, dit-on, fut érigée au début du VIIIe siècle par saint Winning. . . que certains historiens identifient comme étant Finnan de Moville, un saint irlandais qui a vécu à une date antérieure. Selon d'autres spécialistes, il s'agi-rait de Vynnyn, originaire du Pays de Galles, alors que le bréviaire d'Aberdeen (publié en 1507) dit qu'il naquit en Écosse. Chose sûre, il y avait une église chrétienne à Kilwinning de même qu'un monastère culdéen plusieurs siècles avant qu'Hugh de Morville, constable d'Écosse et grand magnat territorial du district, n'y fonde une maison bénédictine entre 1140 et 1162. » (8)

Lorsque les Tironiens sont arrivés à Kilwinning, possiblement dès 1128, une petite communauté de culdéens occupait toujours les lieux. Mais selon tous les documents qui nous sont parvenus aujourd'hui, ces Culdéens sont disparus peu après l'arrivée des moines de Tiron. Ce n'est pas l'effet du hasard : il était de la mission des Tironiens d'accepter les Culdéens dans leurs cloîtres et de permettre leur sécularisation graduelle et non de les chasser ou les éliminer. Par contre, ce sont les Tironiens de l'Abbaye d'Arbroath (de Aberbrothock), fondée en 1178, qui bénéficièrent de la plus grande part des droits et des traditions des Culdéens :

« Les Abernethy sont les descendants des abbés héréditaires du monastère culdéen établi à Abernethy. . . Les Abernethy jouissaient du droit d'inaugurer le roi des Scots à titre de représentants ecclésiastiques de la branche de Fife des disciples de saint Colomba. Entre 1189 et 1196, l'église d'Abernethy fut octroyée à l'Abbaye d'Arbroath. . . par Guillaume Ier (de la lignée de David Ier et des disciples de saint Colomba) en tant que centre d'un nouvel ordre [religieux], parallèlement à la sécularisation des anciens monastères celtiques, une tâche achevée vers l'année 1300 sous le roi Robert de Bruce. C'est à cette époque que Lawrence, fils d'Orm de Abirnythy [sic], céda à l'église et aux moines d'Arbroath son plein droit à titre de 'advowson' [advocatus, avoué, défenseur moral et légal] de l'Église d'Abernethy. » (9)

Terminée en 1233, l'Abbaye d'Arbroath devint l'un des plus puissants monastères d'Écosse. Elle reçut des dons de grande valeur, non seulement de Guillaume Ier mais aussi de nombreux princes et barons. Les moines tironiens d'Arbroath bénéficièrent aussi de privilèges spéciaux :

« Ils furent exemptés [de l'obligation] d'assister aux synodes annuels; ils eurent la garde du Brecbennach, bannière consacrée de Colomba d'Iona; ils obtinrent, par une bulle du Pape Bénédicte signée à Avignon, le droit de porter la mitre; et, dans certains cas, ils devinrent les ecclésiastiques les plus importants du royaume. » (10)

Le fait qu'on confia aux moines tironiens d'Arbroath le Brecbennach (ou Brachbennach et, en gaélique, Breac-bannoch, signifiant « pointu et tacheté ») est très significatif. Ce précieux objet était le symbole le plus puissant et visible de l'Église post-colombaniste. Originaire d'Iona, cette petite boîte en forme d'arche, daté du VIIIe siècle aurait contenu une relique de Colomba, le « saint guerrier », mais il est plus probable qu'il s'agissait d'un chrismatorium, un vase sacré miniature contenant les huiles sacrées ou les hosties. De la grosseur d'une petite prune, ce petit coffre portatif était suspendu au cou d'une personne chargée de le garder, habituellement un moine. Celui-ci fut même paradé devant les Scots avant de prendre part à des batailles contre les Anglais, dont celle de Bannockburn en 1314. En 1211, Guillaume Ier confia donc la garde de ce précieux symbole aux moines d'Arbroath, leur octroyant du même coup les terres de Forglen en remerciement pour « les services rendus à l'armée royale. » (11)

Étant socialement, politiquement et culturellement compatibles, les moines d'origine bretonne ne pouvaient que bien s'entendre avec les Culdéens d'Écosse sans chercher à les faire disparaître. En fait, les moines de Tiron avaient plutôt pour tâche de contribuer à la définition d'une nouvelle église écossaise qui, tout en étant fondée sur un système épiscopal romanisé, ne compromettrait pas la culture et la spiritualité celtiques du pays. Cela explique pourquoi les disciples de l'ancienne église culdéenne ont toujours respecté les Tironiens, allant jusqu'à leur concéder des privilèges inestimables :

« Le monastère de Brechin existait sous David Ier, le promoteur des bourgs royaux (1123-53,) et suite à l'érection du siège épiscopal, l'ancienne communauté culdéenne devint la loge électorale du nouvel évêché; l'abbé de Brechin, devenu séculier, légua à ses enfants les terres que ses prédécesseurs avaient détenues au nom de l'Église et l'un d'eux, à l'époque de Guillaume Ier (1165-1214), donna certaines de ces terres aux moines d'Arbroath. » (12)

Les moines artisans de Tiron doivent sans doute leur succès auprès des aînés de l'Église culdéenne d'Écosse à leur propre héritage celtique. En outre, plusieurs indices suggèrent qu'ils n'étaient pas les Bénédictins réformistes de stricte observance que l'Église catholique romaine a voulu nous faire croire. Quelques historiens, dont John Yarker, ont soupçonné les moines de Tiron d'avoir abandonné la liturgie romaine en faveur du Rite celtique, peut-être en secret pour éviter la critique et la persécution. Cependant, aucun historien n'a jamais trouvé un seul élément de preuve confirmant leur hypothèse. Or, en février 2005, nous en avons trouvé un indice éloquent dont l'authenticité ne fait aucun doute : un portrait de Bernard de Tiron, peint vers 1135 par l'un de ses disciples, montrant Bernardus Abbas portant la tonsure celtique, se tenant debout sous une arche entre deux colonnes - une représentation pratiquement identique à une illustration d'un moine irlandais du VIIIe siècle. Ce portrait de Bernard se trouve dans la chapelle du prieuré tironien de Notre-Dame d'Yron, fondé en 1115 par Agnès de Montigny, dans le village de Cloyes-sur-le-Loir, à quelque 40 km de Chartres. (13)

La tonsure particulière de Bernard de Tiron peut paraître sans importance, mais c'est là un détail hautement significatif sur le plan historique puisqu'il prouve que Bernard adhérait au rite celtique. En adoptant ce style de coiffure, Bernard affichait son opposition au Rite catholique romain et ce, probablement sous la protection du Duché de Bretagne et du diocèse de Dol, issu de l'ancienne Église bretonne.

Il est difficile de dire quand Bernard a adopté la tonsure celtique, mais il semble qu'il ne fut pas le seul: dans une lettre, Marbode, évêque de Rennes, écrit que le breton Robert d'Arbrissel portait « un cilice sur la peau, vêtu d'une robe usée et trouée, nu à mi-jambe, la barbe inculte, cheveux rasés sur le front, marchant pieds nus parmi la foule et cherchant à se donner en spectacle dans un appareil rappelant celui des vagabonds ». (14) Cependant on ne trouve nulle part dans l'iconographie catholique romaine une représentation d'Arbrissel portant la tonsure des hérétiques. Il est probable que le clergé romain ait effacé de la mémoire collective ce détail si significatif car il démontre que les ermites de la forêt de Craon n'obéissaient pas à l'Église de Rome.

Notes:


(2). Histoire littéraire de France, où l'on traite de l'origine et du progrès, de la décadence et du rétablissement des sciences parmi les Gaulois et parmi les François, Congrégation de Saint-Maur; Tome X, « Qui comprend la suite du douzième siècle de l'Église jusqu'à l'an 1124, par des religieux bénédictins de la Congrégation de S. Maur »; nouvelle édition (1995), conforme à la précédente (1868) et revue par M. Paulin Paris; sous Robert de Tyron, p. 212-214; sur Gallica, Bibliothèque nationale de France http://gallica.bnf.fr

(3). History of the Scottish Nation, Vol. III: From the Union of Scots and Picts, A.D. 843, to Death of Alexander III, A.D. 1286; by Rev. J.A. Wylie, LL.D. , London: Hamilton, Adams & Co., Edinburgh 1886

(4). Yves, évêque de Chartres, signa la charte de fondation de l'abbaye de Tiron le 3 février 1114. Vers 1122, Rotrou donna à Vitalis de Mortain les terres de La Trappe et contrairement à ce que prétendit Albert Mackey, le monastère de La trappe ne fut pas fondé en 1140 par « ce dévot des sociétés secrètes, le comte de la Perche », mais érigé en abbaye cette année-là.

(5). Dans le Cartulaire de l'Abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron 1114-1140 (Société archéologique d'Eure-et-Loir, Tome I, Chartres, 1883, page 119), Lucien Merlet se réfère à un census de 1516 qui mentionne l'existence d'une « abbaye de Selecherche' » dans le Cumberland, Angleterre, et dont on aurait perdu toute trace. Il s'agit en fait de l'abbaye de Selkirk, en Écosse.

(6). Article sous “Scotland”, By D.O. Hunter-Blair, The Catholic Encyclopedia, Volume XIII, 1912 by Robert Appleton Company, Nihil Obstat, February 1, 1912. Remy Lafort, D.D., Censor, Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York, Online Edition 2003 de K. Knight

(7). The Arcane Schools: A review of their origin and antiquity; with a general history of Freemasonry, and its relation to the theosophic, scientific and philosophic mysteries, by J. Yarker; Chapter VIII: Masonry in Saxon England. Belfast: 1909

(8). Article sur l'Abbaye de Kilwinning par D.O. Hunter-Blair, dans The Catholic Encyclopedia, Volume VIII, Robert Appleton Company 1910. Online Edition 2003 de K. Knight

(9). Clans and Families of Ireland and Scotland, An Ethnography of the Gael A.D. 500 – 1750, par C. Thomas Cairney, Ph.D, Part IX: The Gaels, Willow Bend Books, 1989

(10). Arbroath, a historical perspective drawn from the Ordnance Gazetteer of Scotland: A Survey of Scottish Topography, Statistical, Biographical and Historical, éd. Francis H. Groome, publié originalement en partie par Thomas C. Jack, Grange Publishing Works, à Édinbourg, entre 1882 et 1885; sur le site de The Gazetteer for Scotland, http://www.geo.ed.ac.uk/scotgaz/gaztitle.html
(11). Clans and Families of Ireland and Scotland, An Ethnography of the Gael A.D. 500 – 1750, Part IX: The Gaels, by C. Thomas Cairney, Willow Bend Books, 1989

(12). C. Thomas Cairney (1989), citant Eccl. Surname (1871). Note : Abernethy, Aberbrothock (Arbroath), Montrose, Arbirlot, Brechin, St. Andrews, Dornoch, Dunkeld, Applecross, Dunfermline, Mortlach, Blairgowrie, Ratho, Dull, Tirriff, Kinghorn et Lesmahagow constituaient les principales branches de la grande famille culdéenne en Écosse. Les moines de Tiron héritèrent des droits, trésors et privilèges de quatre des plus importants centres culdéens : Brechin, Abernethy, Arbroath et Lesmahagow. Ils ont aussi accueilli dans leurs cloîtres bon nombre de Culdéens de tradition colombaniste.

(13). Photos et informations sur la chapelle : http://www.cloyes-sur-le-loir.com

(14). Fontevraud et ses prieurés, Amans Aussibal, collection Zodiaque des moines de la Pierre qui Vire, n°154, octobre 1987, cité dans « Les ordres religieux en Limousin du XIe au XVIIIe siècle - Fontevraud » de Michel Fougerat, publié sur http://pagesperso-orange.fr/grandmont/index.html


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# Posté le vendredi 01 février 2008 22:26
Modifié le samedi 02 février 2008 11:02

Les moines artisans de Tiron - ch.3. La tonsure du magicien, symbole de liberté par Francine B.

 Les moines artisans de Tiron - ch.3. La tonsure du magicien, symbole de liberté   par  Francine B.
Les rites celtique et romain différaient sur plusieurs points importants relatifs à la liturgie, l'organisation sociale de l'Église et l'environnement culturel. (15) En fait, de l'avis de nombreux spécialistes, il y a peu de doute que le rite celtique tel que pratiqué en Gaule ait été importé directement d'Orient dès le IIe siècle. C'est du moins ce que suggèrent l'importance accordée par les religieux à l'ascétisme et aux pèlerinages et la grande autonomie des monastères, tous dirigés par des abbés, contrairement au système paroissial et épiscopal de l'Église romaine. (16)

Durant les VIIe et VIIIe siècles, la tonsure fut l'une des principales sources de controverse entre les églises celtique, orientale et romaine (les autres points de divergence touchaient la date de Pâques, le baptême, l'ordination des évêques et la consécration des églises). Dans le rite latin de l'Église catholique de Rome, la tonsure symbolisait la réception d'une personne au sein du clergé ; le tonsuré dont le dessus du crâne était rasé ne portait qu'une couronne de cheveux en symbole de la couronne d'épines du Christ. Dans l'Église orthodoxe d'Orient, les religieux portaient la « tonsure de saint Paul » : ils avaient le crâne entièrement rasé. Enfin, dans le rite celtique, on ne rasait que l'avant du crâne d'une oreille à l'autre en gardant les cheveux longs à l'arrière.

L'origine de la tonsure celtique demeure inconnue à ce jour. Certains ont prétendu qu'on la devait peut-être aux druides d'Irlande et de Bretagne (17) qui avaient une pratique identique. Mais au XIIe siècle, à l'époque de Bernard de Tiron, la tonsure celtique était un signe clair et net d'opposition au clergé romain : depuis le VIIe siècle, on l'appelait tonsura magorum (« tonsure des magiciens », de magus, un terme équivalant à druide) (18) , surnommée plus tard tonsura Simonis Magi par le clergé romain qui associait l'origine de cette singulière tonsure à Simon Magus, le « premier hérétique » et adversaire de saint Pierre. De nombreux moines de tradition irlandaise contestaient cette affirmation et prétendaient que leurs pratiques, incluant la tonsure, étaient issues de l'autorité de saint Jean l'apôtre, de l'église d'Éphèse (Asie Mineure). (19) Il est probable que l'expression tonsura Simonis Magi ait été inventée afin de suggérer l'hérésie chez ceux qui portaient ce type de tonsure. Par contre, de nombreux manuscrits révèlent que saint Columbanus (543-615), autre moine irlandais qui devint abbé de Luxeuil et de Bibbio, portait cette tonsure lorsqu'il est arrivé en France, tout comme saint Samson, fondateur de l'évêché de Dol en Bretagne, qui avait rapporté des îles britanniques les pénitentiels celtiques et la méthode de calcul de la date de Pâques.

Il faut savoir que le crime de simonie (acheter des faveurs surnaturelles) fut appelé ainsi par l'Église de Rome en mémoire de Simon Magus dont la conversion ne résultait pas d'une réelle foi dans le Christ mais d'un désir d'obtenir des pouvoirs magiques et d'accroître son influence. Simon avait offert de l'argent à Pierre et Jean pour se faire baptiser dans l'espoir d'être investi du pouvoir magique du Saint Esprit (Actes, 8:9-29) et d'être en mesure de faire des miracles. La simonie fut longtemps décriée par la majorité des auteurs ecclésiastiques du Moyen Âge comme étant le « crime le plus abominable qui soit ». D'ailleurs, au IXe siècle, les moines de la région de Dol furent accusés faussement de simonie après s'être opposés à Nomenoë qui voulait être sacré roi de Bretagne.

Comme on peut le constater, toute association, même en nom, avec Simon Magus suggérait l'hérésie. En ce sens, la tonsura Simonis Magi classait les moines de tradition irlandaise dans la catégorie des 'insoumis' ou hérétiques aux yeux du clergé romain. Mais tant et aussi longtemps que l'Église de Gaule demeurait autonome et indépendante de l'autorité de Rome, comme ce fut longtemps le cas en Bretagne, les moines de tradition irlandaise n'avaient rien à craindre, particulièrement ceux qui vivaient au fond des bois, loin du clergé romain.

La tonsure celtique était un puissant symbole rappelant la liberté et les origines non romaines de l'Église chrétienne de Gaule. Elle marquait ses frontières territoriales et ethniques de même que son indépendance religieuse et politique, des acquis qui allaient s'estomper progressivement suite au Synode de Whitby qui eut lieu en 664. C'est au cours de ce bruyant synode que la controverse relative à la tonsure et au calcul de la date de Pâques fut soulevée. En fait, Whitby marqua le début de la fin de l'Église celtique, avec l'imposition du rite latin et la soumission graduelle à l'autorité de Rome. Ce fut le moment de confrontation de deux traditions, l'une orale et l'autre écrite, représentant des cultures distinctes et des systèmes symboliques nettement différents. (20)

Une bonne part du conflit résidait dans le fait que les moines de la tradition irlandaise avaient considérablement plus de pouvoir et d'autorité sur le culte des communautés locales que n'en avaient les représentants de la lointaine Église de Rome. Il en était de même pour les rois qui avaient un pouvoir décisionnel important sur les pratiques spirituelles de leurs sujets. Bref, les Celtes chrétiens de Bretagne, d'Irlande, du Pays de Galles et d'Écosse revendiquaient une souveraineté absolue en matière de destinée spirituelle à l'intérieur de leurs territoires – et la tonsure celtique était symbolique de cette liberté.

Dans son essai historique Excursus on the Pascal Controversy and Tonsure (publié dans son Opera Historica sur Bede, Oxford, en 1898) (21), Charles Plummer affirme que la tonsure était issue de la croyance romaine selon laquelle les cheveux longs étaient l'apanage de l'homme affranchi, la couronne de cheveux était le symbole du maître, et le crâne rasé, la marque de l'esclave. D'ailleurs, les Romains ordonnaient souvent que les Chrétiens soient rasés comme des esclaves afin de les humilier. Par la suite, certains moines du clergé romain ont commencé à se raser entièrement le crâne pour s'identifier comme « esclaves du Christ ». En comparaison, pour les Celtes qui préféraient se dire « serviteurs du Christ », l'humilité était l'une des plus grandes vertus et, de ce fait, le symbolisme traditionnel de leur tonsure devait être maintenu. D'un autre côté, les religieux de la tradition irlandaise se disaient des « hommes libres » de l'Église celtique. D'une certaine manière, le rasage de l'avant de la tête était pour eux un symbole d'humilité et d'obéissance – voire d'obédience celtique – alors que la chevelure longue à l'arrière pouvait représenter leur liberté et leur indépendance vis-à-vis les « maîtres romains » . En effet, lors du Synode de Whitby, le clergé romain avait déjà adopté la couronne de cheveux, prétendant qu'elle était symbolique de la couronne d'épines du Christ. Or, à l'origine, cette couronne de cheveux avait été portée par les aristocrates et membres de la classe dirigeante de la société romaine, comme César, de même que par les maîtres et propriétaires d'esclaves de l'Antiquité. Par conséquent, elle identifiait ceux qui la portaient comme des « maîtres » (du Christ) et non des « esclaves ». En ce sens, la tonsure romaine imposée par l'Église de Pierre au Synode de Whitby n'était pas une marque d'humilité et de soumission. On comprend mieux les enjeux et les implications symboliques qu'elle représentait aux yeux des « serviteurs de Dieu » qui, eux, adhéraient à la tradition non romaine de saint Jean, « l'apôtre bien aimé » de Jésus.

Bien que toute forme de tonsure ait été abolie en 1972 par le pape Paul VI, elle est toujours pratiquée de nos jours par certains ordres monastiques occidentaux, incluant les Chartreux et les Trappistes. Elle est également maintenue au sein de l'Église catholique orthodoxe d'Orient qui ne reconnaît plus l'autorité absolue de l'Église catholique romaine depuis le grand Schisme de 1054. Mais au XIIe siècle, tout religieux qui portait encore la tonsure celtique affirmait ouvertement son identité culturelle distincte et son opposition à la suprématie de l'Église de Rome sur la chrétienté. Ainsi, la curieuse tonsure des « serviteurs de Dieu » n'était rien de moins qu'une déclaration politique ouverte au clergé romain : c'était la reconnaissance des droits historiques et territoriaux d'une Église libre, et surtout la marque de l'affranchi qui n'obéissait qu'à sa propre conscience et ne prenait d'ordres que directement de Dieu, indépendamment du Saint Siège et de l'épiscopat romain.

Notes:

(15). Encore aujourd'hui, la spiritualité celtique diffère largement des principaux courants chrétiens. Elle est essentiellement panthéiste. Sur son site Web http://www.csif.org.nz/celtic/differences.html la Communauté de Sainte Ita et Saint Fillan écrit (notre traduction) : “Dieu peut être rencontré, entendu, ressenti partout et en toute chose, et pour cette raison, son culte véritable ne peut se retreindre aux quatre murs d'un édifice ou aux limites d'une tradition religieuse. Chaque brin d'herbe, chaque souffle de vent, chaque goutte de pluie, chaque vague de l'océan, chaque mouvement de la Terre, chaque coup d'aile d'un oiseau, chaque scintillement d'une étoile, chaque rayon de soleil... et chaque respiration humaine contient la vie même de Dieu.”

(16). The Celts and Christianity par Morgan O'Maolain, The Clannada na Gadelica: A Gaelic culture education facility, 1998, sur http://www.clannada.org/theology_christianity.php

(17). Les chrétientés celtiques par Christian Guyonvarc'h, sur :http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/les_chretientes_celtiques.asp

(18). Encore aujourd'hui la Bible gaélique écossaise utilise le terme druidhean (druide) pour désigner les mages dans Mathieu 2 :1-14.

(19). Selon la tradition de l'Église celtique, les premiers missionnaires chrétiens dans les Îles britanniques sont arrivés entre 75 et 80 après J-C. Disciples de l'Église de Saint Jean à Éphèse (Asie Mineure), ils adhéraient aux enseignements de Jean, incluant la célébration de Pâques à la même date que la Pâque juive. Voir http://www.csif.org.nz/celtic/history.html

(20). Celtic Tradition in Liturgical Practice: The Irish Synthesis, par Dr. Gail Justin, Instructional Technology, Manhattanville College, Purchase NY, sur http://faculty.mville.edu/justing/synthesis.htm

(21). Excursus on the Pascal Controversy and Tonsure, de Charles Plummer, dans Opera Historica, Oxford, 1896, et Bede's Ecclesiastical History of England, ed. Georges Bell & Sons, London 1907


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