Nouveau dans la Collection Renaissance Traditionnelle. Illustrations de la Franc-Maçonnerie de William Preston, traduit par Georges Lamoine

Nouveau dans la Collection Renaissance Traditionnelle. Illustrations de la Franc-Maçonnerie de William Preston, traduit par Georges Lamoine
Toute personne intéressée par l'histoire générale de la Franc-Maçonnerie trouve une ou plusieurs références à un corpus de documents intitulés en anglais Prestonian Lectures, ou « Conférences de Preston », du nom du maçon anglais, célèbre au XVIIIe siècle, qui ½uvra beaucoup pour l'Institution et qui est surtout connu pour son texte Illustrations of Masonery.

En traduisant cet ouvrage, il s'git de mettre à la disposition du public français l'un des textes importants de la Maçonnerie anglaise du XVIIIe siècle pour lui permettre de mieux comprendre les origines et le développement de la Maçonnerie.

Le texte traduit est celui de 1812, dernière édition remaniée par William Preston. Traduit, introduit et annoté par Georges Lamoine, cet ouvrage est un document essentiel de référence.


La Collection Renaissance Traditionnelle, aux éditions Dervy, est dirigée par Roger Dachez.

Dans le sillage de la revue Renaissance Traditionnelle qui a contribué depuis 1970 à l'émergence d'une nouvelle histoire de la Franc-maçonnerie, cette collection propose des documents et des études en rapport avec les origines historiques et les sources de la tradition maçonnique et des mouvements qui lui sont liés.
Principalement soucieuse de rigueur dans la recherche, elle souhaite aussi mettre à la disposition du plus grand nombre des matériaux pour mieux connaître et comprendre l'Ordre maçonnique, dans sa double dimension historique et spirituellee.

# Posté le mercredi 20 décembre 2006 11:11

« Liberté, Égalité, Fraternité » III. Après 1848: La Devise (de Robert Amadou) résumé par Alain G.

« Liberté, Égalité, Fraternité » III. Après 1848: La Devise (de Robert Amadou) résumé par Alain G.
Renaissance Traditionnelle N°21/22 - Janvier/Avril 1975. p 23 – Tome VI

Entre la révolution de 1848 et le convent de 1949.

« Fille du ciel, elle nous apporte la Fraternité, l'Egalité, la liberté ». Qui est ce ? non pas la révolution de 1848, ni même, quoique le texte soit du 26 septembre1791, mais à la religion iraient le pouvoir, et l'honneur, d'instaurer les trois qualités sociales dont les noms juxtaposés
fourniront sa devise à l'Etat de 1848.

Et de qui est-ce ? du fameux et très grand abbé Henri Grégoire, dans une adresse aux députés de la seconde législature.

Car les hommes de quarante-huit sont, d'évidence, hommes religieux. On à constaté, aux sources immédiates de la devise, et lors de sa naissance, que tout discours sur elle impliquait la religion.

Mais quelle religion ? Une religion, la religion, de 48. Que de fois alors le socialisme ne fut-il pas baptisé ! Que de fois Jésus devint maître révolutionnaire.

Nostalgique ou non, Dieu le sait, l'idéologie fossile des règnes de Louis XVIII et de Charles X anime Mgr Parisis. Sous la IIe république il publiera un éloge retentissant de la devise : cet éloge ne se comprend que si l'on tient compte de son premier sens, celui de la révolution de 1848, à laquelle on verra que le clergé fut favorable, par réaction contre l'anti-cléricalisme de la Monarchie de juillet, oppressivement concordataire et qui refusait aux catholiques la liberté de l'enseignement.

La Grande Loge nationale et le Grand Orient de France

Nous étions en 1848, passé février. Or, en 1949 , la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » devient, et c'est donc quelle ne la jamais été auparavant ; la devise officielle de la franc-maçonnerie française. Celle-ci était représentée par le grand Orient de France et la grande loge Nationale de France qui, paradoxalement, ne dura que deux ans, pour crime d'avoir été républicaine.

Que la devise de la franc-maçonnerie exprime sa vocation politique, au bon sens du terme
comme le maréchal Magnan, grand maître du Grand Orient de France, l'avait rappelé, six ans plus tôt. Et je citerai ces propos : Selon moi, la mission d la maçonnerie est simple et précise, autant que noble : réunir tous les hommes de bonne volonté que frères et égaux, les hommes se doivent un mutuel appui, leur donnant pour guide notre immortelle devise : Liberté, Egalité, Fraternité, et ce critérium de la vraie morale, Dieu, l'immortalité de l'âme et l'amour de l'humanité.
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# Posté le samedi 06 janvier 2007 12:17

Métaphysique et Ontologie du Pater 2ème partie (de Jean Duprat) résumé par Dany T.

Métaphysique et Ontologie du Pater 2ème partie (de Jean Duprat) résumé par Dany T.
Renaissance Traditionnelle N°17 - janvier 1974. p 42–Tome V

Dans cette 2ème partie J.DUPRAT fait une analyse sémantique du Pater d'après le texte
Grec. Il reprend les 7 demandes : 3 concernant la Théogonie, 4 la cosmogonie.
Il distingue donc :

1/ THEOGONIE

1ére Hypostase : Le Père : nom, principe

TO ONOMA SOU : Ton nom
Le nom permet de connaître, il est ce qu'il désigne. Le nom du Père est le Père lui-même.

HAGIASTHETO TO ONOMA SOU : Que Sanctifié soit ton Nom.
Avant que le nom Hypostatique soit affirmé, son identité essentielle est rappelée.
Hagios est un nom d'essence : Le séparé, le tout autre.


2ème Hypostase : Le Verbe : Royauté

HÊ BASILEIA SOU : Ton Règne
Le Roi de l'univers est le Verbe par lequel et dans lequel l'univers a été crée.

ELTHATO HE BASILEIA SOU : Que vienne ton Règne
Cette forme impérative aoriste est intemporelle, et implique l'adhésion du narrateur.
Le récitant du Pater est non seulement impliqué spirituellement, mais il s'engage pour que ce règne vienne.Cependant l'homme unifié engage le principe qui est en lui.Le véritable auteur
De la prière n'est pas celui qui la profère, mais le principe qui est en lui : LE SAINT ESPRIT.


3ème Hypostase :L'Esprit : La Volonté

TO THELEMA SOU : Ta Volonté
THELO : vouloir, vouloir bien.

GENETHETO TO THELEMA SOU : Que se produise ta Volonté
Même remarque que précédemment concernant l'emploi de l'impératif aoriste.

La racine THAL porte l'idée de former, verdoyer, fleurir, et aussi de fécondité.

La procession du Saint Esprit appartient à la Volonté de Dieu, comme la procession du Verbe
Appartient à l'acte d'Intelligence ( St Thomas : Somme théologique , Ia, q.27, art.3&4).

Une circonstancielle vient compléter la mention de la Volonté :
HÔS EN OURANÔ KAI EPI GÊS : De même dans le ciel, de même sur la terre

Remarque : OURANOS(1) : Ciel en opposition avec TOI OURANOI : Aux cieux.
(1)OURANOS dont la racine est VAR = couvrir, évoquant ce qui est au-dessus, l'au delà,
la transcendance.Le pluriel suggère l'idée d'infinité.
1ère Perspective :
Les cieux seraient le lieu de la Divinité non qualifiée, le ciel le lieu du Dieu qualifié, de l'Être. GÊS désigne alors l'ensemble de la manifestation.
2éme Perspective :
OURANOS serait la manifestation informelle (spirituelle).
GÊS la manifestation formelle (psychique et corporelle).

Le point important est qu'ici soit affirmée la présence dans ''le monde '' de l'Esprit
Dont un des noms propres est le Don (St Thomas ,somme théologique, Ia, q. 38, art.2).

2/ COSMOGONIE : LA CROIX DU MONDE

2éme partie du Pater : 4 demandes se référant aux 6 directions de l'espace cosmique.

A/ Axis Mundi : Les eaux supérieures

TON ARTON HÊMON TON EPIOUSION DOS HÊMÎN SÊMERON
venant
Notre Pain sur donne (le) nous aujourd'hui
Essentiel


Le Don du pain s'effectue de façon verticale, descendant du Principe à l'homme (allusion
A l'Eucharistie). La descente se fait selon l'axe du monde qui est aussi l'arbre de vie.

ARTOS : HO ARTOS : Pain de froment, tout ce qui est nécessaire à la vie, tout ce qui soutient l'être.

EPOUSIOS : Sur-essentiel ou supra-essentiel
Dérive de OUSIA : Essence, substance , être.
OUSIA vient du verbe EIMI : Être, devenir, d'où : EPI-OUSIOS : qui sur-vient ce qui explique quotidien.

SÊMERON : Le lien entre le présent et l'intemporel : Aujourd'hui.


B/ La Croix de St André : 1ère Branche

1/ KAI APHES HÊMÎM TA OPHEILÊMATA HÊMON.
Et décharge nous de nos dettes
La remise des dettes se réfère au mouvement horizontal, au plan humain, au mouvement de la périphérie vers le centre , une des branches horizontales de la croix.
Être ramené au centre revient à être rendu libre, ou à recevoir la Lumière.

2/ HÔS KAI HÊMEÎS APHÊKAMEN TOÎS OPHEILETAIS HÊMÔN
Comme nous aussi donnons décharge à nos débiteurs

APHÊKAMEN : indicatif aoriste, indique le passé sans précision de durée. C'est un temps historique. L'attitude du pardon des offenses est une conformité(l'homme devient ''ce qu'il est'') au Principe, qui est sous un certain rapport un retour au centre.L'attitude de pardon est à son niveau le rétablissement d'un équilibre rompu.


C/ La Croix de St André : 2ème Branche


KAI MÊ EISENENKÊS EIS PEIRASMON
Et ne nous in(tro)duis pas dans l'épreuve
la tentation


L'induction en tentation se réfère au mouvement horizontal dirigé du centre vers la périphérie.
Mouvement de dispersion, éloignement de l'unique nécessaire.
La tentation peut être une épreuve initiatique conduisant vers les ténèbres extérieures ou à l'état édenique.

D/Axis Mundi : Les eaux inférieures

ALLA RHÛSAI HÊMÂS APO TOÛ PONEROÛ
Mais délivre- nous du mal

RHÛSAI : impératif aoriste de RHÛOMAI qui signifie tirer à soi, soustraire, préserver, ramener.
Ramener au Principe ;il s'agit bien d'une remontée de l'être, précédée d'une descente aux
Enfers.

3/ L'ENSEMBLE


La succession des demandes du Pater se déroule par la descente du Principe le plus élevé vers la manifestation et ses limites les plus inférieures. Figure du souffre alchimique.


4/ LE RETOURNEMENT DU PATER


Si le Chrétien récite toujours le pater comme il lui a été donné, la réalisation spirituelle suivra
Un cheminement qui peut être symbolisé par un retournement du symbole :
Cette nouvelle figure qui signifie, l'accomplissement du grand ½uvre, correspond à la 12ème lame du tarot : l'homme pendu par un pied.

Le texte du Pater ne peut être utilisé en faisant abstraction de la Tradition Chrétienne, dans laquelle ce texte est opérant.
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# Posté le dimanche 07 janvier 2007 00:52

Penne d'Albigeois filant au ciel de Toulouse (de Guy-René DOUMAROU) par Dominique S.

Penne d'Albigeois filant au ciel de Toulouse (de Guy-René DOUMAROU) par Dominique S.
Renaissance Traditionnelle N°2- Avril 1970. p 111. Tome I

* Guy rené DOUMAYROU : essayiste, surréaliste, architecte, spécialiste de l'architecture sacrée. Seul article dans Renaissance Traditionnelle.

* Penne d'Albigeois (Penne) est situé dans le département du Tarn, proche d'Albi. Les ruines du château de Penne dominent une boucle de l'Aveyron. Celui-ci remonte vraisemblablement au XIIème siècle.

* C'est article très littéraire, avec de nombreuses envolées lyriques...

* Le bâtiment. Doumayrou fait ressortir que la construction n'est pas faite "au hasard". C'est une forteresse, mais plutôt construite comme une cathédrale avec une entrée à l'Ouest encadrée de 2 hautes tours et précédée d'un parvis intérieur. En fait cette architecture fragilise l'aspect défensif du donjon avec un angle mort offert aux machines de guerre de l'époque, qui de plus donne un aspect esthétique dissymétrique. L'auteur refuse l'erreur architecturale (trop grande qualité de la taille de pierre), comme la thèse de la religiosité trop marquée des fraternités opératives, ou le hasard... En effet, l'axe de l'entrée est dirigé vers la colline de Vaour, de même que la perpendiculaire vers d'autres villes (Puycelci, St Antonin, Caylus, Lacapelle-Livron, tous lieu d'établissements Templiers...

* Les Nombres. Les axes des éperons du donjon déterminent aussi d'autres directions. Celle vers Ouest : rejoint le château de Bruniquel (autre place forte), celui du Nord-Sud : Cahors et Castelnau-de-Montmirail. Enfin l'axe des logis seigneuriaux, anormalement dévié par rapport à l'entrée rejoint Albi et sa perpendiculaire Toulouse. Ces 5 axes combinés à l'axe du Midi et de sa perpendiculaire s'inscrivent quasiment à 1/7 de circonférence en étoile. Pourtant l'histoire nous enseigne que les maçons de l'époque n'ont pas les connaissances permettant cette démarche... Cette étoile à sept branche (heptagramme) n'est pas habituel (étoiles à 5 et 6 banches).
7 est le qui mesure le temps (7 jours de la Genèse), nombre de tout ce qui se transforme par énergie vibratoire y compris les couleurs du spectre et les notes de musique, nombre lunaire (mois lunaire =4 x 7 nuits). Manifestation arithmologique du nombre d'or (1,618...). La construction sous le chiffre 7, montre un refus de l'illusion possible de la perfection qui serait une résurgence Celtique (ex : certaines cathédrales volontairement dissymétriques de manière infime, sous des aspects parfaits).
Cette construction par le 7 ne nous parait pas rationnelle aujourd'hui... on peut toutefois la qualifier de symbolique ou de poétique.
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# Posté le samedi 03 février 2007 11:47
Modifié le vendredi 07 décembre 2007 07:33

« Liberté, Égalité, Fraternité » IV. Conclusion: La Devise de l'Ordre (de Robert Amadou) résumé par Alain G.

« Liberté, Égalité, Fraternité » IV. Conclusion: La Devise de l'Ordre (de Robert Amadou) résumé par Alain G.
Renaissance Traditionnelle N°23/24 - Juillet/Octobre 1975. p 223 – Tome VI

Histoire et pratique.

Nombreux sont parmi les maçons et les profanes ceux aux yeux desquels « Liberté, Egalité, Fraternité » a toujours été la devise maçonnique par excellence, et le reste aujourd'hui.

L'histoire montre qu'il n'en est rien.

La devise apparaît d'abord en milieu profane, on l'a vu, et elle n'est entrée dans la franc-maçonnerie qu'en 1849.

Très peu de frères , par rapport à la masse des francs-maçons, revendiquent son égide des frères français, belges, espagnols, hispano-américains, italiens.... Soit quelques dizaines de milliers au total sur six millions de maçons.

La devise a un passé : il est bref et surprend. L'hérédité de la devise et son jeune âge, sa réclusion et ses liaisons la rendent suspecte, et soulèvent un problème pratique.

D'où le problème pratique, puisqu'il revient à se demander : peut-on et faut-il conserver la devise ?

Certains auteurs francs-maçons ont suggéré d'aménager cette devise : en « Liberté, Equité, Fraternité » ou bien en « Liberté, Equité, Amitié ». Le problème est de savoir si la jambe est de bois, ou engourdie...

Fernand Chapuis rappelle que si la maçonnerie l'à reprise en 1849, c'est parce qu'elle correspondait à sa mentalité, à son idéologie, parce qu'on la croyait venue des temps anciens...Mais elle n'en demeure pas moins une devise « politique ».

De même que les suprêmes Conseils Ecossais ont pris pour devise universelle «ORDO AB CHAO » ne conviendrait-il pas que la maçonnerie bleue adopte une devise- commune à tous les temps, à tous les pays, à tous les régimes – trait d'union de toutes les maçonneries mondiales, savoir : “Sagesse- Force- Beauté”, en marquant ainsi à la fois l'Union de toutes les maçonneries et le caractère d'universalisme du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Le propos paraît convaincant, dans la mesure où "Liberté, Egalité, Fraternité" manifeste en maçonnerie, une erreur, une déviation, pourquoi la conserver ? Pour deux raisons, semble t-il d'importance inégale et donc aucune ne me paraît ni décisive, ni négligeable.

Première raison : elle est d'ordre sentimentale. Attention : il ne s'agit point ici de respecter la tradition. C'est au contraire, le convent de 1848 qui a innové. Mais L'innovation porta sur un point accessoire dans la forme à une histoire qui eut ses grandeurs, au confins du maçonnisme.
Deuxième raison : que cette innovation tolérable constitua un apport positif. Puisque la tradition n'interdit pas de prêter attention à la voix du sentiment en envisageant de garder la devise, étant bien entendu qu'elle perde ses connotations profanes.

René Guénon, souhaitait qu'on restituât à la devise son sens original, qu'il prétendait initiatique. Mais ce sens original n'a jamais été que profane.

Alors, peut-on récupérer la devise, la sauver malgré elle en dépit de ses antécédents ?
Dans le cas d'une réponse affirmative, la devise ainsi repêchée pourrait être capable d'enrichir la franc-maçonnerie. Ce serait une raison pour étayer l'attachement sentimental, et le doter d'une valeur maçonnique.

Essais de récupération.

En politique cette formule a pu réserver des déception ; il n'en est pas de même en initiation. Oswald Wirth motive son jugement en analysant, pour mieux exhorter à les vivre, la liberté, l'égalité, et la fraternité du philosophe : ligne morale et ascétique. Qui empêcherait d'associer la liberté au fil à plomb, l'égalité au niveau, la fraternité à l'équerre ?

Ligne occultiste que celle où nous engage Robert Ambelain : l'astrologie fonde et qualifie la vraie liberté ; la magie fonde et qualifie la vraie égalité ; l'alchimie fonde et qualifie la vraie fraternité.

Ligne proprement symbolique : le ternaire républicain, puis maçonnique, selon la chronique germe d'une racine gnostique, la liberté déclarerait alors l'ésotérisme de la foi, l'égalité celui de l'espérance, et la fraternité celui de la charité.

Enfin, la ligne de la perspective initiatique, avec quoi convergent les lignes précédentes mènerait à la synthèse ésotérique de saint Martin, dont il ne néglige pas mais exhausse le sens politique, à la “grande affaire” de l'homme selon lui : sa réintégration.

C'est ce que Georges Allary et Denis Roman résument, dans un vocabulaire différent et très spécial, puisqu'ils l'empruntent à René Guénon

“C'est trois mots” écrit le premier “sont susceptibles d'une interprétation parfaitement orthodoxe : le but suprême de l'initiation est la « Délivrance »

Et Denis Roman : "Quant à l'Egalité sans doute faut-il l'envisager ici surtout en tant qu'elle exprime une idée d'équilibre (qu'on pense à l'équilibre de la balance et à l'invariable Milieu). La Liberté totale, l'Egalité parfaite et la Fraternité universelle ne constituent pas un idéal politique ; mais elles sont une réalité initiatique, qui sera réalisée par le Maître Maçon lorsqu'il accédera, effectivement et non plus virtuellement, aux mystère de la « Chambre du Milieu "

Voyons cela de plus près.

La tache du maçon consiste à planter une communauté, à bâtir un temple de pierre d'hommes, qui ne soit pas seulement aux dimensions de la franc-maçonnerie, mais à la mesure de l'humanité entière.

Que les querelles politiques, comme les querelles religieuses, restent interdites en loge.
Mais que l'action du franc-maçon puisse, et doive, par delà soi-même et la loge, toucher directement le monde profane.

Or, la tradition maçonnique détermine l'éthique sociale autant que personnelle du franc-maçon, c'est-à-dire de croire en dieu vivant et en l'immortalité de l'âme, et d'obéir à la loi morale.

On peut certes dire qu'au XVIIIe siècle, la liberté, l'égalité, et la fraternité furent parmi les idéaux d'une franc-maçonnerie qui n'a pas manqué aux devoirs traditionnels. Et l'interprétation moderne du XXe siècle fait injure aux maçons d'antan.

Car elle s'inspire souvent de l'idéologie de 1848 qui contamina, officiellement en 1949 le Grand orient de France. La difficulté est que parfois, la signification profane a contredit la signification traditionnelle.

L'interprétation religieuse chère à 48, s'exprime alors trop quarante-huitardement. Mais, exprimée généralement, elle indique une direction traditionnelle.

Si la devise est d'origine profane, peut-être l'origine des idées de liberté, d'égalité, et de fraternité, réfère-t-elle au sacré authentique ?

L'intermédiaire des chercheurs et curieux :

« Ainsi les notions d'égalité et de fraternité ont été clairement exprimées il y a près de deux mille ans, déjà, dans l'évangile. La notion de liberté y apparaît moins nettement, Jésus n'a pas condamné l'esclavage, peut-être parce qu'il vivait dans une société où il n'y avait pas ou peu d'esclaves, mais elle découle nécessairement des deux autres : on n'opprime pas des égaux et des frères. »

Au cours d'une émission radiophonique, en décembre 1968, le porte parole de la Grande Loge de France tenta sur l'origine religieuse de la devise, une exégèse d'un gnosticisme assez noir .
« De ce message de Saint Jean qui permet de répondre valablement aux questions que l'on peut se poser sur la nature de l'homme et du monde, il se dégage également une morale qui apporte aux éternels problèmes de l'humanité des solutions d'une actualité brûlante et qui sont conformes aux principes d'où découle notre devise : Liberté, Egalité, Fraternité ».

Au moulin de Cornélius, un autre correspondant de l'intermédiaire apporte de l'eau. Il soutient que la liberté aussi figure dans l'Evangile, puis découvre les bases sociales de la devise chez La Boétie en connexion avec ses bases naturelles et psychologiques, et universelles et voit en « Liberté, Egalité, Fraternité » une « majestueuse idée politique fondée sur la philosophie naturelle »

Je reproduits le document, il vaut la peine.

Ca commence mal : « cette devise qui, sous cette forme, est d'origine maçonnique doit donc logiquement, venir de très loin, et, en somme de très haut. »

Mais çà continue mieux :
« je désirerais poser un jalon de plus et digne d'attention, il me semble, sur la route de l'histoire littéraire indiquée par Cornélius qui, en toute sympathie, paraît n'y voir que d'un ½il quand il relit sa Bible ; comment autrement ne par remarquer combien la notion de liberté est fréquente, sous tant de formes,explicites, textuelles, ou diffuses, dans le nouveau Testament ».

Saint-Yves d'Alveydre

Je ne citerais ici que le mot de passe de la révolution : liberté, égalité, fraternité.
Les trois principes de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité sont en toutes lettres dans la cosmogonie égyptienne de Moïse : ROUAH AELOHIM, l'esprit moteur, Adam, l'homme universel, IHOHA Dieu et la nature, puissance constitutive de l'Univers.

Ces trois principe principes inversés sont aussi dans la Trinité Chrétienne : PERE, FILS, SAINT-ESPRIT ; le père renfermant en lui la MERE ou la NATURE.

Emile Rinck le fondateur de l'anthroposophie et très proche de Saint Yves :
« dans une société organisée suivant le principe de la tripartition pourra être enfin réalisée la devise toujours actuelle, mais jamais appliquée de la Révolution Française ; Liberté, Egalité, Fraternité. Liberté de la vie culturelle et spirituelle, comprenant bien entendu l'enseignement sous tous ses aspects, Egalité dans le domaine politique-juridique, Fraternité dans tout ce qui touche au secteur économique, permettront de construire la société de justice et de paix sociales, du libre épanouissement des individus à laquelle aspire toute l'humanité.

Mais finalement, c'est à la maçonnerie même qui incombera d'apprécier. La meilleure solution, la seule, sera celle qui permettra à tous franc-maçon d'être reconnu comme tel par tous ses frères.
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# Posté le dimanche 04 février 2007 10:48