Tome II Janvier 1971. p31
Une des plus illustres et prestigieuse loge féminine d'adoption s'avère avoir existée durant la période du premier empire et sous la restauration.
Il s'agit de la respectable loge « les Dames Ecossaises de la Colline du Mont Thabor »
Cette loge naquit le 7 juin, 3 mois après la loge « des Commandeurs du Mont Thabor », qui fut créée le premier mars 1808, à l'initiative du Grand Orient de France.
Cet atelier masculin compta un nombre important de frères qui s'inscriront dans l'histoire par leurs actions, ou, par leurs initiatives.
Ainsi, à titre d'exemple pendant le premier empire, on retrouve Monsieur Lacépède instaurateur de la légion d'honneur, le préfet de Cambry fondateur de l'académie celtique qui permis par la suite la société des antiquitaires, ou encore, sous la restauration on peut trouver, l'écrivain maçonnique Chemin-Dupontès, le général de Bellair, le médecin Anglais Morison de Greenfield...
A l'origine de cette loge d'adoption est le Frère Michel-Ange-Bernard De Mangourit qui travailla en tant que lieutenant au Présidial de Rennes. En 1812, il fut vénérable des commandeurs du Mont Thabor.
Cet homme contribua de manière importante à l'histoire de la maçonnerie, et, à la vie de celle-ci par ses écrits, par son implication, ou, par ses initiatives.
Ainsi, il fut grand officier du rite Ecossais philosophique, fonda la loge Saint Jean d'Ecosse créa et mis en application des rites tels que celui des sublimes Elus de la Vérité.
Par ailleurs, une hypothèse est émise quand à son implication dans la vie politique de l'époque, de surcroît lors de son enterrement en 1829, un hommage lui fut rendu par Félix Lepelletier, un babouviste.
Pour en revenir à la loge d'adoption, celle-ci dés sa création eut un grand maitre, le frère Mangourit qui associé à de nombreux frères dont le célèbre peintre Carbonnier vinrent veiller sur au moins la quinzaine de s½urs qui composaient celle-ci.
Le 5 octobre 1811, Adélaïde Giroust, grande aumônière hospitalière, épouse du commissaire ordonnateur Giroust passe à l'Orient Eternel.
A ce titre, une tenue funèbre avec des chants fut organisée, et, le grand maitre Mangourit lui rendit hommage, de plus, elle fut remplacée par une s½ur dans sa fonction.
Au demeurant, sur le fonctionnement de cet atelier, les autres membres féminins qui appartiennent à cette loge étaient plutôt issues d'un niveau social privilégié, et, avaient un lien de sang ou familiale avec les maçons. De plus, on relève que la plus jeune prêta serment au vu de sa jeunesse.
Par ailleurs, on peut consulter dans les registres un certain nombre de comptes rendus de cet atelier.
Ainsi, par exemple les offices tels que l'aiguille mystérieuse, la clé d'or, les corbeilles de fleurs, ou, encore le glaive symbolique sont tenus par ces dames.
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Dans d'autres séances de 1809 à 1811, on note entre autre dans les archives de cette respectable loge, l'honneur fait en 1809, au « général chef de l'ordre » lors de sa lecture des esquisses de travaux ou des travaux à venir , et, de leur enregistrement, ainsi que des travaux de broderies. On peut lire l'absence lors d' une tenue, de Joséphine de Richepanse qui était indispensable lors des réceptions en raison de ses qualités de réassurance, mais faisant preuve également , de bienveillance et de fraternité. On constate en février 1811, la présence de frères qui participent activement à la vie de la loge en chantant lors de la tenue ou après le banquet en lisant des poèmes. Enfin, on voit le 15 mai 1811, la lecture des excuses d'une future récipiendaire ajournant sa future initiation en raison d'un problème de santé, ou alors, la réception d'une nouvelle s½ur de 26 ans habitant Paris...
Des lors, il est aisé de reconnaître l'insouciance qui dominait au sein de cette loge d'adoption.
Après la chute de l'empire, la loge se met en sommeil et reprend son activité à 21h, le 30 novembre 1819.
Il est à noter que pour visiter, il fallait faire la demande 8 jours à l'avance au frère Mangourit afin, d'en permettre l'organisation, et en aviser la Grande Maîtresse et son conseil.
Ainsi, lorsqu'on venait de manière régulière, il fallait s'affilier ou s'abonner. Par ailleurs, on ne connaît pas la date de cessation d'activité de cette loge.
Du reste, il est supposé que la loge d'adoption et celle des Commandeurs du Mont Thabor ne survécurent pas à la révolution de 1830.
Les sources de cet article qui demeure ouvert à toutes autres recherches appartiennent au Frère Baylot, et sont tirées du « registre de la dame secrétaire générale du souverain Chapitre Métropolitain des Dames Ecossaises du Mont Thabor » qui a été vendu avec la bibliothèque du château Le Brigon à Amsterdam.
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Rappels :
Présidial : est un tribunal de justice de l'ancien régime créé au XVI siècle. Celui ci fut fondé par Henri II en 1551 lors de la réforme de son système judiciaire. Ce tribunal se situait entre le bailliage (cours royale et le parlement et statuait suivant leurs importances sur les affaires civiles.
Michel-Ange-Bernard De Mangourit 1752-1829 .
Babouviste : Mouvement post révolutionnaire qui Désigne la tentative de renversement du Directoire (1796) dans un contexte d'exaspération sociale due à la vie chère. On parle de conjuration des égaux ou « babouvistes » militent dans la clandestinité.
Période de l'empire : 18 mai 1804-avril 1814.


