Les Dames Ecossaises du Mont Thabor (de Jean Bossu) résumé par Cendrine B.

Les Dames Ecossaises du Mont Thabor (de Jean Bossu) résumé par Cendrine B.
Renaissance Traditionnelle N°5
Tome II Janvier 1971. p31



Une des plus illustres et prestigieuse loge féminine d'adoption s'avère avoir existée durant la période du premier empire et sous la restauration.

Il s'agit de la respectable loge « les Dames Ecossaises de la Colline du Mont Thabor »

Cette loge naquit le 7 juin, 3 mois après la loge « des Commandeurs du Mont Thabor », qui fut créée le premier mars 1808, à l'initiative du Grand Orient de France.

Cet atelier masculin compta un nombre important de frères qui s'inscriront dans l'histoire par leurs actions, ou, par leurs initiatives.
Ainsi, à titre d'exemple pendant le premier empire, on retrouve Monsieur Lacépède instaurateur de la légion d'honneur, le préfet de Cambry fondateur de l'académie celtique qui permis par la suite la société des antiquitaires, ou encore, sous la restauration on peut trouver, l'écrivain maçonnique Chemin-Dupontès, le général de Bellair, le médecin Anglais Morison de Greenfield...

A l'origine de cette loge d'adoption est le Frère Michel-Ange-Bernard De Mangourit qui travailla en tant que lieutenant au Présidial de Rennes. En 1812, il fut vénérable des commandeurs du Mont Thabor.
Cet homme contribua de manière importante à l'histoire de la maçonnerie, et, à la vie de celle-ci par ses écrits, par son implication, ou, par ses initiatives.
Ainsi, il fut grand officier du rite Ecossais philosophique, fonda la loge Saint Jean d'Ecosse créa et mis en application des rites tels que celui des sublimes Elus de la Vérité.

Par ailleurs, une hypothèse est émise quand à son implication dans la vie politique de l'époque, de surcroît lors de son enterrement en 1829, un hommage lui fut rendu par Félix Lepelletier, un babouviste.

Pour en revenir à la loge d'adoption, celle-ci dés sa création eut un grand maitre, le frère Mangourit qui associé à de nombreux frères dont le célèbre peintre Carbonnier vinrent veiller sur au moins la quinzaine de s½urs qui composaient celle-ci.

Le 5 octobre 1811, Adélaïde Giroust, grande aumônière hospitalière, épouse du commissaire ordonnateur Giroust passe à l'Orient Eternel.
A ce titre, une tenue funèbre avec des chants fut organisée, et, le grand maitre Mangourit lui rendit hommage, de plus, elle fut remplacée par une s½ur dans sa fonction.

Au demeurant, sur le fonctionnement de cet atelier, les autres membres féminins qui appartiennent à cette loge étaient plutôt issues d'un niveau social privilégié, et, avaient un lien de sang ou familiale avec les maçons. De plus, on relève que la plus jeune prêta serment au vu de sa jeunesse.
Par ailleurs, on peut consulter dans les registres un certain nombre de comptes rendus de cet atelier.
Ainsi, par exemple les offices tels que l'aiguille mystérieuse, la clé d'or, les corbeilles de fleurs, ou, encore le glaive symbolique sont tenus par ces dames.
.
Dans d'autres séances de 1809 à 1811, on note entre autre dans les archives de cette respectable loge, l'honneur fait en 1809, au « général chef de l'ordre » lors de sa lecture des esquisses de travaux ou des travaux à venir , et, de leur enregistrement, ainsi que des travaux de broderies. On peut lire l'absence lors d' une tenue, de Joséphine de Richepanse qui était indispensable lors des réceptions en raison de ses qualités de réassurance, mais faisant preuve également , de bienveillance et de fraternité. On constate en février 1811, la présence de frères qui participent activement à la vie de la loge en chantant lors de la tenue ou après le banquet en lisant des poèmes. Enfin, on voit le 15 mai 1811, la lecture des excuses d'une future récipiendaire ajournant sa future initiation en raison d'un problème de santé, ou alors, la réception d'une nouvelle s½ur de 26 ans habitant Paris...

Des lors, il est aisé de reconnaître l'insouciance qui dominait au sein de cette loge d'adoption.

Après la chute de l'empire, la loge se met en sommeil et reprend son activité à 21h, le 30 novembre 1819.

Il est à noter que pour visiter, il fallait faire la demande 8 jours à l'avance au frère Mangourit afin, d'en permettre l'organisation, et en aviser la Grande Maîtresse et son conseil.

Ainsi, lorsqu'on venait de manière régulière, il fallait s'affilier ou s'abonner. Par ailleurs, on ne connaît pas la date de cessation d'activité de cette loge.
Du reste, il est supposé que la loge d'adoption et celle des Commandeurs du Mont Thabor ne survécurent pas à la révolution de 1830.

Les sources de cet article qui demeure ouvert à toutes autres recherches appartiennent au Frère Baylot, et sont tirées du « registre de la dame secrétaire générale du souverain Chapitre Métropolitain des Dames Ecossaises du Mont Thabor » qui a été vendu avec la bibliothèque du château Le Brigon à Amsterdam.

_______________________________________________________________________

Rappels :

Présidial
: est un tribunal de justice de l'ancien régime créé au XVI siècle. Celui ci fut fondé par Henri II en 1551 lors de la réforme de son système judiciaire. Ce tribunal se situait entre le bailliage (cours royale et le parlement et statuait suivant leurs importances sur les affaires civiles.

Michel-Ange-Bernard De Mangourit 1752-1829 .

Babouviste : Mouvement post révolutionnaire qui Désigne la tentative de renversement du Directoire (1796) dans un contexte d'exaspération sociale due à la vie chère. On parle de conjuration des égaux ou « babouvistes » militent dans la clandestinité.

Période de l'empire : 18 mai 1804-avril 1814.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le lundi 17 décembre 2007 02:41

Essai sur la chronologie des rituels du R.E.R pour les grades symboliques (de Roger Dachez et René Désaguliers) résumé par Paul V.

 Essai sur la chronologie des rituels du R.E.R pour les grades symboliques (de Roger Dachez et René Désaguliers)  résumé  par  Paul V.
Renaissance Traditionnelle
N°80 Tome XX Octobre 1989. p 286
&
N°81 Tome XXI Janvier 1990. p 1


Dans le cadre de l'étude de ces deux articles nous nous sommes intéressé à la comparaison du rituel du Rite Ecossais rectifié dit de « Crest » de 1782avec celui dit de La Triple Union de marseille de 1788.

Dans un premier temps j'ai cherché les similitudes, la coordination des textes. J'ai bien vite vu que c'était le résultat d'une évolution issue de la réforme de Dresde de 1774, jusqu'à la dernière révision approuvée par les frères Lyonnais du Directoire de la II me Province d'Auvergne, au Convent des Gaules du 25/07/1778. (RT n°80).

Il y a donc une chronologie de l'écriture de J.B. Willermoz « Eques ab Eremo » une évolution en fonction du temps et de l'histoire, cette maçonnerie qui partant de la Stricte Observance Templière fera le Régime Ecossais Rectifié, et qui fera franchir à Jean-Baptiste Willermoz et ses amis une rupture avec la Franc-Maçonnerie traditionnelle française de son époque. Une rupture avec son esprit, ses pratiques et sa vision des grades.

La rédaction des deux premiers grades fut approuvée pour le mois d'août 1774 par le chapitre provincial d'Auvergne. Celui du grade de maître fut également approuvé unanimement plus tard.
Une série de cahiers portant le titre D'ordre de la Stricte Observance 1775 (bibliothèque Municipale de Lyon Ms 5939) comprenant les trois grades bleus suivi de l'Ordre Intérieur l'Ecossais Vert.
La sources des rituels saute aux yeux , appelons ce rituel de « Dresde 1774 ».
Tout ne fut pas transmis aux frères et la Maçonnerie Française eut du mal à s'adapter car elle possédait une longue liste de Hauts Grades. Il ressort de tout ça une classe symbolique, les grades bleus ; une classe intermédiaire les Hauts grades ; l'Ordre intérieur l'écossais vert, novice écuyer et chevalier.

Il en reste les particularités du RER en loge par rapport la Franc-Maçonnerie française. Les trois bougies du Vénérable et des deux surveillants et celle du Secrétaire.
Les symbole du grade « Adhuc Stat, etc. » en loge de SOT. Les sept petits pas au premier grade (associés à l'obéissance, la discrétion, la constance, la charité, la bienfaisance, le courage et la fermeté à l'article de la mort, puis trois pas de la porte au tableau de loge. La lumière en deux fois et la différence la plus remarquable « Sic transit gloria mundi ».
Au 2eme grade le candidat fait deux fois le tour de la loge au lieu de trois fois au 1er grade.
On décèle déjà une grande volonté de coordination entre le texte et les emblèmes et toutes les parties du rituel aux trois grades.

En dehors des mots sacrés J et B constant en France au XVIII éme siècle. Les mots de passe sont Tubalcaïn, Schibboleth et Giblim. Une autre caractéristique c'est les instructions morales dont le développement sera une caractéristique du RER.

Les premières réformes

L'armature encore fruste des rituels apportés par la SOT ne put satisfaire les frères Lyonnais et Strasbourgeois. Après la mort des frères Weiller et Hund de la SOT, Willermoz eut écho des dissensions des doutes concernant l'origine Templière. JBW et les frères Lyonnais prirent l'initiative du Convent de Lyon d'octobre 1778 qui devais consacrer le RER. Le rédaction a débuté en 1777 peut-être 1776 les rituels sont plus détaillés et plus complets que ceux de 1775
On y voit apparaître les circonstances de la préparation du candidat, le rôle du frère préparateur en préliminaire. Les trois questions d'ordre sont introduites. Le déroulement de la cérémonie est modifié au différents grades. Au premier l'apprenti ne fait qu'une fois le tour de la loge, les sept petits pas de 1775 sont fait au deuxième grade, en 1778 le mots de giblim passe du grade de maître à celui de compagnon. Enfin on constate un développement de l'explication de l'instruction. Le tableau de loge porte à chaque grade des enceintes différentes. Les maximes du grade sont aussi introduites à Lyon avec suppression des châtiments physiques de vengeances. On indique également l'ouverture des travaux par le Vénérable Maître, l'épée la pointe haute le pommeau sur la table.

Les voyages

L'apprenti fera trois voyages, les maximes concluent chacun d'eux , il gagne l'ouest par trois pas au nord du tableau, il frappe trois coups selon la batterie de son grade.
Au deuxième grade le tableau est éclairé de six lumières disposées au centre : une devant le second surveillant, deux devant le premier surveillant, trois au coin méridional de l'orient. Le candidat fait trois tour de loge et reçoit la première maxime. Puis il accomplit deux tours supplémentaire soit cinq au total et reçoit la deuxième maxime. Il n'y a pas encore de troisième voyage dans cette version

La version du Convent de Wilhemsbad. Le 15 Juillet 1782.

Les Français qui avaient pris une part majeure lors de sa préparation, étaient décidés à faire triompher les thèses essentielles de la réforme de Lyon.
Premièrement le rejet de la filiation templière et la généralisation de l'Ordre des CBCS dont l'organisation et les rituels avaient été définis au Convent des Gaules. JBW assurant le Secrétariat.
Les sources ont été les grades Français rectifiés du convent de Lyon, les grades Suédois, ceux de la loge de Berlin, les anciens rituels allemands. Le controverse porta sur la constitution ternaire de l'homme au premier grade (RT N° 78). Ces rituels des trois grades sont trois cahiers de 24 pages, 9 pages, 11 pages format 21 x 33 cm qui portent le titre de « Rituel pour le Régime de la Maçonnerie Rectifié » rédigé au Convent général de l'ordre en Août 1782.

Des apports nouveaux font leur apparition le triangle à l'orient « Tenebrae eam non comprehenderunt ».
L'étoile flamboyante au deuxième grade derrière le Vble Maître à l'endroit où on plaçait le symbole du grade aux versions précédentes, ceux-ci trouvant leur place sur le devant du tapis de l'autel. Le Tableau a deux modifications : le tracé de la triple enceinte disparaît, au premier grade seul le J subsiste, le B n'étant ajouté qu'a l'ouverture du deuxième grade. Dès le premier il est précisé que les lumières sont neuf : trois du chandelier à trois branches sur l'autel d'orient, deux pour les Surveillants, une pour le Secrétaire et trois principales autour du tapis de loge. Ces flambeaux gardent les disposition fixées en 1778.
On fixe pour la première fois la liste des Officiers de la loge au nombre de huit , l'éléémosynaire n'est pas mentionné. Les bijoux sont décrits.
Trois nouveauté dans la cérémonie d'ouverture:

1. Protocole d'allumage des flambeaux en silence puis les Surveillants et le Secrétaire allument leurs bougies.
2. A la clôture le Vénérable Maitre prononce une prière qui est donnée.
3. Le rituel de compagnon indique que ce grade doit d'abord être ouvert au premier grade. L'ouverture par les grades inférieurs est introduite à Wilhemsbad avec des dispositions pour la clôture des travaux. Il est précisé une simplification pour les ouverture au grade de Maître .
Dans la préparation du candidat au grade d'apprenti on remarque l'introduction de l'engagement préliminaire que signe le candidat avant sa réception.
Les frères sur l'ordre du Vénérable Maître viennent se ranger sur plusieurs rangs si le nombre l'exige autour du tapis de loge , de sorte que le candidat puisse exécuter les trois voyages. Le schéma de 1778 est abandonné. La triple succession de Cherchant, Souffrant et Persévérant se rapporte aux trois voyages. Désormais le candidat fera trois grands pas en équerre sur le tapis et pour rejoindre l'orient pour prêter ses obligations.

Au deuxième grade le candidat est supposé accomplir cinq voyages il s'arrête après les trois premiers . Il reçoit les deux précédentes maximes de 1778 et une nouvelle. C'est alors qu'il est dispensé des deux autres voyages. Il montera trois marches plus deux autres. Les candidats ne jettera les métaux que dans les versions suivantes.

L'après Wilhemsbad

En 1810 Willermoz confirme dans une lettre à Charles de Hesse Cassel que les textes adoptés à Wilhemsbad ne sont qu'une esquisse. Qu'une commission spéciale des Frères de Bourgogne et d'Auvergne connus comme les plus instruits, y avait été nommée , car la brièveté du temps n'a pas permis de tout rédiger. Un frère fut chargé de mener ces modifications. Une lettre prouve que les frères de Bourgogne offraient à ceux d'Auvergne de se charger de l'ensemble de l'ouvrage. La rédaction définitive de Jean-Baptiste Willermoz ayant était adoptée par les trois provinces françaises et celles d'Italie fin 1786, fut présentée au Grand M :. Général qui donna son approbation en 1787 , afin d'être publié dans les chapitres de France.
Une fois de plus les rectifications furent progressives de 1783 à 1788.
En 1785 Phaleg remplace Tubalcaïn. Les rituels sont presque définitifs en 1786 : attesté par une nouvelle lettre de JBW. Rituel à l'usage de la R :. L :. L'Humanité à l'Orient de Crest.( Archives départementales de la Drôme).
Grades d'Apprenti :15 décembre 1785.
Grade de Compagnon : 16 octobre 1786.
Grade de Maître : 16 avril 1787.
Ces dates sont intéressantes, car elles prouvent que la loge de Crest ne possédait pas les nouvelles versions en 1785.
Une version copiée à Crest, certifiée conforme en 1788 garde Tubalcaïn au lieu de Phaleg.

Le Rituel de la Triple Union à l'Orient de Marseille.

Son premier rituel date de cette époque, le mot de passe Tubalcaïn permet de le situer sans aucun doute.
Il fut ensuite barré et précisé Phaleg.

Dans l'ensemble les versions de 1783 à 1788 ne sont que le développement de celles de Wilhemsbad, avec des développements protocolaires des visiteurs, de la place des dignitaires selon leurs rangs et leurs grades. Ils précisent que la loge à bien neuf Officiers, des détails minimes sont modifiés dans les bijoux, Les fonctions du frère préparateur sont encore détaillées.
Lors de l'ouverture la prière est conservées, le texte de la prière de clôture est substituée.
Au 2ème grade, l'illumination de l'étoile se fait en trois temps.

Dernière révision par Willermoz en 1787-1788 cote Ms 5871(33) Bibliothèque municipale de Lyon ,
BNF Ms4 18. certifiée conforme de ma main de JBW et très précise.
Les révision sont vérifiable jusqu'en 1788.

Ils semble que ces rituels datés sont les plus vieux connus. Ils mettent en place les dispositions remis à la Loge La Triple Union de Marseille en 1802 comme les seuls et les plus complets.

La Triple Union à l'orient de Marseille fondé en 1782, a été installée en 1783 sous l'obédience du Grand Orient de France. Elle a été Rectifié en 1784 par le Directoire Ecossais d'Auvergne. Elle fut suspendue en 1788 et repris ses travaux en1801. Dans le soucis de régulariser les activités de la Loge le Vénérable Maître Achard et les Frères se tournèrent vers la seule autorité vivante au RER en France Willermoz, Chancelier de la Province d'Auvergne.
Le frère Taxil vint à Lyon le 1er septembre 1802 chez Willermoz pour recopier les rituels confirmés par celui-ci . Un courrier de remerciement du Vénérable confirme leur retour et ses engagements vis à vis du Chancelier.
Ces rituels sont les définitifs de 1788 : c'est pourquoi on appelle les rituels de La TU de 1802 « Rituel de 1788.Ceux copiés par le frèreTaxil sont les plus complets que nous possédons aujourd'hui. Ces textes sont ceux conseillés par Willermoz après la révolution de 1789 aux Loges La bienfaisance à l'orient d'Aix et au centre des Amis à l'orient de Paris.
Les modifications importantes se rapportent au Tableau de Loge :
Willermoz nous dit « J'y ai ajouté l'équerre le niveau et le perpendiculaire qui n'y étaient pas ».

La préparation du candidat s'est vu étoffée au carton des trois questions , deux tableaux y sont décrits en plus dans le rituel de la Triple Union. La grande différence porte sur l'épreuve des trois éléments lors des voyages : le feu, l'eau et la terre. Qui ne sont pas dans les version de 1783 à 1788.
la deuxième différence porte sur les emblèmes « La Justice et La Clémence »
La troisième et une confirmation que le Candidat sera soulevé et transporté vers l'autel d'Orient.

Au deuxième grade « la Tempérance » est présenté au Candidat lorsqu'il est parvenu à la cinquième marche de l'escalier du Temple. Le Candidat rejette ses métaux confirmés par le second Surveillant. Dans le rituel aux terme des trois premiers voyages.

NB: Les dispositions concernant les Maîtres ne font pas l'objet de ce travail...

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 12 janvier 2008 07:23
Modifié le dimanche 27 juillet 2008 05:24

L'architecture selon Christopher Wren (de Harold Dorn et Robert Mark ) & Sir Christopher Wren, architecte et franc-maçon (de René Désaguliers) résumé par Dominique S.

 L’architecture selon Christopher Wren (de Harold Dorn et Robert Mark ) & Sir Christopher Wren, architecte et franc-maçon (de René Désaguliers) résumé  par  Dominique S.
Renaissance Traditionnelle Tome XI
N°49 Janvier 1982. p27
&
N°52 Octobre 1982. p275


Si Isaac Newton est incontestablement le scientifique le plus connu de la jonction XVIIème-XVIIIème siècle, il en est un autre moins connu chez nous mais qui pourtant eu l'honneur de deux articles de la revue Renaissance Traditionnelle, il s'agit de Sir Christopher Wren. Qui fut donc cet homme que Newton lui-même qualifiait de "plus grand géomètre de notre époque" et que Robert Hooke (1) mettait au même niveau qu'Archimède ? Scientifique d'une part nous l'avons dit, car professeur d'Astronomie et président de la Royal Society (2) et géomètre d'autre part, car Architecte, même : Architecte Général d'Angleterre nommé par Charles II. Il fait partie de cette catégorie de scientifiques de la deuxième partie du XVIIème siècle qui pensaient que la mécanique influait l'architecture et auxquels on confiait les grands projets nécessitant une structure mécanique importante, liste dans laquelle on trouve entre autre Guarino Guarini (3) en Italie, Claude Perrault (4) en France et bien sur Hooke en Angleterre.

Fils du Doyen de l'Université de Windsor, Christopher Wren nait le 20 octobre 1632 (5) où il est élevé dans la tradition religieuse et dès l'âge de 17 ans (1649), il fréquente l'Université d'Oxford, avec déjà une attirance pour les systèmes mécaniques complexes d'une part et d'autre part les mathématiques qui le révèleront aux yeux d'Isaac Newton. A 25 ans il est nommé professeur d'astronomie au Gresham College de Londres et à 29 il s'installe sur la chaire d'astronomie toujours, mais cette fois d'Oxford et ce, pendant 12 années. Il est important de noter que c'est à la suite d'une conférence de Wren au Gresham College en 1660, que va germer l'idée qui fera naitre la Royal Society, plus précisément la Royal Society for the Improvement of Natural Knowledge, et ce au côté de Robert Boyle, John Wilkins, William Viscount Brouncker (qui en sera le premier président) et aussi d'un certain Robert Moray. C'est Wren qui rédigera les premiers statuts de ce que l'on appellera plus tard "l'Invisible Collège", mettant en avant l'expérimentation et sa mise en pratique, il parle de "philosophie naturelle expérimentale" ou encore "d'accroissement du commerce au moyen d'inventions utiles au bien-être, au profit et à la santé de nos sujets". Mais c'est l'architecture qui va occuper 50 ans de la vie de Wren, et ce, dès 1662 avec les plans du Sheldon theatre à Oxford, pour finir en 1710 avec la construction de la Cathédrale Saint Paul de Londres. Harold Dorn (6) et Robert Mark se proposent d'analyser l'½uvre de Sir Christopher Wren au travers de sa première et de sa dernière réalisation. Notons enfin, que bien que Dorn & Mark soient co-auteurs d'un ouvrage portant le titre du présent article, c'est tiré de la revue "Pour la science", version française de "Scientific American" dite "la revue des Nobels" qu'est extrait cet article de Renaissance Traditionnelle.

Je laisse aux amateurs d'architecture le plaisir de lire cet article qui, je le dirai très succinctement, montre les limites de la première réalisation de Wren et l'évolution, suite au grand incendie de Londres en 1666, puis la réalisation du plan final de la cathédrale saint Paul. Cette article montre les difficultés d'un architecte précurseur, fusse-t-il un génie de son temps, à allier théorie et mise en application. C'est ce qui lui fera dire en 1713 dans son rapport sur l'abbaye de Westminster : "Une architecture de qualité dépend de l'étude préalable des principes de la statique et du bon équilibre de poids des pieds-droits". En fait au travers de cette théorie, il nous est apparu, en clin d'½il, intéressant de le noter, comme le fit sans doute avant nous René Désaguliers, que la théorie de Christopher Wren veut que pour consolider une colonne soumise à la poussée horizontale de la voûte, il faut que cette colonne soit plus haute et plus lourde... A l'instar de Dorn et Mark, citons Wren pour conclure cette première partie :

" Les cinq ordres classiques de colonnes : dorique, ionique, corinthienne, toscane et composite, sont soumis à des lois rigides et pédantes que l'on ne peut apparemment transgresser sans commettre une barbarie : alors que dans le fond elles ne sont que le reflet des vogues et des modes de l'époque pendant laquelle elles sont utilisées. "

" Il est tout de même incroyable qu'une grande majorité des architectes de notre époque attache autant d'importance au décoratif et passe aussi vite sur la géométrie qui est le point essentiel de l'architecture... "


Et enfin : " La vérité ne s'obtiendra qu'à partir de la recherche des centres de gravité des éléments du projet ".

Alors nous voilà donc à la deuxième partie de ce résumé, qui elle concerne l'article de René Désaguliers. Cet article se veut une réparation et une justification sur la présence d'un article centré sur le seul aspect architectural, donc opératif, de la démarche de Wren, article dans lequel René Désaguliers va étudier les liens de Wren avec la Franc-Maçonnerie. Et c'est tout d'abord en partant des Constitutions de 1723 que l'on va trouver des liens. 1723 c'est paradoxalement l'année de la mort (7) , à 91 ans de Christopher Wren, plus exactement 5 semaines après la publication des Constitutions (8) , et que nous dit James Anderson, il situe Wren comme un "ingénieux architecte", c'est tout ! René Désaguliers analyse tout simplement cet élément en rappelant que la rédaction des Constitutions avait été lancée par le Duc de Montagu en 1721 (9) , mais que matériellement entre les dates de décision de la publication et le décès de Wren, on n'eut pas le temps de rajouter un propos plus glorieux et plus élogieux. A moins que, encore plus perspicace, l'explication politique de Désaguliers ne soit encore plus juste. Je vous la rapporte. En 1718, Christopher Wren est Surintendant général des Bâtiments d'Angleterre, il est âgé de 86 ans. Son grand âge et sa fidélité aux Stuart font que le roi en place, l'allemand Georges Ier, le remplace par William Benson, amenant ainsi à la suspicion et à l'interrogation quant à la discrétion d'Anderson...

En revanche, dans la seconde édition des Constitutions, celle de 1738, Wren était passé de l'actualité à l'histoire, voire à la légende. Et là cette fois on va retrouver ce que Désaguliers décrit comme un véritable roman sur un Sir Christopher Wren, celui là même qui selon les Loges de Londres en 1716 les aurait négligées. Ainsi on y retrouve un Christopher Wren successivement Grand Surveillant en 1663 et 1666, Député Grand maître puis Grand Maître en 1685 et à nouveau en 1698. En fait, c'est dit Anderson, quelques années après l'achèvement de la Cathédrale St Paul en 1708, que Wren néglige l'office de Grand Maitre et ce au moins jusqu'en 1714. Notons pour nôtre part au passage, qu'il est alors âgé de... 76 à 82 ans.

Alors qu'apprends-t-on dans cet article de 1982 sur l'appartenance ou non de Christopher Wren à la Franc-Maçonnerie ? Effectivement René Désaguliers écrit que l'on peut répondre positivement et ce car il a retrouvé quelques éléments, pour cela il s'appuie sur Albert Mackey (10) , Robert-Freke Gould (11) et Bryan Little (12) .

Tout d'abord, dans "The Natural History of Wiltshire" (édition en ligne cliquer ICI), l'histoire naturelle du Wiltshire de John Aubrey, il est dit (traduction de René Désaguliers): "Ce jour, lundi le 18ème de l'an 1691, le lendemain du dimanche des Rogations (13) , a eu lieu à l'Eglise Saint-Paul une grande assemblée de la Fraternité des Maçons acceptés dans laquelle Sir Christopher Wren doit être adopté Frère (traduction volontairement littérale de : is to be adopted a Brother) ainsi que Sir Henry Goodric de la Tour (de Londres) et quelques autres. Il y a eu des Rois qui ont appartenu à cette confrérie". Outre la probité d'Aubrey, René Désaguliers note que sur le manuscrit, Aubrey à rayé le mot Free Mason et réécrit au dessus Accepted, restant ici fidèle à la compagnie des Maçons de Londres qui avaient transformé l'appellation vers 1655-56.
Le second élément quasi indiscutable est l'annonce de la mort de Wren, par voie de presse dans le Postboy (14) et le British Journal (15) qui présentent tous deux "ce digne Franc-Maçon" (freemason) c'est-à-dire ce maçon spéculatif.

Enfin, de manière une nouvelle fois fort intéressante, René Désaguliers note d'abord la situation géographique de la tombe de Wren dans la Crypte de Saint-Paul, à savoir dans l'angle Sud-Est, c'est-à-dire la place du Maître. Ensuite et enfin, il remarque aussi cette légende que l'on doit successivement et de manière opposées à William Preston et au Duc de Sussex, au sujet de ce présent fait par Wren à la Loge Saint Paul (l'Oie et le Grill), à savoir des trois chandeliers en acajou représentant les 3 ordres d'architecture et d'un authentique maillet opératif du XVIIème siècle, qui servirent à la pose de la première pierre de la cathédrale Saint-Paul(16) .

En conclusion il est bien évident que le nom de Wren est lié à la Franc-Maçonnerie en tous cas par ses fonctions et son profil social comme dit René Désaguliers, et en ces temps de transition, il était bien en rapport avec la Franc-Maçonnerie, en tant que Franc-Maçon accepté et non pas c'est certain en tant qu'opératif.





ANNEXE : Liste des Constructions dues à Christopher Wren

Chapelles
Chapelle de l'université de Pembroke (Cambridge)
Chapelle de l'université Emmanuel (Cambridge)
Chapelle catholique du palais de Whitehall

Églises
Toujours visibles
église Saint-Andrew by the Wardrobe, Londres
église Saint-Andrew, Holborn, Londres
église Saint-Anne and St Agnes, Gresham Street, Londres
église Saint-Benet Fink, Threadneedle Street, Londres
église Saint-Benet Paul's Wharf, Queen Victoria Street, Londres
église Saint-Bride, Fleet Street, Londres
église Saint-Clement Danes, Strand, Westminster
église Saint-Clement Eastcheap, Londres
église Saint-Dunstan in the East, Londres
église Saint-Edmund the King, Lombard Street, Londres
église Saint-James Garlickhythe, Garlick Hill, Londres
église Saint-James's Piccadilly, Westminster
église Saint-Lawrence Jewry, Londres
église Saint-Magnus Martyr, Lower Thames Street, Londres
église Saint-Margaret Pattens, Londres
église Saint-Margaret, Lothbury, Londres
église Saint-Martin Ludgate, Londres
église Saint-Mary Abchurch, Londres
église Saint-Mary Aldermanbury, Londres
église Saint-Mary-at-Hill, Thames Street, Londres
église Saint-Mary-le-Bow, Cheapside, Londres
église Saint-Michael Paternoster Royal, College Hill, Londres
église Saint-Michael, Cornhill, Londres (tower and upper half of main building)
Abbaye Saint-Nicholas Cole, Londres
Cathédrale Saint-Paul de Londres
église Saint-Peter upon Cornhill, Cornhill, Londres
église Saint-Stephen Walbrook, Londres
église Saint-Vedast alias Foster, Foster Lane, Londres
église Ingestre, Staffordshire

Détruites
All Hallows the Great, Lombard Street, Londres
All Hallows, Bread Street, Londres
All Hallows, Lombard Street, Londres
Christ Church Newgate, Newgate Street, Londres
église Saint-Alban, Wood Street, Londres
église Saint-Anne's Church, Soho
église Saint-Antholin, Watling Street, Londres
église Saint-Augustine with St Faith, Watling Street, Londres
église Saint-Bartholomew-by-the-Exchange, Exchange, Londres
église Saint-Benet, Gracechurch Street, Londres
église Saint-Christopher-le-Stocks, Threadneedle Street, Londres
église Saint-Dionis Backchurch, Fenchurch Street, Londres
église Saint-George, Botolph Lane, Londres
église Saint-Mary Aldermary, Bow Lane, Londres
église Saint-Mary Magdalene, Old Fish Street, Londres
église Saint-Mary Somerset, Thames Street, Londres
église Saint-Matthew, Friday Street, Londres
église Saint-Michael Queenhithe, Upper Thames Street, Londres
église Saint-Michael, Crooked Lane, Londres
église Saint-Michael, Wood Street, Londres
église Saint-Mildred, Bread Street, Londres
église Saint-Mildred, Poultry, Londres
église Saint-Olave Old Jewry, Londres
église Saint-Stephen Coleman, Coleman Street, Londres
église Saint-Swithin London Stone, Cannon Street, Londres

Palais, pièces d'apparat, bureaux gouvernementaux, monuments, etc.
Palais de Winchester, Winchester
Appartement de la Reine et jardin en terrasse, Whitehall Palace
Modernisation du Palais d'Hampton Court
Reconstruction du Palais de Kensington
Court House, Windsor
The Custom House, Londres
The Navy Office, Seething Lane, Londres
Guard House, château de Windsor
The Monument, Fish Street Hill, Londres

Hôpitaux
L'Hôpital royal de Chelsea
L'Hôpital de Greenwich ou Hôpital royal de la Marine

Bâtiments universitaires et scientifiques
Eton College, Buckinghamshire
École du Christ's Hospital, Londres
École St John Moore, Appleby, Leicestershire
College of William and Mary, Williamsburg, Virginie, États-Unis
Garden Quadrangle, Trinity College, Oxford
Bâtiment Williamson du Queen's College, Oxford
La Bibliothèque de la cathédrale de Lincoln, Lincoln
La Bibliothèque du Trinity College, Cambridge
L'Observatoire royal de Greenwich, Greenwich

Théâtres
Le Sheldonian Theatre, utilisé par l'université d'Oxford pour ses cérémonies
Théâtre de Drury Lane, Londres


NOTES

(1) Robert Hooke, né le 18 juillet 1635 à Freshwater et mort le 3 mars 1703, est un des plus grands scientifiques expérimentaux du XVIIe siècle et donc une des figures clés de la révolution scientifique de l'époque moderne.
En 1653, Hooke entra à Oxford où il a rencontré Robert Boyle dont il devient l'assistant. En 1660, il découvre la loi de Hooke d'élasticité, qui décrit la variation linéaire de tension avec l'extension. En 1662, Hooke est nommé démonstrateur à la Société Royale récemment fondée, il est responsable des expériences exécutées lors des réunions. En septembre 1664, il publie son livre, Micrographia, qui contient de nombreuses observations réalisées à l'aide de microscopes et de télescopes. Son apport en biologie est très important. On lui attribue ainsi la première description d'une cellule biologique faite à partir de l'observation de végétaux. En 1665, il est nommé professeur de géométrie à l'Université de Gresham.
Micrographie (Micrographia) devient immédiatement un best-seller. Le livre présente ses observations réalisées à l'aide de diverses lentilles. Hooke décrit un ½il de mouche et une cellule végétale. Ses très belles gravures sur cuivre sont particulièrement spectaculaires. Ses planches sur les insectes ainsi que le texte contribuent à promouvoir les observations faites à l'aide du nouveau microscope. Les planches sur les insectes sont dépliables et d'un format plus grand que le livre, un in-folio. Même si ce livre est surtout célèbre pour ses observations faites à l'aide du microscope, Micrographie décrit aussi des corps planétaires lointains, expose une théorie sur la lumière et montre l'étendue des centres d'intérêt de l'auteur.
On considère souvent Hooke comme l'inventeur du microscope composé, un assemblage de lentilles multiples, habituellement au nombre de trois : un oculaire, une lentille de champ et un objectif. Il donne ainsi de nombreux conseils pour la fabrication des microscopes au fabriquant Cristophe Cock. Mais cette attribution semble inexacte car Zacharias Janssen avait déjà construit des microscopes similaires en 1590. Néanmoins, les microscopes de Hooke atteignaient un grossissement de trente fois, ce qui était largement supérieur par rapport aux instruments précédents.
Parmi ses autres réalisations, il faut signaler la construction du premier télescope reflétant Grégorien et la découverte de la première étoile binaire. Il est intéressant de noter qu'il est l'auteur d'une des premières théories ondulatoires de la lumière.

(2) 1680-1682

(3) Camillo-Guarino Guarini (1624 – 1683) est un prêtre, un mathématicien, un écrivain et un architecte italien. Il est né à Modène. Il fut tout à la fois brillant mathématicien, professeur de littérature et de philosophie à Messine, et, à partir de dix-sept ans, architecte du duc Philibert de Savoie. Il rédigea une série de livres de mathématiques, en latin et en italien, dont Euclides adauctus.
Influencé principalement par Francesco Borromini, Guarini conçut un grand nombre de bâtiments publics et privés à Turin, y compris les palais du duc de Savoie, l'église San Lorenzo (1666 – 1680), la chapelle Santissima Sindone (qui abritait le suaire de Turin), le Palazzo Carignano (1679 – 1685), les couvents des théatins de Modène, Messine et Paris, et bien d'autres édifices publics et ecclésiastiques à Vérone, Vienne, Prague ou Lisbonne. Il meurt à Milan en 1683.
La partie de ses ½uvres réalisées en Sicile, en particulier à Messine, font de lui l'un des pères fondateurs du Baroque sicilien, encore balbutiant à l'époque.
En architecture, on compte parmi ses successeurs son élève Filippo Juvarra, ainsi que le propre élève de ce dernier, Bernardo Vittone.

(4) Claude Perrault, né le 25 septembre 1613 à Paris où il est mort le 9 octobre 1688, est un médecin et architecte français. Il est célèbre pour avoir été l'architecte de la façade de l'aile est du Louvre. Il est aussi reconnu pour ses travaux en anatomie, physique et histoire naturelle. Son frère est l'écrivain Charles Perrault (1628-1703). Il meurt d'une infection en 1688, après avoir disséqué un chameau au Jardin des Plantes.
Il obtient son titre de docteur en médecine à Paris. Il est l'un des premiers membres de l'Académie royale des sciences en 1666.
Il fait de nombreuses observations sur l'anatomie des animaux. Il étudie la circulation de la sève et constate qu'elle circule dans deux sens, ascendant et descendant. Mais, comme d'autres savants de son temps, il tente de découvrir un fonctionnement cellulaire similaire à celui des animaux. Ses idées sont combattues par Denis Dodart (1634-1707) et Samuel Cottereau du Clos (v. 1598-1685).
Il traduit en français les textes de l'architecte romain Vitruve sous le titre de Dix livres d'architecture de Vitruve en 1673.
Perrault réalise la façade est de la colonnade du Louvre, mise en ½uvre par Louis Le Vau, entre 1667 et 1670, ainsi que des portions de la façade sud. Il dessine l'observatoire de Paris entre 1667 et 1672. Il construit l'Arc de triomphe du faubourg Saint-Antoine en 1670.

(5) A East Knoyle dans le Wiltshire

(6) Harold Dorn est professeur émérite au Collège des Arts et Lettres du New Jersey, chercheur en histoire des sciences et de la technologie.

(7) 25 février 1723

(8) 17 janvier 1723

(9) 29 septembre 1721


(10) Mackey A.G., Hughan W.J., Hawkins E.L., An Encyclopaedia of Freemasonry and its kindred sciences comprising the whole range of arts, sciences and literature as connected with the institution, New York-Londres, The Masonic History Company, 2 tomes, 1913.

(11) Robert-Freke Gould. History of Freemasonry (1883-1887) 3 Tomes.

(12) Bryan Little. Sir Christopher Wren: a Historical Biography (London, 1975).

(13) Les jours des Rogations sont les trois jours précédant immédiatement l'Ascension dans le calendrier liturgique chrétien. Ce terme est surtout utilisé par les Églises catholique et anglicane, mais tombe aujourd'hui en désuétude. Le mot « Rogation » vient du latin rogare, qui signifie « demander ». Ce terme sert à qualifier cette période de l'année car l'Évangile du dimanche précédent comprend le passage « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 16:7). Ce dimanche lui-même était appelé dimanche des Rogations. Ce jour marquait, avant le concile Vatican II, le début d'une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite par les Églises catholique et anglicane. Les fidèles observaient traditionnellement pendant les Rogations un jeûne afin de se préparer à la célébration de l'Ascension et les prêtres bénissaient les cultures. Cette fête, introduite par saint Mamert en 470 dans la vallée du Rhône, est étendue à toute la Gaule lors du concile d'Orléans (511). À cette époque, les rogations ont pris la place, dans le calendrier, de la fête romaine des robigalia, célébrations cultuelles pour la protection des céréales contre la rouille qui se déroulaient le 6e jour avant les calendes de mai. Les Églises anglicanes supprimèrent les Rogations en 1976. (Source Wikipédia)

(14) n° 5245 2-5 mars 1723

(15) n° 25, 9 mars 1723

(16) Conservés depuis par la Loge L'Antiquité n°2


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 12 janvier 2008 07:30
Modifié le samedi 12 janvier 2008 07:54

Camille Savoire et le Régime Ecossais Rectifié (de Alain Bernheim) résumé par Dominique S.

 Camille Savoire et le Régime Ecossais Rectifié  (de Alain Bernheim)  résumé  par  Dominique S.
Renaissance Traditionnelle N°45
Tome XII Janvier 1981. p155


Après Johanis Corneloup et Oswald Wirth, Alain Bernheim nous propose dans ce numéro de Renaissance Traditionnelle, de nous intéresser à Camille Savoire... Alors tout d'abord parlons brièvement d'Alain Bernheim, français résidant en Suisse, auteur maçonnique qui signa également sous le pseudonyme, y compris dans Renaissance Traditionnelle, d'Henri Amblaine, ceci lui permettant d'obtenir deux fois le prix Norman Spencer de la Loge Quatuor Coronati de Londres en 1986 et 1993. Toutefois suite à la publication du résumé sur le blog, Alain Bernheim nous a écrit, en précisant que le règlement du Norman Spencer Prize a été modifié en 1994, soit l'année qui suivait celle où il a effectivement reçu ce prix pour la seconde fois. Et que c'est un ancien Vénérable Maître de la loge, Cyril Batham, qui lui avait par écrit conseillé de concourir à nouveau car il était indigné par la manière dont la loge l'avait traité la première fois... Notons aussi comme nous l'a justement fait remarqué Alain Bernheim, qu'il a depuis la date de cet article repris, amélioré et précisé son ½uvre sur l'étude de l'histoire du RER. Pour nôtre part, nous nous contenterons ici de nous intéresser à la Revue Renaissance Traditionnelle au travers des articles publiés depuis presque 40 ans.

Camille Savoire donc, nait le 6 juillet 1869, il est initié 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Ecossaise qui avait été créée elle, en 1880 et qui engendrera la Grande Loge de France. Cette loge il la quitte au bout d'un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans. On le sait Camille Savoire marquera sa carrière maçonnique par le réveil du Rite Ecossais Rectifié en France, et la création du Grand Prieuré Des Gaules dont il fut le premier Grand Prieur, induisant de plus la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière qui deviendra en 1948 la Grande Loge Nationale Française.


1. LE RITE ECOSSAIS RECTIFIE ET LE GRAND ORIENT DE FRANCE 1776/1841

Brièvement, il faut noter que dès 1773/74 le Rite Ecossais Rectifié en France est constitué de trois Directoires Ecossais, celui de Lyon, de Bordeaux et de Strasbourg et qu'un Traité fut établi en 1776 avec le Grand Orient de France. Dans ce traité, il y est dit globalement, article 6 que le Grand Orient de France et les Directoires Ecossais conserveront respectivement et exclusivement l'administration et la discipline chacun sur les Loges du Rite et du Régime. Le Grand Collège des Rites, qui s'était appelé de 1806 à 1814 Grand Directoire des Rites, vit en 1811, le 14 juin plus précisément, la création en son sein d'une section dédiée au Rite Ecossais Rectifié. En 1841 pourtant, le Rite Ecossais Rectifié s'éteignait en France...


2. LE RITE RECTIFIE ET LE RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE EN SUISSE

En 1844, 14 Loges suisses travaillant aux grades bleus, créent la Grande Loge Suisse Alpina. Pourtant en 1885 seule la Préfecture de Genève pratique encore le rite et devient donc la seule structure garante du RER et encore plus la gardienne des archives. Entretemps , notons la création d'un traité, le 2 février 1896, entre le Suprême Conseil de Suisse et le Directoire d'Helvétie, renouvelé en 1910, puis interrompu et conclu de nouveau en 1946, et encore en vigueur au moment de la rédaction de l'article en 1981.


3. SITUATION MAÇONNIQUE EN FRANCE ENTRE 1877 ET 1910

En 1877 suite à son Convent, le Grand Orient de France vit ses relations internationales se détériorer. Depuis 1771 les relations avec l'Angleterre étaient interrompues entre les deux grandes obédiences qu'étaient devenue le Grand Orient et la Grande Loge Unie d'Angleterre. Mais les maçons à titre individuel étaient encore reçus dans les Loges. En 1877 la Grande Loge Unie d'Angleterre interdit l'accès à ses Loges, à tout maçon qui ne pratiquait pas une maçonnerie liée à la croyance en Dieu et ce jusqu'à la reconnaissance en 1913 de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière.


4. PREMIERE ETAPE DE L'ACTION DE CAMILLE SAVOIRE

Médecin spécialiste de la Tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe pour des congrès médicaux et avait noué de nombreux contacts avec des maçons étrangers et il tissa des liens avec les différentes obédiences de ces pays. 33ème degré du REAA, Savoire va obtenir une équivalence du grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, prenant le nom de eques a Fortitudine, et fut armé en même temps que les Frères Edouard de Ribaucourt et Gustave Bastard. Ils obtiendront ensuite en 1910 la patente de fondation de la Commanderie de Paris, placée sous l'autorité de la Préfecture de Genève.
Mais revenons un petit peu plus tôt dans l'histoire, dans la foulée de leur armement, tous trois réveillent la Loge "Le Centre des Amis", Loge bleue rectifiée et en sommeil depuis 1838. Le Grand Orient informé répondit en réfutant cette création, priant de plus les frères à l'initiative de ce réveil, de se retirer ipso facto sous peine de radiation de l'obédience, Pourtant il semble que Camille Savoire eut au préalable, obtenu un accord, au moins verbal, du Grand Commandeur du collège des Rites, et sa surprise fut d'autant plus grande, qu'existait ce traité bilatéral dont nous avons parlé. En signe de bonne foi, ces trois frères s'exécutèrent, en échange de la création au sein du Grand Orient de cette Loge, mais Camille Savoire malgré tout se retirera de ce dernier projet, induisant de fait :

• D'une part la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et régulière que rejoint "Le Centre des Amis", et
• D'autre part la signature d'un nouveau traité Franco-Suisse qui tint jusqu'en 1955.


5. SAVOIRE GRAND COMMANDEUR DU COLLEGE ET GRAND PRIEUR DU GRAND PRIEURE DES GAULES (1923-1935)

C'est en 1923 que Camille Savoire devient Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, et en 1924 il fut invité par le Grand Prieuré d'Helvétie de même que le Frère Barrois alors à la tête de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, lui aussi CBCS. Barrois refusa comme le lui obligeait l'interdit anglais et le Grand Prieuré d'Helvétie rompit alors son entente avec son obédience. Savoire Grand commandeur des Hauts Grades du Grand Orient et Grand Prieur dès 1933 devenait ainsi l'interlocuteur privilégié des Suisses.


6. SAVOIRE QUITTE LE GRAND ORIENT DE FRANCE ET SE DEMET DE SA CHARGE DE GRAND COMMANDEUR

Avant 1946, le Grand Collège des Rites n'est pas indépendant. Ainsi dès 1934, Arthur Groussier prépare un dossier d'indépendance de celui-ci par rapport au Conseil de l'Ordre. Savoire ira plus avant en prônant l'unification des Hauts Grades, tous rites confondus, ce qui aurait peut-être permis de rouvrir l'axe des relations maçonniques entre la France et l'Angleterre. Devant l'échec, Savoire crée donc le Grand Prieuré Des Gaules et propose au Grand Orient trois options :

• L'exercice du RER sous les auspices du GO mais sans possibilité d'action de ce dernier sur les rituels et les grades bleus.
• 2ème option : l'indépendance réciproque avec signature d'un accord
• 3ème option : l'ignorance réciproque
Les trois options étant refusées par le Grand Orient, Savoire quitte l'obédience, sa charge, et va fonder en 1936, le Grand Prieuré Des Gaules. De son côté le GO reprends contact avec la Suisse.


7. APRES 1945

A partir de 1945, Savoire est malade, l'activité du GPDG après la guerre est très limitée et Savoire meurt en 1951, le Grand prieuré d'Helvétie confirme le Frère Rybinski en tant que Grand Maître National de la Grande Loge du RER et le Grand Prieur devient le Frère Moiroux. Cette Grande Loge Rectifiée intégrera en 1958 la GLNF, affaiblissant quelque peu le Grand Orient, mais d'un autre côté le GLNF perdra elle quelques Loges parties former la GLNF-Opéra sur laquelle se créera le Grand Prieuré de France. A partir de là, les frères accédant aux degrés supérieurs du Régime Ecossais Rectifié d'une obédience devront appartenir au seul prieuré de cette obédience. En 1967 se créera le Grand Prieuré Indépendant des Gaules, le Grand Prieuré de Neustrie et le Grand Prieuré d'Aquitaine en 1974.


8. QU'EST-CE QUE LE RECTIFIE

Alain Bernheim pour conclure se lance dans une description succincte du Rectifié en citant d'abord Camille Savoire : "J'avoue que le libre penseur que j'ai toujours été n'a manifesté en entrant au Régime Ecossais Rectifié aucune hésitation ni éprouvé aucun scrupule, lorsqu'on lui a demandé de déclarer qu'il professait l'esprit du christianisme surtout lorsque le Grand Prieur a ajouté : il s'agit ici de l'esprit du christianisme primitif réuni dans la maxime "Aime ton prochain comme toi-même".

Puis Bernheim cite le Grand Prieur d'Helvétie : "Le rite est inspiré du désir de faire de ses membres par les moyens de l'enseignement symbolique propre à la Maçonnerie, de fidèles maçons, dans l'esprit du christianisme, mais d'un christianisme dans sa pureté originelle, dépouillé de toute occupation dogmatique et sectaire."

Enfin rappelons qu'en 1979 peu de Frères pratiquaient le Rite Ecossais Rectifié, voire même revendiquaient cette notion impopulaire mais réelle de rite "élitaire", en affirmant même : "Nous sommes le nombre. Ayons la force".

Mais ceci est déjà de l'histoire ancienne....
# Posté le dimanche 20 janvier 2008 04:27
Modifié le mardi 10 juin 2008 10:29

Joseph de Maistre et le Franc-Maçonnerie avant et après le Convent de Wilhelmsbad (de Michel Masson) résumé par Cendrine B.

Joseph de Maistre et le Franc-Maçonnerie avant et après le Convent de Wilhelmsbad (de Michel Masson) résumé par Cendrine B.
Renaissance Traditionnelle N°38
Tome X Avril 1979. p 132



EMILE DERMENGHEM, écrit en 1946, un ouvrage «Joseph De Maistre Mystique», traitant de l'attitude relativement réservé de Joseph de Maistre, et, de son positionnement lors des débats du Convent de Wilhelmsbad.
A partir de ce livre, Michel Masson écrit un article dans Renaissance Traditionnelle, espérant nous amener à mieux comprendre cette personnalité, mais aussi, nous éclairer sur l'émergence d'idées nouvelles et sur un sujet toujours d'actualité afin d'en retirer le meilleur bénéfice pour tous.

Pour mieux comprendre ce contexte, il est nécessaire de souligner que la personnalité de Joseph de Maistre ne laisse pas indifférent, car il dénote en regard de ses contemporains.
De plus, ses adversaires tentent par tous les moyens de le déstabiliser et de l'affabuler d'une réputation tenace d'un individu aimant les gens de pouvoir.
Cet homme essaya tout simplement de mettre en adéquation sa conception du monde et son mode de vie, mais, aussi de permettre à la tradition maçonnique de demeurer bien vivante malgré la période politique instable de cette époque permettant difficilement de laisser place à celle-ci.
De ce fait, historiquement à la date du 18 juin 1782, Joseph de Maistre adressa un épais document via le frère Savaron qui devait représenter une loge lors de ce convent, au Duc Brunswick-Lunebourg, sérénissime grand frère supérieur a Victoria, ce courrier ne fut sans doute jamais lu.
Au delà de l'expédition de ce manuscrit, le Frère a Floribus qui n' est autre que Joseph de Maistre, voulait faire connaître à ses pairs son positionnement et son analyse sur les thèmes délibérés, mais aussi, à travers ses réponses ce qui était pour lui la Franc-Maçonnerie.

Pour rappeler les thèmes de ce convent, les interrogations abordées portent autour d'un axe comptant 6 points et que l'on pourrait résumer ainsi :
De quel héritage la Franc maçonnerie était-elle issue et existait- il plusieurs niveaux ? De plus, avait elle un lien avec les templiers, leur secret, ce dernier n'avait il pas finalement peut être survécu sous une autre forme ?
Au demeurant, les participants s'interrogeaient aussi, de manière plus générale, sur la structure de la Franc-maçonnerie et sur son fonctionnement, afin de trouver un point d'équilibre harmonieux entre le cérémonial et la pratique du rite, ou enfin , quelle place tenait les sciences secrètes au sein de celle-ci ?
A ce questionnement, les réponses du Frère a Floribus témoignèrent particulièrement d'une grande richesse philosophique et religieuse.
Toutefois, il faut savoir qu'il rejette massivement toutes les pistes éventuelles d'une quelconque origine et relation historique entre l'Ordre des Templiers, et, la Maçonnerie. Par ailleurs, il souhaite que tous les signes ostentatoires se rapportant à cet ordre soient à bannir des rituels.
Pour lui, les templiers ne sont en aucun cas une congrégation philosophique, et, il s'attache à démontrer que la « Maçonnerie » ne peut être issue d'un ordre fanatique lié à l'histoire, ainsi, qu'aux atrocités que cela induit et que toute l'humanité toute entière ne suffirait pas à la justification du sang versé.
Il se permet de tourner en dérision cette conception en disant que ce processus était la création du pouvoir en place nécessaire pour asseoir son autorité sur la population, et, pour justifier de ses crimes.

Il préfère à la rigueur privilégier les corporations de constructeurs de cathédrales, puisque les édifices religieux sont liés en quelque sorte à l'humanité toute entière en raison du lien qui les relie à Dieu, et, de ce fait à la destinée de l'homme.

A la question concernant un supérieur, il affirme qu'au niveau de la hiérarchie du mouvement, « la présence d'un degré supérieur » n'existe pas et en réfute d'ailleurs l'idée.


D'autant plus que celui qui s'engage le fait en toute liberté et de ce fait devient la représentation de sa volonté.
En effet, il est fondamental pour lui, d'avoir le devoir de garder, et, de préserver les secrets éventuels.

De plus, il précise que même si l'homme du peuple fait partie du royaume par son action, par contre sa volonté est indissociable de son être car il reste libre de son engagement ou de son désir et par conséquent de l'autorité nationale.
D'autre part, au niveau d'une identification initiatique, il abandonne l'idée de rechercher des similitudes entre l'initiation maçonnique et celles Egyptienne ou Grecque qui ne sont pour lui qu'une aberration antique, et, qu'il est préférable de se recentrer sur le véritable évangile, voir de remonter au début de la création du monde initial, au delà de l'ère chrétienne.
Ainsi, à travers toutes ces argumentations, cette appartenance identitaire est indéniablement rattachée au dogme chrétien et au seul « Créateur ». Et pour préciser sa réflexion, il est nécessaire pour lui de remonter aux premiers jours de la création, alors qu il n'existait rien si ce n'est le Créateur permettant de retrouver par cette méthode le lien indéniable, et, de surcroît cette filiation éternelle qui existe entre toutes créations de l'Eternel, et, l'homme, mais qui continue de perdurer malgré l'écoulement du temps.
C'est pourquoi, Joseph de Maistre considère sans aucune ambiguïté que l'initiation maçonnique est par sa nature une essence assurément religieuse et chrétienne.

De ce fait pour lui, au niveau des 3 grades le cheminement consistera à l'acquisition de connaissance spirituelle, et, celles de certaines valeurs.
Ainsi, au niveau du premier grade, il s'agit d'un apprentissage gravitant autours des sciences humaines tels que la bienfaisance, l'éthique, l'ouverture d'esprit sur le monde, l'homme, la politique, l'environnement...
Autour du second s'articule pour reprendre l'expression de Joseph de Maistre « le grand ½uvre de la Franc-Maçonnerie ». Il entend par là le devoir qui lie tous maçons envers ses frères , et même l'humanité tout entière par ses actions de bienfaisance, mais aussi de retrouver le chemin du vrai chrétien lui permettant de retrouver son état initial dégagé de toutes querelles politico-chrétiennes ,qui au cours de l'histoire eut réussi à briser l'unité.

Enfin, pour le 3ème grade, c'est la continuité de cette voie maçonnique dont le devoir est de mettre l'accent sur cette recherche théologique avec pour les uns la Bible comme outil qui reste incontestablement la voie des seuls initiés et des mystères des saintes écritures.
Pour d'autres, une étude approfondie s'ordonnant à une connaissance accrue de la nature des choses, permettant une affirmation d'une certaine doctrine.
Enfin, que d'autres frères, et Joseph de Maistre espère qu'ils soient les plus nombreux, nous révèlent ce qu'ils savent de cet esprit suprême qui crée et émane toutes choses en tout lieux et en tout temps.

Emile Dermenghem analyse à travers les propositions de cet homme l'échec de celui-ci qui voulait croire que la maçonnerie puisse être en quelque sorte la voie du catholicisme lui permettant son évolution.
Cependant celle-ci prenait une toute autre direction vraisemblablement en raison de l'instabilité politique de l'époque et de sa propre histoire à la veille de son grand chamboulement, voire d'une orientation laïque déjà décidée.
Il est difficile de donner une réponse, mais Joseph de Maistre juge avec amertume ce convent en ces termes « toute assemblée d'hommes dont le saint esprit ne se mêle pas ne fait rien de bon ».

Ce dernier ne rejette pas pour autant ses pairs, ni ses convictions puisqu'il défend celles- ci lors des attaques antimaçonniques de l'abbé Barruel qui accuse d'hérésie toutes les sociétés secrètes ayant été sans doute les artisans de la révolution. Cependant, au fil du temps et des bouleversements historiques de cette période, il met peu à peu de la distance, et évite de s'impliquer autant dans son engagement concernant le courant de l'illuminisme et celui du scepticisme de l'époque.

Ainsi, le comte des soirées de Saint Petersbourg est toujours convaincu du mystère des Saintes Ecritures contenues dans la bible, mais préfère finalement rester fidèle à l'église romaine qu'il juge plus rassurante puisqu'existant depuis plus de 1800 ans, plutôt que de suivre Saint Martin et ses disciples sur le chemin moins conformiste du Martinésisme suivant fidèlement les préceptes de leurs maître.

A propos de ce mouvement, il tourne quelque peu en dérision la composition du Traité et les termes qui y sont énoncés. Cependant, il reconnaît que la base n'est pas sans intérêt ayant une certaine authenticité, mais qu'elle a été détournée par des propos faussés car cet écrit sert la cause d'hommes refusant toute reconnaissance hiérarchique de l'église romaine. Pour lui finalement le seul intérêt de « cette secte » est à la rigueur l'évangélisation des pays privés d'églises permettant de convertir leurs populations à la chrétienté et les soumettre à ce qui s'y rattache.

Ainsi, cet article met en évidence un homme à la fois théosophe voire, un martiniste sincère, et un catholique avisé. C'est pourquoi, il n'est pas logique de concevoir Joseph de Maistre sans prendre en compte toutes les composantes de sa personnalité puisque la vision de celui-ci serait faussée altérant de cette manière sa pensée.

Pour en terminer avec cette étude, en 1816 Joseph de Maistre lui-même se définit à travers ses propos comme un fidèle de l'église, mais reconnaît que sa fréquentation des martinistes lui a permis à travers l'étude du Traité et des rencontres effectuées de s'ouvrir sur d'autres horizons.
Cette révélation Emile Dermenghem la reprend dans son ouvrage démontrant qu'avec le temps cet homme a arrêté de s'interroger et de rechercher sur ce qu'il a pu l'éclairer à un moment de son parcours hors des sentiers traditionnels, mais qu'il en demeure pas moins reconnaissant à ceux qui l'avaient mis sur la voie de cette réflexion voir de cette ouverture.



[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le mercredi 23 janvier 2008 13:46
Modifié le vendredi 01 février 2008 12:06