Petite notes sur une signature maçonnique... par Lurker.

Petite notes sur une signature maçonnique... par Lurker.
Voici quelques jours, un visiteur de mon site www.truthlurker.over-blog.com m'écrivait pour me poser quelques questions quant à l'appartenance de son aïeul à la franc-maçonnerie. Pour certaines d'entre elles, j'ai fais de mon mieux relativement à l'histoire du nord de l'Europe. Je dois cependant admettre que la signature de l'aïeul m'a occasionné quelques soucis. J'ai contacté certains d'entre vous et puis d'autres... ici et plus loin... J'ai plongé le nez par ici et par là et je vous livre l'état de mes recherches sans, bien entendu penser qu'elles puissent être exhaustives.

On sait que la signature, depuis le moyen âge, représente d'abord un geste de serment, d'honneur et de religion à exécuter un contrat au bas duquel celui qui s'engage a déposé sa croix (1). Les premières marques sigillaires engageaient la puissance collective et intemporelle. Sceau, signature des Califes, armoiries, donnaient au document et à l'acte une dimension qui dépassait la personnalité, et qui indiquait la continuité liée à la famille ou à la fonction, une sorte de permanence et d'engagement à long terme. Entre les XIIème et XVIIème siècle, les « seigns » portaient des motifs variés, voire des armoiries, des maximes, quelque fois, des initiales pour ceux qui savaient à peu près lire. Néanmoins, chez ces derniers, depuis le XIIIème siècle, l'introduction du nom est de plus en plus fréquente même si le paraphe continue d'être orné et calligraphié. En fait, plus la société s'individualise, plus le graphe remplace les armoiries. Là où le symbole représentait un engagement collectif, on trouve maintenant une obligation individuelle. Cette marque « oblige » de plus en plus celui qui la pose, de même, elle l'identifie de plus en plus et les signes qu'on y adjoint sont un rappel d'appartenance plus qu'un engagement de ce à quoi ils font référence. Une signature ornée d'un signe distinctif engage celui qui signe et non les groupe, la famille ou la société à laquelle il s'affirme appartenir, dans le cas contraire, seul le sceau apparaît.

Pour les sujets qui nous occupent, le fait d'accompagner sa signature de signes de diverses natures est indéniablement une pratique assez connue chez les francsmaçons même s'il semble bien que cette pratique ne soit pas habituelle dans la maçonnerie anglo-saxonne de culture plus ouvertement opérative et d'inspiration protestante. Il y a néanmoins une exception, au grade de la Marque, les Frères apposent leur marque en guise de signature après leur nom, et encore, l'obligation n'en est faite que dans le cadre des tenues de marque, il est donc impossible de généraliser le constat, ni même de pouvoir affirmer que tel ou tel signe proche d'une signature puisse permettre d'affirmer l'appartenance du signataire à la Marque.

Chez les maçons de métiers, un règlement maçonnique fait à Torgau en 1462 par les Maîtres de Magdebourgh, d'Halberstadt et Hildesheim précise que « les maximes symboliques ne servaient pas seulement à exprimer les maximes de l'Art en général, elles étaient encore employées comme signatures par les Maîtres et les ouvriers qui devaient signer de leur marque particulière chaque pièce d'ouvrage afin d'en faire connaître l'auteur ». Ces mêmes signes servaient de clefs à l'explication de l'édifice (2). Ces dispositions semblent donner les marques pour origines de ce qui deviendra un signe distinctif dans la signature des francs-maçons.

Daniel Ligou (3) souligne la pratique fréquente d'un signe formé de deux traits horizontaux encadrant trois ou quatre points. Se référant à Claude-Frédéric Lévy, il décrit cette « marque » particulière en constant sa fréquence depuis le début du XVIIIème siècle ; à Rome, à Venise, à Lyon, en Allemagne, à Amsterdam ; c'est à dire sur une ligne qui remonterait le Rhin depuis l'époque de l'illuminisme. L'auteur du dictionnaire de la franc-maçonnerie précise que ces deux traits ne recoupent pas d'activité professionnelle dans la mesure où un grand nombre de maçons de divers horizons l'utilisent.

Ceci étant dit, il reste possible que son origine provienne d'une marque de bâtisseur. N'oublions pas la fascination qu'exercent les anciens opératifs sur les francs-maçons depuis l'origine de celle-ci.

Lorsque l'on compare les signatures sur les manuscrits, il apparaît que ce signe n'est pas utilisé chez les Rose+Croix, pas plus dans les congrégations jésuites au moment de la contre-réforme et non plus dans les guildes de bâtisseurs. Sur ce dernier point, cela tendrait à prouver que les marques peuvent être une source mais peut-être pas une origine.

On sait que la franc-maçonnerie est devenue très catholique en traversant le « chanel » pour se faire adopter par les français et qu'elle est devenue très chrétienne en s'enfonçant dans les territoires de l'est et du nord-est, de Lyon à la Prusse. Il faut peut être chercher de ce côté l'origine du signe. En effet, la franc-maçonnerie anglaise est notoirement déiste et se rattache, pour l'ensemble de son cursus, à l'ancien testament. Les Catholiques s'appuient, quant à eux sur le Nouveau Testament et cela pourrait donner à cette décoration de signature une signification particulière à rapprocher avec les symboles chrétiens primitifs. Toujours selon Daniel Ligou, les colonnes représentées seraient alors l'expression de l'ancien et du nouveau testament.

Cela se conçoit, surtout si l'on considère que le terme de « seign » qui est la racine de signature, prend sa source dans le grec ancien « sphragis » et ce terme désignait le signe particulier que s'échangeaient les premiers chrétiens en se dessinant un « tav » sur le front. C'est un usage qui était déjà connu des cultes de Mithra et de Dionysos, et qui préexistait au signe de croix comme signe de reconnaissance, comme signature religieuse.

Ce signe frontal (4), peut être à l'origine du signe de croix, mais il est très certainement un signe de reconnaissance attesté par Saint Augustin qui disait que l'on « reconnaissait aisément les chrétiens à leurs vêtements, à leur coiffure et à leur front » se transforma en Tau en passant dans le monde Grec. En effet, le rapprochement de la croix et du tau peut tenir à une ressemblance de forme. Mais cette ressemblance n'est pas très satisfaisante à justifier le geste cruciforme moderne. En effet le tau grec a la forme T, ce qui ne correspond pas au signe marqué sur le front. Les Pères de l'Eglise eux-mêmes ont rappelé que le livre d'Ezéchiel annonce que les membres de la communauté messianique seront marqués au front du signe « tav ». Le souvenir de ce texte était présent dans le milieu juif du temps du Christ. En effet les esséniens, qui prétendaient constituer la communauté eschatologique, portaient au front le signe d'Ezéchiel. Ces différents éléments, quoi que fort éloignés des deux traits qui nous occupent, montrent bien l'origine à la fois religieuse et identitaire de la signature. Saint Jean, à son tour dans l'Apocalypse, déclare que les élus seront marqués au front. On peut en effet y lire que « l'ange empêche les fléaux de détruire le monde jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau de l'agneau le front des serviteurs de Dieu ( VII, 3 ). Or ce sceau « sphragis » qui est le Nom du Père est aussi le signe de Dieu car, en hébreu, le « Tav » qui est la dernière lettre de l'alphabet désigne Dieu. C'est ainsi que certain Kabalistes chrétiens avant l'heure, comme l'auteur de l'épître de Saint Barnabée fait le lien entre le nom de Jésus et la Croix, confirmant ainsi que le Nom du Père est le Fils. Il s'agit d'une interprétation du nombre 318, qui est celui des serviteurs d'Abraham. L'auteur y explique de le Iota qui vaut 10 et le Heta qui vaut 8 peuvent se rejoindre ( I et H ) ce qui donnerait un signe de cette sorte, l'adjonction du Tau de valeur 100 avec celle des colonnes complète alors le signe encore une fois antérieur au chrisme mais, O combien proche de symboles maçonniques connus et dont on retrouve la trace sur le cénotaphe d'un maçon belge mort au XIXème siècle et dont la signature portait les deux traits dont on a déjà parlé.

Prolongeant son étude « par défaut », Daniel Ligou hasarde l'hypothèse que le signe en double traits puisse trouver son origine dans les Hauts Grades de l'Ecossisme. Cette théorie est d'autant plus plausible que la « contre-réforme » chrétienne de la maçonnerie par sa « re-christianisation » passe indubitablement par l'introduction des systèmes de Hauts Grades que l'on nommera « Ecossisme » eu égard à leurs référence constante à l'Ecosse, même si aucun d'eux n'y trouve son origine. Pour Daniel Ligou, il s'agirait ici du grade d'Ecossais Trinitaire, 26ème degré du REAA actuel et particulièrement insistant sur la révélation christique. Ce grade n'est plus pratiqué de nos jours, mais on sait, par les différents tuileurs encore disponibles ( Vuillaume, entre autre ) et le dictionnaire du même Ligou qui en dévoile les arcannes, que le candidat y recevait la Vraie Lumière de Jésus en montant un petit escabeau de trois marches qui le portaient vers le ciel du Christ. A l'exception de cette christianisation parfois un peu caricaturale de la progression initiatique maçonnique, il n'apparaît pas clairement que ces lignes puissent provenir de la cérémonie ou du catéchisme de ce grade. Ce manque de relation nette de cause à effet ne permet pas d'affirmer cette option de liaison avec le Rite Ecossais Ancien et Accepté, même si l'apparition à la fin du XVIIIème siècle de ce type de signature n'est pas incompatible avec l'apparition de ces grades. Cela semble, de toutes manières, beaucoup moins évident que la possibilité d'un lien avec les pratiques anglo-saxonnes qui se seraient implantés en France. Le triple Tau de l'Arche Royale et l'usages des anciennes marques de maçons peuvent s'adapter d'une manière beaucoup plus évidente. Rien n'interdit, en effet, aux francs-maçons français de pratique York d'adjoindre une marque à leur signature.

(1) CF. « De l'origine de la signature et de son emploi au moyen âge » Par Marie Claude Guigue – Paris Dumoulin 1863

(2) Cf. « Le Livre du Compagnonnage » par Agricol Perdiguier dit « Avignonais la Vertu » - Paris – Pagnierre 1845

(3) in « Dictionnaire de la franc-maçonnerie » - Paris - Presses Universitaires de France – PUF – 1987 – entrée « Signature »

(4) Cf. Jean Danielou in « Les symboles chrétiens primitifs » Ed. du Seuil – Paris 1998
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# Posté le samedi 24 novembre 2007 11:00
Modifié le samedi 01 décembre 2007 10:27

Notes sur l'alphabet maçonnique (d'Edmond Mazet) résumé par Caroline P.

Notes sur l'alphabet maçonnique  (d'Edmond Mazet) résumé par Caroline P.
Renaissance Traditionnelle N°25 Tome VII janvier 1976. p1

En préambule, grand merci à nôtre ami Lurker, pierre essentielle des Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle, qui a bien voulu reproduire cet article sur son blog Truthlurker, au combien déjà riche, afin de pouvoir visualiser l'entièreté du travail de Caroline P., notamment en ce qui concerne l'iconographie. Grâce soit rendue au rodeur...
Les Amis Provençaux de renaissance Traditionnelle


L'article d'Edmon Mazet est articulé en 5 points :

1. le premier point présente les principes et l'origine de l'alphabet maçonnique à partir du « catéchisme des francs-maçons » attribué à Louis Travenol , écrit en 1744 (1ère édition de cet ouvrage).

- Une parenthèse amusante sur ce petit ouvrage in-12 dont le titre exact est : « Catéchisme des francs-maçons, dédié au beau sexe. » édité à « Jérusalem, et Limoge », P. Mortier, 5440, depuis le déluge ( 1740 ). Publié sous le pseudonyme de Léonard Gabanon l'ouvrage a connu quelques succès et a été ré-édité une première fois sous le titre « La désolation des entrepreneurs modernes du Temple de Jérusalem, ou le nouveau Catéchisme des francs-maçons, dédié au beau sexe », en 1744 ( c'est peut être de cette édition dont il est question ici ). Une troisième édition plus tardive, en 1748, portait, cette fois, le titre de « Nouveau Catéchisme des francs-maçons, dédié au beau sexe ». On remarquera surtout l'intérêt de l'auteur sur le « beau sexe ». Néanmoins, on peut se demander jusqu'où va la crédibilité à accorder à cette divulgation provenant d'un auteur plus connu pour ses ouvrages sur la musique et l'Opéra et dont la réaction la plus connue fut celle intitulée « Lettre critique de M. le Chevalier *** à l'auteur du Catéchisme des francs-maçons, avec un brevet de calotte accordé en faveur de tous les zélés membre de leur société » publié à Tyr par Marcel Louveteau, rue de l'Echelle, à l'Etoile Flamboyante avec privilège du Roi Hiram. Les noms, les trois points du Chevalier et les lieux ne manqueront pas d'interpeller. Cela ne vient néanmoins pas en contradiction avec la mention faite dans l'ouvrage sur l'alphabet maçonnique.

Ce « cathéchisme », est cité par Edmond Mazet comme étant la plus ancienne mention connue de ce type d'alphabet en maçonnerie ce qui cependant n'apparaît pas comme certain. En effet, d'autres sources précisent que la plus ancienne divulgation est celle du « Sceau Rompu » publié en 1745, de même on remarquera que les Statuts « Schaw », depuis le XVIème siècle, portaient déjà mention de chiffres et de marques. Edmond Mazet souligne néanmoins que l'édition du « catéchisme » de 1744 ne contient aucune mention d'alphabet maçonnique alors que l'édition postérieure du même ouvrage, publié en 1783, postérieure au « sceau rompu » y fait référence. Seule une consultation des manuscrits en cause permettrait de départager les différentes positions.

2. Le deuxième point présente différentes formes d'alphabets maçonniques qualifiées de « variantes » avec notamment l'apparition de la Croix de Saint André pour le cryptage de certaines lettres.

3. Les troisième, quatrième et cinquième parties sont quant à elles axées sur les cas plus particulier de l'utilisation des alphabets maçonniques dans les grades de maîtres ( par la présentation du cartouche se trouvant sur le tableau de loge de ce grade ) et de Maître Maçon de Marque ( en illustrant son propos avec un jeton de présence où les lettres maçonniques sont qualifiées de « chiffres » reprenant ainsi l'ancienne appellation de l'alphabet maçonnique ainsi que celle utilisée dans l' « Arche Royale » Américain.

Au 3ème degré, le cartouche qui se trouve intégré au tableau de loge présente la particularité d'inverser les lettres et les chiffres, comme le montre l'illustration suivante. En fait, il ne s'agit pas de l'inversion du cartouche mais bien de l'inversion, en miroir, de la clef de codage initiale des lettres comme le montre ce tableau:

Photos de l'article en cliquant ICI

En ce qui concerne l'usage de l'alphabet maçonnique par les Maîtres Maçons de Marque, l'illustration qui en est donnée dans l'article ne s'appuie pas sur le Tableau de Loge dans lequel ne figure pas d'inscription chiffrée mais la clef du chiffre, au dessus de la porte, de chaque coté de la pierre de faîte.

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L'illustration de cet alphabet, reprise par Edmond Mazet repose sur l'inscription portée sur les jetons de Marque tel que ceux reproduits ici pour l'exemple :

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Les jetons de Marque étant dépendant de la Loge et de la Province qui les utilise, il est assez difficile d'en trouver de semblables et c'est la raison pour laquelle il est aussi assez compliqué d'entrer ici dans une analyse des choix scripturaux porté sur ces jetons. Néanmoins, on peut dire que les inscriptions portées sur quelques pièces, au delà des initiales habituelles et systématiques, HTWSSTKS, sont chiffrées et se rapportent à :

- JOPPA
- Keb Raioth
et, le plus souvent : MARK WELL qui signifie « Marque Bien »

En conclusion, l'auteur présente ses opinions plus personnelles sur l'origine et l'existence des différents systèmes d'alphabets maçonniques.

Plutôt que de reprendre les différents points de l'article, je vous propose quelques éléments sur les alphabets maçonniques.

La forme première, la plus ancienne mentionnée, d'alphabet maçonnique repose sur l'utilisation d'un carré de 9 cases tel que celui utilisé pour réaliser des carrés magiques à la différence que celui-ci ne présente aucun encadrement extérieur.

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Le carré magique consiste une égale quantité de colonnes et de lignes que l'on appelle « ordre » et contenant des nombres répartis dans les différentes cases de manière à ce que la somme des chiffres de chaque ligne soit égale à la somme des chiffres de chaque colonne et de chaque diagonale. Ainsi, le carré de 3x3 conduit au chiffre 15.

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Le principe soutenant le carré magique a pu aussi être utilisée avec des lettres latines, voir par exemple le carré SATOR (Sator, Arepo, Tenet, Opera, Rotas ...)

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ou bien avec des lettres hébraïques de 1 à 9 grâce à leur double signification de lettres et de chiffres.

Ces carrés magiques ont été utilisés par les érudits chinois et arabes, puis, au Moyen âge, et pendant la Renaissance par les cabalistes juifs et les hermétistes chrétiens.

La référence à des décompositions géométriques de figures en vue de constituer des grilles de codages de lettres, ancêtres de la cryptographie, apparaît assez ancienne. Certains restent d'usage comme celui dit des « Templiers » ou, selon Maurice Guingamp (1) , « Alchimique ». Il est formé à partir du dessin d'une croix de Malte inscrite dans un octogone. Son usage permet à la fois de coder l'alphabet, mais il offre aussi une transcription possible des lettres en chiffres. C'est sur la base de cette construction élémentaire que sont construites certaines marques de bâtisseurs et certains sceaux aux alentours du 13ème siècle.

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Cette première étude nous amène à deux conclusions ; d'une part, il apparaît que l'usage des alphabets maçonnique puisse être étudié comme une sorte de référence aux bâtisseurs, comme celle des « anciens devoirs ». Dans ce cas, utiliser des formes graphiques proches des marques relèverait d'une possible revendication d'origine « opérative ». La systématisation de ce type d'alphabets et de marques dans les grades d' « Homme de Marque » et de « Maître Maçon de Marque » ne contre dit pas cette option. D'autre part, il semble que la construction d'un code de lettres grâce à un carré de 3x3 ne soit pas propre à la maçonnerie mais s'inscrive dans une démarche plus globale d'élaboration des modes de cryptages et des communications. Ainsi, Cornélius Agrippa dans son ouvrage intitulé « La philosophie Occulte » de 1530 présente deux systèmes de cryptage :

• l'agrégation de lettres d'un mot entre elles de manière à former un symbole
• le système de tableau à 9 cases, ce qui constituerait la plus ancienne mention de ce système (2) .

Ce fut cependant Giovanni Baptista della Porta de Naples qui donna ses lettres de noblesse à la codification des lettres avec une répartition particulière de lettres dans des cases à la même époque qu'Agrippa. Son système est une forme de cryptage qui sera couramment utilisée dans les relations diplomatiques à partir de cette époque.

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Au sein de chaque groupe, chaque première lettre reprend la forme du fragment de tableau décomposé puis les secondes sont signalées par un point ajouté dans les angles et les trois autres par deux points. La répartition entre les lettres pouvait varier selon le système de codage initial.

Maintenant que nous avons replacé un cadre global, revenons à notre alphabet maçonnique et en particulier à celles mises en avant dans l'article de Renaissance Traditionnelle.

Les alphabets maçonniques y sont décrits comme des systèmes permettant de communiquer sans mots, en utilisant des outils maçonniques, par exemple avec une équerre, deux règles de 24 pouces et un maillet pour les points (3) ou avec deux équerres et un maillet (4) . C'est ainsi que le figure la version de l'alphabet contenue dans le « Sceau rompu » de 1745 :

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Grâce au système de ponctuation, simple et double, les 22 lettres sont réparties et 4 sont absentes j, k, v, w. Ceci indique que ce type d'alphabet s'adaptait au latin et, par voie de conséquences, au français écrit du 17ème et 18ème siècle avec les équivalences « u » pour « v » et « i » pour « j ».

La répartition des lettres peut apparaître arbitraire, mais une analyse approfondie montre que ce n'est pas le cas. Ainsi, en reliant les lettres entre elles, différentes figurent géométriques apparaissent.

- Soit les lettres sont reliées dans l'ordre alphabétique ( abc, def, ghi, lmn, opq, ....), alors apparaissent des triangles isocèles, rectangle, rectangle et isocèle , une ligne droite, un point au centre de la grille ( source : article du « cahier d'histoire maçonnique », n°41 )

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- Soit les lettres sont reliées, toujours dans l'ordre alphabétique, mais en utilisant la ponctuation, ce qui donne ( abe, fcd, gil ...). Cela conduit à faire apparaitre d'autres figurent géométriques : triangles rectangles, carré, mais pas de points ou de lignes.
Ainsi, on peut constater que le système à double ponctuation présenté dans le sceau rompu privilégie les triangles rectangles et plus particulièrement isocèles.

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L'autre modèle de cryptage est celui qui utilise la croix de Saint André.

L'apparition de cette structure en « croix de Saint-André » dans les alphabets maçonniques apparaît dans l' « anti-maçon » de 1748. Le Rev. N.B. Cryer, dans son ouvrage « L'Arche et l'Arc-en-ciel », cite, à ce sujet, la mention inscrite par Laurence Dermott ( 1720-1791 ), qui fut secrétaire de la Grande Loge des « Ancients », dans un registre du Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale, d'un alphabet maçonnique reproduisant non seulement la grille mais aussi la Croix de Saint André.

Les modes de répartition des lettres peuvent être variables, comme l'illustrent les deux alphabets publiés respectivement dans l' « anti-maçon » de 1748 et le « maçon démasqué » de 1751:

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Au 19ème siècle, le Dr Oliver ( cité, lui aussi par N.B. Cryer et présenté sur le site de la « Grand Lodge of British Columbia et and Yukon » http://freemasonry.bcy.ca/texts/cypher.html ) a identifié 6 formes d'alphabets utilisant à la fois la grille et la croix :

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Notes:

1. Cf . Maurice Gunigamp in « Les bâtisseurs de Cathédrale » ed. Mame Paris 1974
2. CF ; Rev. N.B. Cryer in « L'arche et l'arc en ciel »
3. (Rév. DR Oliver « les désaccords des francs-maçons »)
4. Ainsi, était-ce présenté par Edward Somerset, second marquis de Worcester, (1601-1667). Cryer “L'Arche et l'Arc en ciel”


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# Posté le samedi 24 novembre 2007 11:13
Modifié le mardi 05 février 2008 03:53

Les appellations de Jésus dans les Evangiles (de Alain Guillermou) résumé par Dany T.

Les appellations de Jésus dans les Evangiles  (de Alain Guillermou) résumé par Dany T.
Renaissance Traditionnelle N°54-55
Tome XIV avril-juillet 1983. p179


Alain Guillermou (1913-1998) linguiste français, professeur de roumain à l'institut national des langues et civilisations orientales, fondateur de la « biennale de la langue française »,et directeur de la revue : Foi et langage, a publié de nombreux ouvrages dont :

- Les Jésuites, PUF, « que sais-je ? » 1999
- Livre des saints et des prénoms, Desclée de Brouwer (1e édition 1976).

Son étude s'inspire largement du livre du père jésuite : André de Manaranche, théologien enseignant au séminaire d'Ars et également auteur de nombreux livres dont :

- Des noms pour Dieu , Fayard, 1980
- Adam où es tu ? Le péché originel Sarment/ Fayard (témoins de lumière)





Et de renseignements pris dans les dictionnaires de Théologie notamment celui du Père Jésuite Xavier Leon Dufour(1912-2007) :

- Vocabulaire de théologie biblique (seuil 1982).

Cet article a paru dans : Foi et langage n°314 ,1982.

Le nom de Jésus , en grec Jésous, en hébreu Yéchuo, Yéhôchua est d'une étymologie claire : « Yahveh sauve ».Ce nom n'est pas donné au seul sauveur, mais très répandu en Israël :

- Le siracide ou l'ecclésiastique (132 avant JC) :auteur Jésus ben Sirach
- Certains manuscrits de l'évangile de Matthieu où Barrabas est prénommé Jésus.
- Le nom de Josué a la même étymologie que Jésus et qui signifie : « Dieu sauve ».

1. Jésus s'est-il appelé le Christ ?

Christ= oint (du Seigneur), du grec Khrio, équivalent du Machiah hébreu et du latin Messias.
Il ne s'est jamais lui même appelé Messie, mais il ne dément pas lorsqu'il est questionné à ce sujet par Mathieu( 16,15).
Il ne dément pas non plus : « Seigneur ! Fils de David » équivalent de Messie( cf : 2 Samuel 7,12+13/ michée5,1/ psaume 132 / Mathieu 20,30).

2. Jésus s'est il appelé fils de Dieu ?

Il se déclare « le Fils »sans ambiguité, puisqu'il proclame que Dieu est son « Abba » , son père (Mathieu 11,25-26).Il utilise cependant une formule assez mystérieuse : « fils d'homme ».
Le point de départ de cet emploi se trouve dans Ezéchiel 1,28 ; 2, 1-2.
Fils de l'homme, ben Adam en hébreu, est soit un substitut du pronom personnel, soit comme dans Daniel 7,13 il signifie : être humain ou plus encore.
En effet, dans cette vision de Daniel qui préfigure l'Apocalypse, ce personnage à visage humain est plein de mystère surnaturel. S'agit-il d'une préfiguration du Christ ayant reçu la souveraineté éternelle ou du peuple juif dans son ensemble ?
Il y a ambiguité constante.
Jésus utilise « le fils de l'homme » lorsqu'il développe devant ses disciples ce qui adviendra à la fin des temps, et son propre avènement : Apocalypse synoptique :Mathieu 24,30-31, Marc13, Luc 21.
Il n'emploie jamais la formule : fils d'homme mais, le fils de l'homme, qui ne vaut que pour le Messie.
Pouvait il faire allusion à une tierce personne ? Cette supposition ne résiste pas à l'analyse, en effet dans Marc 14,62 :
Le grand prêtre l'interroge :
« Es tu le Messie, le Fils du DIEU Béni ? »
Jésus répond :
« Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du TOUT PUISSANT et
venant avec les nuées du ciel. »
Cette formule ne sera plus employée qu'une fois, dans les actes des apôtres 7,56 lors du martyre d'Etienne.

3. Comment ses disciples ont-ils appelé le Christ ?

En général c'est Rabbi : Maitre ou Rabbinou : mon maître.
L'autre nom employé est « Seigneur »mais ce terme n'est employé qu'après la Résurrection.
Là s'engage un important conflit théologique. En effet , les mots employés par les disciples pour désigner leur maître ne sont pas les mêmes avant, pendant et après la Pâques.
Après la résurrection on trouve les titres de :Seigneur, Christ, Nom, Prince et Juge, qui n'étaient pas employés auparavant. Deux de ces titres retiennent l'attention : Seigneur et Nom car ils ont été donnés à Yahveh et à Jésus.
« Le Nom » apparait dans plusieurs passages des Actes des apôtres,
soit d'une façon banale Ac(3,6)
soit dans une signification d'appel à la puissance
soit dans un esprit de sacrifice et d'identification Ac (5, 41) :
« Ils quittèrent donc le Sanhédrin, tout heureux d'avoir été trouvés dignes de subir
des outrages pour le Nom. »
Cette manière d'utiliser le « Nom » est fréquente dans l'A.T.Le Nom désigne Yahvéh en personne. C'est là que s'amorce le grave problème des appellations données à Jésus après sa résurrection. Si le titre de
« Nom » est assez épisodique dans le NT, celui de Kurios (Seigneur) est beaucoup plus fréquent. Or ce vocable était celui utilisé par les Septante pour traduire Yahvéh en grec. Les disciples appelaient-ils donc Jésus : Dieu ?
On pourrait simplement déclarer que Jésus a été divinisé par ses adeptes après sa mort.
Deux arguments s'opposent à cela.

a. Il n'est pas tenu compte de la croyance essentielle du christianisme :
Dieu s'est fait homme : Jésus. Il s'agit d'une « kénose »bien expliquée par Paul dans son épître aux philippiens (2,5-8).
Jésus n'est pas un homme fait Dieu. La foi confesse une kénose et non une apothéose .
Kénose du grec Kénôsis, dérivé de kenos : vide, c'est l'abaissement.
Apothéose c'est la glorification( divinisation romaine des empereurs).

b. Le mot de Kurios appliqué à Jésus prend une valeur d'adjectif et non de nom propre.
Donnant ainsi à Jésus l'épithète de Kurios, ils le reconnaissent comme Dieu mais ne le confondent pas avec Yahvéh : Jésus est Dieu, sans s'identifier à Dieu. C'est la difficulté théologique traversant les âges : Le Dieu d'Abraham envoie Jésus sur terre, le livre à ses ennemis, le ressuscite mais ne le confond pas avec Lui. Cependant le Fils est l'égal du Père
Et les Deux ne font qu'Un.

4. Comment le Christ a-t-il appelé Dieu ?
Il l'a souvent nommé : « Ho Theos » Le Dieu, mais soumis à la coutume de ne pas prononcer le nom de Dieu , il utilise des artifices linguistiques ainsi :
« Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » Mat(5,5) soit : Dieu les consolera.
Pour Le désigner il utilise souvent les vocables : Ciel, Cieux, Puissance, Très Haut, Grand Roi. De même il emploie souvent le mot Père au vocatif. Quand à Abba, terme unique dans les écritures, il révèle l'intimité entre Jésus et le Père.

5. Le mystère de : « Je suis » : Ego eimi : Ego sum.

On ne le trouve que dans l'Evangile de Jean.
- suivi d'un attribut du sujet cela n'a rien d'étrange
ex : je suis le bon pasteur
- mais le mystère apparaît en Jean (8,24) :
« si, en effet, vous ne croyez pas que Je suis, vous mourrez dans vos péchés. »
Cette construction absolue fait penser à la déclaration de Dieu à Moïse (Ex3,14) :
« Heyeh Asher Heyeh » :Je Suis Qui Je Suis.
Faut-il croire que Jésus, se souvenant du Buisson Ardent s'attribuait la même nomination.
En fait , selon les exégètes, ce : « C'est Moi » , traduisait la prééminence absolue du Dieu Unique (cf cantique de Moïse (32,39) et Isaïe (46,4).
Par ce : « C'est Moi », Il laisse entendre que même si pour le temps de Sa mission sur terre, il est privé de la Gloire divine (kénose initiale) Il n'en reste pas moins le Verbe, Il ne fait qu'Un avec le Pére.

L'auteur conclue :
Cette enquête se termine aux dernières paroles humaines du Christ, mais l'histoire de Son
Nom se prolonge au cours des ages, ce qui pourra donner suite au présent article.
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# Posté le samedi 01 décembre 2007 09:43
Modifié le mercredi 19 décembre 2007 03:51

TABLE GÉNÉRALE DES SOMMAIRES DE LA REVUE: ANNEE 2005

TABLE GÉNÉRALE DES SOMMAIRES DE LA REVUE: ANNEE 2005
TOME XXXVI (2005)


N° 141 JANVIER 2005

Pierre Mollier: Avant-propos
Matthew D.J.Scanlan: La Franc-Maçonnerie et le mystère de l'acceptation-1630-1723- Un défaut fatal
Serge Caillet: Les sept sceaux des Élus Coëns. III.- Les grades « coëns »
Robert Amadou: Correspondance de F.R. Saltzmann avec J.-B. Willermoz 1779-1819
Pierre Mollier: Notes de lecture

N° 142 AVRIL 2005

Pierre Mollier: Avant-propos
Bernard Homery: Héraldique et franc-maçonnerie : l'équerre et le compas entrelacés
William James Hughan: La Loge jacobite à Rome, 1735-1737
Gilbert Cédot: La curieuse note des « Three Distinct Knocks » ou les tribulations d'un illustre cadavre
Jérôme Rousse-Lacordaire: La journée chrétienne des Elus Coëns
Jacques Tuchendler: Deux discours de Claude Antoine Thory
Laurent Bastard: Notes de lecture

N° 143-144 JUILLET-OCTOBRE 2005
Actes du Ve colloque Renaissance Traditionnelle


Pierre Mollier: Avant-propos
Claude Rétat: Jean-Marie Ragon ou qu'est qu'un Maçon Instruit
Jean-Pierre Brach et Pierre Mollier: Franc-Maçonnerie et kabbale : les planches théosophico-maçonniques du Frère David Rosenberg (circa 1830)
Robert A. Gilbert: Des liaisons curieuses : occultisme et « fringe masory » anglaise au XIXe siècle
Roger Dachez: Martinisme, occultisme et franc-maçonnerie dans le Paris de « la Belle Epoque »
Bernard Dat: « Le côté occulte de la franc-maçonnerie » ou l'étrange maçonnerie des Théosophes
Thierry Zarcone: Rudolf von Sebottendorf et le mythe de « l'ancienne franc-maçonnerie turque » : un exemple de croisement entre l'ésotérisme occidental et la mystique musulmane
Jean-Pierre Laurant: Oswald Wirth (1860-1943) et la « science des symboles »
Table Ronde


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Modifié le samedi 01 décembre 2007 11:51

TABLE GÉNÉRALE DES SOMMAIRES DE LA REVUE: ANNEE 2006

TABLE GÉNÉRALE DES SOMMAIRES DE LA REVUE: ANNEE 2006
TOME XXXVII (2006)

N° 145 JANVIER 2006

Pierre Mollier: Avant-propos
Denis Labouré: Les Tableaux de la Loge Cagliostro
Robert et Catherine Amadou: Correspondance de F.R.Saltzmann avec J.-B. Willermoz 1779-1819
Jacques Tuchendler: A propos des archives de Claude Antoine Thory
Laurent Bastard: Les sources méconnues du Compagnonnage français au XIXe siècle. I.- des Compagnons du Silence aux Compagnons tanneurs du Devoir
Pierre Mollier: Notes de lecture

N° 146 AVRIL 2006

Pierre Mollier: Avant-propos
Robert et Catherine Amadou: Correspondance de R .R. Saltzmann avec J.-B. Willermoz
1779-1819

Serge Caillet: Victor Blanchard interrogé par le Service des sociétés secrètes
Alain Bernheim: Notes à propos de la R:.L:. Le Contrat Social
Raymond Dhelin: De la réception secrète à l'Installation discrète du Maître de Loge de 1822
Laurent Bastard: Les sources méconnues du Compagnonnage français au XIXe siècle. II.- Un tableau Symbolique « Dédié aux Enfants du Devoir » *




N° 147-148 JUILLET-OCTOBRE 2006

Pierre Mollier: Avant-propos
Roger Dachez: Divulgations et catéchismes maçonniques en France de 1737 à 1751.
I- La Divulgation de Hérault : La réception d'un Frey-Maçon de 1737
Pierre Mollier: Malte, les chevaliers et la franc-maçonnerie
Robert et Catherine Amadou: Correspondance de F.R.Saltzmann avec J.-B. Willermoz 1779-1819
Jacques Tuchendler: La Mère Loge Ecossaise de France et l'hôtel de Bullion
Les travaux de la Grande Loge Générale Ecossaise de France. Transcription de son registrePierre Petitjean: Le Rite Français Traditionnel. Quelques Documents


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